théâtre

– – FONDS D’EXCEPTION / Le théâtre contemporain – –

Créée en 1990, la « bibliothèque théâtrale » est riche de plus de
14 000 documents consacrés au spectacle vivant, en général
et au théâtre, en particulier.

Agenda




Rechercher



Auschwitz de mes nuits

Florensa, Jean-Manuel

Pour un homme seul : théâtre

Aouad Basbous, Thérèse

Chère Eléna Serguéiéva

Razoumovskaïa, Lioudmila Nikolaevna

Un fantôme dans le métro

Moreux, Jean-Pierre

Pinocchio

Yendt, Maurice

Tom Sawyer

Giros, Patricia

Ils sont venus à La Bibliothèque



Rencontre avec Thomas Jolly
18.03.2017


Rencontre théâtrale

Thomas Jolly, directeur artistique de la compagnie LA PICCOLA FAMILIA

Acteur et metteur en scène, formé à l’école du Théâtre National de Bretagne sous la direction de Stanislas Nordey, Thomas Jolly a mis en scène Marivaux, Guitry, Ravenhill, Gabriac et Shakespeare. Il est aujourd’hui artiste associé au Théâtre de Strasbourg et viendra nous parler de son parcours et de ses rencontres littéraires.

Cette rencontre sera modérée par Delphine Lemonnier-Texier, enseignant-chercheur en études shakespeariennes et théâtre anglophone à l’Université de Rennes 2.

En partenariat avec le TU et le Grand T.

En écho à la programmation de Richard III de Shakespeare du 15 au 21 mars au Grand T.

Entrée libre et gratuite.

médiathèque charles-gautier-hermeland

Rue François Rabelais
44800 Saint-Herblain
Tél. 02 28 25 25 25

Comment s’y rendre ?

Périphérique ouest, sortie porte de Chézine
Bus 59, 71, C6 arrêt Hermeland

Horaires d’ouverture hors animations

Mardi 14h – 19h
Mercredi 10h – 12h et 14h – 19h
Jeudi 14h –19h
Vendredi 14h – 19h
Samedi 10h – 12h et 14h – 19h

Consulter le programme de janvier à mars 2017




Rencontre avec Thomas Jolly



Rencontre avec Clément Pascaud
04.02.2017


Rencontre théâtrale

Clément Pascaud, metteur en scène de LA COMPAGNIE LE POINT DU SOIR

Clément Pascaud fonde sa compagnie en 2014, avec le désir d’explorer des textes qui questionnent l’humain dans sa quête identitaire.
En choisissant pour sa première mise en scène de texte de Jean-Luc Lagarce, où dialogues et monologues s’entrecroisent et se combattent, Clément Pascaud aborde la question de la famille et interroge notre capacité à communiquer ensemble.

En partenariat avec le TU.

En écho à la programmation de Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, du 1er au 4 février au TU.

Théâtre Universitaire de Nantes

Chemin de la Censive du Tertre
44300 Nantes
Tél. 02 40 14 55 14

Comment s’y rendre ?

Horaires d’ouverture de l’accueil

Du lundi au vendredi de 12h à 17h30
et 1 h avant le début de la représentation sur le lieu d’accueil du spectacle.

Consulter le programme de janvier à mars 2017



Rencontre avec Clément Pascaud



Rencontre avec François Parmentier
04.02.2017


Rencontre théâtrale

François Parmentier, directeur artistique de la compagnie LES APHORISTES

Acteur et metteur en scène, François Parmentier et ses acteurs nous feront partager leur théâtre autour de lectures issues du répertoire théâtral de la compagnie.

WOYZECK de Georg BŸchner CIE LES APHORISTES mise en scne, adaptation & scŽnographie : Franois Parmentier assistant : Pierre Bedouet, rŽgie gŽnŽrale & assistant ˆ la scŽnographie : Willy Cessa lumire : Etienne Dousselin, vidŽo : MichelŽ Battan & Vincent Saint Loubert BiŽ, costumes : Julien Humeau Clotaire, dŽcors : les Ateliers du Grand T avec: PHILIPPE BODET, CLAUDINE BONHOMMEAU, FABRICE DUPUY, GILLES GELGON, HERVƒ GUILLOTEAU, SERGE LE LAY, HƒLéNE RAIMBAULT & MARTIN (lÕenfant) musique : MATHIEU PICHON guitare, LUC SAINT LOUBERT BIƒ violoncelle & FRANCK THOMELET batterie
WOYZECK
de Georg BŸchner
CIE LES APHORISTES
mise en scne, adaptation & scŽnographie : Franois Parmentier
assistant : Pierre Bedouet, rŽgie gŽnŽrale & assistant ˆ la scŽnographie : Willy Cessa
lumire : Etienne Dousselin, vidŽo : MichelŽ Battan & Vincent Saint Loubert BiŽ, costumes : Julien Humeau Clotaire, dŽcors : les Ateliers du Grand T
avec: PHILIPPE BODET, CLAUDINE BONHOMMEAU, FABRICE DUPUY, GILLES GELGON, HERVƒ GUILLOTEAU, SERGE LE LAY, HƒLéNE RAIMBAULT & MARTIN (lÕenfant)
musique : MATHIEU PICHON guitare, LUC SAINT LOUBERT BIƒ violoncelle & FRANCK THOMELET batterie

En partenariat avec Onyx.

En écho à la programmation Plus loin que loin de Zinnie Harris du 31 janvier au 3 février à Onyx.

Entrée libre et gratuite.

médiathèque charles-gautier-hermeland

Rue François Rabelais
44800 Saint-Herblain
Tél. 02 28 25 25 25

Comment s’y rendre ?

Périphérique ouest, sortie porte de Chézine
Bus 59, 71, C6 arrêt Hermeland

Horaires d’ouverture hors animations

Mardi 14h – 19h
Mercredi 10h – 12h et 14h – 19h
Jeudi 14h –19h
Vendredi 14h – 19h
Samedi 10h – 12h et 14h – 19h

Consulter le programme de janvier à mars 2017



Rencontre avec François Parmentier



Théâtralalère : Dominique Richard et Vincent Debats
25.01.2017


Lecture dessinée

Une promenade dans l’univers de l’auteur de théâtre Dominique Richard, dessinée en direct par Vincent Debats, illustrateur.

Téléchargez le programme

Entrée libre et gratuite. À partir de 10 ans.

médiathèque charles-gautier-hermeland

Rue François Rabelais
44800 Saint-Herblain
Tél. 02 28 25 25 25

Comment s’y rendre ?

Périphérique ouest, sortie porte de Chézine
Bus 59, 71, C6 arrêt Hermeland

Horaires d’ouverture hors animations

Mardi 14h – 19h
Mercredi 10h – 12h et 14h – 19h
Jeudi 14h –19h
Vendredi 14h – 19h
Samedi 10h – 12h et 14h – 19h

Consulter le programme de janvier à mars 2017



Théâtralalère : Dominique Richard et Vincent Debats



Théâtralalère : Nathalie Papin
15.10.2016


Nathalie Papin
Oiseau ou funambule ?

Si elle n’était pas écrivain, Nathalie Papin serait peut-être oiseau ou funambule. Son univers est aérien. Ses personnages sont en quête, ils explorent, ils hésitent, ils creusent, ils choisissent, ils s’arrêtent, ils soulèvent des questions lourdes comme le monde, ils interrogent sans cesse la vie et la mort et tout est là !

Elle profitera de sa résidence au Collège Norange de Saint-Nazaire, pour se poser à Saint-Herblain et inviter les jeunes spectateurs à la découverte de sa planète, lecture d’extraits de ses textes pour la jeunesse à l’appui.

À partir de 10 ans

Téléchargez le programme de salle

En partenariat avec le Théâtre Athénor de Saint-Nazaire.

médiathèque charles-gautier-hermeland

Rue François Rabelais
44800 Saint-Herblain
Tél. 02 28 25 25 25

Comment s’y rendre ?

Périphérique ouest, sortie porte de Chézine
Bus 59, 71, C6 arrêt Hermeland

Consulter le programme de septembre à décembre 2016



Théâtralalère : Nathalie Papin



Dans le cadre du mois bleu
04.10.2016


Lectures

à 14h30, 15h30 et 16h30

Dans le cadre du mois bleu, événement festif qui invite les personnes âgées à quatre rendez-vous dans les quartiers Herblinois, prenez le temps de flâner dans l’espace d’exposition à la découverte de « Hors d’œuvres », installez-vous autour d’un jeu de société, plongez-vous dans la lecture d’un magazine ou d’un livre de cuisine et profitez des lectures de courts textes de théâtre qui seront proposées pour l’occasion.

En partenariat avec le CCAS.

 

médiathèque charles-gautier-hermeland

Rue François Rabelais
44800 Saint-Herblain
Tél. 02 28 25 25 25

Comment s’y rendre ?

Périphérique ouest, sortie porte de Chézine
Bus 59, 71, C6 arrêt Hermeland



Dans le cadre du mois bleu



Samedi rencontre avec Anaïs Allais Benbouali
01.10.2016


Anaïs Allais
rencontre autour de sa pièce
Le silence des chauves-souris

 

La Bibliothèque et le TU vous proposent de rencontrer de jeunes metteurs en scène et de découvrir leurs parcours singuliers.

 

D.R Xavier Cailleau
D.R Xavier Cailleau

Auteure, metteuse en scène, comédienne, formée au Conservatoire de Nantes et à l’IAD (Institut des arts et diffusion), directrice artistique de la compagnie La Grange aux Belles, Anaïs Allais Benbouali a publié en mai dernier ses deux premiers textes dramatiques chez Actes Sud, préfacés par Wajdi Mouawad : Lubna Cadiot et Le silence des Chauves-souris.
Découvrez cette figure émergente du théâtre contemporain lors d’une discussion ponctuée
de lecture d’extraits de ses textes.

Téléchargez ici le programme de la rencontre

En écho à la programmation du Silence des Chauves-souris, du 4 au 8 octobre au Studio Théâtre.




Samedi rencontre avec Anaïs Allais Benbouali



Réouverture de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland
24.09.2016


Samedi 24 septembre à 10 heures,
la médiathèque réouvre ses portes

Médiathèque Charles-Gautier-Hermeland
Rue François Rabelais – 44800 Saint-Herblain

 

Réouverture septembre 2016
Médiathèque Charles Gautier Hermeland

 

Neuf mois de travaux auront été nécessaires pour l’aménagement de nouveaux espaces de convivialité, de jeux, de travail et de flânerie. Neuf mois pour que la médiathèque s’ouvre enfin sur le parc. Neuf mois pour vous proposer de nouveaux services.

Programmation exceptionnelle

Afin de marquer l’évènement, le samedi 24 septembre sera une journée festive marquée par de nombreuses interventions artistiques :

Fluo red

10h : visite guidée de la médiathèque par un agent de La Bibliothèque
11h : visite décalée par la Cie du Deuxième
14h : visite guidée de la médiathèque par un agent de La Bibliothèque
14h30 : discours du Maire et vernissage de l’exposition Hors d’oeuvres, à consommer sur place ou à emprunter
15h30 : visite décalée par la Cie du Deuxième
16h30 : spectacle Fossil, par le Groupe Fluo
18h : visite guidée de la médiathèque par un agent de La Bibliothèque

médiathèque charles-gautier-hermeland

Rue François Rabelais
44800 Saint-Herblain
Tél. 02 28 25 25 25

Comment s’y rendre ?

Périphérique ouest, sortie porte de Chézine
Bus 59, 71, C6 arrêt Hermeland
Parking gratuit



Réouverture de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland



Jours de Fête 2016
11.09.2016


Jours de Fête 2016

10 et 11 septembre 2016 – Parc de la Bégraisière

 

Évènement familial et convivial, le festival Jours de Fête réunit, le temps d’un week-end en septembre, spectacles de rue, concerts, cirques et installations plastiques dans le magnifique parc de la Bégraisière.

C’est aussi des espaces à rêver, des moments pour se rencontrer entre amis ou en famille, des tables à partager, des jeux à essayer, des sensations fortes à tester…

À cette occasion La Bibliothèque vous propose…

 

AIRE DE JEUX

samedi 13h-20h et dimanche 12h-18h

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Jeux surdimensionnés plus grands que nature, jeux d’agilité ou jeux d’eau pour se défier en extérieur, jeux pour tous les âges et pour tous les goûts… tout est réuni pour une parenthèse ludique entre deux spectacles.

Profitez-en en famille, installez-vous sous les arbres ou autour d’une table et n’hésitez pas à demander aux ludothécaires présents de vous expliquer les règles ou d’animer les parties.

À vous de jouer !

joueurs de nature

samedi 13h-20h et dimanche 12h-18h
Land Art par Marc Pouyet

sans-titre red

« Artiste de nature », Marc Pouyet s’inspire de jeux traditionnels comme les dames chinoises, le Memory, les dominos ou une simple marelle pour créer des installations-jeux-land art en empruntant à la nature les matériaux qu’elle offre. Une façon de retrouver, le temps d’une parenthèse, le plaisir enfantin, humain, ancestral, de s’amuser avec quelques cailloux et trois ou quatre brindilles.

Dans un Jour de Fête grandeur nature, Marc Pouyet vous convie à partager des moments ludiques de découvertes, d’apprentissage et de création :
>exposition de photographies issues de son ouvrage Joueurs de nature qui compile 45 jeux traditionnels en land art
>fabrication et mise à l’eau d’embarcations végétales
>élaboration collective d’un plateau de jeu de l’oie surdimensionné
>parties libres ou animées de jeux traditionnels réalisés à partir d’éléments naturels.

Collecte d’éléments naturels pour création land art
Pour créer un jeu de l’oie comportant le plus de motifs, matières et couleurs possibles, aidez-nous à rassembler des éléments naturels dès le début de l’été !

Collectez coquillages, pommes de pin, fleurs séchées et autres galets bigarrés et déposez-les à l’accueil des équipements de La Bibliothèque ou apportez-les lorsque vous viendrez à la Bégraisière pour Jours de Fête.

 

médiathèque charles-gautier-hermeland

Rue François Rabelais
44800 Saint-Herblain
Tél. 02 28 25 25 25

Comment s’y rendre ?

Périphérique ouest, sortie porte de Chézine
Bus 59, 71, C6 arrêt Hermeland
Parking gratuit

Programme FESTIVAL JOURS DE FETE 2016

Lire plus de publications sur Calaméo

cliquez ici pour voir le programme de Jours de fête




Jours de Fête 2016



Jours de Fête 2016
10.09.2016


Jours de Fête 2016

10 et 11 septembre 2016 – Parc de la Bégraisière

 

Évènement familial et convivial, le festival Jours de Fête réunit, le temps d’un week-end en septembre, spectacles de rue, concerts, cirques et installations plastiques dans le magnifique parc de la Bégraisière.

C’est aussi des espaces à rêver, des moments pour se rencontrer entre amis ou en famille, des tables à partager, des jeux à essayer, des sensations fortes à tester…

À cette occasion La Bibliothèque vous propose…

 

AIRE DE JEUX

samedi 13h-20h et dimanche 12h-18h

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Jeux surdimensionnés plus grands que nature, jeux d’agilité ou jeux d’eau pour se défier en extérieur, jeux pour tous les âges et pour tous les goûts… tout est réuni pour une parenthèse ludique entre deux spectacles.

Profitez-en en famille, installez-vous sous les arbres ou autour d’une table et n’hésitez pas à demander aux ludothécaires présents de vous expliquer les règles ou d’animer les parties.

À vous de jouer !

joueurs de nature

samedi 13h-20h et dimanche 12h-18h
 Land Art par Marc Pouyet

sans-titre red

« Artiste de nature », Marc Pouyet s’inspire de jeux traditionnels comme les dames chinoises, le Memory, les dominos ou une simple marelle pour créer des installations-jeux-land art en empruntant à la nature les matériaux qu’elle offre. Une façon de retrouver, le temps d’une parenthèse, le plaisir enfantin, humain, ancestral, de s’amuser avec quelques cailloux et trois ou quatre brindilles.

Dans un Jour de Fête grandeur nature, Marc Pouyet vous convie à partager des moments ludiques de découvertes, d’apprentissage et de création :
>exposition de photographies issues de son ouvrage Joueurs de nature qui compile 45 jeux traditionnels en land art
>fabrication et mise à l’eau d’embarcations végétales
>élaboration collective d’un plateau de jeu de l’oie surdimensionné
>parties libres ou animées de jeux traditionnels réalisés à partir d’éléments naturels.

Collecte d’éléments naturels pour création land art
Pour créer un jeu de l’oie comportant le plus de motifs, matières et couleurs possibles, aidez-nous à rassembler des éléments naturels dès le début de l’été !

Collectez coquillages, pommes de pin, fleurs séchées et autres galets bigarrés et déposez-les à l’accueil des équipements de La Bibliothèque ou apportez-les lorsque vous viendrez à la Bégraisière pour Jours de Fête.

 

médiathèque charles-gautier-hermeland

Rue François Rabelais
44800 Saint-Herblain
Tél. 02 28 25 25 25

Comment s’y rendre ?

Périphérique ouest, sortie porte de Chézine
Bus 59, 71, C6 arrêt Hermeland
Parking gratuit

Programme FESTIVAL JOURS DE FETE 2016

Lire plus de publications sur Calaméo

cliquez ici pour voir le programme de Jours de fête




Jours de Fête 2016



Formes théâtrales courtes pour marionnettes et objets - Extraits choisis
05.12.2015


Il-etait-une-deuxieme-fois_bis

Théâtre pour deux mains Il était une deuxième fois, est un spectacle de marionnettes créé à partir des textes piquants, drôles et parfois cruels de huit auteurs contemporains qui questionnent la difficulté de grandir et de trouver sa place dans le monde. Il y a A, Z, Nathan et Bella sirène, l’incontournable ogre et la reine, une cousine pas loin et Poulet : les quatre mains des marionnettistes feuillètent un grand livre Pop’Up animé d’où sortent les images et les histoires de ces héros d’aujourd’hui. Découvrez ici quelques extraits de ce spectacle qui sauront vous mettre en appétit avant d’apprendre les ficelles de la création et l’envers du décor avec les metteurs en scène Pascal Vergnault et Guillaume Gatteau.

Tout public dès 5 ans. Gratuit.

 




Formes théâtrales courtes pour marionnettes et objets - Extraits choisis



Samedi rencontre lecture du Théâtre du Strapontin
14.11.2015


Le Théâtre du Strapontin, compagnie de théâtre amateur des Herbiers (85), propose une lecture de textes puisés dans son répertoire.
Depuis sa création, la compagnie s’oriente vers des textes contemporains et près de 70 pièces ont été jouées par les enfants, jeunes ou adultes. Chaque année, une centaine d’adhérents s’investissent dans ses différents ateliers.
La Bibliothèque de Saint-Herblain est notre principale pourvoyeuse de textes, et régulièrement, en puisant dans sa riche collection, nous aimons y découvrir de nouveaux auteurs, de nouvelles écritures.

A l’invitation de La Bibliothèque et pour fêter les 20 ans de la Compagnie, nous vous invitons à partager nos coups de cœur, nos envies, nos audaces.
theatredustrapontin@free.fr




Samedi rencontre lecture du Théâtre du Strapontin



Samedi rencontre : Fabrice Melquiot
10.10.2015


fabrice-melquiot

Fabrice Melquiot est auteur de pièces de théâtre – près de cinquante aujourd’hui –, de chansons, de performances, et metteur en scène. Ses textes ont été récompensés par de nombreux prix, traduits dans une douzaine de langues, représentés dans de nombreux pays et l’ensemble de son œuvre lui a valu en 2008 le Prix Théâtre de l’Académie française. Depuis l’été 2012, Fabrice Melquiot est directeur du Théâtre Am Stram Gram de Genève, Centre International de Création pour l’Enfance et la Jeunesse, où il espère « bouleverser, travailler les points de vue et diviser, afin d’ouvrir l’espace critique. »




Samedi rencontre : Fabrice Melquiot



Marionnette et écritures contemporaines pour la jeunesse
04.04.2015


Avec Pascal Vergnault de la compagnie Théâtre pour 2 mains et Angélique Friant de la compagnie Succursale 101

Modérateur : Guillaume Gatteau de la compagnie la fidèle idée

« Pour cette rencontre avec les compagnies Théâtre pour 2 mains et Succursale 101, l’accent sera mis sur l’articulation entre arts vivants pour la jeunesse et écritures contemporaines. Nous regarderons le parcours de ces deux compagnies, leurs démarches, et tenterons de comprendre pourquoi les marionnettes et les objets sont selon eux des outils incontournables de transmission vers les plus jeunes…et au-delà. » Guillaume Gatteau janvier 2015

En partenariat avec le Festival Petits et grands, une aventure artistique pour les enfants et les familles du 10 au 14 avril 2015.




