Category Archives: Archivé

La Nuit de la lecture dont vous êtes le héros

Maison des Arts x 16h-18h

Charles-Gautier-Hermeland x 18h-22h

Devenez le héros de votre Nuit de la lecture, puisez dans la mythologie des bandes dessinées, passez dans le vestiaire de la Costumerie pour piocher un accessoire ou vous affubler d’une tenue complète, explorez vos super-pouvoirs, jouez les auteurs de BD sur jeu vidéo ou sur une feuille de papier, enflammez le dance-floor animé par le Centre Chorégraphique National de Rennes et requinquez-vous avec les bonnes soupes de M’Kitchen (sans tomber dans la marmite !).

Cette année, commencez l’après-midi avec les plus jeunes à la Maison des Arts, autour de courts-métrages, d’histoires d’onomatopées et d’espaces de jeux inspirés des bandes dessinées jeunesse.

Le chevalier perdu – Complet

Inscrivez-vous pour participer en famille à un jeu d’enquête grandeur nature, dans la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland.

Départs toutes les 45 minutes entre 18h et 20h30. En famille dès 10 ans. Inscription au 02 28 25 25 25 ou à la-bibliotheque@saint-herblain.fr.

Programme de La Nuit (de la lecture) dont vous êtes le héros

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Candide 1.1 Human

Festival trajectoires

Candide 1.1 est une proposition très intimiste, autour d’un corpus de lettres que le chorégraphe Gabriel Um écrit à son « moi Candide ».

Dans ces lettres, Gabriel Um cherche à se libérer de son propre juge intérieur, des contraintes et des normes qu’il crée et s’impose sans réfléchir… et transporte le public dans le cercle d’intimité, réel et imaginaire, de ce dialogue avec son Candide.

En partenariat avec Musique et Danse en Loire-Atlantique.

Dans le cadre du Festival Trajectoires.

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Affichiste ! Les aventures de Michel Bouvet

Exposition du 29 octobre 2019 au 11 janvier 2020.

Dédicaces par Michel Bouvet à partir de 17h et déambulation suivie d’un cocktail à partir de 19h le vendredi 29 novembre 2019.

Autoportrait par l’artiste réalisé pour la couverture de sa biographie par Michel Lefort, publiée aux éditions Alternatives en mars 2019.

Il y a deux ans déjà, le généreux artiste et soucieux médiateur de la culture graphique qu’est Michel Bouvet faisait don de l’ensemble de ses affiches en petit format (une soixantaine) à la Ville de Saint-Herblain manifestant son envie et son engagement à participer au développement de la collection d’œuvres d’art de La Bibliothèque. Vous avez donc peut-être déjà eu le plaisir de croiser Michel Bouvet au détour d’un emprunt d’œuvre à la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland.

Cette année, à partir du 29 octobre, La Bibliothèque exposera l’univers de ce grand affichiste, récompensé à de multiples reprises en France et à l’étranger. Vous reconnaîtrez son énergie et son trait si particuliers si vous avez déjà eu l’occasion d’emprunter une de ses affiches.

Pour se réjouir des mois à venir, voici une présentation qui vous fera à coup sûr voir la rentrée en couleurs !

Panel d’affiches réalisées et offertes à la Ville par Michel Bouvet

Le parcours de Michel Bouvet

Michel Bouvet est né en 1955 à Tunis. Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (section peinture), il se tourne rapidement vers l’affiche et le graphisme. Il exerce son activité – et son activisme – d’affichiste dans les domaines culturels et institutionnels. À ce titre, il fait plus de 80 expositions personnelles et participe à de nombreuses expositions collectives en France et à l’étranger. Il conçoit et réalise des livres, des identités visuelles ainsi que des signalétiques pour des musées et des expositions temporaires à travers le monde.
Professeur à l’ESAG/Penninghen, il anime des workshops, participe à des jurys et assure le commissariat d’expositions. Michel Bouvet est un humaniste d’action !

Sur les traces d’un parcours incroyable

L’exposition proposera de découvrir l’univers de Michel Bouvet en trois étapes. La première, illustrera le parcours de l’artiste au cours de sa carrière, sa découverte de l’affiche lors d’un voyage à Prague, ses débuts de graphiste, ses créations marquantes (le logotype de la Fête de la Musique, les affiches pour les concerts de Miles Davis ou le bicentenaire de la révolution française…), mais aussi ses rencontres et les nombreuses expositions de graphisme international qu’il a organisées. Les cloisons intérieures de la salle d’exposition, s’habilleront de ces images incontournables qui valorisent la carrière de Michel Bouvet, dans une composition d’impressions fixées par des vinyles colorés.


Le logotype créé par Michel Bouvet pour la Fête de la Musique en 1981.

Une exposition d’affiches et d’objets

La deuxième partie de l’exposition montrera le cœur du travail de l’affichiste. Avant d’apercevoir les affiches très grands formats encadrées, un animal se révèlera à vous en anamorphose. Il fait écho au vocabulaire graphique imaginé par Michel Bouvet pour les Rencontres d’Arles, peuplé d’animaux colorés déclinés dans les rues de la ville en sculptures fascinantes. Le jeu des proportions décalées amuse Michel Bouvet.

