Même pas peur !

à LA RECHERCHE DU FRISSON

En cette terrifiante saison, La Bibliothèque vous propose une sélection de jeux horrifiques, pour faire frissonner petits et grands !

La fête d’Halloween, si elle tire ses origines de l’ancienne fête païenne de Samain, est aujourd’hui davantage l’occasion de se déguiser, et de se faire peur.

La peur est une émotion primitive, un système d’alarme qui accompagne la prise de conscience d’un danger, et nous pousse à réagir face à une menace.

Jusque-là, rien de séduisant. Et pourtant, la peur attire, et fait vendre : films d’horreur, thrillers, jeux vidéo horrifiques, escape games.
Une émotion ambivalente donc : qu’est-ce qui pousse à rechercher la peur ?

C’est bien connu, les enfants adorent se faire peur, mais il s’agit d’une peur contrôlée : on se confronte à ses angoisses, tout en sachant qu’il est possible de les dépasser. À ce sujet le psychologue Bruno Bettelheim, dans son célèbre Psychanalyse des contes de fée, explique :
« Tel conte précis peut en effet angoisser l’enfant, mais à mesure qu’il se familiarise avec les contes de fées, les aspects effrayants tendent à disparaître, tandis que les traits rassurants gagnent en importance. Le déplaisir initial de l’angoisse devient alors le grand plaisir de l’angoisse affrontée avec succès et maîtrisée. »

Qu’en est-il dans le jeu ? Peut-on réellement parler de peur  lorsque nous sommes virtuellement confrontés à une horde de zombies ?  Ou lorsque, plongé dans le noir, un enfant doit reconnaître les ombres d’étranges créatures s’il veut gagner la partie?  Ou bien s’agit-il tout simplement d’un moment de stress où le rythme cardiaque s’emballe à l’idée de voir sa stratégie mise à mal à cause d’un adversaire ?

Le jeu constitue bien souvent une expérience immersive de la peur, mais dans une petite partie de sa tête, le joueur sait qu’il ne s’agit pas de la réalité, ce qui rend possible cette oscillation délectable entre peur et plaisir.

Chaque période de la vie est rythmée par des peurs différentes. Petit tour d’horizon du calendrier des peurs, et des jeux que nous pouvons vous proposer.

MAîTRISER SA PEUR POUR LE JEUNE ENFANT

La peur s’invite chez le jeune enfant sous les traits d’un loup, d’une sorcière, bien souvent la nuit, moment qui s’accompagne pour lui de la perte de ses repères. Elle n’a de limite que la propre imagination de l’enfant. C’est une émotion saine, qui permet à l’enfant de se construire.

Le jeu est un outil idéal pour lui permettre de dépasser ses peurs.  Votre enfant craint les monstres qui envahissent sa chambre à la nuit tombée ? Transformez son doudou en fidèle protecteur à l’aide du Lance-doudous imaginé par Patrick Piriou, auteur de jeu à Saint-Herblain.Ou bien proposez-lui de chasser monstres et sorcières sur un plateau de jeu :

Et si cette émotion prend chez votre enfant une place envahissante et l’empêche d’avancer, ces quelques documents pourront vous donner des pistes de réflexion et d’action :

ET ON DIRAIT QUE JE SERAI…

Quand vient l’âge de raison, l’enfant joue à se faire peur. Le jeu de rôle prend alors une place importante : les « on dirait que je serai » sont courants dans les jeux des 6 ans et plus. L’enfant est capable de s’identifier à des héros, bons ou méchants. Dans la peau de celui qui fait peur, il se sent plus fort !

La pré-adolescence et l’adolescence se traduisent par la recherche d’expériences plus immersives.  L’enfant se familiarise avec la loi implacable : après la vie, il y a la mort.  La dame blanche et autres entités surnaturelles attirent sa curiosité, et c’est la découverte des films d’horreur et des jeux vidéo.  Des parties de jeux de société entre amis pourront aussi lui plaire.

Et, pour prolonger le plaisir d’avoir peur, retrouvez à la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland une sélection de 66 romans jeunesse terrifiants, à lire bien en sécurité sous la couette !

ET CHEZ L’ADULTE

L’adulte n’est pas en reste lorsqu’il s’agit de jouer à se faire peur, comme en témoigne les nombreux jeux de société sur le sujet :

Mais l’adulte est à la recherche d’expériences beaucoup plus immersives de la peur, comme en témoigne le succès grandissant des escapes games, animés par des comédiens et au scénarii proches des films d’horreur. Pour exemple, l’expérience de théâtre immersive proposée par Geekopolis à l’occasion de l’édition 2018 des Utopiales.

Les jeux vidéo ne sont pas en reste, avec  le développement continuel de nombreux jeux d’horreur. L’expérience de la peur dans le jeu vidéo est plus immersive que dans le jeu de société (ou le film d’horreur)  car le joueur se projette dans la peau du personnage et les choix qu’il fera dans sa partie scelleront la survie, ou non, de son avatar.

Les créateurs de jeux vidéo connaissent bien les mécanismes susceptibles de faire grimper le rythme cardiaque des joueurs, et ils en jouent avec dextérité. Dans un jeu comme Inside, du studio Playdead ,  les créateurs ont volontairement donné aux scènes un rythme très lent. Le joueur est en position d’analyse, de progression, il prend son temps. Lorsque survient le danger, les actions s’enchaînent plus rapidement, l’ambiance sonore s’intensifie, la caméra change d’angle. Ces facteurs déstabilisent le joueur, il perd le contrôle,  il est sous pression. Pour en savoir plus sur ces mécanismes, rendez-vous sur la la chaîne Youtube Game Anatomy, et l’épisode consacré à Inside :

 

Pour aller plus loin, l’excellent mémoire  de Baptiste Palacin sur le rôle du son dans l’apparition de la peur  dans le jeu vidéo.

Alors, même pas peur?

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