C’est votre dernier mot ?

Palindrome, acrostiche, dingbat, cadavre exquis, trompe oreille et antonomase… voilà de bien étranges mots qui pourraient être tout droit sortis de la bouche du Capitaine Haddock. Pourtant, c’est de jeux dont nous allons vous parler dans cet article, qu’ils soient de lettres, de sons, de mots…

Le succès du « scrabble® », la popularité de l’émission « Des chiffres et les lettres », la multitude de mots croisés publiés dans les journaux, la grande variété de jeux de société dans nos ludothèques, montrent bien que nous aimons, toujours et encore, cette typologie de jeux.

Commençons par les mots croisés. C’est au lendemain de la Première Guerre Mondiale que l’on voit apparaître en France, les premiers Mots-croisés. Le romancier Tristan Bernard se transforme en verbicruciste et popularise ainsi les « mosaïques mystérieuses », devenues mots-croisés, en y apportant ses définitions amusantes. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, les mots croisés étaient aussi utilisés par des espions pour faire passer des messages secrets.

Retour sur leur origine dans la célèbre émission Apostrophes animée par Bernard Pivot, en 1981.

Plus tard, le français Jacques Capelovici, plus connu sous le nom de Maître Capelo, importe  de Suède un nouveau concept de jeu : deviner des mots dont les définitions se trouvent dans les cases : ce sont les mots Fléchés. Apparaissent ensuite plusieurs déclinaisons de ce type jeu : mots mêlés, anagrammes, mots codés, etc., pour le bonheur des cruciverbistes et autres joueurs de grilles.

Sur la première marche du podium des jeux de lettres et dans tous les esprits, le Scrabble ! Il a été inventé au début du 20ème siècle par un architecte américain passionné par les anagrammes. Le jeu est édité dans les années 50 et connait un énorme succès. Les jeux  Boggle et le Rummikub des lettres vont surfer sur cette mouvance ludique.

A l’école, en famille, en colonie de vacances, on s’est tous essayé au petit bac. S’il existe tel qu’on le connaît depuis les années 80, des versions plus récentes explorent la même mécanique de jeu. On pourra citer le célèbre Kaleidos, dont le but est de retrouver dans une image, des choses commençant par une lettre tirée au sort, ou Give me five, dans lequel il vous faudra trouver un mot commençant par la lettre tirée et correspondant au thème imposé, puis le faire deviner à votre partenaire en lui donnant un indice.

Vous retrouverez à La Bibliothèque de nombreuses versions de ces jeux de mots, de lettres et d’expression, dans des jeux ou des livres. Nous en avons sélectionné quelques-uns, que vous pourrez emprunter dans les bibliothèques et ludothèques du réseau.

Jeux de lettres

Dans cette sélection de jeux de lettres, il n’était pas possible de passer à côté de l’excellent jeu de Julien Sentis : Stay Cool. Le jeu nous propose de répondre à l’écrit (avec les dés) à un adversaire tout en répondant à l’oral à un autre adversaire. Pour gagner un maximum de points, le joueur actif doit satisfaire les deux adversaires.

Jeux de mots

Jeux d’expressions

Connaissez-vous les dingbats ? Ce jeu est un rébus utilisant uniquement les lettres, les chiffres et les signes typographiques. Voici quelques exemples :

A travers ces images on découvre des expressions telles que : Jambe de bois – Trou de mémoire – un Verrou ou encore Tiré à quatre épingles (1ère ligne). Nous vous laissons deviner les 12 autres dingbats. Le jeu de société n’est plus édité aujourd’hui par conséquent, si vous devenez fans de ce jeu, nous vous conseillons fortement l’application Entre les lignes disponible gratuitement sur les plateformes de téléchargements : App.store et Google Play.

Des livres

Des calembours ….

aux virelangues,

… les livres sur les jeux de mots sont nombreux. Et il y en a aussi bien pour les petits que pour les grands !

Pour les petits

Et si vous aimez les chameaux, enfin les chats-mots, les chats et les mots quoi, nous vous conseillons.

Pour les grands

Pour un voyage impertinent dans les expressions de la langue française, suivez Gaspard De LaLune qui joue avec les mots aussi bien qu’avec le graphisme.

Franchissez les frontières et découvrez les équivalents de nos expressions françaises autour du monde.

Si vous aimez la pêche, la pêche aux mots, munissez-vous de votre canne et de votre âme-son et peut-être que l’envie d’écrire vous prendra.

Besoin d’inspiration ? La langue de Molière est un joli terrain de jeux pour les artistes. Qu’ils soient chanteurs ou humoristes, nombreux sont ceux qui aiment manipuler les mots !

Le jeu chez les tout-petits de 0 à 3 ans

Jouer est l’une des principales activités de l’enfant dès sa naissance.

À travers le jeu, l’enfant va apprendre les règles, les coutumes et les valeurs qui caractérisent le monde qui l’entoure. Source de plaisir, le jeu peut également être considéré comme le moteur de son développement. Plusieurs auteurs ont développé ce sujet, comme Francine Ferland.