Dans la salle d’exposition, les affiches des Rencontres d’Arles, du Festival de La Gacilly Photo, de La Friche de la Belle de Mai à Marseille, de l’Opéra de Massy, des théâtres des Gémeaux à Sceaux, de la Pépinière théâtre à Paris ou des Treize Vents à Montpellier flattent le regard. Elles sont accompagnées d’objets graphiques qui dévoilent les coulisses et le processus de création de l’artiste : ses notes, ses esquisses préparatoires, ses dessins originaux, ses objets ayant servi pour les photographies et les tirages argentiques utilisés pour la réalisation des affiches et de leurs dérivés. Vous vous amuserez à découvrir que le train sur l’immense affiche est finalement un jouet qui ne mesure pas plus de 10 centimètres mais qu’il est sublimé par la qualité de la photographie et par le jeu des proportions, encore.

Un autre regard : la photographie

Enfin, l’exposition s’achèvera sur un aspect moins connu de son œuvre mais toujours en filigrane de son parcours : la photographie. Invité sur les cinq continents pour des expositions, des conférences, des jurys ou des workshops, Michel Bouvet en profite toujours pour photographier le monde qui l’entoure. Armé d’un Hasselblad argentique panoramique et de deux autres appareils photographiques plus compacts, il se fascine pour tous les paysages qu’il traverse, les rues des villes comme les paysages désertiques de l’Ouest américain mais aussi les typographies vernaculaires sont l’occasion d’un cliché. L’infraordinaire de Perec n’est pas loin : capter l’habituel d’un pays, l’extraordinaire pour un autre. Une trentaine de photographies sont accompagnées de courts récits de ses voyages qui éclairent sur le rapport au monde de l’artiste et sur sa fascination pour les grands écrivains qu’il dit lire comme on voyage, de continent en continent.

Mille vies, une oeuvre

Le parcours de Michel Bouvet est si exceptionnel qu’il semble avoir déjà traversé dix vies ! Pas étonnant alors que les Editions Alternatives aient édité non pas un catalogue d’œuvres ou une somme critique mais un récit de vie ponctué de créations, de rencontres, de voyages, de photographies, de lectures… le travail de Michel Bouvet est un vrai tissage ! L’exposition se veut en écho à ce livre paru en mars dernier : Affichiste ! Les aventures de Michel Bouvet, écrit par Daniel Lefort, comme un journal de voyage dans la vie de Michel Bouvet. Une dédicace sera organisée en amont de la rencontre avec l’artiste le vendredi 29 novembre, suivez notre agenda !

Retrouvez tout l’univers de Michel Bouvet sur www.michelbouvet.com.

Éphéméride Panneaurama #15 : Antonin Faurel (France / Nantes)

Chaque jeudi, retrouvez dans l’éphéméride Panneaurama, la vision des graphistes ayant répondu à l’invitation de La Bibliothèque de créer une affiche originale sur le thème du paysage. Cette semaine, d’Antonin Faurel, graphiste-auteur indépendant répond à nos questions. Une manière pour vous de voir encore autrement le parcours graphique proposé dans et autour de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland du 28 juin au 28 septembre 2019.

Antonin Faurel vit et travaille à Nantes et Saint-Nazaire. Diplômé des beaux-arts de Nantes, il est actuellement graphiste-auteur et commissaire d’exposition au sein du collectif Mojito Bay.

« L’affiche est une mise en abîme qui propose par la figure du billboard (panneau d’affichage) et du message promotionnel d’interroger la marchandisation du paysage moderne. »

This is good value, Antonin Faurel (France / Nantes)
Photographie confiée à Antonin Faurel par Super Terrain

La Bibliothèque : Avez-vous pour habitude de répondre à des commandes ? Sinon, pourquoi celle-ci ?

Antonin Faurel : « C’est dans la nature même du travail de graphiste de répondre à des commandes, en ce sens, on peut dire que je ne déroge pas à la règle, même si la nature des commandes sur lesquelles je travaille est plutôt variée. »

La Bibliothèque : Le thème du paysage est-il déjà présent dans votre travail, dans vos thématiques de prédilection ? Si oui, pourquoi ? Sous quel(s) angle(s) ?

Antonin Faurel : « Le thème du paysage n’est pas particulièrement mis en avant dans mon travail, il me semble. En revanche, ça reste un territoire de questionnement important pour moi, mais je dirais que c’est plutôt par le prisme de la photographie documentaire que je l’envisage. »

La Bibliothèque : Pour vous, le paysage évoque-t-il d’abord la nature ou la ville ?

Antonin Faurel : « Je pense qu’à notre époque, il me semble difficile de dissocier les deux. La question du rapport nature/ville reste toujours centrale pour le développement et l’avenir de l’humanité. »

La Bibliothèque : Comment qualifieriez-vous l’affiche réalisée pour Panneaurama et au regard de vos autres créations ? Ovni ou suite logique ?

Antonin Faurel : « Difficile de qualifier son propre travail, il semble quand même qu’elle a la particularité d’utiliser un vocabulaire graphique très économique. »

La Bibliothèque : Que voudriez-vous que le public retienne de cette affiche ? Qu’aimez-vous susciter en général chez le regardeur ?