Marionnette et écritures contemporaines pour la jeunesse



Théâtralalère : Philippe Gauthier
25.03.2015


Philippe Gauthier par lui mêmePHOTO redimensionné

Philippe Gauthier lit A trop presser les nuages et des extraits de Bouboule et Quatzieux.

« Mon écriture est orale. Il s’agit en fait de retranscriptions des dires de mes personnages. (…) Le plus important est donc la création de ces personnages. Souvent un mélange de souvenirs et d’imaginations. Non, toujours en fait. Les situations, quant à elles, s’imposent à moi ».

Philippe Gauthier , 20 novembre 2014

Rendez-vous jeune public, en partenariat avec le Théâtre Athénor.




Théâtralalère : Philippe Gauthier



Rôle à jouer : Rencontre théâtre et jeu
14.02.2015


Dans le cadre du Festival des jeux

Si le théâtre et le jeu de rôle se rejoignent dans le fait de donner vie à des personnages, c’est surtout dans leurs différences que ces deux pratiques donnent à découvrir leurs richesses.

Pour ce samedi-rencontre, La Bibliothèque invite Philippe Vallepin, metteur en scène et professeur au conservatoire d’art dramatique de Nantes, à dialoguer avec Éric Collet, passionné de jeu de rôle grandeur nature et président de l’association Mondes parallèles : une occasion de croiser les questionnements et les pratiques.

Rencontre animée par Stéphane Leca, directeur d’Onyx-La Carrière

Une murder-party, animée par l’association Mondes parallèles, donne à jouer et amorce la réflexion.




Rôle à jouer : Rencontre théâtre et jeu



Rôle à jouer : Murder Party
14.02.2015


Dans le cadre du Festival des jeux

Jeu de rôle grandeur nature, la Murder Party consistera à résoudre une énigme policière, à la médiathèque Hermeland, en incarnant les protagonistes d’une histoire au croisement entre théâtre d’improvisation et jeu d’enquête.

Sur inscription au 02 28 25 25 25 ou à la-bibliotheque@saint-herblain.fr

La Murder Party sera suivie d’un échange autour de la pratique théâtrale et de celle du jeu de rôle avec Philippe Vallepin, metteur en scène et professeur au conservatoire d’art dramatique de Nantes et Éric Collet, passionné de jeu de rôle grandeur nature et président de l’association Mondes parallèles. Une occasion de croiser les questionnements et les pratiques.




Rôle à jouer : Murder Party



Théâtralalère avec Catherine Verlaguet
28.01.2015


Rencontre théâtre jeune public avec Catherine Verlaguet.

« J’ai envie, sur ce Théâtralalère, de partager avec vous mon plaisir des histoires à dire ; et de vous raconter comment je les écris.

Quand j’écris, je me lis et me relis beaucoup à haute voix. Avant de mettre un point final à chaque texte, j’ai besoin qu’aucune syllabe ne soit en trop, qu’aucune virgule ne soit mal placée, aucune phrase trop longue, ni aucun mot mal nuancé. Je dis alors que plus rien ne trébuche sur la langue, et je peux valider.

Ainsi se pose pour chaque texte la question de sa forme : narration linéaire ? Déconstruire ? Quelle place est faite au dialogue ? Et qui dit « dialogue », dit « non-dits ». Comment faire entendre le non-dit ? Comment écrire le silence ? Les regards, les gestes ?

Il s’agit de trouver, pour chaque histoire, sa forme juste et son rythme. On dit de Feydeau que lorsque ses pièces jouaient, il ne les regardait pas : il était tel un chef d’orchestre en régie et tapait la mesure. Je partage cette inquiétude du rythme, car tout est une histoire de rythme.

J’ai donc envie de partager avec vous « comme si de rien », un récit théâtral à dire, lire ou à jouer. Et certainement aussi une nouvelle « le temps de vivre ». Et un extrait de « Braises »… et peut-être même la fin de « Mijaurées ».

Et si vous en avez envie, nous ferons tous ensemble, à l’oral, un petit jeu d’écriture automatique. Mais ça, on verra le jour J. »

Caterine Verlaguet

En partenariat avec le Théâtre Athénor




Théâtralalère avec Catherine Verlaguet



Théâtre et monde du travail, avec Laurent Maindon
10.01.2015


photo laurent maindon (c) redimensionné

Une thématique dramatique pour parler du parcours artistique pertinent de la compagnie du Rictus, en présence de son directeur artistique Laurent Maindon.

Laurent Maindon se définit comme « metteur en scène et auteur par passion, fils de peintre en bâtiment et de caissière, plutôt viandes que légumes, et durablement hédoniste ». Lors de cette rencontre, il évoquera avec Arzelle Caron, correspondante culture pour le journal Ouest-France et pigiste pour la presse culturelle institutionnelle, son parcours et les rencontres marquantes avec les auteurs contemporains qui ont nourri son travail de metteur en scène.

D’András Forgách à Samuel Beckett en passant par les chroniques urbaines de la trilogie Asphalt Jungle de Sylvain Levey, le théâtre du Rictus propose une mise en abîme de notre société et de ses perversions et nous interroge sur les mécanismes du pouvoir, de la manipulation et de la soumission.

Parfois radical, souvent corrosif mais toujours jubilatoire, Le Rictus nous parle « des bruits du monde » et de ces petites lâchetés du quotidien qui nous font devenir, tour à tour, des bourreaux ou des victimes. Son théâtre évoque avec une clairvoyance sans concessions le pouvoir, les blessures de l’abandon et la solitude profonde de l’être.

Cet échange, ponctué d’extraits de textes lus par des acteurs amateurs questionnera la place du théâtre dans le monde du travail, la complexité des rapports humains, la violence et les motivations profondes de tout passage à l’acte.

Rencontre qui fait écho à la programmation à Onyx d’une semaine de rencontres, débats, tables rondes, conférences, films et spectacles sur le vaste et « dramatique » sujet du travail.
Quelles relations la culture, les arts et plus particulièrement le théâtre entretiennent-ils avec le monde du travail aujourd’hui. Comment les artistes s’emparent-ils du sujet pour le transformer en matière de création ? Quelles questions soulèvent-ils ? Quels sens bousculent-ils ? [Du 11 janvier au 17 janvier 2015 à ONYX].

Gratuit.




Théâtre et monde du travail, avec Laurent Maindon



Prix d’écriture théâtrale de Guérande
13.12.2014


Samedi Rencontre
Lecture de la pièce lauréate du 14ème prix d’écriture théâtrale de la Ville de Guérande par le Théâtre du Rictus

 Médiathèque Hermeland

5 - Prix d'ecriture 2014

L’originalité de ce Prix réside dans sa formule de sélection : un comité de lecture, constitué de passionnés de théâtre, réalise une première sélection, étudiée ensuite par un jury de professionnels. Ce jury est présidé par un auteur dramatique confirmé, cette année Pauline Sales, qui donne, par sa présence, une couleur singulière à l’évènement.




Prix d’écriture théâtrale de Guérande



Samedi rencontre : Focus Keene
15.11.2014


le_neveu_de_rameau_-_bassdef_c_jean_depagne redimensionné

S. Magois © J.-L. Fernandez redimensionné

Ronan Cheviller par Sisada Heuang Praseuth redimensionné

Rencontre avec Séverine Magois (traductrice, notamment des oeuvres de Daniel Keene) et Hervé Guilloteau (metteur en scène de la Compagnie Grosse Théâtre qui présente Monologue sans titre à Onyx le 21 novembre 2014).

Animée par Ronan Cheviller (auteur et metteur en scène).

Autour du thème : traduire et jouer le théâtre contemporain étranger.




Samedi rencontre : Focus Keene



Les instants secrets
08.11.2014


Eliott & Nestor et Mitsu, par le Théâtre Pom’

 Médiathèque Hermeland

 

C’est l’histoire d’une bande de copains, aux prénoms parfois étranges, dont la vie s’écoule devant nous, de petits évènements en grandes émotions.

Ni objets, ni marionnettes, plutôt figurines fragiles, ces drôles de personnages au physique un peu bizarre, tournent sur une piste, au gré des mots de Mélanie Rutten, éditions MeMo et au son d’une ritournelle un peu désuète, un peu cassée, ils nous invitent à l’apprentissage de la rêverie.

La compagnie Théâtre Pom’ est née en décembre 1993 de la fusion du Théâtre de la Petite Ortie et de la compagnie La Marcotte, avec la volonté affirmée de se consacrer au jeune public.
La compagnie propose à ce jeune public de découvrir des écritures, des textes d’auteurs contemporains.
Ce répertoire d’aujourd’hui, reste souvent ignoré alors qu’il recèle de nombreuses richesses : des écritures pures, incisives, des thèmes authentiques qui évoquent d’autres vies, des univers poétiques originaux, des bonheurs ou des malheurs évoqués à demi-mot, avec pudeur et intelligence.
Spectacle jeune public à partir de 4 ans

En partenariat avec les éditions MeMo.




Les instants secrets



Wajdi Mouawad
17.05.2014


P1010674 redimensionnée

Wajdi Mouawad échange avec vous, en compagnie de Catherine Blondeau, directrice du Grand T de Nantes.

« Wajdi Mouawad écrit des romans et des pièces de théâtre. Il met en scène son théâtre et celui des autres, sculptant son œuvre au plateau avec une matière composite : les textes, la musique, les films, la scénographie dans l’espace, le corps des comédiens dans la lumière, leurs voix, leurs doutes – et les siens. A la scène comme dans son atelier, Wajdi Mouawad peint, dessine, des images qui disent un monde où d’incompréhensibles violences sont traversées d’un éclair de pure grâce, un monde où se côtoient le rire et les larmes. Wajdi Mouawad est aussi un infatigable lecteur. Arpentant une vaste bibliothèque de mythologie, de philosophie, de poésie, de politique et de religion, il se pose et repose la question du sens et celle de la beauté, par-delà la sourde menace du mal. » Catherine Blondeau

C’est donc à une découverte de la pluralité des mondes intérieurs de Wajdi Mouawad que vous convie cet entretien avec l’artiste canadien d’origine libanaise. La conversation sera ponctuée de lectures de textes.

Wajdi Mouawad est artiste associé au Grand T, théâtre de Loire-Atlantique à Nantes.




Wajdi Mouawad



Théâtre et jeu
14.02.2014


Philippe Vallepin 1(c)Rodolphe Marcis redimensionné

Samedi rencontre.
Philippe Vallepin et Éric Collet.
Rencontre animée par Stéphane Leca.
Intitulée « Sur un plateau ! », l’édition 2015 du Festival des jeux entend explorer les passerelles qui existent entre le jeu et le spectacle vivant.
Ce samedi-rencontre propose un temps de réflexion et de débat autour du rôle à jouer, de la pratique théâtrale à celle du jeu de rôle.
Dans le cadre du Festival des jeux organisé par La Bibliothèque, du 9 au 22 février 2015.




Théâtre et jeu



Événements plus anciens...




La Coopérative d'écriture

La Coopérative d'écriture est le résultat d'affinités électives. Chaque auteur de la Coopérative possèdent sa propre esthétique, ses obsessions, ses préférences, ses engagements ; bref, son art. Ils ont le goût de la confrontation, le goût de la tentative et souhaitent briser le plus souvent possible l'isolement inhérent à l'écriture en partageant des cadres poétiques définis ensemble. Ils ont le désir de ne pas se tenir trop éloignés du public, le désir d'écrire au contact des autres, au coeur de l'assemblée, par jeu et par plaisir.
Pour ce bal littéraire, Marion Aubert, Nathalie Fillion, Natacha de Pontcharra, Rémi de Vos et Eddy Pallaro, se réuniront vendredi après-midi autour d'un stock de leurs tubes préférés. Ils composeront ensemble une playlist de dix morceaux à danser, et élaboreront la trame d'une fable en dix épisodes. Puis, ils se répartiront les épisodes de l'histoire à écrire. Le samedi, ils se mettront chacun à l'oeuvre.
Règles du jeu : textes et chansons alterneront, chaque texte devra se terminer par le titre du morceau qui suit. Le dimanche après-midi, les auteurs livreront à plusieurs voix cette histoire unique, écrite à dix mains en deux jours. Les spectateurs-danseurs seront invités à écouter sagement chaque texte et à danser follement sur chaque morceau, et pas le contraire !
En partenariat avec Jours de fête. Onyx-La Carrière

Programme 20 ans

samedi 13 et dimanche 14 septembre 014



Norbert Aboudarham
Norbert Aboudarham lit sa pièce La Chaise vide, avec Dominique Paquet

Norbert Aboudarham est né en 1949. Après une formation de physicien, il a débuté comme compositeur de musique au théâtre (pas moins de cent partitions pour Antoine Vitez, jusqu'aux dernières créations de Michel Boujenah). Formé à la technique du clown et du bouffon par Alain Gautré, il développe et enseigne le langage théâtral du burlesque. Il est actuellement chargé de cours à Paris XII et à la faculté d'Evry. C'est d'abord au cinéma qu'il mène ses premières expériences d'écriture, puis à la radio dans le cadre des Ateliers de création de Radio-France. Sa pièce, La Chaise vide, qui a pour cadre le site légendaire du cinéma de Joinville-le-Pont, fait la synthèse entre ses activités au théâtre et au cinéma. « Si celui qui est sur la chaise se sent vide... alors la chaise est vide ». C'est cette réflexion du sage Rabbi Nachman de Breslau qui a donné le titre et inspiré le personnage de Norbert Aboudarham ; Anton est technicien du son dans les laboratoires de développement de Joinville-le-Pont, au chômage depuis un an. Les studios de prise de vue ont disparu, et tout le site de Pathé sera bientôt grignoté par les projets immobiliers. Du même coup, la vie réelle d'Anton se trouve grignotée. Aussi se réfugie-t-il dans le virtuel, pour ne plus se nourrir que d'images. Anton, c'est Laurel, Hardy, Chaplin, Gabin et Indiana Jones : le cinéma l'habite et il n'habite plus nulle part. Il se vide, assis sur une chaise... vide. France est standardiste, c'est-à-dire à la jonction de la fiction et du réel, comme le montre sa nature pragmatique ; mais désormais standardiste sans appels. Anton et France ont été mari et femme. Aujourd'hui, elle vient le rejoindre pour le sauver du vide et du délire dans lesquels il sombre, pour le ramener à la réalité. Jusqu'à présent, elle a toujours échoué, mais cette fois, il semble qu'elle peut réussir. Pourtant, n'est-ce pas elle qui risque de se vider pour se retrouver vide sur la chaise vide ? Peut-on sauver les autres sans se perdre soi-même ? Cinéma réel ou vie virtuelle ? Anton et France valsent, tournent sans pellicule au son lointain des guinguettes des bords de Marne. Après une session de cours sur le burlesque et l'absurde à Madrid, Norbert Aboudarham est cette saison en résidence à Saint-Herblain pour un programme de formation et de création autour du burlesque et de l'absurde. Pour les 13e Rencontres Théâtrales Jeunes, en mai 2000, il présentera, à Onyx, un spectacle conférence sur ce thème. Il écrit actuellement une « tragédie du quotidien », 46 avenue Roger-Salengro, huis clos dans lequel on ne parle que du vide... Dominique Paquet a travaillé, comme actrice, sous la direction de Raymond Paquet, André Bénichou, Georges Wilson, Jacques Rosny, Claude Santelli, etc., et interprété Molière, Kroetz, Brecht, Lorca, Obaldia, Duras, Jarry, etc. Dramaturge et adaptatrice, elle a travaillé sur des oeuvres de Peter Weiss, Patrick Karl, Per Olov Enquist, Lewis Carroll, Aristophane, Huysmans, etc. Dominique Paquet est par ailleurs enseignante, animatrice d'ateliers d'écriture, spécialiste du maquillage et auteur de nombreux articles pour L'Encyclopædia Universalis, Europe, Milieux, Ellipses, Du Théâtre, Les Cahiers de la Comédie-Française. Enfin, elle a notamment écrit deux pièces de théâtre pour le jeune public, Les Escargots vont au ciel et Un hibou à soi. (Texte de présentation, 2000)

mardi 4 janvier 2000



Caio Fernando Abreu
Gérard Guérif lit L'Homme à la tache de Caio Fernando Abreu avec Claire Cayron, traductrice de la pièce

Né en 1948, Caio Fernando Abreu est mort du sida en 1996. Nouvelliste, romancier et scénariste, il est aussi l'auteur de sept pièces, toutes représentées au Brésil. Avec L'Homme à la tache (O Homem e a mancha,1994), cet « écrivain de la passion » propose une performance pour un homme seul sur une libre relecture de Don Quichotte. Claire Cayron, traductrice de Miguel Torga, Harry Laus, Sophia de Mello Breyer, Joaquim Pedro de Oliveira Martins, Wanda Ramos, etc. est « tombée en arrêt » devant ce texte : imagination dramatique, défi pour un seul comédien, rythme trépidant, multiplication des registres du langage. (Texte de présentation, 1998)

mardi 3 février 1998



Bengt Ahlfors & Johan Bargum
André Loncin et Hugues Massignat lisent Y a-t-il des tigres au Congo ? de Bengt Ahlfors et Johan Bargum

Écrite en 1986, jouée des centaines de fois en Finlande, en France et dans de nombreux pays, cette comédie dramatique vient d'être publiée en France dans une traduction de Philippe Bouquet aux éditions de l'Élan (Nantes). Deux acteurs, choisissant de parler du sida, doivent échanger tour à tour le rôle inconfortable du séropositif face à sa famille, à ses amis, à ses collègues de travail... Ahlfors et Bargum, écrivains finlandais de langue suédoise respectivement nés en 1937 et 1943, font ici la preuve qu'un siècle après Ibsen, les préoccupations sociales et humaines restent primordiales pour les auteurs dramatiques nordiques. (Texte de présentation, 1997)



mardi 7 janvier 1997



Jean-Paul Alègre
Jean-Paul Alègre lit sa pièce Lettres croisées

Né en 1951, Jean-Paul Alègre est aujourd'hui, après avoir été... champion de pelote basque, l'un des écrivains vivants les plus « vendus », traduits (dix-sept langues) et les plus joués en France (dans le groupe des trois premiers depuis plusieurs années consécutives selon les chiffres de la Fédération Nationale des Compagnies de Théâtre amateur et d'Animation) comme à l'étranger (plus de trente pays), singulièrement par les amateurs en attendant que les professionnels se penchent avec plus d'attention sur un auteur constamment imaginatif, dans l'espace comme dans le temps, passant du réel à l'abstraction, voire à l'illusion, révélant ainsi de nouvelles couleurs dans l'habit d'Arlequin et manifestant la drôlerie rare des « farceurs humanistes ». Auteur d'une trentaine de pièces à destination des publics jeune comme adulte (on ne les compte plus, longues ou courtes), la plupart publiées à L'Avant Scène et chez Lansman, très impliqué dans la vie théâtrale et culturelle et militant infatigablement pour la défense des auteurs contemporains encore trop mal ou peu aimés, opiniâtrement attaché à « créer du désir pour que les gens reviennent dans les salles de spectacle », l'actuel président des Ecrivains associés du théâtre (EAT) a choisi de lire à Saint-Herblain ses Lettres croisées (pièce récompensée par les Journées de Lyon des auteurs de théâtre en 2003), texte à la fois drôle et bouleversant, nourri d'expérience et de fraîcheur : à travers un habile montage de soixante correspondances, notes, messages et rapports d'une justesse parfaite, se dévoile la petite société qui gravite autour de la jeune Ariane, hospitalisée à la suite d'un grave accident de la route. Également traducteur, Jean-Paul Alègre a contribué à faire connaître en France le théâtre du dramaturge américain Israël Horovitz (Péchés maternels et autres pièces courtes, avec Nathalie Gouillon, Les Poings qui volent, Trois Semaines après le paradis). Exceptionnellement attachant par sa sincérité, sa générosité, l'attention qu'il sait porter aux autres et son sens de la fraternité, Jean-Paul Alègre, pour qui le théâtre est le lieu de la démocratie, s'est intéressé à l'Histoire, notamment sociale, en écrivant plusieurs pièces pétries d'humanité comme Blanche Maupas, l'amour fusillé (1997) qui salue un combattant de la guerre de 1914-1918 abattu sous prétexte de désobéissance et sa veuve luttant pour sa réhabilitation, ou C'est Jean Moulin qui a gagné (2001), pour arracher le masque de ce grand nom de la Résistance afin qu'apparaisse l'homme dans toute sa profondeur. Vol 2037 (1999) dénonce, au travers d'un crash tragique, la folie criminelle d'industriels avides de profits - la lucidité poétique de Jean-Paul Alègre sait faire le procès de toutes les injustices et l'on soulignera le talent qu'il manifeste dans ses pièces à passer du plus intime détail à l'universel grâce à une écriture sensible et ciselée, revendiquant l'émotion sans tomber dans le chausse-trape du pathos. Agnès Belladone (2004), qui met en scène une grande comédienne, « monstre sacré » et... tyrannique, a reçu en 2004 le Prix Émile-Augier de l'Académie Française. Quant à La Ballade des planches (1997), cette pièce est au programme de l'université de Harvard ! En hommage à Ariane Mnouchkine avec laquelle il a collaboré pour les spectacles 1789 et 1793, Jean-Paul Alègre, également metteur en scène, a fondé, dès 1970, sa compagnie, le Théâtre du fil d'Ariane. http://www.alegre.fr

mardi 7 avril 009 à 20 h 30



Christine Angot
Antoine Mathieu lit des textes de Christine Angot

Elle est romancière. Et auteur de théâtre. Presque toujours, elle écrit à la première personne. Il y a des accusateurs dégoûtés : « narcissisme, nombrilisme ». Elle répond : « Quand on dit Je dans un texte public, c'est de l'amour pour vous, est-ce que vous le comprenez ? » Les Éditions Fayard ont publié cette année quatre pièces en un volume : L'Usage de la vie, Corps plongés dans un liquide, Nouvelle vague, Même si. Juste avant Sujet Angot, juste après Les Autres, « romans ». Il serait inepte de chercher à y démêler la réalité de la fiction : ne nous plaçons pas hors du champ de la littérature. Stop. « Un des plus passionnants écrivains qu'il nous ait été donné de découvrir ces dix dernières années » : François Kasbi, La Quinzaine littéraire. (Texte de présentation, 1999)



mardi 2 mars 1999



Jean-Luc Annaix
Jean-Luc Annaix lit des extraits de trois pièces et un texte inédit avec Claudine Merceron, Christine Peyssens et Fabrice Redor et en compagnie de Daniel Besnehard, coauteur de la version scénique d'A