Le jeu est un moteur dans la construction de la relation parent-enfant. Il permet de cultiver le lien d’attachement,  nécessaire au développement social et affectif de l’enfant.

Il existe de multiples manières d’être présent dans le jeu de son enfant, toutes intéressantes : jouer avec lui en le laissant décider, lui proposer un cadre de jeu (un espace, un temps, des jouets autour de lui), l’observer tout en le laissant jouer seul, l’imiter, lui poser des questions sur ce qu’il fait…

Il existe des jeux adaptés à chaque âge et à chaque stade de développement : vous pouvez en emprunter à La Bibliothèque.

Entre 0 et 8 mois, la phase sensorielle

A cet âge, le jeu prend d’abord la forme de la découverte du corps et de l’observation du monde. Pendant les premiers mois de sa vie, bébé explore le monde qui l’entoure et tous ses sens sont en éveil. Il est curieux de tout et découvre les textures, les visages, les sons, les odeurs et les goûts qui sont mis à sa portée.  

Dans vos bras, il vous observe, découvre de nouvelles expressions et tente de vous imiter.

Allongé sur le dos, il s’amuse avec ses mains et ses pieds. Il apprécie les tapis d’éveil et les mobiles avec des formes qu’il peut observer.

Couché sur le ventre tant que cela ne lui est pas trop difficile, il va prendre conscience de son corps. Il s’essaye au mouvement : entre 5 et 10 mois, vous pourrez l’observer faire des roulé-boulés, se déplacer par glissades, faire du quatre pattes… Peu à peu, il pourra se saisir des objets que vous placerez tout près de lui, et les porter à la bouche. La préhension  s’affine, et bébé devient plus habile.

La présence de l’adulte pendant le jeu le rassure et l’encourage.

Nul besoin de proposer des jeux trop sophistiqués ou très sonores,  qui peuvent être trop stimulants. Il ne s’agit pas de stimuler l’enfant pour qu’il apprenne et se développe le plus vite possible. Les jeux sont là pour l’accompagner. Ils doivent lui permettre de profiter de ses possibilités, au moment qui lui conviendra le mieux.

Entre 8 et 18 mois, la phase motrice

Bébé aime être en mouvement. La plus grande des découvertes sera pour lui la libération de ses mouvements et la verticalité. La « marche » est en route. Il va s’éloigner, puis revenir vers son parent pour se rassurer. Prenant confiance en lui et de ce lien inconditionnel entre vous et lui, il réalisera des allers et retours entre vous, son espace de jeu et des zones nouvelles d’exploration.

C’est un âge où les enfants touchent à tout et explorent. Chaque jouet est utilisé, joué, retourné, goûter, expérimenté dans tous les sens. Les jeux de manipulation sont donc très recherchés (jeu à empiler, jeux d’encastrements, jeux à tirer …).

Les expériences ludiques de bébé l’amènent à développer ses compétences motrices et intellectuelles et vont l’aider à comprendre les liens de cause à effet entre lui et ce qui l’entoure. En prenant une balle et en la lâchant, il se rend compte qu’elle tombe et qu’elle roule. Il répétera cette expérience pour comprendre le fonctionnement de ce jouet. Il découvre les liens de cause à effet.

Avant 18 mois, vous pouvez lui proposer des jouets d’éveil sensoriel, d’empilage, avec des rapports de cause à effet et des jouets moteurs.

Entre 18 mois 3 ans, la phase affective

Votre enfant aime courir et sauter. Il a besoin de jeux actifs qui lui permettent de se défouler.

En parallèle, votre enfant peut maintenant se représenter mentalement une personne ou un objet. C’est le début des jouets à faire semblant, simples à manipuler et diversifiés : dînette, poupons, voitures, figurines, etc…

Ses besoins sont simples et tendent vers l’imitation et la répétition d’actions du quotidien.

Il craint par courte période la perte ou la disparition, d’où l’importance des jeux de « cacher-coucou » pour jouer à faire « apparaitre et disparaitre ». Ces jeux de cache-cache  ont aussi d’autres objectifs liés à l’émotion et à son imagination: est-ce que la personne qui se cache va réapparaitre à l’identique ? Au même endroit ? Avec ou sans bruits ? Dans deux endroits différents ? Rappelez-vous que les enfants cherchent toujours à comprendre les liens de causalité.

Pour aller plus loin

Retrouvez des livres sur le jeu chez les tout-petits dans les collections de La Bibliothèque.

Le site Papoto propose des vidéos (disponibles en 5 langues) qui traitent des besoins fondamentaux du tout-petit, et notamment de l’importance du jeu.

Le site Naitre et grandir propose un dossier intéressant sur Les bienfaits du jeu.

Les pros de la petite enfance vous invitent à découvrir plusieurs articles sur le thème Jouer pour grandir.