Antonin Faurel : « Je ne tiens pas à avoir de posture professorale, donc je ne sais pas si le public doit retenir quelque chose de particulier si ce n’est, peut-être, la modeste critique que j’émets par rapport à une certaine marchandisation du paysage qui passe aussi pour beaucoup par le langage de la communication visuelle. De façon générale, je pense que la surprise est une chose importante à essayer de générer comme réaction, qu’elle soit bonne… ou mauvaise parfois !  »

La Bibliothèque : Quelle a été votre technique de création pour produire votre affiche (dessin, découpage, photo…) ?

Antonin Faurel : « Le dessin à l’ordinateur essentiellement, en m’inspirant de l’esprit du dessin « ligne claire » (la netteté accentuée par le contour) ou bien encore de la didactique visuelle. »

La Bibliothèque : Le format a-t-il une importance pour vous ?

Antonin Faurel : « Bien sûr, le format mais aussi les dimensions d’une affiche sont très importants. Aujourd’hui, il devient rare pour les graphistes de pouvoir s’exprimer sur de grandes affiches diffusées dans l’espace public. Quand l’opportunité se présente, c’est souvent un grand défi. »

La Bibliothèque : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? 

Antonin Faurel : « Il y a pas mal de projets en cours : identité visuelle, signalétique, affiche… et aussi mon déménagement pour Saint-Nazaire ! »

> Des affiches d’Antonin Faurel sont déjà disponibles au prêt pour 6 semaines dans les collections de La Bibliothèque et présentent toutes son travail de créations typographiques. N’hésitez pas à les emprunter auprès de l’accueil de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland.

Éphéméride Panneaurama #14 : Pierre di Sciullo, (France / Paris)

Chaque jeudi, retrouvez dans l’éphéméride Panneaurama, la vision des graphistes ayant répondu à l’invitation de La Bibliothèque de créer une affiche originale sur le thème du paysage. Cette semaine, le graphiste et typographe Pierre di Sciullo répond à nos questions. Une manière pour vous de voir encore autrement le parcours graphique proposé dans et autour de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland du 28 juin au 28 septembre 2019.

Graphiste et typographe, Pierre di Sciullo est passionné par le lien entre parole et écriture et par l’étonnante diversité des situations de lecture. Ses réalisations prennent place dans l’environnement comme autant d’incitations à jouer avec les mots. Il développe ce rapport charnel au texte dans le livre, dans l’affiche et dans l’architecture.

Photographie confiée à Pierre di Sciullo par Super Terrain
ZZZZZZ, Pierre di Sciullo (France / Paris)

« De très loin nous lisons Z Z Z Z Z Z. Dormez, braves gens, tout est tranquille. On s’approche du territoire et on le découvre balisé, étiqueté, compartimenté, réparti. Voici une ZAC, une ZUP, une ZAD, etc. Pour assigner les habitants à résidence, pour créer des ghettos, pour organiser le tri et pour surveiller, il faut instituer des zones et marquer des frontières, visibles ou mentales. Je préfère les quartiers mélangés et les terrains vagues. »

La Bibliothèque : Avez-vous pour habitude de répondre à des commandes ? Sinon, pourquoi celle-ci ?

Pierre di Sciullo : « Je réponds en permanence à des commandes, cela représente environ les trois quarts de mon activité, le dernier quart étant consacré à des recherches qui, bien souvent, s’inscriront dans une commande future, de sorte que la frontière entre graphisme appliqué et graphisme expérimental est ténue, poreuse. Mais la réalité économique, elle, est bien présente. Je dois gagner ma vie. Quand on me passe une commande cela signifie qu’on m’offre du temps et surtout qu’il y a un besoin, un désir ou une attente. »

La Bibliothèque : Le thème du paysage est-il déjà présent dans votre travail, dans vos thématiques de prédilection ? Si oui, pourquoi ? Sous quel(s) angle(s) ?

Pierre di Sciullo : « Dans mon cas il s’agit de paysage mental. Je ne veux pas dire un paysage présent dans la mémoire, ou imaginaire, ou obsédant. Je veux parler ici, dans ce cas, de la façon dont le langage décrit, partage et compartimente l’environnement. »

La Bibliothèque : Pour vous, le paysage évoque-t-il d’abord la nature ou la ville ?

Pierre di Sciullo : « Le paysage est le monde où je vis. Comme j’ai le plaisir de travailler régulièrement avec des architectes, nous participons à la construction du paysage. Quand je regarde un panorama dit « naturel » ou sauvage, je suis fasciné par les siècles d’intervention humaine qu’on peut y lire. »

La Bibliothèque : Que voudriez-vous que le public retienne de cette affiche ? Qu’aimez-vous susciter en général chez le regardeur ?

Pierre di Sciullo : « J’aimerais que les gens lisent mon affiche à haute voix, que ça les fasse sourire et un peu penser comme à une énigme facile à résoudre mais qui échappe comme une anguille. »

La Bibliothèque : Quelle a été votre technique de création pour produire votre affiche (dessin, découpage, photo…) ?

Pierre di Sciullo : « Crayons de couleurs dans différents carnets, aquarelle à la brosse, retour au dessin dans le carnet puis scan de l’image et retouches dans Photoshop. »

La Bibliothèque : Le format a-t-il une importance pour vous ?

Pierre di Sciullo : « Le format rencontre les conditions de diffusion de l’image, et détermine comment chacun va placer son corps. Le graphisme acquiert alors pleinement la troisième dimension. Je suis curieux de voir, « ici », comment ça va fonctionner. »

La Bibliothèque : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? 