Nantais comme Jacques Demy, et auteur de comédies musicales telles que les Français ne savent pas les faire, Jean-Luc Annaix a acheté ses premières farces et attrapes passage Pommeraye, chez feu Hildalgo. Avec une incorrigible façon de voir la vie en rose, il est tombé dans le grand bain du théâtre et de la chanson pour rebadigeonner notre quotidien de sa couleur favorite. Après avoir fait ses classes au Théâtre du Galion, à partir de 1974, il joue, chante, compose, écrit et met en scène, puis fonde le Théâtre Nuit en 1981. En 19 ans, pas une rate de spectateur qui ne se soit salutairement dilatée grâce aux prescriptions de Baladar, L'Inventaire, Les Bricopathes, Pour en finir une fois pour toutes avec la (bonne) chanson française, Wouap dou wouap (en alexandrins s'il vous plaît), Viva je t'aime, Madame Marguerite (interprétée par Christine Peyssens), Descente au paradis, Et Dokk'', donc, s'en vint sur terre, Le Songe d'une nuit d'été, Lune de miel, Just Married, Il nous faut de l'amour, Le Bal ailé (mise en scène par Jean-Luc Annaix, chorégraphies d'Anna Rodriguez, programmé par le Service Animation de la MCLA les 13 janvier à Vallet, 20 janvier à Machecoul et 10 mars 2001 à Gétigné) et Antigone (de Sophocle), adaptation théâtro-musicale tout récemment créée à Château-Gonthier, qui sera accueillie à l'espace culturel Onyx de Saint-Herblain, le 21 novembre. Jean-Luc Annaix anime ses personnages au centre d'un monde semblable à une peinture naïve ou à une bande dessinée dans laquelle converseraient Aristophane, Buster Keaton, Tex Avery, Walt Disney, Hergé, Tati et les Frères Jacques, passant de la parole au chant, comme si les barrières du langage n'existaient pas. Farouche partisan du divertissement comme genre à part entière, défendant « ce qui fait semblant de ne pas approfondir un sujet mais laisse entendre clairement les choses », Jean-Luc Annaix navigue entre comédie musicale made in Broadway et fantaisies chantées, se moquant des modes ou des tendances, ce qui ne l'empêche pas de montrer la plus vive admiration pour Giorgio Strehler, Tadeusz Kantor ou Peter Brook. « Ce que j'abhorre, c'est le racolage, la facilité et la vulgarité ; ce que j'apprécie, c'est le plaisir. Je mélange les genres au delà des habitudes, comme on additionne des ingrédients dans une marmite en espérant obtenir un mets délectable. Je n'écris pas pour un groupe social et je refuse les ghettos du type spectacles pour vieux, pour profs, pour ouvriers, pour enfants... Je préfère un public vaste et mêlé ». Sans doute le caractère musical des spectacles de Jean-Luc Annaix a-t-il pu faire oublier leur écriture. C'est pourquoi la Bibliothèque théâtrale a voulu inviter l'auteur, qui lit des extraits de trois de ses pièces et un texte inédit avec trois comédiens, fidèles compagnons depuis de nombreuses années : Claudine Merceron, Christine Peyssens et Fabrice Redor. Daniel Besnehard, dramaturge au Nouveau Théâtre d'Angers, écrivain dramatique et auteur, avec Claude Yersin, de la traduction d'Antigone retenue par Jean-Luc Annaix, est également invité, à titre de complice, pour échanger sur l'adaptation musicale de textes classiques, et plus puisque affinités... Claudine Merceron, venue au monde montée sur ressort, accorde ses mimiques à géométries variables et sa gouaille hilarante à tous les rôles depuis 1981, sur les scènes nantaises, parisiennes et un peu partout dans le monde, grâce, notamment, à plusieurs saisons de sélection en équipe nationale de la Ligue Française d'improvisation. Christine Peyssens n'a jamais pu s'empêcher de jouer, de chanter et de danser, avec une façon inimitable de tirer le spectateur par la manche pour l'obliger à la suivre jusqu'au bout des histoires les plus abracadabrantes qu'elle interprète dans tous les registres, comme si c'était vraiment les siennes. De la Maîtrise de Radio-France aux opéras de Mozart, du café-théâtre à la télévision, des textes classiques aux écritures contemporaines et à la chanson (avec Michel Arbatz), elle a raté toutes les occasions de ne pas se faire remarquer. Fabrice Redor, directement échappé d'un album de Peter Pan, candide et léger comme une image, mais pas si sage, s'est frotté à de multiples expériences théâtrales dans les meilleures compagnies régionales avant de parfaire sa formation auprès de Christian Rist, Hélène Vincent et Claude Brumachon, brûlant les planches de la compagnie CRAC, ou de donner la réplique à Bernard Giraudeau dans La Reine blanche. (Texte de présentation, 2000)

mardi 7 novembre 2000



Liliane Atlan
Liliane Atlan lit ses textes « à dire à vivre », avec Brigitte Smadja

Elle est auteur. De pièces, de récits, de poèmes. Pour le théâtre, la radio. Textes « à dire à vivre ». Même quand elle a cru qu'elle ne pouvait plus écrire pour le théâtre, elle a continué. Même si elle ne savait pas qu'elle continuait : « Le théâtre est une sorte de maladie, un amour incurable. Si c'est dans le sang, c'est dans le sang, on ne peut pas faire autrement ». Ses textes ont été joués et diffusés un peu partout dans le monde. Elle a vécu aux États-Unis. Une écriture singulière, lumineuse, indomptée, généreuse, pour porter la parole, arracher la mémoire au sommeil. Un opéra pour Terezin, rituel célébrant le souvenir des musiciens juifs du ghetto de Therezienstadt, a été diffusé toute une nuit sur France Culture, à l'initiative de Lucien Attoun, réalisé par Christine Bernard-Sugy. Lisez les titres de Liliane Atlan, vous écoutez déjà : La Petite Voiture de flammes et de voix, Les Mains coupeuses de mémoire, Quelques pages arrachées au grand livre des rêves, Petit lexique rudimentaire et provisoire de maladies nouvelles, Je m'appelle Non, Bonheur mais sur quel ton le dire, Petites bibles pour mauvais temps, Les Mers rouges... Elle est née à Montpellier, dans une famille émigrée de Salonique. (Texte de présentation, 1999)



mardi 2 février 1999



Marion Aubert
Marion Aubert lit des extraits de sa pièce Saga des habitants du Val de Moldavie

Marion Aubert a 27 ans et pratique le théâtre depuis l'âge de 15 ans. Diplômée de la section professionnelle du Conservatoire national de région de Montpellier où elle était entrée à 18 ans après une mention très bien au baccalauréat, elle a fondé la compagnie Tire pas la nappe, en résidence depuis 2003 au Centre dramatique national Théâtre des Treize-Vents à Montpellier. Comédienne, elle est aussi auteur dramatique avec dix pièces créées dont quatre publiées. Les Pousse-pions (Actes Sud-Papiers, 2002), métaphore de la société traversée par le rire, a été mise en scène en 2000 par Anne Martin, danseuse chez Pina Bausch. Saga des habitants du Val de Moldavie (Les Solitaires intempestifs Éditeur, 2004) a été créée en mai 2004 par Philippe Delaigue à la comédie de Valence ; cette pièce raconte tout bonnement, au travers des discours de quatre hommes et quatre femmes, comment les habitants du Val de Moldavie, terrassés par une horde de vampires et de fantômes, ont fui, traversé les époques et les pays, pour venir s'échouer à Limoges - ville où Marion Aubert a effectué trois résidences d'écriture à l'invitation du Festival des théâtres francophones. Charnelle et jubilatoire, son écriture mêle, selon ses mots, « onirisme, humour et mascarade ». À Saint-Herblain, Marion Aubert lit seule des extraits de cette pièce avant d'être rejointe par Marion Guerrero : c'est ensemble qu'elles donnent un aperçu du dernier texte, inédit, de Marion Aubert, Les Histrions (détails). Fidèle complice de Marion Aubert, d'un an son aînée, Marion Guerrero, metteur en scène et comédienne, est membre de la compagnie Tire pas la nappe. Elle a mis en scène, avec Nicolas Gabion, Laurent Pigeonnat et Fanny Reversat, Épopée lubrique, montage de quatre textes de Marion Aubert, au festival Oktobre 1999, à Montpellier. En juin dernier, elle a assisté Richard Mitou à la mise en scène de Les Hommes de terre, au Conservatoire national de région de Montpellier. Les Hommes de terre, que Marion Aubert a écrit en résidence au Centre National des Écritures du Spectacle, à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, constituent un vaste projet sur le monde ; des extraits travaillés par les élèves du CDN de Montpellier avaient été réalisés sur France Culture par Claude Guerre en novembre 2004 avant les représentations au Trioletto de Montpellier. Toujours en 2004 au CDN, dans le cadre du festival Oktobre, Marion Guerrero a mis en scène une autre pièce de Marion Aubert, Orgie nuptiale, également écrite à La Chartreuse et ayant bénéficié d'une aide à la diffusion du ministère de la Culture. À partir de février 2005, Marion Aubert sera en résidence d'écriture, puis de création, au Théâtre de la Tête Noire, à Saran, où elle donnera un texte feuilleton qui y sera mis en espace. Ainsi, elle pourra continuer de donner libre cours à une écriture déjà qualifiée de " généreuse, crue, féroce, rabelaisienne, énergique, ravageuse, inventive et drôle ". Aussitôt, en mai 2005 sera créé, au CDN de Montpellier, TSF, spectacle et feuilleton radiophonique de Marion Aubert, Jean-Michel Boch, Marion Guerrero et Tin Sheetel, mis en scène par Sébastien Lagord. Comédienne, et déterminée à le rester, Marion Aubert a interprété des personnages de Copi, Jean-Luc Lagarce, Daniel Lemahieu, Sergi Belbel, Tennessee Williams, et bien d'autres, sous la direction de Cécile Marmouget, Richard Mitou, Jean-Marc Bourg, Ariel Garcia Valdès, Laurence Roy, Philippe Goudard... Elle vient de jouer dans une pièce écrite par... Marion Guerrero, La Terrible Nuit de Juliette. Encouragée par Jean-Marc Bourg, Eugène Durif, Jean-Claude Fall, Jean-Pierre Thibaudat et bien d'autres acteurs de la vie théâtrale, Marion Aubert reste simple et modeste, avouant : " Je me sens privilégiée, je suis une enfant gâtée ". (Texte de présentation, 2005)

mardi 1er février 2005



Marion Aubert
Marion Aubert lit sa pièce Voyage en pays herblinois avec Marion Guerrero

Née en 1977, Marion Aubert pratique le théâtre depuis l'âge de 15 ans. Diplômée de la section professionnelle du Conservatoire national de région de Montpellier, dirigé par Ariel Garcia-Valdès - acteur fétiche de Georges Lavaudant -, où elle était entrée à 18 ans après avoir obtenu, à Nantes, une mention très bien au baccalauréat, elle a fondé avec Capucine Ducastelle, en 1997, la compagnie Tire pas la nappe, en résidence de 2003 à 2006 au Centre dramatique national Théâtre des Treize-Vents à Montpellier, dirigé par Jean-Claude Fall. Auteur dramatique avec une quinzaine de pièces toutes créées et la plupart éditées, elle est aussi comédienne, et déterminée à le rester ; Marion Aubert a interprété des personnages de Copi, Jean-Luc Lagarce, Alfred de Musset, Daniel Lemahieu, Sergi Belbel, Tennessee Williams, et bien d'autres, sous la direction de Cécile Marmouget, Richard Mitou, Jean-Marc Bourg, Ariel Garcia-Valdès, Laurence Roy, Philippe Goudard... Elle a également joué dans une pièce écrite par... Marion Guerrero, La Terrible Nuit de Juliette. À la médiathèque Hermeland, Marion Aubert avait lu seule, en février 2005, des extraits de sa pièce Saga des habitants du Val de Moldavie (Les Solitaires intempestifs) avant d'être rejointe par Marion Guerrero pour donner ensemble un aperçu d'un texte alors inédit, Les Histrions (détail). Publiée en 2006 (Actes Sud-Papiers), cette pièce a été jouée dans une mise en scène de Richard Mitou la même année au Théâtre de la Colline, à Paris, dans le cadre du Festival d'automne, puis a fait l'objet d'une importante tournée en France avec une centaine de représentations. Marion Aubert a écrit son premier texte, Petite Pièce Médicament, en 1996, première création de Tire pas la nappe, et sa dernière pièce, Phaéton, qui sera mise en scène par Marion Guerrero, vient d'être publiée par Actes Sud-Papiers, éditeur de quatre de ses livres. En août 2007, dans le cadre de la manifestation « une antenne, un auteur » lancée par l'association Aux nouvelles écritures théâtrales, la Bibliothèque de Saint-Herblain a invité Marion Aubert pour une brève résidence au cours de laquelle elle a écrit sa pièce Voyage en pays herblinois (Actes Sud-Papiers, 2007), texte diaboliquement drôle et irrévérencieux qui passe par la polyclinique aux 5300 bébés, et sous un certain pin parasol ; « Lorsque j'écris, dit-elle, le Diable est près de moi »... Chaque page de Marion Aubert dont l'écriture, selon ses mots, mêle « onirisme, humour et mascarade », tandis que les critiques (dont un Jean-Pierre Thibaudat enthousiaste) l'ont qualifiée de généreuse, crue, féroce, rabelaisienne, énergique, brillante, déjantée, hilarante, grinçante, déconcertante, époustouflante, inconvenante ou ravageuse, est comme un feu d'artifice de trouvailles, d'inventions et de drôleries, qui plonge le lecteur dans un état d'absolue jubilation, le gratifiant d'éclats de rire et lui donnant envie d'applaudir. Les Pousse-pions (Actes Sud-Papiers, 2002), métaphore de la société traversée par le rire, a été mise en scène en 2000 par Anne Martin, danseuse chez Pina Bausch. Saga des habitants du Val de Moldavie a été créée en mai 2004 par Philippe Delaigue à la comédie de Valence ; cette pièce raconte tout bonnement, au travers des discours de quatre hommes et quatre femmes, comment les habitants du Val de Moldavie, terrassés par une horde de vampires et de fantômes, ont fui, traversé les époques et les pays, pour venir s'échouer à Limoges - ville où Marion Aubert a effectué trois résidences d'écriture à l'invitation du Festival des théâtres francophones. Fidèle complice de Marion Aubert, d'un an son aînée, Marion Guerrero, metteure en scène (de Shakespeare adapté par Frédéric Borie, Bastien Crinon, Virginie Barreteau et Virginie Hopé), mais également comédienne (pour Jean-Claude Fall, Frédéric Villemur, Christophe Rauck, Sébaqstien Lagord, Gilles Lefeuvre, Michèle Heydorff, Ariekl Garcia-Valdès, Jacques Échantillon, Laurent Pigeonnat, Max Denès, Jacques Nichet, Jérême Hankins), est membre de la compagnie Tire pas la nappe. En 1998, elle rejoint l'Atelier Volant du Théâtre National de Toulouse où elle présente sa première mise en scène Petit(s) rien(s) Cabaret, montage de textes et chansons. C'est également à Toulouse qu'elle assiste Richard Mitou sur la mise en scène de la pièce Le Parc de Botho Strauss. Leur collaboration se renouvellera à deux reprises pour la compagnie Tire pas la nappe avec Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne de Jean-Luc Lagarce, et Les Hommes de terre de Marion Aubert, en 2004. La même année, Marion Guerrero met en scène une autre pièce de Marion Aubert, Orgie nuptiale, écrite à La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon et ayant bénéficié d'une aide à la diffusion du ministère de la Culture. Elle a encore mis en scène plusieurs autres textes de Marion Aubert, Épopée lubrique, Les Trublions et, dernière création, Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole (publiée dans le même volume que Voyage en pays herblinois), commande du Théâtre du Rond-Point dirigé par Jean-Michel Ribes, aventures qui ont déjà rencontré un large (et enthousiaste) public en France et en Italie. Les deux Marion préparent actuellement la prochaine création de la compagnie, Orgueil, poursuite et décapitation - comédie hystérique et familiale (texte de Aubert, mise en scène de Guerrero) ; des extraits de cette nouvelle pièce ont été lus à Aneth, à Paris, le 19 novembre dernier. http://www.tirepaslanappe.com/ (Texte de présentation, 2008)

mardi 2 décembre 008



Marine Auriol
Marine Auriol lit des extraits de sa saga théâtrale Chroniques du grand mouvement

Née en 1979, Marine Auriol est comédienne, metteure en scène, marionnettiste et auteure. À 21 ans, elle participe à la création du Collectif en 7, association réunissant metteurs en scène et comédiens déterminés à défendre le primat du corps sur un plateau avec des textes ambitieux, principalement contemporains. L'année suivante, portée par l'envie de ne pas abandonner les personnages qu'elle façonne à un stade unique de leur vie pour les voir bouger jusque dans leurs contradictions ou leurs reniements, elle entreprend d'écrire une saga théâtrale futuriste et post-catastrophe. Ainsi, depuis 2004, paraissent aux Éditions Théâtrales Zig et More (qui reçoit l'aide à la création d'oeuvres dramatiques du ministère de la Culture, coup de coeur des lycéens du Printemps théâtral de Guérande, créée par Béatrice Boüault), L'Angare, Urbi, Les Passagers et Fragments neufs, pièces qui, dans une société fictive d'anticipation, interrogent la guerre, la résistance et le pouvoir ; de nouveaux épisodes suivront dont plusieurs sont déjà écrits et encore inédits (notamment les sixième et septième, Droit sur le Nord et Full Choke), pour constituer ce cycle d'un genre surprenant où le suspense plonge lecteurs et spectateurs dans un univers mystérieux autant que passionnant. À Saint-Herblain, Marine Auriol a choisi de lire un extrait de chacune des sept premières pièces de ces Chroniques du Grand Mouvement. On pourra donc voir évoluer, changer, grandir ses personnages... Dans le deuxième volume de leur recueil Court au théâtre, les Éditions Théâtrales ont encore, cette année, publié une pièce brève à destination du jeune public, L'Ogre d'Aloïs, qui traite de la maladie d'Alzheimer ; Marine Auriol ne cesse d'écrire pour le théâtre et elle a achevé, à ce jour, cinq pièces non encore éditées et extérieures aux Chroniques du Grand Mouvement ; car si ce travail dramatique a obtenu de nombreux prix et aides, et valu à leur auteure des traductions, des commandes et des résidences d'écriture, celles-là ont permis à une auteure soucieuse de ne pas s'enfermer dans un univers exclusivement fantasmé et d'anticipation en nourrissant son écriture de rencontres et de territoires réels. C'est dans cette même optique que Marine Auriol a créé, en 2007, sa propre compagnie, Temps Voyageur ; elle qui a mis en scène ou interprété des auteurs contemporains tels Patrick Dubost, Carlos Liscano ou Pauline Sales, s'est donné pour but, autour des expressions contemporaines, de créer et de promouvoir la production, la diffusion et l'exploitation de spectacles vivants, visuels ou d'arts plastiques en développant les formations, les soutiens et les partenariats avec d'autres compagnies et artistes du monde entier. (Texte de présentation, 2009) Marine Auriol questionnée par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 03 novembre 2009. En écoute ici.

