Énergies propres, un idéal inaccessible

la question des énergies sur la place

À l’occasion du débat Place Publique « Énergies propres, un idéal inaccessible » proposé à la maison des arts jeudi 13 décembre, La Bibliothèque met à votre disposition une sélection pour donner du grain à moudre à la réflexion. L’ensemble de ces documents sont empruntables et réservables à La Bibliothèque.

Pour prolonger le débat, assistez à la projection d’un film documentaire le samedi 15 décembre à 16h30 à la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland.

Notre consommation d’énergie repose sur quatre piliers : les énergies fossiles, le nucléaire, les énergies renouvelables, et les économies d’énergies.  Le documentaire de Pierre-Armand Dussex, À la découverte de l’énergie est une approche scientifique et pédagogique pour toute la famille. Sur Les énergies renouvelables nous vous renvoyons à l’analyse complète et objective de Jacques Vernier publiée dans la collection Que-sais-je aux Presses universitaires de France. Or noir, la grande histoire du pétrole, de Matthieu Auzanneau se situe entre la fresque historique et l’enquête journalistique, passionnant ! Enfin les éditions Autrement proposent une grande variété d’Atlas sur les sujets écologiques, dont celui de Bernadette Mérenne-Schoumaker, Atlas mondial des matières premières : des besoins croissants, des ressources limitées.

La question de l’autonomie énergétique touche à plusieurs enjeux.

ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX, économiques et
technologiques

Scientifiques et amis de la nature observent des changements sur le climat et la biodiversité.  Des milieux naturels s’appauvrissent, des espèces disparaissent et la biodiversité s’en trouve affectée. Comme nous pouvons le voir sur les cartes de l’Atlas du réchauffement climatique de Frédérique Denhez. Les DVD de l’émission « C’est pas sorcier » abordent des sujets environnementaux nombreux et variés. L’approche didactique est idéale pour tous les âges et pour une première prise de connaissance. Par exemple Tous au vert ! : Des solutions pour l’environnement, recoupe plusieurs émissions.

Les pays les plus gros consommateurs d’énergie sont aussi les plus riches. Les innovations technologiques permettent aux sociétés de se développer, d’accroître les richesses et d’améliorer les conditions de vie.

Jean Jouzel, grand spécialiste du climat, évoque le lien ténu entre environnement et économie dans son dernier ouvrage Pour éviter le chaos climatique et financier,  en collaboration avec Pierre Larrouturou.

Les ouvrages Histoire de l’électricité de Marie-Christine de La Souchère et  Rétrofutur : une contre-histoire des innovations énergétiques offrent un point de vue historique sur ces avancées technologiques.

François Badin dans son livre Le stockage de l’énergie présente concrètement un défi technologique majeur pour transmettre de l’énergie.

Cette corrélation consommation et progrès est aujourd’hui de plus en plus nuancée. Jacques Ellul, précurseur de l’écologie politique,  en fait la démonstration dans le recueil Nous sommes des révolutionnaires malgré nous, texte pionniers de l’écologie politique. « L’ ennemi n’est pas l’objet technique mais la sacralisation des outils techniciens. C’est l’éthique technicienne – tout ce qui peut (techniquement) se faire doit (moralement) être fait – qu’il convient de refuser. »  La transition énergétique ne peut se faire sans trouver des compromis avec le confort technologique et les habitudes sociétales.

Pour faire face à ce dilemme : plus nous consommons plus nous polluons ; deux approches existent pour protéger l’environnement : l’une est le développement des énergies propres l’autre est le changement de modèle basé sur la croissance.

des énergies pas si propres

Les énergies renouvelables, c’est-à-dire inépuisables, sont considérées comme le moyen de pallier l’épuisement des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz).  Les films La bataille du vent de Thomas Roy-Laurent  et Les voleurs de feu de Brigitte Chevet sont des documentaires à charge qui montrent les freins économiques au développement de ces énergies propres. Ainsi, déployer les techniques pour développer les énergies renouvelables nous évite de réduire notre consommation d’énergie.

Dans son livre Produire son électricité, Jean-Paul Blugeon invite les particuliers à se tourner vers les énergies éolienne et solaire.

Mais si celles-ci ne produisent pas de déchets, des expériences montrent qu’elles ont aussi leurs désagréments économiques et écologiques. Par exemple le reportage La colère des eaux, archivé sur le site de l’Institut National de l’Audiovisuel, expose le paradoxe des énergies propres sur l’environnement de la forêt Amazonienne. De même, Guillaume Pitron -invité au débat Place publique du 13 décembre- dans son ouvrage La guerre des métaux rares : la face cachée de la transition énergétique et numérique  nous montre que l’affranchissement aux énergies fossiles n’est pas gage de protection de l’environnement. Le film de Coline Tison et Laurent Lichtenstein, Internet : la pollution cachée témoigne également du potentiel énergivore des télécommunications.

 

Si le problème ne peut pas être entièrement réglé sur le plan politique -voir l’entretien avec Nicolas Hulot Ne plus me mentir, paru aux éditions de l’Aube-  des citoyens le prennent à bras le corps en multipliant les actions individuelles. Aujourd’hui de nombreux manuels sont publiés sur les thèmes de l’engagement écologique au quotidien. Elise Rousseau dans Mais pourquoi j’ai acheté tout ça !?, l’aborde avec un ton humoristique.

Domaine du possible, collection récente de la maison d’édition Actes Sud est aussi sur cette ligne éditoriale. L’objectif de cette collection est de créer « un lien entre le constat critique issu de l’investigation scientifique et la proposition de solutions pratiques et originales ». Son catalogue est riche d’auteurs comme Cyril Dion, Rob Hopkins, Vandana Shiva.

Le dernier film documentaire de Marie-Monique Robin, Qu’est-ce qu’on attend, nous fait le récit pragmatique et galvanisant des ambitions environnementales d’une petite commune de l’est de la France. Mathieu Rivat développe aussi ce thème dans son livre, Ces maires qui changent tout. Le documentaire Changement de propriétaire, d’Aurélien Levêque et de Luba Vink nous expose les difficultés liées à l’augmentation du prix du foncier pour recréer des écosystèmes locaux et productifs.

Enfin, impossible de terminer cette sélection sans évoquer le manifeste éclairé de Pierre Rabhi Vers la sobriété heureuse.  Nos corps et nos intelligences sont aussi producteurs d’une énergie puissante, capable de se transformer et de se transmettre. Transformer l’énergie c’est lire, réfléchir, danser… et elle se transmet aussi en rencontrant, en jouant, en débattant.

 

 

 

 

 

 

 

 

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