Pierre di Sciullo : « Programme et affiches de l’année 2020 pour le théâtre de la Colline à Paris; la gamme colorée des façades des tours Nuages à Nanterre ; relecture du texte d’entretiens sur la typo pour un livre à paraître aux éditions Zeug, et plusieurs projets intéressants et bizarres. »

Pour entrer davantage dans l’univers de Pierre di Sciullo, La Bibliothèque dispose d’une monographie de l’artiste présentée dans les collections documentaires de La Bibliothèque, localisée à Charles Gautier-Hermeland et Bellevue. Pierre di Sciullo : Oui, tout à fait préfacé par Guillaume Pô, Paris, Pyramyd, 2006, cote : 745.65 SCI.

Pierre di Sciullo : Oui, tout à fait.

Éphéméride Panneaurama #13 : Marion Jdanoff (France / Allemagne)

Chaque jeudi, retrouvez dans l’éphéméride Panneaurama, la vision des graphistes ayant répondu à l’invitation de La Bibliothèque de créer une affiche originale sur le thème du paysage. Cette semaine, Marion Jdanoff, co-créatrice de Palefroi répond à nos questions. Une manière pour vous de voir encore autrement le parcours graphique proposé dans et autour de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland du 28 juin au 28 septembre 2019.

Marion Jdanoff vit et travaille entre la France et l’Allemagne. Elle a co-créée Palefroi, à la fois duo artistique, structure d’édition et atelier d’impression. Sa pratique entremêle dessin, peinture et sérigraphie.

« La photo que j’ai reçue, un cadrage très symétrique du pont piéton menant au Zénith, m’a immédiatement renvoyée a des images de ruines de temples grecs. Quelque chose de très minéral, inhabité, quasi sacré. Impression renforcée par le nom solaire de l’endroit. Par ailleurs, le Zénith est un endroit qui m’évoque une approche du spectacle et de la musique loin de celle que j’aime. Le dessin permettant n’importe quoi, dont les pichenettes aux symboles, j’ai imaginé qu’un feu espiègle prendrait le devant de la scène. Après son passage, ne resteraient debout que les cariatides, et un espace dégagé pour contempler le soleil couchant. »

Ruines, Marion Jdanoff (France/Allemagne)
Photographie confiée à Marion Jdanoff par Super Terrain

La Bibliothèque : Avez-vous pour habitude de répondre à des commandes ? Sinon, pourquoi celle-ci ?

Marion Jdanoff : « Je réponds généralement avec parcimonie aux propositions de commandes. Il faut que j’y trouve du sens, et que mon principal moteur ne soit pas financier. Je connais le collectif Super Terrain depuis quelques années et respecte énormément leur travail et leur approche. J’étais donc très contente qu’il m’invite à participer à cette tentative collective. Installer des images dans le paysage, en résonance avec celui-ci, qui ne font la promotion de rien, est une jolie (et rare) proposition. »

La Bibliothèque : Le thème du paysage est-il déjà présent dans votre travail, dans vos thématiques de prédilection ? Si oui, pourquoi ? Sous quel(s) angle(s) ?

Marion Jdanoff : « Alors là, pas du tout ! Mes dessins sont très peuplés, et regarde plus les êtres que leur environnement. On peut se rendre compte avec mon image que j’ai du mal à lâcher le mouvement. Le paysage est en flamme, il se transforme. »

La Bibliothèque : Pour vous, le paysage évoque-t-il d’abord la nature ou la ville ?

Marion Jdanoff : « Quand je pensais paysage, je pensais surtout statique, au moins à court terme. Ce peut-être la ville,  la campagne, la mer, ou même un intérieur de maison. C’est le décor, l’endroit où les choses sont lentes et relativement stables. Et c’est un endroit que je laissais complètement de côté. Travailler sur ce thème m’a permis de définir un peu mieux ce qu’est pour moi un paysage. Le regarder mieux et voir qu’il est aussi mouvant. Comprendre que les frontières sont floues : le feu est-il un acteur au milieu d’un paysage ? Ou est-ce simplement un paysage d’incendie ? »

La Bibliothèque : Comment qualifieriez-vous l’affiche réalisée pour Panneaurama et au regard de vos autres créations ? Ovni ou suite logique ?

Marion Jdanoff : « Suite logique, je ne sais pas, parce que sans cette demande précise, je ne me serais pas penchée sur cette thématique. Mais ovni, pas du tout. C’était intéressant de voir comment se traduisait dans le paysage, des thèmes que je manie habituellement avec des personnages (mouvement, bousculade, déséquilibre, collectif, narration décousue). »

La Bibliothèque : Que voudriez-vous que le public retienne de cette affiche ? Qu’aimez-vous susciter en général chez le regardeur ?

Marion Jdanoff : « Il arrive qu’une personne me parle d’un dessin que j’ai fait en me disant qu’elle y a trouvé l’illustration juste pour une émotion, un sentiment trop difficile et confus pour le mettre en mot. « Je me sentais comme ce dessin ce jour-là ». Ce sont dans ces moments que je trouve le dessin utile. »

La Bibliothèque : Quelle a été votre technique de création pour produire votre affiche (dessin, découpage, photo…) ?