Mardi 3 novembre 009 à 20 h 30



Michel Azama
Michel Azama lit sa pièce inédite Dissonances

Retrouvailles... C'est en 1990 que fut créée, à Saint-Herblain, la Bibliothèque théâtrale, dans les locaux de l'espace culturel Onyx, la médiathèque Hermeland n'étant alors pas encore construite. Cette même année fut institué au premier mardi des mois d'octobre à mai le cycle de lectures-rencontres théâtrales Mardi, côté cour. À ce jour, près de 120 auteurs différents ont été reçus, plus de 160 lectures offertes, sans aucune interruption dans cette régularité. Vingt ans après (bonjour M. Alexandre Dumas !), Saint-Herblain accueille une nouvelle fois ses premiers invités. Ainsi peut-on se souvenir que, le 12 février 1991, Michel Azama avait lu à Onyx sa pièce Médée black ; le 6 décembre 2005, il revenait, à la médiathèque cette fois, en compagnie de cinq autres auteurs des Ecrivains associés du théâtre dont il était alors président. Pour cet anniversaire, Michel Azama donnera la primeur de sa dernière pièce, encore inédite, Dissonances. Auteur dramatique, mais aussi, au fil des ans et des expériences, dramaturge, conseiller littéraire, traducteur de l'espagnol et du catalan, essayiste, critique, journaliste (Les Cahiers de Prospero, 1993-1996), enseignant puis inspecteur, agrégé de lettres modernes, Michel Azama, né à Villelongue-de-la-Salanque, en Catalogne et « entre trois langues », aime-t-il à dire, écrit essentiellement pour le théâtre, un théâtre épique et révolté, cynique et tendre, tragique et aigu, se plaisant à lier les mythes les plus anciens et l'actualité la plus criante autour de la thématique du conflit et de la violence, faite ou subie. À son actif, près de vingt pièces traduites en plus de quinze langues et régulièrement jouées dans le monde entier. Si ses textes le font beaucoup voyager en Europe et en Amérique latine, Michel Azama « essaie de ne pas oublier que l'essentiel est de rester chez soi à écrire ». Après une formation de comédien au Cours Simon et chez Jacques Lecoq, Michel Azama empoigne l'écriture au début des années 1980 avec Ruptures, déterminé à dépasser la forme littéraire du théâtre en mettant en scène ses personnages et leurs histoires dès la conception sur le papier. Très vite, ses pièces s'enchaînent : Géranium, Bled, Vie et mort de Pier Paolo Pasolini, Le Sas, Croisades, Iphigénie ou Le péché des dieux, Aztèques, Amours fous, Voyage au centre, Saintes familles et diverses pièces courtes ; toutes ont fait l'objet d'une création théâtrale ou radiophonique et sont traduites en plusieurs langues. Le grand Prix de la ville de Bourges lui est décerné pour l'ensemble de son oeuvre en 1999 ; il avait reçu, auparavant, le Prix des Trois Provinces (France-Belgique-Canada), pour Le Sas, en 1986, et le prix Beaumarchais, pour Zoo de nuit, en 1994. Dissonances échappe à son travail dramaturgique habituel puisque cette « pièce » est constituée de petits monologues, « morceaux » mettant en scène des personnages qui « pètent les plombs ». Michel Azama s'en explique : « Ça s'appelle Dissonances parce que ça discorde, ça "cacophone". C'est venu de bribes de phrases volées dans les bus, métros, trains de banlieue, les rues, les téléphones portables. Bribes qu'on garde longtemps en soi, jusqu'à ce qu'elles fassent lever le rêve, qu'on puisse les monter en neige, en effervescence, en délire, jusqu'à l'hallucination. Que la poussière du quotidien se fasse "tempête sous un crâne". Ça mélange les registres, du drôle au grave. Ça brasse les thèmes : guerre, crises d'amour, sida, délinquance adolescente, SDF, drague, désirs d'enfants, effroi du changement, peurs d'adultes. Ça manifeste ce qu'André Breton appelait "le caractère inépuisable du murmure". Ça n'a pas de structure, de dramaturgie : désossé, désorienté, comme notre monde. C'est un choeur de voix venues de cette foule humaine qui nous hante et, en définitive, nous constitue. » Enfin, esprit curieux au delà de sa propre oeuvre dramatique, travailleur acharné et pédagogue, Michel Azama s'est imposé comme l'un des meilleurs connaisseurs du théâtre français contemporain, y consacrant une impressionnante somme anthologique, De Godot à Zucco - 1950-2000 : répartis en trois volumes, deux cents extraits de textes édités sont sélectionnés et présentés selon des critères formels ou thématiques. Un outil exemplaire et indispensable à la connaissance du théâtre de cette période. (Texte de présentation, 2010) Michel Azama questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 05 janvier 2010. En écoute ici.

Mardi 5 janvier 2010 à 20 h 30



Alain Badiou
Alain Badiou lit des extraits de son théâtre

Le mardi 3 mars 2009 à 15 h 30, Alain Badiou donnera une intervention sur le rôle politique du livre aujourd'hui au Club de la médiathèque Hermeland à Saint-Herblain. Philosophe, militant et écrivain, Alain Badiou est né au Maroc en 1937. Il a publié plus de trente livres - philosophie, essais critiques, essais politiques, romans et pièces de théâtre ; il dit aujourd'hui « assumer sans défaillir le bilan complet des années gauchistes ». C'est dès l'enfance que Alain Badiou rencontre le théâtre puis participe activement aux créations du lycée Bellevue en tenant notamment le rôle-titre des Fourberies de Scapin, en 1954. « J'ai toujours pensé avec Mallarmé, écrit-il, que le théâtre est un "art supérieur". Après tout, mon premier maître en philosophie, Sartre, m'encourageait dans cette conviction. (...) Reprenant des formes usées, il les investit un peu décorativement du pathétique contemporain des choix radicaux ». Invité en tant qu'écrivain dramatique, l'auteur de Manifeste pour la philosophie (Le Seuil, 1989) et Second manifeste pour la philosophie (Fayard, 2009) a choisi de lire des extraits de son théâtre ; d'abord tragique, écrit avec « la certitude que le théâtre était le lien artistique le plus fort politiquement », L'Écharpe rouge, décalque révolutionnaire du Soulier de satin de Paul Claudel, « romanopéra » publié en 1979 chez François Maspéro et créé en 1984 dans une mise en scène d'Antoine Vitez (« Enfin le communisme peut être un matériau pour l'art ») ; puis comique avec Ahmed philosophe, troisième volet de sa tétralogie autour du personnage d'Ahmed, ouvrier algérien, fils d'immigrés, né à Aulnay-sous-Bois, serviable, rusé, débrouillard et parfaitement « intégré », valet moderne, « subtil prolétaire cynique » toujours en proie à la bougeotte, tétralogie créée dans des mises en scène de Christian Schiaretti au Festival d'Avignon puis à la Comédie de Reims avec le magnifique Didier Galas, spécialiste du jeu masqué (Ahmed le subtil ou Scapin 84, 1994 ; Ahmed philosophe ; Ahmed se fâche, 1995; Les Citrouilles, d'après Les Grenouilles d'Aristophane, 1996 ; trois volumes aux Éditions Actes Sud-Papiers). Le Ahmed de Alain Badiou, défenseur d'une émancipation sociale étrangère à tout état de droit, représente, pour Dimitra Panopoulos (Les Lettres françaises), la « création d'un type théâtral inédit, accordé à la comédie comme à la farce, il est cette figure générique de l'étranger dont la présence inventive et diagonale à toutes les situations viendra jeter sur elles un jour incalculable. Il n'est ainsi qu'il le déclare en conclusion d'Ahmed se fâche, ni Xanthias, ni Arlequin, ni Sganarelle, ni Figaro, mais tous à la fois, "corps immortel des vérités successives", étant celui dont la maîtrise de la langue vient, par le travers des situations, selon l'expression d'Antoine Vitez, produire "une élucidation de l'inextricable vie". Cette maîtrise de la langue, dont l'intégrale invention est soulignée de ce qu'elle appartient à celui qui d'ordinaire est désigné comme n'y ayant nulle part, rejaillit ainsi sur toutes les impasses mises en jeu par la farce : langue de part en part affirmative, elle dessine ce qu'Alain Badiou appelle "un théâtre de la capacité" (...) Ainsi le théâtre des idées d'Antoine Vitez, si cher à Alain Badiou, peut-il effectivement jouer son rôle d'un théâtre "élitaire pour tous" ». « En digne héritier de Sartre », ajoute Dimitra Panopoulos qui sait que Alain Badiou garde du platonisme l'exigence de la vérité, « tout platonicien qu'il se déclare et si attaché à combattre les sophistes, il peut quant à lui conjoindre philosophie et théâtre dans la postérité de Brecht, car celui-ci "rend théâtralement actives les dispositions anti-théâtrales de Platon", dès lors que la mimesis peut être écartée de la définition du théâtre via la distanciation. Badiou entend continuer d'oeuvrer à un théâtre dialectique et d'émancipation, où le matérialisme dialectique cèdera bientôt le pas à la "dialectique matérialiste" telle que Logique des mondes (Le Seuil, 2006) en déploiera bien plus tard la pensée dans l'ordre de la philosophie. » Dans Ahmed philosophe, vingt-deux petites pièces pour les enfants et pour les autres, le citoyen de Sarges-les-Corneilles est maître de la langue française justement parce qu'elle n'est ni sa langue « maternelle », ni sa langue « nationale », mais seulement la langue de la situation qui lui est faite. Invisible pour tous, dédaigné, Ahmed montre, par la royauté de la langue et de la pensée qu'il est le vrai maître du réel. Bien au fait de son désir, connaisseur raffiné du monde tel qu'il est, Ahmed est véritablement un philosophe. Puisque personne d'autre ne veut le faire, pourquoi n'essaierait-il pas d'enseigner la philosophie aux enfants ?... (Texte de présentation, 2009)

Mardi 3 mars 009 à 20 h 30



Johan Bargum & Bengt Ahlfors
André Loncin et Hugues Massignat lisent Y a-t-il des tigres au Congo ? de Bengt Ahlfors et Johan Bargum

Écrite en 1986, jouée des centaines de fois en Finlande, en France et dans de nombreux pays, cette comédie dramatique vient d'être publiée en France dans une traduction de Philippe Bouquet aux éditions de l'Élan (Nantes). Deux acteurs, choisissant de parler du sida, doivent échanger tour à tour le rôle inconfortable du séropositif face à sa famille, à ses amis, à ses collègues de travail... Ahlfors et Bargum, écrivains finlandais de langue suédoise respectivement nés en 1937 et 1943, font ici la preuve qu'un siècle après Ibsen, les préoccupations sociales et humaines restent primordiales pour les auteurs dramatiques nordiques. (Texte de présentation, 1997)



mardi 7 janvier 1997



Virginie Barreteau
Virginie Barreteau lit des extraits de son théâtre.

« Je suis née en Vendée et me suis vite enfuie de cette région pleine de marécages et de superstitions. Je n'avais pas une bonne santé, j'étais fluette, asthmatique et peureuse, casse-cou mais peureuse. Ma mère planquait des sorts dans son armoire. Alors j'ai cru que les mots, écrits, agissaient sur les évènements. Elle s'exprimait en même temps que les autres et lorsqu'on lui laissait la parole, elle se désagrégeait, elle aurait tourné de l'oeil si elle avait pu ! Quand à mon père, il se perdait toujours en digressions. J'étais donc un mélange de ces deux là, il fallait bien que je m'en sorte ! Alors j'ai essayé moi aussi d'écrire des sorts, mais ça ne marchait pas ! Alors je me suis dit tant pis cherche encore ! » Virginie Barreteau, le théâtre de la Tête Noire, Saran. Virginie Barreteau questionnée par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 12 mars 2013. En écoute ici.

Mardi 12 mars 013 à 20 h 30



M'hamed Benguettaf
M'Hamed Benguettaf lit son théâtre

Comédien, metteur en scène, auteur et tra­ducteur, né en 1939 à Alger, M'Hamed Benguettaf fait ses débuts à la radio, puis re­joint en 1966 le Théâtre National Algérien (TNA) où il fera l'essentiel de sa carrière. Pour le TNA, il traduit et adapte Nazim Hikmet, Kateb Yacine, Ali Salem, Mahmoud Diab et Ray Bradbury. Durant les années 80, il collabore réguliè­rement aux créations du metteur en scène Ziani Cherif Ayad. Tous deux quittent le TNA en 1988 pour fonder Masrah el Qalâa (le Théâtre de la Citadelle) en compagnie des comédiens Azzeddine Medjoubi et Sonia. M'Hamed Benguettaf écrit alors El Ayta (Le Cri, premier prix du Festival de Carthage, 1989), Fatma (1990, publié au Bruit des autres en 1998), puis adapte Baya (1992), le roman de Aziz Chouaki, et Mille hourrahs pour une gueuse (1993) de Mohammed Dib. Poursuivant en France sa collaboration avec Ziani Cherif Ayad, il joue dans La Répé­tition ou le rond-point (Avignon et Limoges, 1994) et Arrêt Fixe (Limoges 1996 et Théâtre de la Commune, Aubervilliers, 1997), deux pièces dont il est l'auteur et qui sont publiées chez Lansman dès 1994 et 1996. Suit, en 1998, Matins de.... quiétude, portrait tragi comique de l'Algérie vue à travers le quotidien d'un peuple qui tente de préserver l'essentiel : sa foi en l'avenir grâce à sa jeunesse. Puis M'Hamed Benguettaf rentre en Algérie où il avoue toujours puiser son inspi­ration. En août dernier, il retrouve le TNA dont il prend la direction. Allégorique, le théâtre de M'Hamed Benguettaf, plusieurs fois représenté en France avec succès (Nanterre, Avignon, Grenoble, Limoges, etc.), évoque la persévé­rance d'un pays qui, depuis son accession à l'indépendance, répète inlassablement une pièce en attendant sa « générale » sans cesse ajournée. (Texte de présentation, 2003)

mardi 2 décembre 2003



Marie Bernanoce
Marie Bernanoce

« Cette rencontre avec Marie Bernanoce sera l'occasion de partager son expertise du répertoire jeune public, et l'on entend par là les auteurs qui s'adressent aux enfants et adolescents (du primaire au lycée, si l'on fait référence au scolaire) et son enthousiasme à le faire découvrir. On évoquera rapidement la question de la définition (typologique et historique) pour s'intéresser surtout à la variété des formes et des sujets. Les lectures qui rythmeront nos échanges permettront de découvrir la richesse foisonnante de ces écritures, l'inventivité et l'audace qui font de ce répertoire un lieu vivifiant d'apparition de « nouveaux classiques » et d'une avant-garde dans le théâtre contemporain. On s'efforcera aussi de donner envie aux adultes (artistes, pédagogues, parents) comme aux plus jeunes, de lire ou faire lire, jouer ou faire jouer ces textes ; on évoquera donc la question du passage à la scène et on proposera quelques pistes (pratiques et expériences pédagogiques, culturelles et artistiques) qui font vivre ce répertoire. »
Catherine Le Moullec, janvier 2014

Programme 20 ans

11 octobre 014 à 16 h 30



Daniel Besnehard
Daniel Besnehard, accompagné par Catherine Gandois, lit des extraits de ses pièces Arromanches et Vaches noires

Retrouvailles... C'est en 1990 que fut créée, à Saint-Herblain, la Bibliothèque théâtrale, dans les locaux de l'espace culturel Onyx, la médiathèque Hermeland n'étant alors pas encore construite. Cette même année fut institué au premier mardi des mois d'octobre à mai le cycle de lectures-rencontres théâtrales Mardi, côté cour. À ce jour, près de 120 auteurs différents ont été reçus, plus de 160 lectures offertes, sans interruption dans cette régularité. Vingt ans après (bonjour M. Alexandre Dumas !), Saint-Herblain accueille une nouvelle fois ses premiers invités. Ainsi peut-on se souvenir que, le 12 mars 1991, Hélène Gay et Philippe Mathé lisaient la pièce de Daniel Besnehard Troublés ; l'auteur et dramaturge revenait le 7 novembre 2000, en tant que coauteur de la version scénique de Antigone, de Sophocle, pour accompagner la lecture de Jean-Luc Annaix et de trois de ses comédiens. Daniel Besnehard, pour sa troisième invitation, peu à son aise dans le rôle de lecteur, a choisi de demander à Catherine Gandois, interprète de plusieurs de ses pièces dont Les Mères grises et Passagères, d'être son « porte-voix et porte-âme » pour un parcours ludique et dynamique dans son oeuvre, construisant une lecture constituée d'une dizaine de récits-monologues féminins issus de ses pièces. Présent, l'auteur introduira chacun, dessinant « une mini-cosmogonie » : féminin-pluriel chez Daniel Besnehard. Né en 1954, ayant suivi des études supérieures de philosophie et de théâtre, auteur à ce jour d'une vingtaine de pièces éditées, d'adaptations, d'essais et de romans, Daniel Besnehard est aussi dramaturge, fort d'un long compagnonnage, à la Comédie de Caen puis au Nouveau théâtre d'Angers, avec le metteur en scène Claude Yersin (« je crois au tandem »), et un spectateur d'une boulimie peu commune. « La fréquentation assidue des représentations théâtrales, via les sorties du lycée, ensuite des études de philo et une maîtrise de théâtre à Censier avec Jacques Lassalle, doublées d'une consommation abusive de spectacles, voilà les traces biographiques à partir desquelles est née ma nécessité d'écrire du théâtre. Je crois que c'est dans ma passion de spectateur qu'a germé mon devenir d'auteur de théâtre. » Par son théâtre de personnages, moderne sans nostalgie, prosaïque et lyrique, allant et venant dans des périodes et des géographies diverses, Daniel Besnehard, de métaphores en métamorphoses, revendique une « fiction naturaliste », un « naturalisme revisité, moins envisagé comme un absolu basé sur une esthétique de la véracité des objets, des mots, des corps que comme un genre théâtral » qui interroge, à travers le monde et la société, l'intimité des relations entre les êtres, dans la famille entre les enfants et les parents, particulièrement les mères, ou dans les couples frappés par les empêchements du langage. « C'est une manière de raconter le monde sur un plateau en produisant des ersatz de vie. Dans le cadre théâtral naturaliste, la fiction est toujours une falsification. Tout le pari théâtral est là, dans cet exercice de faussaire, de mentir-vrai. » Puisque passions, amours et amitiés ne sauraient aller sans blessures, souvent secrètes, cachées, enfouies, ce théâtre, territoire des aveux impossibles, affirme ses personnages comme des déclinaisons circonstancielles de figures de base, offrant de somptueux rôles à quelques comédiennes d'élection parmi lesquelles Catherine Gandois. Dans les « archétypes intimes » et féminins de Daniel Besnehard, on rencontre la mère-nourricière et castratrice, l'amante-mère intellectuelle, la jeune femme aux amours douloureuses, la femme qui aime un homme plus jeune... Autant de profils ouverts qui évoluent et changent d'habits au fil des intrigues. Le dernier livre de Daniel Besnehard vient de paraître chez Julliard, recueillant la version jouée de Arromanches (1986) et sa nouvelle pièce Vaches noires, créée à Commartin l'été dernier avant d'être reprise au Studio-Théâtre d'Asnières et au Nouveau Théâtre d'Angers dans une mise en scène de Christophe Lemaître qui avait précédemment monté À vif. Auteur de Comédiennes en mémoire (Actes Sud, 1990), recueil de douze portraits de comédiennes, Daniel Besnehard explique « qu'au théâtre, les actrices me séduisent plus que les comédiens... Ce sont elles qui m'ont toujours donné les émotions les plus intenses. L'Acteur est pour moi Femme. » Aussi, les rôles féminins sont-ils nombreux dans les « partitions sensibles » de Daniel Besnehard, tenus par des comédiennes fidèles pour lesquelles ils ont souvent été écrits : Françoise Bette, Denise Bonal, Huguette Cléry, Marie Mergey, Geneviève Yeulliaz ou Catherine Gandois. Actrice au théâtre et au cinéma, Catherine Gandois, formée auprès d'Antoine Vitez, Pierre Debauche, Claude Régy et Andreï Serbán, est également réalisatrice et metteure en scène, attachée à servir les auteurs contemporains parmi lesquels Nathalie Sarraute, Ivane Daoudi, Jean Audureau, Michel Deutsch, Jean-Pierre Sarrazac ou Tonino Benacquista. (Texte de présentation, 2010) Daniel Besnehard questionné par Nicolas de La Casinière dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 02 mars 2010. En écoute ici.

