Le jeu des 7 familles

Retrouvez toute la sélection à la médiathèque Charles Gautier-Hermeland.

© La famille Tenenbaum. Wes Anderson.

Portée par les évolutions sociétales – adoption, naissance hors mariage, famille monoparentale, famille homoparentale, famille mixte – la famille devient un sujet d’étude d’actualité : les sociologues s’emparent de ces sujets afin de les décortiquer et de les analyser hors des clichés et des préjugés.
Également inspirées, écrivain.e.s, cinéastes ou illustrateur.trices s’en nourrissent pour créer des héros attachants et décalés et raconter leurs familles, des plus classiques aux plus fantasques.

Les fictions se succèdent et ne se ressemblent pas. À chaque famille, son livre.
Et vous parmi ces sept fictions choisies dans nos collections, vous seriez plutôt ?

1/ Les trois lumières de Claire Keegan
2/ Un air de famille d’Agnès Jaoui
3/ La vie est un long fleuve tranquille d’Etienne Chatilliez
4/ Le livre de la jungle de Walt Disney
5/ Des gens comme nous de Leah Hager Cohen
6/ Festen de Thomas Vinterberg
7/ L’art de perdre d’Alice Zeniter

« Dans une famille on a beau avoir vécu les mêmes choses,
on n’a pas les mêmes souvenirs. »
Interview pour l’humanité (2001). Marie Darrieussecq (autrice).

Bande annonce du film l’Effrontée de Claude Miller

Pour voir à quel point le regard sur la famille évolue, (re)découvrez ici avec amusement et nostalgie comment des adolescents de 1974 évoquent leur représentation de la famille.

Et si un second voyage dans le temps vous tente, rendez-vous en 1957 pour découvrir avec stupéfaction comment on apprenait aux femmes à devenir de bonnes mères de famille (INA 1957).

« La famille, ce havre de sécurité, est en même temps le lieu de la violence extrême. »
Les nourritures affectives. Boris Cyrulnik (psychiatre et psychanalyste). Odile Jacob.

Grâce au prisme de la fiction et du regard sensible des artistes, également au travers de celui méthodique des sociologues, les romans, les essais, les albums ou les films que vous découvrirez à la médiathèque Charles Gautier-Hermeland racontent les questions qui entourent la filiation, les secrets de famille, l’amour inconditionnel ou les révoltes saines et nécessaires de l’adolescence.

« Pour Toby, sa famille resterait toujours unie, ses membres s’aimeraient toujours et quoi d’autre compterait davantage ? Tel était le monde qu’ils connaissaient. Tel qu’il leur apparaissait à l’époque, et peut être Eleanor y avait-elle cru aussi en ce temps-là. »
Où vivaient les gens heureux. Joyce Maynard (autrice). Ed Philippe Rey.

Vous avez envie d’en savoir plus, de comprendre les enjeux politiques de ces évolutions, de retrouver votre histoire familiale au travers de récits universels et poétiques ou encore de répondre aux questions de vos enfants ? Partez à l’écoute de ces émissions radiophoniques :

https://www.franceculture.fr/emissions/series/faire-famille

https://www.franceculture.fr/emissions/series/histoires-de-famille

https://www.franceculture.fr/emissions/serie/d-autres-meres-que-la-mienne

https://www.franceinter.fr/emissions/barbatruc/barbatruc-du-samedi-05-mars-2022

Le lien à nos familles est complexe et souvent ambivalent : la nécessité de s’en éloigner parfois pour s’affranchir d’une position ou d’un rôle assigné ou, au contraire, chercher à (re)créer un lien qui a pu manquer, à retrouver un parent, une lignée pour enfin y trouver sa place.

« Quitter sa famille, c’est aussi faire le deuil d’un lieu originaire auquel on appartiendrait de droit ou même de fait, un lieu qui serait les clés de notre appartenance intime, de notre reconnaissance.»
Éloge du risque. Anne Dufourmantelle (philosophe et psychanalyste). Ed Payot.

Au même titre que la littérature adulte, vous découvrirez que celle destinée à la jeunesse s’ancre  définitivement dans le XXIème siècle et porte elle aussi les évolutions des représentations familiales au travers de récits enthousiasmants.

Les contes traditionnels proposent le plus souvent une image figée de la famille dans laquelle chaque membre dispose d’une place assignée ou déterminée : il n’en reste pas moins que ces histoires constituent encore aujourd’hui le socle commun des lectures enfantines.

Dans cette littérature il n’est pas rare aussi que le.la personnage principal.e soit orphelin.e ou abandonné.e.
Seul et malheureux ce dernier pourra alors suivre son parcours de vie, affronter les épreuves qui feront de lui (ou d’elle) un homme ou une femme libre et autonome. Ce procédé littéraire est simple et le même depuis la nuit des temps et les enfants n’y trouvent rien à redire (au contraire !).
Vous êtes surpris ? Alors (re)découvrez les personnages chéris des enfants : Harry Potter, Fifi Brindacier, Matilda, Lyra pour ne citer que ceux-là : des enfants orphelins, abandonnés parfois, seuls… bref, sans famille, comme aurait pu l’écrire Hector Malot.


« Mes parents ont fait des enfants, mais leurs enfants ont fait la famille.
Et comme le dit Marguerite-Marie, « entre nous on se protégeait des parents ».
En élaborant une socialisation horizontale à l’intérieur de la fratrie, les enfants ont tempéré la socialisation verticale par toute une série de petites inventions sororales et fraternelles qui ont ancré des dispositions à la solidarité les unes envers les autres « 

Se ressaisir. Rose Marie Lagrave (Sociologue). Ed. de la découverte.

La famille est également l’un des sujets de prédilection dont la photographie traditionnelle s’est emparée : photos de familles rassemblées lors des mariages ou des baptêmes du début du siècle ou celles plus contemporaines qui racontent les nouvelles relations parentales ou les fratries, l’histoire de la famille se raconte également au travers de simples photographies vernaculaires.

Les sœurs Brown photographiées toutes ensemble tout au long de leur vie 40 années durant :

Père et fils de Grégoire Korganow : photographies intimistes et sensibles qui révèlent le tendresse unissant un père et son fils au travers de portraits  d’hommes faisant face à l’objectif avec beaucoup d’émotion :

https://vimeo.com/137625891

Talashi d’Alexis Cordesse (2021) : photographies d’avant la guerre en Syrie, qui racontent la vie de familles, les vacances, le quotidien des hommes, des femmes, des familles :

« Et, au matin, ne pas s’attendre à entendre mes parents se lever, ni à percevoir le grésillement du rasoir électrique de mon père. Ni rien, en fait.
Que ma solitude dans la maison de mon enfance. »

Je ne retrouve personne. Arnaud Cathrine (auteur). Gallimard.

Et parce qu’il est toujours salvateur de finir en musique quelles qu’en soient les raisons, voici une bande son pour accompagner vos lectures :

Ode to my family (The Cranberies)
https://www.youtube.com/watch?v=Zz-DJr1Qs54

Mamère (Eddy de Pretto)
https://www.youtube.com/watch?v=k0z70oqkafM

Papaoutai (Stromae)
https://www.youtube.com/watch?v=oiKj0Z_Xnjc

Yemma (Souad Massi)
https://www.youtube.com/watch?v=Lx__hSYqb8c

My boy (Neil Young)
https://www.youtube.com/watch?v=U-MnEt8vDzo

Grand-père (Georges Moustaki)
https://www.youtube.com/watch?v=LLa8RxK5-tk

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