Marion Jdanoff : « Dessin aux feutres et crayon de papier. »

La Bibliothèque : Le format a-t-il une importance pour vous ?

Marion Jdanoff : « C’est le problème de devoir travailler avec des fichiers numériques d’impression : faire quelque chose destiné à être imprimé en très grand, sur des formats numérisables, travaillés ensuite sur des écrans d’ordinateurs minuscules. C’est donc assez dur, en tout cas pour moi, de bien comprendre la taille. Dessiner directement en grand est quelque chose de très différent. Bon par contre mon ordinateur, lui, l’a bien compris la taille, et ne l’a pas du tout apprécié ! Je suis assez curieuse de voir le résultat réel. »

La Bibliothèque : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? 

Marion Jdanoff : « J’ai plusieurs thèmes, histoires, autour desquelles je tourne, avec l’idée d’en faire des petits livres. C’est donc une phase de tâtonnement, un peu. »

Éphéméride Panneaurama #12 : Plus Mûrs Studio (France / Nantes & Paris)

Chaque jeudi, retrouvez dans l’éphéméride Panneaurama, la vision des graphistes ayant répondu à l’invitation de La Bibliothèque de créer une affiche originale sur le thème du paysage. Cette semaine, Vincent Labas, Méric Chaperon et Nassim Bouaza, de Plus Mûrs studio répondent à nos questions. Une manière pour vous de voir encore autrement le parcours graphique proposé dans et autour de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland du 28 juin au 28 septembre 2019.

Plus Mûrs est un studio de design graphique basé entre Nantes et Paris depuis 2015 et qui assure de la direction artistique, du design graphique et de l’édition. Le studio réalise ainsi des vidéos, des livres d’artistes, des animations graphiques, des affiches, des magazines, du webdesign, des expositions ainsi que des installations.

« Le studio s’est complétement inspiré de la photographie envoyée par Super Terrain pour créer la colorimétrie de l’affiche : une dominance de gris, une architecture moderne et des perspectives. Les formes arrondies et angulaires du monogramme « S-H » qui apparaît au centre et qui fait référence au nom de la Ville rappellent l’architecture brute du quartier. Ensuite, 8 formes rondes, nommées fenêtres, ont été extraites de la photographie et placées sur l’image de façon à proposer un itinéraire visuel au lecteur. Trois propositions de promenades soulignées par un itinéraire qui s’inscrit en kilomètres et dans la durée. »

Huit fenêtres sur le paysage, Plus Mûrs Studio (France / Nantes & Paris)
Photographie confiée à Plus Mûrs Studio par Super Terrain

La Bibliothèque : Avez-vous pour habitude de répondre à des commandes ? Sinon, pourquoi celle-ci ?

Plus Mûrs Studio : « Oui, c’est une chose que l’on aime beaucoup faire car c’est le moment où l’on peut expérimenter un peu et sortir de sa zone de confort. Panneaurama nous a séduit par sa liberté d’exécution et un thème qui nous inspire : le paysage. Nous avons toujours voulu agir sur le territoire Loire Atlantique donc c’est une aubaine pour nous. »

La Bibliothèque : Le thème du paysage est-il déjà présent dans votre travail, dans vos thématiques de prédilection ? Si oui, pourquoi ? Sous quel(s) angle(s) ?

Plus Mûrs Studio : « Nous avions déjà traité le paysage mais plutôt comme une solution qu’un questionnement. C’était pour la nuit du Van, il nous fallait évoquer la ville de Nantes donc nous avons réalisé un dégradé qui reprenait l’idée d’un paysage entre terre et mer. Nous cherchons par plusieurs moyens visuels d’apporter une réponse lorsque nous l’estimons nécessaire.  »

Affiche réalisée pour La Nuit du Van à Nantes, Plus Mûrs studio.

La Bibliothèque : Pour vous, le paysage évoque-t-il d’abord la nature ou la ville ?

Plus Mûrs Studio : « La nature, car c’est un paysage naturel et ce sera toujours le plus beau et le plus inspirant. »

La Bibliothèque : Comment qualifieriez-vous l’affiche réalisée pour Panneaurama et au regard de vos autres créations ? Ovni ou suite logique ?

Plus Mûrs Studio : « Nous la trouvons adaptée. C’est toujours intéressant de voir ce que les autres participants ont créé pour un même sujet. Je pense aussi que quoi qu’il arrive c’est une suite logique car nous avons tous suivi le fil rouge : le paysage. »

La Bibliothèque : Que voudriez-vous que le public retienne de cette affiche ? Qu’aimez-vous susciter en général chez le regardeur ?

Plus Mûrs Studio : « Nous voudrions que la grille de ce poster soit l’élément central à retenir puis que le monogramme (S-H)* soit reconnaissable. Nous voulions que le spectateur découvre le poster sous plusieurs angles, qu’il y ait des détails à trouver mais surtout qu’il se demande comment nous avons fait pour arriver à ce résultat (construction). C’est pour cela que nous avons réalisé une animation qui retrace notre concept. »

La Bibliothèque : Quelle a été votre technique de création pour produire votre affiche (dessin, découpage, photo…) ?

Plus Mûrs Studio : « Il y a eu beaucoup de dessin de lettres et de scans. »

La Bibliothèque : Le format a-t-il une importance pour vous ?