Mardi 2 mars 2010 à 20 h 30



Hervé Blutsch
Hervé Blutsch lit sa pièce La Gelée d'arbre et projette son film D'après Anatole Felde, réalisé avec Bruno Herlin

« Voilà un pataphysicien d'une souche assez rare, celle-là même des gamins rennais qui inventèrent jadis le père Ébé, sans autre intention que de rire ensemble ». Ainsi Robert Abirached présente-il Hervé Blutsch, auteur, à trente-trois ans, d'une douzaine de pièces de théâtre jouées depuis une décennie, mises en scène ou en jeu par François Dubos, Ludovic Nobileau, Olivier Subts, Etienne Rattier, Michel Bérubé, etc. Meurtres, cannibalisme, sadisme, vices et vicissitudes en tous genres balisent l'univers théâtral de Hervé Blutsch, façon Grand-Guignol. Son humour burlesque et macabre, servi par de remarquables qualités de dialoguiste et un sens aigu du plateau (jeux de lumières et images projetées en fond de scène), ne recule devant aucun ingrédient pour provoquer nos tabous et nos normes. Épopée vaudevillesque réalisée par Michel Sidoroff pour France Culture, lue au théâtre de la Baracke à Berlin dans une traduction d'Ina Schott dirigée par Thomas Ostermeier, et au Conservatoire national d'art dramatique de Paris sous la direction de Sophie Loucachevsky, La Gelée d'arbre (dont « la grande réussite est d'être profondément débile », selon son auteur) nous entraîne de prison en crèche provençale pour poser un regard insolent et insolite sur notre société contemporaine. Sommé de s'expliquer sur le thème du cannibalisme développé dans cette pièce, Hervé Blutsch répond : « Le théâtre, à mon avis, doit se nourrir de tout sauf de lui-même » ; et : « les mentalités changent, la cause cannibaliste avance, c'est plutôt positif ». Anatole Felde, pièce d'où est tiré le film projeté au cours de cette rencontre, est sous-titrée drame bural et met en scène l'artistique transformation d'un cadavre en marionnette géante. Résumé : « Dans ce petit bureau où il étouffe, monsieur Felde décide de mettre fin à ses jours. Mais ses collègues ne sont pas d'accord. Heureusement, il ne leur faudra pas longtemps pour s'apercevoir que leur camarade présente plus d'intérêt mort que vivant »... « Éminemment doué pour les syllogismes absurdes, adorant renverser les postures ordinaires » (c'est toujours Robert Abirached qui parle, dans la préface du Théâtre incomplet 1), Hervé Blutsch a imposé, dès ses premiers textes, un univers fort et singulier. Sa biographie n'est pas exempte des étrangetés de ses pièces, qui le présente comme bouddhiste, fondateur d'une très éphémère société d'exportation de tapis en Indonésie, professeur de français en Argentine, responsable publicité d'une société de vente de profilés cintrés en Espagne avant de créer, en Suisse où il réside désormais, une société d'import-export (l'activité dont il avait rêvé toute son enfance) en shampooing bio. Si l'homme d'affaire (ce qui n'est pas sans précédent lorsque l'on considère Michel Vinaver) est passé à l'écriture dramatique, c'est, assure-t-il, pour se venger de l'examinateur qui lui avait, à plusieurs reprises, refusé son permis de conduire : « C'est tellement humiliant... On réalise face à ce type d'échec combien de violence on porte en soi. Évidemment, à un moment donné, il faut bien l'exprimer, d'une manière ou d'une autre. » (Texte de présentation, 2000)

mardi 5 décembre 2000



François Bon
François Bon lit sa pièce Quatre avec le mort

On a pu rencontrer François Bon en Vendée (natale), à l'École Nationale Supérieure des Arts et Métiers, dans les industries aérospatiale et nucléaire, à Moscou, aux Indes, à la Villa Médicis de Rome, sur les ondes de France Culture, sur les traces de Rabelais (de Montpellier à Tours), dans diverses prisons, avec les sans-abri, dans des ateliers d'écriture à La Courneuve ou Villepinte, aux centres dramatiques régional de Tours, et national de Nancy, et chorégraphiques de Besançon et Rennes, à Théâtre Ouvert, aux Éditions de Minuit, et Verdier, et Les Solitaires intempestifs, et le dé bleu, et La Nuée bleue, et Hatier, et Le Seuil, et Casterman, et Gallimard et Flohic, Au buffet de la gare d'Angoulême, au Nemours, au Centre Dramatique National de Nancy, au Théâtre de la Colline, à l'IUFM de Créteil, dans les revues Autrement et Le Serpent à plumes et Quai Voltaire et Inventaire/Invention et Prétexte et Digraphe et Les Cahiers de la Comédie-Française, Fusées, Scherzo, Le Temps, La Quinzaine littéraire, Face-B, etc., sur le très éclectique site internet créé par ses soins (http://www. remue. net/), mais jamais en Chine... Entré en littérature en 1982 avec son roman Sortie d'usine paru aux Éditions de Minuit, François Bon a imposé, avec une quinzaine de livres en une vingtaine d'années, un style rugueux, un grain unique à la langue jusqu'à Mécanique publié en septembre 2001 par les Éditions Verdier qui viennent de faire paraître sa pièce de théâtre Quatre avec le mort. C'est ce texte que lit François Bon, avant sa création dans une mise en scène de Charles Tordjman au début de la pro­chaine saison du studio de la Comédie-Française. Quatre avec le mort inaugure une expérience d'écriture théâtrale particulière puisque le travail avec les trois acteurs qui l'interprètent (Catherine Ferran, Claude Mathieu et Jean-Baptiste Malartre) a commencé avec les premières ébauches d'un texte ; il s'agissait. moins d'écrire pour des acteurs que d'écrire avec eux, le travail de lecture et de répéti­tion condui­sant au texte définitif. « C'est quoi travailler ensemble : se dresser dans le maximum de résistance possible pour vérifier ce qui subsiste du texte après le bain d'acide ? (...) Se cogner dans le mur, c'est mon travail à moi d'abord. (...) On m'avait prévenu que ce ne serait pas facile. Une lecture à la moulinette des acteurs du Français, ça devrait être une initiation obligatoire pour qui­conque prétend écrire. » Quatre avec le mort, forme resserrée pour une mise en ten­sion plus immédiate, offre la présence presque continue de trois acteurs sur le plateau. Pour rester près de l'événement tragique, qui donne sa situation au théâtre, le texte est syn­chrone de la veillée d'un proche défunt juste avant et après que les invités rejoignent la famille pour la cérémonie d'incinération ; le mort est derrière, dans la chambre mor­tuaire ; les trois personnages (sa fille, son fils et l'épouse de celui-ci) se nomment Hirta et Boreray pour les femmes, Dun pour l'homme ; ce sont les noms de trois îles volcaniques de l'Atlantique Nord, au large des Hébrides, sur le cratère désolé de St. Kilda : l'auteur a ainsi voulu s'imposer d'être dans une abstraction plutôt que dans l'histoire de personnes réelles. Figure de premier plan de la littérature française d'aujourd'hui, esprit profondément curieux et quelque peu boulimique, François Bon a successivement abordé le récit, l'essai puis le théâtre auquel il se confronte désormais, même s'il avoue : « Je ne sais pas ce que c'est que l'écriture dramatique contemporaine ». Qui se déchire et Bruit ont été publiés par Théâtre Ouvert dans sa collection Tapuscrits et François Bon a écrit un texte court, Scène, en hommage à Tabataba de Koltès, destiné à être joué devant des entrées d'immeubles ainsi que l'a fait plu­sieurs dizaines de fois le Centre régional dramatique de Tours. On citera encore, concernant ses « expériences au théâtre » : Au buffet de la gare d'Angoulême ; Vie de Myriam C. ; Parking (monologue) ; Impatience ; Fariboles (sur des textes de Rabelais) ; Souci (monologue) ; Dérèglement, une métaphore ; Quoi faire de son chien mort ? François Bon a choisi de mettre tous ses écrits de théâtre existants en libre accès sur l'internet, malgré les risques pour ses droits et l'existence matérielle du texte : « Tout ce qui contribue à socialiser l'auteur est néfaste : pas de pan­toufles. » On ne saurait achever une présentation de François Bon sans souligner que l'auteur n'est pas chiche d'admirations : Rabelais, bien sûr, Balzac, Baudelaire (sortie imminente du CD Horizon noir, avec Kasper T. Toeplitz, basse électrique, ordinateurs, et François Bon, voix), Kafka, (qu'il aime lire à haute voix pour un public, y « engageant le corps »), grand lecteur, connaisseur des anciens et des modernes (Racine, Poe, d'Aubigné, Strindberg, Saint-John Perse, Ponge, Michaux, Beckett,) ; ne négligeant pas ses contemporains, parmi lesquels on citera Edward Bond, Olivier Py, Enzo Cormann, Mohamed Rouabhi, Philippe Minyana, Didier Galas, Daniel Lemahieu, Didier-Georges Gabily, Tadeusz Kantor, Serge Valletti, Jacques Rebotier, Jean-Paul Goux, Julien Gracq, Pierre Bergounioux, Pierre Michon ou Koltès auquel il a consacré un essai, François Bon aime à défendre de jeunes auteurs tels Tanguy Viel (invité de la bibliothèque théâtrale la saison passée pour une lecture de son superbe texte Maladie), Laurent Mauvignier, Emmanuel Darley, Joris Lacoste. Enfin, si tout va bien, paraîtra en septembre 2002 chez Fayard une biographie des Rolling Stones riche de quelque 1100 pages, en chantier depuis douze ans. (Texte de présentation, 2002)

mardi 5 février 2002



Olivier Bonnardot
Olivier Bonnardot lit des extraits de ses textes théâtraux inédits

Olivier Bonnardot est né à Paris en 1970. Il vit et travaille aujourd'hui dans la région nantaise, où il vient de créer la compagnie Sultan Bacchus, après avoir passé dix ans à Galway. En Irlande, Olivier Bonnardot a écrit des pièces pour sa compagnie, La Troupe Tempête, au sein de laquelle il jouait également et mettait en scène. Déjà, la tonalité théâtrale est manifeste dans les poèmes par lesquels le jeune Olivier Bonnardot aborde l'écriture ; ainsi va-t-il passer à la composition de pièces de théâtre sans jamais abandonner la poésie. Une poésie drolatique, burlesque, débordant incorrigiblement du cadre. En reprenant à sa façon les vieux thèmes de la farce, parce que son premier espace de jeu a été la rue, Olivier Bonnardot réinvente notre histoire et ses légendes. En Irlande, il entreprend de jouer dans les festivals et poursuit la tradition du Lunchtime comedy, divertissement théâtral donné au moment de la pause de midi dans les pubs les plus fréquentés par la population active. Puis le succès de la pièce célébrant, en 1997, le centenaire de Dracula, le fameux vampire de Bram Stocker, vaut à La Troupe Tempête l'aide du département des arts de la ville de Galway et la désignation de la compagnie comme tremplin pour de jeunes acteurs sortant de l'école d'art dramatique de la région, le Galway Youth Theatre. Le travail de la troupe se rapproche du théâtre de scène et lui permet de nouer des liens avec An Taibhdhearc na Gallimhe, le théâtre national irlandais, et le Galways Arts Festival. Écrivant aussi bien en anglais qu'en français, Olivier Bonnardot est l'auteur de plusieurs pièces, farces ou comédies, voire tragi-comédies, pour adultes et pour enfants ; on citera notamment The Black Bun (Le Petit Pain brûlé), Coilis (Le Garçon chou-fleur), Le Roman adorable. De retour en France, il traduit, ou plutôt adapte, sa dernière pièce, The Blue-Beard, qui devient, plus tragiquement dans le passage au français, Il était une fois une nuit, et se penche, après le cas de Dracula, sur celui de Gilles de Rais ; puis il organise des ateliers qui aboutissent à la création de la compagnie Sultan Bacchus pour laquelle il écrit Jeu Tem présenté l'an passé dans une première répétition publique au Studio-Théâtre de Nantes, avec Annaïk Domergue, Fanny Gay, Rodolphe Feyfant, Mehdi Lecourt, Lionel Pavageau et Frédéric Riclet ; le public découvre alors un auteur à l'univers comique et singulier, inattendu et inentendu, ne se référant à rien de clairement identifié ou défini. Dans On a cloné Baudelaire, pièce courte destinée à être jouée dans les cafés, les établissements scolaires, les bibliothèques ou les rues (voire les théâtres), Olivier Bonnardot surprend encore en recouvrant l'image d'Épinal de l'auteur des Fleurs du mal par la figure plurielle d'un personnage aux prises avec les réalités de la vie. Jeune écrivain saltimbanque, un rien lunaire, il jouera lui-même l'un des quatre clones de Baudelaire aux côtés de Barbara Foucher, de Rodolphe Feyfant et de Mehdi Lecourt. Pour présenter un diptyque, Olivier Bonnardot vient de mettre en chantier une seconde pièce courte, Le Théâtre est mort, vive le théâtre (titre provisoire). À Saint-Herblain, il a choisi de lire des extraits de Il était une fois une nuit, Jeu Tem et On a cloné Baudelaire. Où l'on prendra la mesure de sa manière très personnelle de voir la farce et « la frasque théâtrale », manière pouvant glisser tour à tour dans le drame, l'exubérance, la satire, la provocation ou le pur délire. (Texte de présentation, 2003)

mardi 6 mai 2003



Jean-Pierre Brisset
Eugène Durif et Catherine Beau jouent et chantent Quel est ce sexe qu'ont les anges ? conférence librement adaptée de Jean-Pierre Brisset, avec une création musicale de Jean-Marie Gérintes, présent av

Pâtissier, officier, professeur de langues vivantes, commissaire de surveillance administrative à la gare d'Angers, inventeur, élu Prince des Penseurs par Jules Romains en 1913, l'excentrique Jean-Pierre Brisset (1837-1919) n'aurait su se conformer à la règle de la Bibliothèque théâtrale imposant ses lectures-rencontres le premier mardi du mois. C'est donc le mercredi 2 mai qu'Eugène Durif viendra jouer une petite forme, conçue et mise en scène avec Catherine Beau, cofondatrice de la compagnie L'Envers du décor, à partir des textes de cet écrivain sauvé de l'oubli par André Breton dans son Anthologie de l'humour noir puis par Michel Foucault, préfacier de la réédition de La Grammaire logique. Explorateur du mystère des origines du monde et du langage, Brisset a démontré que l'homme descendait de la grenouille ! Ce qui explique qu'Eugène Durif, metteur en scène, poète et auteur d'une vingtaine de pièces régulièrement jouées en France et en Europe, et ses acolytes prononcent leur exposé devant un bocal habité par une représentante de nos ancêtres. (Texte de présentation, 2000)

mardi 2 mai 2000



Jean Cagnard
Jean Cagnard lit ses derniers textes théâtraux

Jean Cagnard est né en 1955 « pas loin de la mer, tout près de la métallurgie ». Écrire est peu à peu devenu pour lui « ce qu'il faut faire à tout prix ». Roman, nouvelles, poésie, théâtre, théâtre de marionnettes, théâtre de rue : Jean Cagnard ne cesse d'élargir son activité d'écrivain en donnant des textes profondément marqués par l'humanisme et la dilection. Deux nouveaux livres de Jean Cagnard viennent de paraître aux Éditions Espaces 34 : Les Gens légers (créée par la Compagnie Arketal) et L'Avion suivi de De mes yeux la prunelle - texte qui sera lu à Paris, au siège de l'association Aux nouvelles écritures théâtrales, le 15 novembre prochain avec la Compagnie 1057 Roses. Il avait précédemment publié Bout de bois, texte pour marionnettes (Éditions du Bonhomme vert, 2005, créée par la Compagnie Arketal) ; L'Entonnoir (tapuscrit, Aux nouvelles écritures théâtrales, 2002, spectacle créé par le Théâtre Exobus) ; L'Homme, l'homme, l'homme et l'homme (Deleatur, 2001) ; Un cerf-volant sur l'avant-bras (Comp'Act 2000) ; Des papillons sous les pas (Compagnie Arketal, 2000) ; Le Funambule approximatif (Presses de la Renaissance, 1992). Plusieurs autres textes de Jean Cagnard, inédits, ont été créés au théâtre comme Crawl (Tybalt Compagnie), État(s) des lieux (Compagnie Deuxième Groupe d'Intervention), La Valise qui contenait des chiens (Compagnie 1057 Roses), La Tête des hommes magnifiques (Compagnie Action Commedia), La Marche du nain (Compagnie Sans voies), Dans ma philosophie (Pierre Pilatte, clown, Sophie Borthwick, l'oeil), C'est dans ta tête (mise en scène Cécile Marmouget), Ici le temps fait vibrer sa petite carcasse (Compagnie de la fenêtre ouverte), Je pars (Compagnie Pupella Noguès)... Jean Cagnard dit écrire « pour faire du bruit silencieusement ». L'univers de ses textes, aux marges de l'irréel, est empreint d'une légèreté grave teintée d'humour. En novembre prochain, le Théâtre pour Deux Mains du marionnettiste nantais Pascal Vergnault, qui a déjà travaillé avec les écrivains Fabienne Mounier et Gilles Aufray, créera un nouveau spectacle sur un texte de Jean Cagnard mis en scène par Françoise Pillet, L'Endroit jamais, construit, autour de la question de la précarité, sur la thématique « As-tu un endroit pour dormir, et si non, tu dors où ? ». (Texte de présentation, 2006)

mardi 3 octobre 2006



Nicole Caligaris
La Compagnie du Champ de l'alouette lit L'Os du doute de Nicole Caligaris, en présence de l'auteur

Nicole Caligaris, fascinée dès l'enfance par la littérature fantastique, a commencé à écrire des livres pour la jeunesse avant d'aborder le roman, l'essai, puis, aujourd'hui, le théâtre. En 1993, elle publie son premier livre « pour adultes », Trèfle à quatre, un recueil de quatre nouvelles, dans l'exigeante collection Grands Fonds des éditions Cheyne. Mais c'est La Scie patriotique, en 1997 au Mercure de France, qui révèle une romancière imposant un ton neuf, à la fois poétique et brutal, d'une saisissante force d'interpellation. Suivront, après un roman pour adolescents, Le Maléfice des enfants de l'ombre (Castor poche - Flammarion), très favorablement remarqués par la critique, Tacomba et Les Samothraces, au Mercure de France, puis Barnum des ombres aux éditions Verticales, Les Chaussures, le drapeau, les putains aux mêmes éditions et Désir voilé / La Dernière Chambre, avec des images photos de Philippe Bertin, chez Abstème et Bobance éditeurs. Nicole Caligaris a vu la plupart de ses textes adaptés au théâtre (compagnies Le Laboratoire Victor Vérité, Chez Panses vertes et Le Champ de l'alouette) avant d'écrire, la saison passée en résidence à la Maison Gueffier de La Roche-sur-Yon et en réponse à une commande de France Jolly pour la compagnie du Champ de l'alouette, une pièce, L'Os du doute. Cette compagnie effectue en effet, depuis Les Samothraces (2000), un travail musical sur les textes de Nicole Caligaris qui, très intéressée par l'expérience, explique : « Au cours de lectures publiques comme d'une réalisation pour France Culture, le texte est donné de façon opposée à toute illustration, interprétation de sens : il est donné dans son énigme, à l'écoute, comme un morceau de musique. Et comme pour un morceau de musique, c'est une écoute libre des habitudes de se référer à une logique narrative, à une logique de référence au réel qui se trouve engagée. » Pour répondre à son envie d'écrire pour cette qualité musicale et à la suite de son essai Les Chaussures, le drapeau, les putains (2003), Nicole Caligaris a décidé de continuer à examiner la question du travail, « non pas du travail ouvrier, sur lequel il y a pas mal de choses littéraires et documentaires, mais du travail des cadres, de ces personnes qui en dirigent, encadrent, contrôlent d'autres et qui, par leur fonction plus ou moins élevée à l'intérieur d'organisations conformantes, détiennent aujourd'hui le vrai pouvoir sur les personnes, déterminent grandement leur vie et détiennent en réalité le pouvoir politique, influençant de plus en plus directement les décisions et les actions du Pouvoir. » Pour son auteur, L'Os du doute « pratique la reprise de la langue que le théâtre doit donner, vive, verte, sac à malices, jamais docile... Nous avons d'abord travaillé ensemble, avec la compagnie, les trois comédiens improvisant sur des consignes trouvées à partir de l'idée de contrainte. Le texte a été écrit à partir de ces improvisations. Ce n'est pas une illustration réaliste du monde de l'entreprise, c'est une sorte de farce sur les enjeux de ce monde, une partition bouffe pour trois comédiens, fragmentée, répétitive, dans laquelle sont enchâssés des morceaux narratifs et des morceaux lyriques. Quant à la langue, c'est une langue volée, avec joie, aux discours creux, à la parole lisse comme une porte dérobée et aux formules utilitaires de la langue management. » La création de L'Os du doute sera donnée par la compagnie du Champ de l'alouette au Manège, scène nationale de La Roche-sur-Yon, le 17 mars prochain dans une mise en scène de France Jolly et une scénographie de Jean Opfermann ; la pièce sera ensuite représentée au Colombier de Bagnolet, du 20 avril au 1er mai. C'est donc en avant-première que les trois comédiens de la distribution, Isabelle Mestre, Pierre Vallet et Dominique Grandmougin donnent, sous la direction de France Jolly, une lecture à trois voix d'extraits de cette pièce qui sera publiée en octobre aux éditions Verticales. (Texte de présentation, 2005)

mardi 1er mars 2005



Jean-Pierre Cannet
Christophe Rouxel lit Little Boy, la passion de Jean-Pierre Cannet en présence de l'auteur

Jean-Pierre Cannet, né à Quimper en 1955, dit écrire « pour davantage de lucidité, pour être dans le mille, au plus vivant de moi-même ». Il a publié à ce jour - et si l'on s'en tient aux définitions de genres qui éclatent de plus en plus allègrement - deux romans, quatre recueils de nouvelles, quatre recueils de poésie, un album jeunesse et cinq pièces de théâtre « car rien ne m'apparaît plus extraordinaire que de voir incarner mes propres chimères ». Lauréate du prix d'écriture théâtrale de la Ville de Guérande 2005, sa dernière pièce Little Boy, la passion a été lue deux fois cet été au Festival d'Avignon par Jean-Pierre Cassel avant d'être publiée par les Éditions Théâtrales. Elle avait précédemment valu à son auteur une bourse de création du Centre national du livre ainsi que le soutien de la Direction de la musique de la danse du théâtre et des spectacles (DMDTS) du ministère de la Culture. Le mois dernier à Limoges, cette pièce a encore reçu le Prix SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) de la dramaturgie francophone et Jean-Pierre Cassel en a donné une nouvelle lecture. Christophe Rouxel, comédien, metteur en scène et directeur du Théâtre Icare, à Saint-Nazaire, ébloui par cette écriture poétique et audacieuse, rude et tendre, cette histoire bouleversante, en signera la création au cours de la saison 2006-2007. À Caen, puis à Paris, Christophe Rouxel a déjà donné deux lectures de la pièce. Hommes et femmes mis en danger par la société contemporaine, les personnages de Jean-Pierre Cannet évoluent dans un univers où se mêlent le pathétique et l'ironie, l'horrible et le merveilleux. Dans Little Boy, la passion, le pilote américain George Kane aperçoit une jeune femme japonaise avant le largage de la bombe au-dessus d'Hiroshima ; cette vision possède celui que les États-Unis veulent accueillir en héros tandis qu'il s'y refuse, fuyant même les siens pour partir à Paris rencontrer Albert Camus, seule voix qui se soit élevée contre l'attaque américaine... Vingt-cinq ans plus tard, une jeune fille apprend l'identité de ses parents. Son père est un officier américain, un certain George Kane... La première pièce de Jean-Pierre Cannet, Résurgences, avait été publiée par Alfil en 1996. Suivirent Des manteaux avec personne dedans (Éditions Théâtrales, 1999), Brise-glaces (Le bruit des autres, 2001), La Grande Faim dans les arbres (Théâtrales, 2003). Des manteaux avec personne dedans sera montée par la Compagnie Salieri-Pagès fin 2006 à Avignon tandis qu'une adaptation de son roman Simploque le gitan (Julliard, 1998) sera créée également l'année prochaine. Enfin, La Grande faim dans les arbres sera présentée par la Compagnie les Fous de Bassan au cirque Jules-Verne d'Amiens en 2007. Commentant Bris de guerre, livre paru chez Dumerchez (1992), Thierry Guichard écrivait dans Le matricule des anges : « Des morceaux d'éclats, des coups d'éclats. Jean-Pierre Cannet est un tailleur de joyaux. En quelques lignes, quelques phrases, il vous dresse un univers cruel où la guerre est une vieille habitude. Avec quelques mots, il vous fait naître l'émotion, le rire, l'angoisse, la joie... » Depuis plusieurs années, Jean-Pierre Cannet est régulièrement sollicité pour des résidences d'écriture qui l'ont notamment mené sur les rives du lac de Grandlieu. L'éditeur nantais Joca seria publiera, en décembre, son recueil De toute lumière. (Texte de présentation, 2005)

mardi 8 novembre 005



Christian Caro
Christian Caro lit des extraits de son Puzzle dont certaines pièces ont été égarées par mon cousin Jojo et d'autres textes

Christian Caro est l'invité de la lecture-rencontre Mardi côté cour, au Club de la médiathèque Hermeland à Saint-Herblain (entrée libre rue Rabelais, quartier Le Tillay La Bégraisière, téléphone 02 28 25 25 25 - Lignes de bus 56, 59 et 84, périphérique Ouest sortie Porte de Chézine). Christian Caro est né en 1965 et a suivi la formation de l'école du Théâtre National de Strasbourg. Aujourd'hui, il partage son travail théâtral entre le jeu, l'écriture et la direction artistique de Serena, compagnie avec laquelle il a créé plusieurs de ses textes : Eclipse (prix du public au festival Turbulences de Strasbourg en 1995, Éditions L'Avant-scène théâtre), Le Simple et la statue (Éditions Lansman), Opération à coeur perdu (Éditions Théâtrales) et La Fin d'un monde ou presque (Éditions L'Avant-scène théâtre). Outre un livret pour composition électro-acoustique, La Mouche, et une scène (Ça passe) du spectacle Embouteillage de Anne-Laure Liégeois, Christian Caro est aussi l'auteur de La Part des anges (Éditions L'Avant-scène théâtre), Sur un banc, Utopia (commande de la compagnie L'Astrolabe pour les ateliers de pratique amateur à Strasbourg-Hautepierre), Vent du sud (commande du Théâtre du Peuple de Bussang) et Puzzle - Boîte 1 (commande de la Direction de la Musique de la Danse du Théâtre et des Spectacles - ministère de la Culture -, Éditions Lansman). Puzzle, que Christian Caro définit comme un jeu de sens et de possibles, contient une multitude de pièces éparpillées, indépendantes et modulables, qui s'assemblent au hasard des désirs et des rêves. Qui est donc Alter Moreau alias Le Simple alias L'étranger alias L'homme ? Si seulement il le savait lui-même... Son nom, c'est tout ce qu'il lui reste, brodé sur une étiquette cousue au revers de son vêtement. Il a perdu la mémoire et court après les souvenirs, court à travers le monde, les mondes, à la recherche de son identité. Un parcours initiatique où il est tour à tour enfant, animal, végétal, homme ou objet ; un parcours initiatique où il est acteur et spectateur, rêveur et rêvé. Comédien, Christian Caro a notamment joué sous la direction de Pierre Diependaële, Georges Aperghis, Bernard Sobel, Marc François, Pierre Ascaride, Aurélien Recoing, Daniel Zerki, Jacques Lassalle, Christophe Perton, Jean Deloche, Philippe Berling, Jean-Claude Berruti et a créé le rôle de Pierre Etoile dans La Ballade de Pierre Etoile de Gilles Aufray en 1997. Avec ce dernier, il a écrit la pièce Les Messagers dont il a réalisé la mise en scène. Actuellement, il joue le Dom Juan mis en scène par Anne-Laure Liégeois, créé à Montluçon et dont on pourra voir une représentation le 11 janvier au Fanal, scène nationale de Saint-Nazaire. Depuis plusieurs années, Christian Caro poursuit un travail d'ateliers d'écriture et de jeu, notamment dans le cadre des jumelages Théâtre Éducation (département de la Mayenne, scène nationale de Saint-Nazaire, etc.). (Texte de présentation, 2005)

mardi 4 janvier 2005



Bruno Castan
Bruno Castan lit ses pièces Agamel et D'abandonnure

Né à Paris en 1939, Bruno Castan a suivi une formation d'art dramatique - il se plaît à citer son « maître », Pierre Valde, ainsi que Jacques Lecoq - avant d'entreprendre une carrière de comédien, dès 1958, et de participer à l'historique décentralisation dramatique des « années Vilar » ; c'est avec les Monnet, Lauzin, Goubert et Parigot, Jean Dasté et Pierre Vial qu'il participe à cette « magnifique aventure ». Devenu metteur en scène « naturellement », il passe ensuite à l'écriture « par goût et par nécessité ». En 1971, il est responsable de la création théâtrale destinée à la jeunesse à la Maison de la Culture du Havre, poursuit ce travail à la MC 93 puis entre au Théâtre du Pélican, à Clermont-Ferrand, dont il devient le directeur. À l'époque où il commence à s'y intéresser, le théâtre pour enfants est alors non seulement mal considéré, mais encore assimilé à des productions accumulant les niaiseries. Lecteur boulimique, Bruno Castan s'attelle à la tâche, écrivant en direction de la jeunesse des pièces souvent inspirées de mythes et de contes fondateurs qu'il se réapproprie pour les rendre à la fois plus secrets et plus lisibles. On retrouvera par exemple Barbe-Bleue dans Coup de bleu, plusieurs contes de Grimm dans Neige écarlate, La Belle et la Bête dans Belle des eaux. L'Enfant sauvage reprend le témoignage de Jean Itard (cité dans le récit qu'il a inspiré à Lucien Malson), que François Truffaut a porté à l'écran. Très vite, les textes de Bruno Castan rencontrent le succès par leur exigence d'authenticité et de profondeur alliée à l'humour, à la fantaisie et au plaisir de se jouer du langage. Aujourd'hui, il arrive à ses éditeurs de parler du « nouveau Castan », depuis qu'il est « revenu » au théâtre adressé aux spectateurs adultes avec notamment La Conquête du Pôle Sud par la face Nord (Théâtrales, 2006) et les deux pièces nouvelles et inédites dont il propose la lecture à Saint-Herblain : Agamel et D'abandonnure. Une veine dure, sombre, portée par la force d'une écriture qui, sans renoncer à l'humour ni au plaisir des mots, représente pour lui, au delà des doutes, « la passion la plus sacrée à laquelle puisse se livrer un homme ». Agamel retrace, à travers la disparition progressive de son langage - jeu de langage encore - l'inexorable déshumanisation d'un « enfant du placard », dans une solitude absolue. D'abandonnure, plus fantaisiste, met en scène un personnage qui, non content de refuser de naître par peur d'être ensuite inévitablement abandonné, prend un malin plaisir, dans une mauvaise foi jubilatoire, à démontrer au spectateur que c'est lui, public, qui est fou d'y être allé - jeu de langue toujours... (Texte de présentation, 2009)

Mardi 6 janvier 009 à 20 h 30



Marie-Pierre Cattino
Marie-Pierre Cattino lit des extraits de ses pièces Elle, Les Veuves auxiliaires et autres textes

Après des études en psychologie, Marie-Pierre Cattino, portée par les encouragements d'Yves Berger puis de Michel Azama, est devenue écrivain en se tournant résolument vers le théâtre, se formant à l'école Jacques Lecoq avant de s'engager dans des recherches dramaturgiques avec des artistes associés à des structures culturelles et dans des animations d'ateliers d'écriture. Plusieurs de ses textes ont été joués en partenariat avec le théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis (Nouvelles lunes, notamment, écrit pour cinq comédiens à partir d'improvisations) la Scène des Gémeaux à Sceaux ou la Grande galerie de l'évolution ; son oratorio fantaisiste autour du mythe de Clytemnestre, Criminal Tango, a été mis en jeu par Joëlle Cattino au théâtre de Lenche, à Marseille, en 2004, tandis que Chant de bataille, écrit pour la comédienne-chanteuse Antonia Bosco, a fait l'objet d'une lecture musicale à l'ambassade d'Ouzbékistan. Sa collaboration avec les maisons de retraite de Neuilly-Plaisance et de Sceaux a abouti à deux productions intitulées Je me rappelle et Petits portraits en pied. En 2006, boursière de l'association Beaumarchais et du Centre national du livre, Marie-Pierre Cattino publie deux pièces dans la collection des Quatre-vents de l'Avant-scène théâtre, Elle (créée en janvier dernier dans une mise en scène de Marie-Hélène Garnier et Joëlle Cattino au Volcan, scène nationale du Havre), préfacée par un Jean-Claude Grumberg « arrêté » par ce texte, cette voix, ce ton - « une écriture en somme » - et Tirée au cordeau, également montée en janvier dernier, à la Grange d'Eu par Marie-Hélène Garnier. Cela fait dix ans qu'Elle est partie, sans laisser de traces. Un jour pourtant, elle prétexte un reportage sur la délinquance dans une banlieue parisienne et sonne à la porte de chez ses parents. Chaque soir, elle réapparaît à l'heure du dîner, face à un père oublieux et à une mère blessée, pour tenter de renouer un dialogue brisé et de raviver le souvenir d'un frère disparu... Familière des recherches sur l'autisme et le mutisme, Marie-Pierre Cattino sait écrire le silence et le non-dit, « à mi-voix presque ». C'est la même incompréhension, le même indicible entre les êtres les plus proches qui sont au centre de sa dernière pièce, Les Veuves auxiliaires (à paraître à l'Avant-scène théâtre), avec les souvenirs et le repos du corps. Dans ce texte, la valse et la mer prennent une importance capitale, comme deux personnages qui se glisseraient dans le recoin d'une vie. Un matin, Reine a décidé de prendre sa valise et de se rendre à pied à la maison de retraite pour s'y installer et y « finir ses jours ». Ses deux enfants, Charles et Gisèle, ne comprennent pas son geste. Déjà, une partie de sa vie leur avait échappé, celle avec Charles, le mari disparu. Il y a encore « la petite », l'auxiliaire de vie qui s'occupe de Reine ; entre toutes les deux se dégage le secret de la pièce. (Texte de présentation, 2008)

mardi 1er avril 008



Denise Chalem
Denise Chalem lit des extraits de ses pièces Dis à ma fille que je pars en voyage et L'Oiseau

Denise Chalem aime lire ses textes à haute voix « afin de vérifier qu'ils résistent à l'oreille ». Comédienne au théâtre, au cinéma et à la télévision, auteure dramatique (« l'auteure naît, sans douleur, de la comédienne »), nouvelliste, scénariste, metteure en scène, elle a encore écrit et réalisé, pour Arte et France 2, un film, Nés de la mère du monde (2002). Née au Caire où elle vécut jusqu'à l'âge de six ans, cette ancienne élève d'Antoine Vitez au Conservatoire d'Art Dramatique de Paris a vu sa première pièce, À cinquante ans elle découvrait la mer, créée en 1980, au Petit-Odéon de Paris, par Gabriel Garran, puis traduite et représentée dans une dizaine de pays, et récompensée par le prix Nouveaux Talents de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. Quatre pièces ont suivi, toutes représentées sur scène, La Nuit de cristal, Selon toute ressemblance, Couki et Louki sont sur un bateau et Dis à ma fille que je pars en voyage (Actes Sud-Papiers) récompensée, en 2005, par une critique enthousiaste et le Molière du meilleur spectacle de création française. Le théâtre de Denise Chalem, généreux et pétri d'humanité, convoque l'émotion sans jamais verser dans le pathos. À Saint-Herblain, Denise Chalem a choisi de lire des extraits de Dis à ma fille que je pars en voyage et de sa dernière pièce, encore inédite, Aller chercher demain. Pour Michel Cournot (Le Monde), Dis à ma fille..., dialogue de deux femmes incarcérées, est « une grande pièce, tant Denise Chalem a ressenti et a fait toucher avec intelligence et coeur ce qu'est, fondamentalement, la prison, et ce qu'est, essentiellement, la conscience humaine. Et cela simplement, sans parure de conception ou d'écriture. La grande tenue. » (Texte de présentation, 2007)

mardi 15 mai 2007 à 20h30



Pierre-Yves Chapalain
Pierre-Yves Chapalain lit des écrits fantastiques

« J'écris depuis longtemps. Puis le désir est venu de rendre cette parole vivante, d'entendre cette langue singulière, qui me vient de mes parents. Une langue parfois hors des usages syntaxiques, faite d'irrégularités et de trouées d'où surgissent des images, des sensations qui se déploient sans logique linéaire apparente mais suivant pourtant un cours implacable. Aujourd'hui, je veux me mettre hors du plateau pour voir de l'extérieur, pour changer l'angle du regard. » Extrait de l'entretien avec Pierre-Yves Chapalain réalisé par Gwénola David. La terrasse n°161. Octobre 2008. Pierre-Yves Chapalain questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 02 octobre 2012. En écoute ici.

Pierre-Yves Chapalain sur Viméo

Mardi 2 octobre 012 à 20 h 30



Rémi Chechetto
Rémi Checchetto lit L'homme et cetera

« Checchetto écrit plutôt lentement des textes qui vont plutôt vite, cherche beaucoup ce qui finalement se présente comme une évidence. Cela démarre au quart de tour et vous emmène faire de sacrés tours et détours. Ces derniers temps ça fait causer Mohammed Ali (King du ring), ça accompagne King Kong (Kong melencholia), ça asticote les sciences (L'homme et cetera), ça a des prétentions à être le centre du monde (Moi). Le haut lieu du théâtre de Checchetto se tient dans la bouche, une bouche qui en met plein les oreilles et les yeux qui eux aussi se mettent à avoir des oreilles. » Rémi Chechetto

Mardi 4 décembre 012 à 20 h 30



Hubert Colas
Hubert Colas lit ses travaux en cours avec Peggy Péneau et Thierry Reynaud

Écrivain, comédien, metteur en scène et scénographe, Hubert Colas a créé la compagnie Diphtong en 1987. De Temporairement épuisé à Traces, en passant par La Croix des oiseaux, ses pièces mettent en scène des personnages qui sortent de l'enfance, qui naissent à la vie adulte encore écorchés vifs. Avec les thèmes récurrents de la xénophobie, de la corruption, de l'exclusion, du pouvoir de l'argent, du poids de l'éducation, de la passion et des désillusions, et par la grâce d'une écriture sensuelle et poétique, cet « utopiste de l'imaginaire » a su toucher au plus profond un public jeune, adolescent. Chacune de ses créations théâtrales pose la question « comment aimer ? », à laquelle tentent de répondre les corps et les mots. Peggy Péneau et Thierry Raynaud travaillent actuellement à Diphtong Cie où ils ont abordé des textes de Didier-Georges Gabily, Marguerite Duras, Paul Claudel et Hubert Colas. (Texte de présentation, 1997)

mardi 2 décembre 1997



Laurent Contamin
Laurent Contamin propose un parcours dans son oeuvre théâtrale

« Écrire, c'est d'abord faire chemin avant que de produire une oeuvre. Préférant le détour et l'inconnu au savoir-faire et à la mise en case, je privilégie toujours la rencontre. Rien de tel, en effet, pour la santé de l'écriture dramatique, que d'être confrontée à d'autres langages et explorer d'autres territoires : la marionnette, la danse, le cirque... mais aussi l'écriture radiophonique, la nouvelle, la poésie. Que l'écriture ouvre ses propres friches, se mette elle-même en chantier. Pour qu'en prise avec l'aujourd'hui, elle sache trouver les brèches où faire surgir l'altérité. » Laurent Contamin laurent-contamin.net Laurent Contamin questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 3 avril 2012. En écoute ici.