Plus Mûrs Studio : « Le format est très important, d’une part pour sa visibilité et d’autre part pour son traitement. On ne pense pas un poster A4 comme un A0, les « contraintes » sont différentes. Appréhender un format demande un petit peu d’expérience, je pense. »

La Bibliothèque : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? 

Plus Mûrs Studio : « Nous travaillons sur plusieurs refontes d’identités visuelles pour des marques, des entreprises, ce qui est notre spécialité. Nous travaillons également sur un projet avec 5PM et un studio de design allemand en collaboration. Nous espérons que vous pourrez voir tout ça bientôt ! »

Éphéméride Panneaurama #11 : Anna Naumova et Kirill Blagodatskikh (Russie / Moscou)

Chaque jeudi, retrouvez dans l’éphéméride Panneaurama, la vision des graphistes ayant répondu à l’invitation de La Bibliothèque de créer une affiche originale sur le thème du paysage. Cette semaine, Anna Naumova et Kirill Blagodatskikh, répondent à nos questions. Une manière pour vous de voir encore autrement le parcours graphique proposé dans et autour de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland du 28 juin au 28 septembre 2019.

Anna Naumova et Kirill Blagodatskikh sont deux designers graphiques basés à Moscou. Ils développent une pratique autour de l’identité visuelle et du design éditorial. Ils font tous les deux partie du collectif d’affichiste Ostengruppe au sein duquel ils produisent des posters depuis 2002.

Découvrez les travaux d’Anna Naumova et de Kirill Blagodatskikh sur le site du collectif.

Photographie confiée par Super Terrain
Sans Titre, Anna Naumova et Kirill Blagodatskikh (Russie / Moscou)

Quand on regarde l’affiche de ce collectif, on peut voir apparaître la photographie envoyée par Super Terrain de manière répétitive, saturée (au moins 8 fois). La photographie passée en niveaux de gris (noir et blanc) et un cadran d’horloge aux chiffres romains bleu métallisé ne fait que renforcer l’idée que la circulation est très dense sur cet axe routier et ne semble pas s’arrêter.

Éphéméride Panneaurama #10 : Building Paris (France / Paris)

Chaque jeudi, retrouvez dans l’éphéméride Panneaurama, la vision des graphistes ayant répondu à l’invitation de La Bibliothèque de créer une affiche originale sur le thème du paysage. Cette semaine, Benoît Santiard et Guillaume Grall, du studio de design graphique Building Paris, répondent à nos questions. Une manière pour vous de voir encore autrement le parcours graphique proposé dans et autour de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland du 28 juin au 28 septembre 2019.

Building Paris est un studio de design graphique fondé en 2012 par Benoît Santiard et Guillaume Grall. Convaincus que le design doit avant tout se mettre au service d’un contenu, leur production est marquée par un goût prononcé pour l’évidence et veille à s’adapter à chaque contexte, en portant un soin particulier au détail typographique. Building Paris travaille sur des projets d’édition, d’identité visuelle et d’expositions, aux sujets et aux échelles variés, où la contrainte (temporelle, économique, matérielle) est un élément moteur du processus créatif. Dans la continuité de leur pratique, ils enseignent la communication à l’École d’architecture de la ville & des territoires à Marne-la-Vallée depuis 2008.

« Blow Up est un film de Michelangelo Antonioni sorti en 1966. Le héros, Thomas est photographe et réalise des zooms progressifs dans ses tirages photographiques. Le terme « Blow up » en anglais renvoie ici à « agrandissement », mais peut aussi être traduit par « explosion ». Cette ambivalence sémantique a été le prétexte pour construire une image à partir du travail de l’artiste photographe Mathieu Pernot, extrait de la série Le Grand Ensemble : Implosion, réalisée entre 2000 et 2006. En s’intéressant à Atlantis, mais aussi au Sillon de Bretagne, deux lieux emblématiques de la ville de Saint-Herblain, et plus largement à l’architecture héritée des Trente Glorieuses, nous avons souhaité marquer le paysage avec une proposition manifeste que nous a inspiré cette anecdote : le Sillon de Bretagne a été construit l’année ou Pruitt Igoe, grand ensemble d’habitat social à Saint-Louis (Missouri, Etats-Unis), a été démoli (1972). Cet assemblage anachronique de signes (texte) et de figures (image) est une invitation à nous questionner sur la manipulation des images (autant mécanique que fallacieuse) et sur leur double appropriation : par les auteurs que nous sommes et par les spectateurs que vous êtes. Une invitation sur grand format à entrer physiquement dans l’image et a en découvrir le sens caché, comme le fait progressivement Thomas avec ses propres images dans Blow Up. »

Photographie confiée à l’Atelier Building Paris par Super Terrain
Blow Up, Building Paris (France / Paris)

La Bibliothèque : Avez-vous pour habitude de répondre à des commandes ? Sinon, pourquoi celle-ci ?

Building Paris : « Notre travail de designers graphiques consiste à répondre essentiellement à des commandes pour des clients (des entreprises, des associations, des institutions, des particuliers, des auteurs, etc.) qui font appel à nous pour des besoins en communication et graphisme. Cette relation de commande pose alors un cadre de travail et de réflexion, ainsi qu’un certain nombre de contraintes (temporelle, économique, matérielle) qui deviennent pour nous un élément moteur du processus créatif. Pour le dire plus simplement, sans question nous avons du mal à apporter une réponse. »

La Bibliothèque : Le thème du paysage est-il déjà présent dans votre travail, dans vos thématiques de prédilection ? Si oui, pourquoi ? Sous quel(s) angle(s) ?