Laurent Contamin sur Viméo

Mardi 3 avril 012 à 20 h 30



Cécile Cotté
Cécile Cotté lit des extraits de ses trois pièces L'Eau est un corps qui brûle, Le Piéton et L'Homme en coulisses, accompagnée par Stéphane Scott et ses instruments

Née en 1959 à Paris, Cécile Cotté a suivi les enseignements théâtraux de Jacques Lecoq et de Daniel Mesguich avant d'entreprendre, à dix-huit ans, une carrière de comédienne délibérément vouée aux écritures contemporaines ; sous la direction de Carlos Wittig, Stéphanie Loïk, Michel Cerda, Robert Cantarella, etc., elle a joué des pièces de Philippe Minyana, Patrick Kermann, Jean-Luc Lagarce, Armando Llamas, Caryl Churchill, Serge Valletti, etc. Comédienne donc, au théâtre mais aussi au cinéma, à la télévision et à la radio, elle a abordé la mise en scène et la formation, en s'intéressant aux textes de Bernard-Marie Koltès, Botho Strauss, Copi, Kossi Efoui (qui sera l'invité de la Bibliothèque théâtrale le 1er avril) et... Honoré de Balzac. En 1999, elle fonde la compagnie Io pour favoriser la convergence entre théâtre et autres arts, singulièrement peinture, danse et musique, ainsi que pour monter les pièces qu'elle écrit depuis plus de dix ans (L'Eau est un corps qui brûle est parue aux Éditions Comp'act en 1989 et, cette année, Le Piéton et L'Homme en coulisses ont fait l'objet de lectures, notamment aux Contemporaines de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, en 2000, et à L'Atelier du plateau à Paris cette année). Cécile Cotté a beaucoup travaillé à l'étranger, en Pologne, en Allemagne, à Singapour, à New York et au Rwanda où, à la faveur d'un séjour de trois mois et demi, elle a créé, l'an passé, avec Stéphane Scott, compositeur-musicien, Corps et voix paroles rhizomes de Koulsy Lamko, spectacle qui a connu un remarquable succès. Cécile Cotté a choisi d'offrir aux auditeurs de ce Mardi côté cour un parcours de lecture chronologique dans son oeuvre, avec des extraits de L'Eau est un corps qui brûle, Le Piéton et L'Homme en coulisses. Trois pièces au parti pris résolument contemporain dont l'écriture n'emprunte guère au réalisme : Cécile Cotté façonne des personnages de plus en plus emblématiques, figures ancrées dans la réalité pour mieux aller « jouer à jouer » dans l'univers décalé du poétique. Son écriture vigoureuse, mêlant le lyrique et le grotesque, dit le cru, le cruel et le drôle, n'hésitant pas à subvertir la syntaxe et à user de mots inattendus, techniques, étranges et étrangers. Pour cette lecture-rencontre, Cécile Cotté est accompagnée, lors d'intermèdes, par son complice musical Stéphane Scott au piano, à l'accordéon et à quelques autres instruments, dont ceux qu'il fabrique lui-même. Né en 1963, Stéphane Scott a suivi une formation classique de piano et a été étudiant à la faculté de musicologie de Lyon. Depuis, il a composé des musiques pour le cinéma, la télévision, le théâtre, la danse et la chanson, musiques dont il s'est aussi fait, parfois, l'interprète. Il a également créé un générique pour France Culture, animé des ateliers et des stages de formation, signé des installations sonores et assuré la direction musicale des CD de Koulsy Lamko (bir ki mbo, hommage à Thomas Sankara) et Florida Uwera (urukundo). En 1999, Stéphane Scott a créé et interprété Gambara, fantaisie pour piano préparé, voix et métronome, d'après l'oeuvre d'Honoré de Balzac. (Texte de présentation, 2002)

mardi 3 décembre 2002



Stanislas Cotton
Stanislas Cotton propose sa « rhapsodie tragi-comique », promenade dans son univers théâtral

Si l'on jouait au jeu des records dont on fait certains livres pas bien malins, on pourrait commencer par : Stanislas Cotton, bien que ses pièces - une trentaine à ce jour - répondent à des distributions majoritairement masculines, est l'auteur dramatique contemporain le plus mis en scène par des femmes... Qu'on en juge : Catherine Anne, Tiziana Bergamaschi, Anne Contensou, Christine Delmotte, Jasmina Douïeb, Layla Nabulsi, Nathalie Ortéga, Catherine Toussaint, Véronique Van Meerbeek, Hélène de Bissy ; sans que les messieurs metteurs en scène boudent pour autant ses oeuvres, ainsi Béla Czuppon, Hassane Kassi Kouyaté, Didier Bernard, François Cancelli et Vincent Goethals. Belge, né en 1963, Premier Prix d'Art dramatique au Conservatoire de Bruxelles, Stanislas Cotton a travaillé durant une douzaine d'années comme comédien dans la mouvance des jeunes compagnies. Son engagement dans le mouvement des États généraux du Jeune Théâtre a enrichi son écriture d'une dimension sociale et politique. Il a participé, au sein de RépliQ - association d'auteurs qu'il présida en 1997 et 1998 -, à diverses initiatives visant à promouvoir l'écriture contemporaine. Pour la saison 2008-2009, il a été l'« auteur engagé » du Théâtre de l'Est parisien. Stanislas Cotton vit désormais à Rome. Dialoguiste virtuose, il dit écrire « pour les gens d'aujourd'hui » et tremper sa plume « où l'humanité a mal », questionnant l'exil, la différence ou l'exclusion, dans une langue toute personnelle, reconnaissable entre toutes, ciselée, poétique et souvent drôle, mais toujours pointée sur les blessures des accidentés de la vie, victimes de la bonne conscience, de la vanité ou de la bêtise humaines. Fables sans morales, contes avec philosophie pour un monde déboussolé, lézardé : ses pièces sont généreuses, empathiques, et savent échapper au manichéisme comme aux clichés. « Humanité, compassion, entraide. J'écris pour qu'on rouvre les yeux sur ces valeurs-là. » Les spectateurs d'Onyx, théâtre de Saint-Herblain, avaient, l'an passé, réservé un accueil enthousiaste à sa pièce Le Ventre de la baleine, monologue pour femme interprété par Valérie Dablemont et monté par Vincent Goethals ; des mêmes auteur et metteur en scène, l'on avait pu voir, en 2008 au Fanal de Saint-Nazaire, Si j'avais su, j'aurais fait des chiens (ces deux pièces, comme la plupart de celles de Stanislas Cotton, aux Éditions Lansman). Bureau national des Allogènes et Le Sourire de Sagamore, pour n'en citer que deux autres, ont encore « fait un tabac » (terme employé par plusieurs critiques s'étant rendus aux spectacles - il en reste quelques-uns...) partout où elles ont été données. Bardé de prix et de reconnaissances, ce « trousseur, détrousseur, retrousseur de mots » garde assez de simplicité et de distance avec le succès pour inscrire en bonne place sur son blog cette phrase de Gombrowicz : « Il faut admettre qu'on ne sait rien, cot, cot, cot, comme disent les poules ». (Texte de présentation, 2011) Stanislas Cotton questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 05 avril 2011. En écoute ici.

Mardi 5 avril 2011 à 20h30



Philippe Crubézy
Philippe Crubézy lit des extraits de sa pièce Moloch

Invité comme comédien en 2006 pour lire des textes de Claudine Galea, Philippe Crubézy revient à Saint-Herblain en qualité d'auteur. On lui doit de nombreuses formes théâtrales courtes (Cimetière des innocents, Mauvais printemps, L'Homme exposé, L'Homme qui ne voulait pas, Stop, Préliminaire) et quelques pièces plus longues, toujours chargées d'une grande humanité, dont Roissy-Minh-Ville (Éditions Le Bruit des autres), Obliques à la terre, résultat d'un atelier avec des adolescents de Castres paru en 2007 dans la collection Urgence de la jeune parole du Théâtre de la Digue, à Toulouse (Éditions Lansman) et créé dans une mise en scène de Gilles Guérin, enfin Moloch (Éditions Lansman, 2008). Comédien formé au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, Philippe Crubézy a joué sous la direction de Robert Gironès, Jacques Lassalle, Anne Torrès, Catherine Anne, Matthias Langhoff, Charles Tordjman, Jacques Delcuvellerie, Jean-Pierre Vincent, Hélène Vincent, etc. Il participe régulièrement aux Rencontres à La Cartoucherie, à Vincennes, où il écrit et met en scène des textes courts, et a créé en 1994, Pleine lune pour tout le monde, compagnie théâtrale dévouée aux écritures contemporaines. En 2008, Philippe Crubézy a été auteur « engagé » au Théâtre de l'Est Parisien où il a mis en scène sa pièce Moloch et écrit, à partir des réponses à un questionnaire adressé aux spectateurs, un spectacle tout public, Les Enfants ont-ils le temps ? créé par Anne Contensou en juin dans le festival 1.2.3 théâtre. Il y a également écrit un poème par jour, affiché sur la façade du théâtre, l'ensemble rassemblé dans Poèmes de l'Est pour tout le monde aux Éditions de l'Amandier. De Philippe Crubézy, l'auteur et metteur en scène Philippe Adrien dit : « Il n'accepte pas l'échec, il ne se résigne pas. Plutôt que de décrire l'aliénation et montrer - ce qui était la manière de Brecht - des hommes et des femmes rendus impuissants par le procès historique et social, il met en scène, aussi dérisoires soient-ils, combats et révoltes, tentatives de subversion et bribes d'utopie ; au moins dans leurs discours, dans leur parole, ses personnages gardent jalousement leur dignité. ». Sa pièce Moloch raconte l'étrange histoire d'un employé qui, licencié, tente de retrouver les sensations des premiers hommes en transformant son appartement en grotte préhistorique, détruisant successivement sa raison, sa maison, son couple et sa vie. Moloch se passe à deux pas de chez nous. Le travail, l'argent, le corps. Tout s'articule et se tient depuis des lustres. Combien de livres de chair nous coûte notre salaire ? Alain, à cinquante ans passés, vient d'être licencié et veut comprendre pourquoi le monde ne marche plus droit. Claudine, sa femme, part travailler tôt le matin et rentre tard le soir. Fanny, leur fille, n'a pas d'autre choix que de mettre son corps et sa liberté au centre d'un contrat de travail avec Monsieur X... L'auteur précise : « Du concret, pas du réalisme. Mais Alain fait vraiment une sauce béchamel. Des bouts d'appartement, des pans de mur, une table, les sons du métro... Il n'y a pas de suspense, c'est une chronique annoncée. Pas d'ambiguïté sur la chronologie des événements. Une musique primitive, primale : flûte d'os, mélopée. Ne pas esquiver les situations érotiques. Les corps de Fanny, d'Alain, de Claudine sont en jeu, entre beauté et déchéance. Monsieur X n'est ni un salaud ni un gangster. Et il chante Apollinaire...» (Texte de présentation, 2008)

mardi 4 novembre 008



Joseph Danan
Joseph Danan lit sa pièce inédite Si j'étais un homme

« Écrivain de théâtre me va » dit Joseph Danan, également poète, romancier, nouvelliste et essayiste, jugeant le terme d'auteur sujet à caution dans le contexte de la scène contemporaine. Le travail de Joseph Danan revendique avant tout de passer « par l'agencement des mots écrits » dont l'angle d'attaque « mord et appelle et bouscule la scène ». Car c'est bien le théâtre qui l'occupe et le préoccupe de façon dominante. Son parcours est notamment marqué par un long compagnonnage avec Alain Bézu, qui a créé plusieurs de ses textes et aux spectacles duquel il a souvent collaboré en tant que dramaturge. Joseph Danan, spécialiste de la dramaturgie (ce mot bien ambivalent provoquant encore nombre de confusions) qu'il interroge par des exemples concrets au travers des théâtres classique (Corneille, en particulier) et contemporain, auteur notamment de... Qu'est-ce que la dramaturgie ? dans la collection « Apprendre » d'Actes Sud, est actuellement maître de conférences à l'Institut d'Études théâtrales (Université de Paris III - Sorbonne Nouvelle). Il a signé une quarantaine de pièces (publiées par Médianes, Lansman, Théâtre Ouvert, Actes Sud-Papiers) et découvre depuis quelques années le plaisir de l'écriture en direction du jeune public (Les Aventures d'Auren, le petit serial killer ; À la poursuite de l'oiseau du sommeil ; Jojo le récidiviste créée en 2007 à Châlons-en-Champagne par Joël Jouanneau et Delphine Lamand, reprise du 29 au 31 mars, au Grand T, à Nantes, dont la direction vient de passer de Philippe Coutant à Catherine Blondeau). Son théâtre, quant à lui - mis en scène par Alain Bézu, Jacques Kraemer, Julien Bouffier, Jean Deloche, Jean-Frédéric Chevallier (Mexico), Gilbert Rault, Frédéric Bocquet, Joël Jouanneau et Delphine Lamand, Jacques Bonnaffé ou Paulo Calatré -, mêle, avec de grandes qualité et originalité d'écriture, humour et cruauté, où les enfants les plus gentils se rêvent en Roberto Zucco (Succo), en terroristes jetant leurs avions contre des gratte-ciel ou larguant des bombes atomiques ; poètes et tueurs, tueurs et poètes ; car si l'existence est insupportable et la société peu avare en périls, les misères du vrai monde ne demandent qu'à être conjurées. Ainsi, Joël Jouanneau qualifie-t-il Jojo le récidiviste de « pièce intempestive », de « texte intrépide et burlesque », louant le courage et l'audace théâtrale de son... écrivain. Au Centre national des écritures du spectacle de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, en 2009, Joseph Danan a composé Si j'étais un homme, répondant à la commande du metteur en scène portugais Fernando Mora Ramos pour témoigner d'un intérêt insistant à l'égard de l'inscription des nouvelles technologies dans l'écriture dramatique, pour leur prise en compte depuis l'écriture. C'est cette pièce, encore inédite, qu'il a choisi de faire découvrir à Saint-Herblain pour nous transporter dans un univers futuriste (mais c'est le nôtre) où un homme, dont on ne sait pas très bien de quel mal il souffre, fait appel à une sorte d'infirmière venant s'installer à domicile. Arrive un ami intime qu'il avait perdu de vue et une relation trouble se noue, par le jeu des écrans, entre les trois personnages...(Texte de présentation, 2011) Joseph Danan questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 01 mars 2011. En écoute ici.

Mardi 1er mars 2011 à 20h30



Daniel Danis
Mélanie Mary et Mehdi Lecourt lisent des extraits des nouvelles écritures théâtrales de Daniel Danis en présence de l'auteur québécois

Québécois, mais souvent joué en France où il a été auteur associé du Théâtre de la Colline, Daniel Danis s'est toujours intéressé aux arts technologiques visuels et sonores, aux performances, aux expérimentations transdisciplinaires. Violente et tendre, juste et singulière, son écriture aux accents symbolistes n'hésite pas à emprunter les sentiers de la mythologie comme de la mystique. Pas seulement québécoise, mais poétique et néologique, la langue de Daniel Danis dit les énergies et les sentiments mêlés des humains dans ce temps chahuté qui leur est accordé - ou infligé - sur terre. Son théâtre apparaît, comme l'univers, foisonnant : y soufflent, à travers les existences et les agissements de ses personnages, le chaud et le froid, le sexe et la solitude, le tendre et le cru, l'amour et le renoncement. Réunis en 2005 pour une création de Le Langue-à-Langue des chiens de roche (notamment jouée au Studio-théâtre de Nantes en présence d'un auteur conquis par ce travail), les comédiens et metteure en scène Mélanie Mary et Mehdi Lecourt retrouvent Daniel Danis à l'occasion de cette exceptionnelle lecture-rencontre. danieldanis.org Mélanie Mary Comédienne et metteure en scène, Mélanie Mary travaille principalement sur l'oeuvre d'auteurs contemporains. Elle fait partie de l'Ensemble artistique créé à la Comédie de Saint-Étienne, centre dramatique national, par son nouveau directeur, Arnaud Meunier. Elle est l'un des deux jeunes metteurs en scène soutenus par la Comédie de Saint-Étienne avec le metteur en scène et comédien Matthieu Cruciani. Elle est l'assistante à la mise en scène d'Arnaud Meunier sur Le Problème de François Bégaudeau avec Emmanuelle Devos et Jacques Bonnaffé (Théâtre du Rond-Point), 11 septembre 2001 de Michel Vinaver (Théâtre de la Ville), et l'opéra L'Enfant et les Sortilèges de Ravel (Festival d'Aix en Provence). En 2005, elle rencontre l'auteur québécois Daniel Danis qui la pousse à créer sa compagnie et à mettre en scène son théâtre. Elle dirige depuis la compagnie Les Corps Maganés. Elle a mis en scène Le Langue-à-Langue des chiens de roche de Daniel Danis (2007-2008, Studio-Théâtre de Nantes, Comédie de Ferney-Voltaire). En 2012, elle mettra en scène Un deux, un deux, la deuxième pièce de François Bégaudeau qu'il a écrite en dialogue avec elle à la Comédie de Saint-Étienne, et à la scène nationale de Cavaillon. Mehdi Lecourt Après avoir commencé sa formation au conservatoire de Bordeaux, il intègre en 1995 l'école professionnelle d'acteur du studio-théâtre (feu CRDC maintenant Lieu Unique) où lors d'un stage animé par Hélène Vincent sur Cendres de cailloux, Mehdi Lecourt découvre Daniel Danis. S'en suit alors un long intérêt pour son oeuvre avec notamment l'organisation d'une lecture radiophonique de Celle-là sur Radio Alternantes, une formation sur le travail du corps au théâtre que Daniel Danis observait en co-animation avec Benoit Théberge, et surtout l'aventure de Le Langue-à-Langue des chiens de roche mise en scène par Mélanie Mary, en 2007. Pour cette saison 2011-2012, Mehdi Lecourt met en scène Deux sur la balançoire de William Gibson au TNT de Nantes et jouera dans la lecture-conférence What are we going, What are we doing ? mise en scène par Yves Chaudouet à partir de morceaux-conférences de John Cage. Daniel Danis questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 04 octobre 2011. En écoute ici.

Mardi 4 octobre 2011 à 20h30



Emmanuel Darley
Emmanuel Darley lit sa pièce Indigents

Né à Paris en 1963, Emmanuel Darley a la particularité d'être, à parts quasiment égales et avec un égal bonheur, romancier et auteur de théâtre - comme le furent, autres cas parmi ces écrivains rares, Nathalie Sarraute ou Louis Calaferte. Emmanuel Darley a étudié le cinéma à l'université Paris III - Censier avant de travailler en librairie et d'écrire deux romans : Des petits garçons (P.O.L, 1993), qui avait emballé Richard Morgiève (précédent invité au Club), et Un gâchis (Verdier, 1997). Sa première pièce, Badier Grégoire, a été éditée par Théâtre Ouvert en 1998, diffusée sur France Culture en 1999 et mise en espace par Michel Didym en 2000. Emmanuel Darley a continué d'écrire « pour des voix, des corps », encouragé par Théâtre Ouvert, France Culture ou la Compagnie Labyrinthes qui n'a pas cessé de « tourner » Pas bouger depuis sa création, en 2000, par Jean-Marc Bourg, lequel a également mis en scène, en octobre 2002, Qui va là ? Tout va vraiment très bien pour Emmanuel Darley puisque les éditions Actes sud Papiers ont publié, ensemble, Qui va là et Pas bouger tandis que Gilles Dao (venu lire Dea Loher au Club la saison passée) met en scène une adaptation d'Un gâchis qu'il présentera à l'automne 2003 en même temps que la pièce Indigents (Actes sud Papiers). Michelle Heydorff, quant à elle, a créé, en décembre dernier à Narbonne, Là-haut, la lune, pièce pour jeune public. On n'oubliera pas les mises en ondes (France Culture) de Une ombre, Pas Bouger et de Souterrains, également mis en espace à Théâtre Ouvert par Delphine Lamand, ni la parution de deux nouveaux livres, Plus d'école, pièce de théâtre jeunesse à l' École des loisirs (2002) et Un des malheurs, troisième roman, aux Éditions Verdier (2003). Les livres d'Emmanuel Darley s'intéressent aux personnages cassés, coincés entre obligation et peur d'avancer, qui, par la grâce d'une langue simple et fébrile, troublent et émeuvent ; à juste titre, Tiphaine Samoyault parle d'une « écriture crue et miraculeusement gênante ». Car on rencontre des trésors de pureté et de tendresse dans les mots d'Emmanuel Darley. (Texte de présentation, 2003)

mardi 4 mars 2003



Rémi De Vos
Rémi De Vos lit sa pièce inédite Alpenstock, avec Florence Bourgès et Gilles Blaise