Building Paris : « L’architecture est un sujet qui nous passionne depuis toujours. Nous sommes enseignants dans une école d’architecture (à Marne-la-Vallée, à l’est de Paris) et travaillons régulièrement avec des architectes sur des projets d’édition, d’identité visuelle, d’exposition, de signalétique, etc. L’architecture est un terrain très large et ouvert au design graphique : de la très petite échelle (réaliser une carte de visite pour une agence) vers la très grande échelle (mettre en place un système de signalétique  à l’échelle d’un bâtiment ou d’une ville) en passant par une multitude de supports imprimés, sur écran, en volume, etc.

Nous avons aussi développé un attrait certain pour la représentation et la photographie d’architecture et collaborons avec des photographes dont nous apprécions le travail : Cyrille Weiner, Giaime Meloni, Myr Muratet, Julien Lelièvre, notamment. Nous venons d’ailleurs de créer notre propre maison d’édition Building Books, dont l’ambition éditoriale est de s’intéresser aux paysages et aux formes bâties (l’architecture au sens large donc), à travers des personnalités qui les racontent sous forme de textes, de photographies, d’expériences artistiques ou sociales. L’architecture est pour nous un point de départ, un prétexte pour s’intéresser de manière sensible, éclairée et généreuse, à l’environnement dans lequel elle s’insère et à la façon dont elle est appréhendée par le public et les habitants.

Building « Notre premier livre, Art d’autoroute, est sorti au début de l’été et présente le travail de Julien Lelièvre qui, au terme d’années d’investigations et de milliers de kilomètres parcourus, a recensé et photographié soixante‑et‑onze œuvres d’art réparties le long du réseau autoroutier français. Cet inventaire en images, organisé selon douze itinéraires, est introduit par un corpus de photographies composant un journal sensible de ses pérégrinations. L’ensemble restitue de façon inattendue l’univers singulier de l’autoroute et offre pour la première fois un large panorama sur cet art parfois décrié et souvent méconnu. »

Livre Art d’autoroute, 2019.

La Bibliothèque : Pour vous, le paysage évoque-t-il d’abord la nature ou la ville ?

Building Paris : « Le paysage peut tout aussi bien être naturel, urbain, mais aussi mental, photographique, médiatique, politique… ce qui nous intéresse dans le paysage, c’est plutôt la question du point de vue. »

La Bibliothèque : Comment qualifieriez-vous l’affiche réalisée pour Panneaurama et au regard de vos autres créations ? Ovni ou suite logique ?

Building Paris : « Nous sommes très fiers d’avoir été invités par Super Terrain (un grand merci à eux) et de faire partie de ce casting incroyable. Chaque affiche a ses propres caractéristiques, disons donc que toutes les affiches sont des ovnis ! Pour le coup, le paysage graphique qu’offre cet ensemble est très riche et surprenant. Il est intéressant aussi de lire ce qu’en racontent les auteurs et de comprendre comment ces images ont été pensées et fabriquées. »

La Bibliothèque : Que voudriez-vous que le public retienne de cette affiche ? Qu’aimez-vous susciter en général chez le regardeur ?

Building Paris : « Nous avons travaillé avec plusieurs références (cinématographique, photographique, architecturale) avec l’objectif de susciter la curiosité du regardeur. Cette affiche n’ayant pas d’objectif de communication, si ce n’est de questionner l’environnement dans lequel elle apparaît, il nous paraissait important qu’elle contienne une intention pédagogique. Au-delà de la forme, de l’émotion et du plaisir que peuvent apporter ces grandes images dans l’espace public au premier regard, il est amusant de leur attribuer une seconde lecture, un sens caché ou simplement, comme le ferait un écrivain avec une note de bas de page afin que le regardeur/lecteur y voit/lise d’autres choses que l’image elle-même. Quels que soient les messages ou les ambitions, l’interprétation et l’appropriation par le regardeur devraient toujours rester libres et ouvertes. »

La Bibliothèque : Quelle a été votre technique de création pour produire votre affiche (dessin, découpage, photo…) ?

Building Paris : « Nous avons travaillé par itération à partir d’un logiciel de mise en page sur ordinateur. Nous avons coupé des morceaux d’images à l’intérieur de grandes images que nous avions scannées dans un livre ; puis nous avons cherché les meilleurs cadrages pour ces images. Nous avons imprimé en petit format ces cadrages (plus d’une centaine) et nous sommes amusés à les recomposer par deux pour former une nouvelle image. Si le résultat est satisfaisant à petite échelle, il le sera aussi à grande échelle. Nous avons ensuite posé les mots sur et sous les images. La couleur du fond est apparue en dernier, c’est elle, finalement, qui donne le ton à notre image. »

La Bibliothèque : Le format a-t-il une importance pour vous ?

Building Paris : « Oui évidemment ! Notre processus de travail pour cette affiche est un jeu d’allers-retours perpétuel entre l’écran et l’imprimé. À l’image de l’architecte avec sa maquette, nous avons d’abord travaillé l’affiche à petite échelle (A3, A4, voire plus petit) ; puis est venu le moment d’imprimer une maquette à l’échelle 1 pour vérifier la qualité du dessin et de la trame, d’une part, l’échelle du texte, d’autre part, mais aussi pour confronter l’image à l’espace tridimensionnel et jauger des relations entre l’image imprimée et le corps et les sens du regardeur. »

La Bibliothèque : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? 

Building Paris : « Nous avons une quinzaine de projets en cours dont un certain nombre concerne l’architecture et l’édition (souvent les deux d’ailleurs). Nous travaillons notamment sur un gros livre pour une agence d’architecture sur les problématiques de biodiversité qu’ils développent au sein de leurs projets ; nous travaillons aussi sur la première monographie d’un architecte du sud de la France avec une iconographie très riche (photographies de ses réalisations, de ses maquettes, dessins à la main, documents graphiques et même quelques poèmes). Ces deux livres seront publiés à la rentrée. Ce sera alors le moment de travailler sur notre prochain livre en tant qu’éditeur, Agora, le catalogue d’un projet de sculpture dans l’espace public que l’artiste Eden Morfaux a déployé en 2018 dans le grand ensemble de Massy-Antony et pour lequel le photographe Myr Muratet a réalisé de très belles photographies. À suivre donc… »

Projet Eden Morfaux

Éphéméride Panneaurama #9 : Neo Neo (Suisse / Genève)

Chaque jeudi, retrouvez  dans l’éphéméride Panneaurama, la vision des graphistes ayant répondu à l’invitation de La Bibliothèque de créer une affiche originale sur le thème du paysage. Cette semaine, Xavier Erni et Thuy-An Hoang, le duo genevois répond à nos questions. Une manière pour vous de voir encore autrement le parcours graphique proposé dans et autour de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland du 28 juin au 28 septembre 2019.

Neo Neo est un atelier de graphisme et de direction artistique basé à Genève en Suisse, créé en 2010 par Thuy-An Hoang et Xavier Erni. Le studio collabore avec des artistes, des institutions culturelles, ainsi que des entreprises commerciales pour créer des concepts de communication originaux et contemporains. Ils ont développé une approche transdisciplinaire partagée entre la communication visuelle, le commissariat d’exposition, l’édition et l’enseignement. Depuis 2011, ils publient Poster Tribune, une revue dédiée aux affiches et lancent en 2015, Print Program, une plateforme d’exposition et d’archives consacrée aux objets imprimés et au graphisme. Ils enseignent la communication visuelle à la HEAD-Genève depuis 2015.

« Dans l’impossibilité de nous rendre sur place afin de parcourir Saint-Herblain et les environs, nous nous sommes promenés sur Google Maps où nous avons tenté de découvrir les lieux emblématiques évoqués par Super Terrain. Ces images sont le fruit de notre parcours virtuel, une carte postale satellite composée de ces lieux fascinants vus depuis notre mirador. »

Photographie confiée à l’Atelier Neo Neo par Super Terrain
Sans titre, Neo Neo (Suisse / Genève)

La Bibliothèque : Avez-vous pour habitude de répondre à des commandes ? Sinon, pourquoi celle-ci ?

Neo Neo : « Oui, cela fait partie de notre quotidien en tant que graphistes. Il nous arrive aussi de participer à des expositions où il est demandé de produire une création avec un brief précis, telle que celle-ci. Nous apprécions le contexte de la commande et ses contraintes, faire passer un message précis à un public cible est pour nous une stimulation. »

La Bibliothèque : Le thème du paysage est-il déjà présent dans votre travail, dans vos thématiques de prédilection ? Si oui, pourquoi ? Sous quel(s) angle(s) ?

Neo Neo : « C’est la première fois que nous travaillons autour de cette thématique. »

Neo Neo : « La nature. »

La Bibliothèque : Pour vous, le paysage évoque-t-il d’abord la nature ou la ville ?

Neo Neo : « La nature. »

La Bibliothèque : Comment qualifieriez-vous l’affiche réalisée pour Panneaurama et au regard de vos autres créations ? Ovni ou suite logique ?

Neo Neo : « Ni ovni, ni suite logique : une interprétation personnelle parmi d’autres. »

La Bibliothèque : Que voudriez-vous que le public retienne de cette affiche ? Qu’aimez-vous susciter en général chez le regardeur ?

Neo Neo : « Nous apprécions particulièrement intriguer le regardeur. Nous aimons les affiches avec une double lecture. Un impact graphique fort qu’on aperçoit depuis l’autre côté de la route qui pousse le spectateur à s’approcher pour rentrer dans son univers et essayer de comprendre son intention. »

La Bibliothèque : Quelle a été votre technique de création pour produire votre affiche (dessin, découpage, photo…) ?

Neo Neo : « Google maps, capture d’écran, Photoshop, In-design. »

La Bibliothèque : Le format a-t-il une importance pour vous ?

Neo Neo : « Le format a beaucoup d’importance pour nous, il peut définir la manière dont on décide de communiquer, il peut même avoir une signification. »

La Bibliothèque : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? 

Neo Neo : « Nous travaillons sur différents projets de communication visuelle pour la HEAD–Genève (Haute école d’art et de design Genève), pour le festival international de films indépendants Black Movie et nous éditons la revue Poster tribune dédiée aux affiches et au graphisme. »