Natif de Dunkerque, Rémi De Vos vit aujourd'hui à Paris où, après avoir été comédien, il se consacre essentiellement à l'écriture dramatique « parce que c'est plus fort que moi ». Sa première pièce, Débrayage, lui vaut une bourse de la Fondation Beaumarchais et paraît aux Éditions Crater alors qu'il a trente-trois ans ; il la crée la même année, en mars 1996, au théâtre de Lorient... et s'endette. Sa participation, aux côtés des acteurs, à l'écriture d'André le Magnifique va le renflouer : le spectacle, créé en 1997 à la Maison de la culture de Bourges, décroche cinq Molières en 1998, dont celui du meilleur auteur. Lauréat, dans la foulée, de l'Association Française d'Action Artistique, Rémi De Vos, amateur de voyages, séjourne plusieurs mois au Paraguay ; depuis, il travaille régulièrement en Amérique Latine. En 1999, c'est grâce à une bourse du Centre national du livre qu'il découvre le Viêt-nam. Il obtient également une aide à l'écriture de la Direction de la musique de la danse du théâtre et des spectacles (DMDTS) du ministère de la Culture. Projection privée (Crater, 1998) et Conviction intime (Crater, 1999) sont créées en 2000 par Alain Barsacq, La Camoufle (Crater, 2000) en 2001 par Laurent Vacher. Cette même année, il écrit Alpenstock qu'il reprendra jusque tout dernièrement pour qu'elle paraisse en 2006 aux Éditions Actes Sud-Papiers qui ont déjà publié Pleine lune suivi de Jusqu'à ce que la mort nous sépare (2004) et Laisse-moi te dire une chose (2005). Rémi De Vos a encore écrit une pièce pour marionnettes, Bilan sur la maîtrise du poste, créée en 2005 par Jessy Caillat et Sylvain Blanchard, et deux courtes pièces, Le Brognet et Qu'est-ce que vous faites ?, publiées par Crater dans Les Confessions gastronomiques (1997) et Les Confessions érotiques (2002). En 2003, à l'occasion d'une résidence d'écriture au Lieu Unique de Nantes, Rémi De Vos rencontre le metteur en scène Hervé Guilloteau qui lui commande Ma petite jeune fille créée au Centre dramatique de Lorient le 11 janvier 2005, et le comédien Gilles Blaise pour lequel il écrit Occident que montera le même Hervé Guilloteau, avec Yvette Poirier et Gilles Blaise, le 6 janvier prochain à l'espace culturel Onyx de Saint-Herblain. En octobre 2006, à Lorient où Rémi De Vos vient d'être choisi comme auteur associé du Centre dramatique national, Éric Vigner montera Jusqu'à ce que la mort nous sépare. Réaliste, le théâtre de Rémi De Vos est construit sur des dialogues vifs qui font mouche instantanément. Ses thèmes de prédilection, le chômage, le racisme, l'intolérance, le couple et la famille mettent en scène des situations et des sentiments du quotidien. Jean-Marie Besset, à propos de ses textes récents, parle d'une « langue simple et élégante ». Rien d'étonnant à ce que ses pièces rencontrent la faveur de nombreux metteurs en scène, professionnels ou amateurs. À Nantes, Monique Hervouët avait monté, avec la compagnie le CRAC, Débrayage en 2002. Pour Rémi De Vos, écrire, « c'est mettre un peu d'ordre ». Il dit encore écrire « pour maintenir le monde à distance et, en cas d'attaque, rendre coup pour coup. » Alpenstock, qui sera éditée avec Occident, s'intéresse à la vie d'un couple alpin, Fritz et Grete, ébranlé par l'achat d'un détergent au marché cosmopolite et la visite d'un étranger originaire des Balkans. Une pièce qui interroge le nationalisme à partir de clichés, lieux communs et autres idées reçues. (Texte de présentation, 2005)

mardi 4 octobre 005



Michel Deutsch
Michel Deutsch lit ses textes, avec Gérard Guérif

Michel Deutsch, né en 1948, est l'auteur d'essais, de poèmes et de plus de quinze pièces de théâtre dont Dimanche, El Sisisi, Féroé la nuit, Le Souffleur d'Hamlet, John Lear, mises en scène par Jean-Pierre Vincent, Robert Gironès, Bruno Bayen, Gilberte Tsaï, Georges Lavaudant, Jean-Louis Hourdin, Jean-Paul Wenzel... « Deutsch voit un monde dans les petites choses, l'histoire entière dans un instant inattendu, la hantise de la mort dans un échange téléphonique sans intérêt. Ou le divin dans un geste d'amour à peine esquissé. » (Philippe Lacoue-Labarthe). (Texte de présentation, 1997)



mardi 4 février 1997



Philippe Dorin
Philippe Dorin lit son théâtre et quelques petites pensées

Philippe Dorin écrit pour ne pas devenir fou. D'abord acteur, il est l'auteur de nombreuses pièces pour le jeune public dont certaines ont été traduites et jouées en Allemagne et en Pologne. Villa Esseling Monde (Éditions La Fontaine, 1990), a connu un succès considérable. En 1997, il crée, avec Sylviane Fortuny, la Compagnie Pour Ainsi Dire, pour laquelle il écrit quatre pièces : Le Monde point à la ligne (inédite), En attendant le Petit Poucet (L'École des loisirs, 2001), Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu (idem, 2002) et Ils se marièrent et eurent beaucoup (idem, 2005). L'École des loisirs, dans sa collection Théâtre, a encore édité Sacré silence (1997) et Un oeil jeté par la fenêtre (2001). Pour un public adulte, Philippe Dorin a écrit Bouge plus, commande du metteur en scène Michel Froehly créée en 2004 par la Compagnie L'Heure du loup. L'écriture de Philippe Dorin,également auteur de contes et d'un roman policier jeunesse, procède, le plus souvent, par courtes scènes. Une écriture poétique et jubilante, souvent empreinte d'un humour teinté d'absurde jusqu'à l'inquiétude. À Saint-Herblain, il a choisi d'offrir un parcours dans ses textes de théâtre, parcours ponctué de petites pensées inédites recueillies dans des boulettes en papier pelure dont il est friand comme il l'a déjà montré lors de sa résidence d'écriture organisée en 2003 à la médiathèque Samuel-Beckett de Guérande sous l'égide du Centre National du Livre et du Théâtre Athénor. (Texte de présentation, 2006)

mardi 5 décembre 006



Louise Doutreligne
Louise Doutreligne lit son théâtre, avec Jean-Luc Paliès

De Petit'pièces intérieures au Secret (inédit), en passant par Teresada' et L'Esclave du Démon, Louise Doutreligne nous invite à parcourir une oeuvre théâtrale remarquable dans sa capacité à saisir l'histoire, la petite comme la grande. D'un théâtre du quotidien (aventure qu'elle partagea dans les années 70 avec Jean-Paul Wenzel, écrivant avec lui Marianne attend le mariage !) interpellant la réalité psychologique et sociale, elle s'est tournée, depuis dix ans, vers quelques grandes figures mythiques : décomposition et recomposition, à la lumière du baroque espagnol, pour ramener sur la scène contemporaine Thérèse d'Avila, Don Juan, Carmen et Faust. Chez Louise Doutreligne, c'est toujours la femme, le couple, le désir et la passion qui se disent. Auteur d'une quinzaine de pièces, elle est aussi comédienne sous le nom de Claudine Fiévet. Elle lit ses textes avec Jean-Luc Paliès, comédien, metteur en scène et scénographe qui fonda avec elle la compagnie Influence, en 1985. (Texte de présentation, 1999)

mardi 2 novembre 1999



Martine Drai
Martine Drai lit son théâtre, parcours avec Aurore Prieto et Isa Mercure

Une première pièce, Alias, créée par Antoine Vitez en 1986 au Théâtre National de Chaillot, inaugure le parcours théâtral de Martine Drai. Écrivain, elle avait déjà publié un roman, Les Trois Midis, jouait comme comédienne au théâtre et signait des mises en scène ; toutes activités qu'a poursuivi cette artiste, également peintre (elle vient d'exposer toiles et dessins à L'Imprimerie, rue du Plateau, à Paris), scénographe et danseuse, aujourd'hui auteur de cinq pièces interrogeant les ressorts secrets des comportements humains. Les personnages de Martine Drai, apparaissent en rupture, aux frontières de la folie, « la tête fracassée de questions », réclamant qu'on les écoute. Dans le dernier numéro de Numéro, le journal de la Bibliothèque de Saint-Herblain dont elle a illustré la couverture, Martine Drai répond longuement aux questions d'une interview dans laquelle elle affirme : « J'aime bien l'idiotie, l'incongruité, le hors-norme, le fracas de la raison. Dans la rue, je regarde et j'écoute les branques, les fadas... J'aime l'arrêt du sens, du sens commun, cet arrêt produit le rire ou le tragique... » Ce parcours dans son oeuvre théâtrale passera par Alias, Un amoureux de la vie, Lézardes, Meurtre et autres textes publiés - l'Avant-scène théâtre, répertoire de l'association Théâtrales et Éditions le Bruit des autres - ou en chantier, pour dire le théâtre « comme le lieu de la matière vivante : ce qui n'existe ni au cinéma, ni à la télévision qui sont les lieux de la trace ». Pour lire ses textes, Martine Drai est accompagnée d'Isa Mercure et d'Aurore Prieto. Au dernier festival d'Avignon, Isa Mercure jouait La Chambre des reflets de Colette et mettait en scène Même si c'est vrai c'est faux de Henri Michaux, préalablement présenté au Théâtre Molière de Paris par la compagnie du Théâtre du Barouf qu'elle dirige avec Gilles Guillot. Elle travaille actuellement à la mise en scène et à la production de la pièce de Martine Drai Meurtre dont une lecture est programmée le 27 janvier aux Contemporaines de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, avec Eric Challiez et Elisabeth Vitali. Auteur de plusieurs textes de théâtre, Aurore Prieto est surtout comédienne et metteur en scène. Elle a joué le rôle de Céline dans le film d'Alain Cavalier Thérèse et a récemment monté Fric-Frac d'Edouard Bourdet, programmé au Festival de Noirmoutier-en-l'Île, et Bon jour et au revoir d'Athol Fugard, présenté au festival d'Avignon 1999. (Texte de présentation, 2001)

mardi 6 février 2001



Claude Duparfait
Claude Duparfait et Franzobel lisent leurs pièces autour de Kafka, avec Philippe Girard

En 1998, les Éditions des Solitaires intempestifs publiaient deux pièces inspirées de Kafka, sans que rien ne lie leurs auteurs, Claude Duparfait, français né en 1963, et Franzobel, autrichien né en 1967. Avec le partenariat du Centre culturel franco-allemand et la complicité de Daniela Dibelius, traductrice de Kafka et dramaturge du spectacle de Claude Duparfait, La Bibliothèque a voulu provoquer la rencontre de ces deux jeunes écrivains autour de leurs Idylle à Oklahoma, une offre d'emploi, et Kafka, une comédie. Le premier, comédien dont c'est la première pièce, s'est librement inspiré du dernier chapitre d'Amerika, tandis que le second, plasticien et auteur de nombreuses pièces représentées en Autriche, fait converser, dans une langue singulière, Kafka et ses proches. Le comédien Philippe Girard, déjà interprète de Idylle à Oklahoma lors de sa création remarquée, en mai 1998 au Centre Dramatique National d'Orléans, lit ces textes avec leurs auteurs. (Texte de présentation, 2000)


mardi 4 avril 2000



Eugène Durif
Eugène Durif lit des extraits de ses pièces Pas loin d'une éternité, La Nuit des feux et Derrière les collines

Retrouvailles... C'est en 1990 que fut créée, à Saint-Herblain, la Bibliothèque théâtrale, dans les locaux de l'espace culturel Onyx - la médiathèque Hermeland n'étant alors pas encore construite. Cette même année fut institué au premier mardi des mois (octobre à mai) le cycle de lectures-rencontres théâtrales Mardi, côté cour. À ce jour, près de 120 auteurs différents ont été reçus, plus de 160 lectures données. Vingt ans après (bonjour M. Alexandre Dumas père !), Saint-Herblain a voulu accueillir une nouvelle fois ses premiers invités. Ainsi peut-on se souvenir que, lorsqu'il vint à Saint-Herblain, le 24 mars 1992, l'auteur Eugène Durif refusait de « se » lire et Bernard Boiveau, comédien, avait été la voix de sa pièce Maison du peuple. À son deuxième passage, le 2 mai 2001, notre dramaturge monta sur la scène du Club avec la comédienne Catherine Beau et le musicien Jean-Marie Gérintes pour une conférence dite et chantée, Quel est ce sexe qu'ont les anges ?, librement adaptée de l'écrivain angevin Jean-Pierre Brisset (1837-1919). Ce n'est donc qu'à la faveur de cette troisième invitation qu'Eugène Durif, qui désormais lit, se lit, mais joue et se joue également, donnera à entendre de sa propre bouche des extraits de son théâtre récent. Pas loin d'une éternité, pièce inédite, a été mise en espace à Madrid et à Moscou (traduction de Tania Mogalevskaia) par Sophie Rappeneau, avant d'être représentée en octobre 2002 à Fécamp et Rouen ; éditées par Actes Sud-Papiers, les deux autres questionnent la guerre sur l'objection de conscience qu'on peut y faire valoir et sur les tourments intimes hantant ceux qui en sont revenus. Né le 5 août 1950, Eugène Durif, également poète, romancier et nouvelliste, est aujourd'hui l'un des auteurs de théâtre français - y compris pour la radio - les plus prolifiques, dont les oeuvres sont régulièrement mises en scène et publiées depuis 1985. Son univers, comme l'écrit le critique Didier Mereuze, est « celui des petites gens, de la mémoire intime prise dans le maelström des événements et des souvenirs qu'on occulte ; celui encore du temps suspendu entre l'âge adulte et cette adolescence qu'on voudrait retenir... » Sans cette posture qui pousse certains artistes à récuser l'émotion, Eugène Durif, « savant lunaire et rêveur » (Fabienne Pascaud) donne des textes sensibles et fragiles, pudiques et résolument poétiques. « Il faut être fortiche pour être un poète au bord de l'abîme des mots, pour leur enlever leur rouille et redonner éclat et violence à leur sens exact, et en tirer les conclusions dans sa vie » écrit encore de lui le metteur en scène Jean-Louis Hourdin, qui ajoute : « Poète, Eugène en est un vrai. Il est terrorisé de voir que nous risquions de courir à des choses pas justes, pas lumineuses, et il nous voit faire des conneries, alors il vient se heurter doucement et timidement à nous avec ses mots. Merci. » (Texte de présentation, 2010) Eugène Durif questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 07 décembre 2010. En écoute ici.

Mardi 7 décembre 2010 à 20 h 30



Éric Durnez
Éric Durnez lit sa nouvelle pièce Karl Lüddik

Né en 1959 à Bruxelles où il a suivi les cours de l'Institut national supérieur des arts du spectacle, Éric Durnez vit aujourd'hui dans la campagne gasconne, se consacrant à l'écriture de contes, nouvelles, romans, poèmes, scénarios de cinéma, articles et, surtout, pièces de théâtre, parfois résultats de commandes qui lui sont régulièrement proposées, après des expériences dans l'interprétation, la mise en scène, la direction de compagnie, le journalisme, la production d'émissions radiophoniques, l'animation, la formation et l'organisation de concerts. Auteur emblématique des Éditions Lansman où il a publié une douzaine de livres sans compter les pièces recueillies dans des volumes collectifs, Éric Durnez monte parfois ses propres pièces qui ont également été mises en scène par Claude Yersin, Jean-Claude Drouot, Frédéric Dussenne, Patrick Verschueren, Jean-Marie Doat ou le très complice Thierry Lefèvre. Une partie importante de son travail d'auteur dramatique (Brousailles, 1997 ; Échange clarinette, 1998 ; La Maman du prince, 2000 ; Dix moi, 2002 ; Ça vous dit, 2004 ; Un an d'Anna, 2005) est destinée au jeune public, les enfants ayant, pour lui, besoin « avant tout de sensibilité, de musique, de poésie », et plusieurs de ses pièces ont été récompensées par des prix, en France et en Belgique. Les textes d'Éric Durnez abordent les thèmes du pouvoir (Sokott la bête, 2004), de l'adolescence (Dix moi), du chômage (Échange clarinette), de la mort (La Douce-amère, 2001) ou de l'Afrique (Bamako, 2003), mêlant avec tact le burlesque et une émotion sans pathos. Éric Durnez dit écrire avec des sensations, des rencontres, des questions, « vivant dans un état de doute quasi permanent » - l'écrivain n'est-il pas davantage celui qui pose des questions que celui qui exprime des réponses ? Émile Lansman, son principal éditeur, et ami, auquel il sait dire sa reconnaissance, souligne ses qualités de « rigueur, sobriété et surtout considération pour le public », ajoutant qu'il travaille « le non-dit, le second degré, l'allégorie, l'emblématique ». À Saint-Herblain, Éric Durnez a choisi de lire, pour la première fois, une pièce inédite, « à l'encre à peine sèche », Karl Lüddik, histoire d'un modeste magasinier, homme à tout faire dans une moyenne entreprise, où il approche l'âge de la retraite ; solitaire et secret, Karl est l'objet des railleries de son patron et de ses collègues qui, ayant découvert la date de son anniversaire, lui préparent un étrange cadeau... (Texte de présentation, 2007)

mardi 6 novembre 2007



Ecrivains associés du théâtre (les)
Six auteurs français contemporains présentent les Écrivains associés du théâtre et l'anthologie De Godot à Zucco avant de lire leurs textes

Les Eat se sont constitués en juin 2000 « pour remiser au placard les vieux fantômes des résistances et de la peur du théâtre contemporain ». Le but premier de l'association est donc de donner la parole et d'ouvrir les scènes aux auteurs d'expression française. À cette fin, les Eat proposent des projets et rencontrent le public à Paris comme en régions dans des débats, des ateliers d'écriture, des universités, des écoles, des lycées, des salons du livre, des festivals. Ce collectif sans précédent rassemble aujourd'hui plus de trois cents adhérents, qu'ils viennent du théâtre public ou privé, tous styles mêlés, toutes générations confondues. À Saint-Herblain, ils sont six écrivains invités à présenter l'association au sein de laquelle ils militent « pour que les classiques revisités ne soient plus l'unique horizon du théâtre français » : Michel Azama, président ; Jean-Paul Alègre, vice-président ; Martine Drai ; Emmanuelle Marie ; Bruno Allain ; et Christian Rullier. Leur invitation sera également l'occasion de présenter De Godot à Zucco, Anthologie des auteurs dramatiques de langue française 1950-2000 (Éditions Théâtrales, 2004), ouvrage en trois volumes dirigé par Michel Azama et recensant deux cents extraits de textes édités. Enfin, comme l'une des meilleures façons de défendre les écritures contemporaines est de donner à entendre les textes, ces sept auteurs sont chaudement conviés à lire. Une soirée complice, donc, pour contribuer à « remettre l'écrivain de théâtre au centre du théâtre ». (Texte de présentation, 2005)

mardi 6 décembre 005



Écrivains Auteurs de Théâtre
Samedi rencontre avec les écrivains auteurs de théâtre de Loire Atlantique

Les eat Atlantique sont une antenne des écrivains associés de théâtre et rassemblent des auteurs présents en Pays de la Loire. Pour cette invitation à la médiathèque Hermeland de Saint-Herblain, trois auteurs membres de l'association se proposent de faire entendre leur voix singulière, chacun menant son parcours individuel d'auteur où l'Histoire en filigrane vient percuter l'individu « en anonymat avec le monde ». Diana Vivarelli, de langue maternelle italienne, aime déranger les habitudes et bousculer les idées reçues, avec des personnages qui s'ancrent tous dans la vie réelle et autobiographique. Sylvie Beauget passe d'un genre à un autre, mais écrit plus spontanément du théâtre. Portée par un mot, une image, elle invente des personnages qui vivent leur histoire. Quant à Ronan Cheviller, il se définirait plus facilement comme un réécriveur, où les paroles viennent se dérouler pour rejouer leur drame. Trois auteurs très engagés dans les activités collectives des eat atlantique.

samedi 15 février à 16 h 30



Kossi Efoui
Kossi Efoui lit la nouvelle version inédite de sa pièce L'Entre-deux rêves de Pitagaba

Kossi Efoui est né à Anfouin, au Togo, en 1962. Sa participation aux mouvements étudiants des années 80, durement réprimés par le régime, le conduit à se réfugier en France. Fort d'une solide expérience théâtrale, il écrit plusieurs pièces rapidement jouées avec succès sur les scènes européennes et africaines. Après son premier roman, Polka (Éditions du Seuil, 1997), il est invité par le gouvernement togolais à regagner son pays. Ses amis restés sur place le lui déconseillent. La voix de Kossi Efoui, sans nier l'existence d'un continent, trouve son souffle « contre l'Afrique patrimoniale ». Poète de l'après-négritude, il pourrait en effet être le petit-fils des « têtes blanchies » Léopold Sédar Senghor ou Aimé Césaire ; eux s'attaquaient, hier, au colonialisme, lui s'attaque, aujourd'hui, à la langue. Kossi Efoui est radicalement un créateur de son temps : « Je suis appelé moi aussi à être un ancêtre, c'est-à-dire un inventeur de valeurs, et pas seulement un passeur de tradition ».Vivant toujours et publiant en France, il répète que « l'écrivain africain n'est pas un salarié du ministère du Tourisme » et que « l'authenticité culturelle est un intégrisme ». Deux romans (La Fabrique de cérémonies est paru, aux mêmes Éditions du Seuil, en 2001) et de nombreuses pièces de théâtres ont désormais placé très haut l'art de Kossi Efoui, écrivain atypique et dérangeant, virtuose des mots et tortionnaire des phrases, qui reçut l'an passé, au Sénat, le prix de l'Association des Écrivains de Langue Française (ADELF). Déjà, l'écrivain togolais, titulaire d'une maîtrise de philosophie, avait décroché de nombreux prix, récompenses et résidences d'écriture. Irréductible jusqu'à la provocation, Kossi Efoui, met en garde contre « une quête du typique qui autorise à dire que tel spectacle n'est pas africain, ou que tel auteur gagnerait à être moins occidentalisé. (...) On est tenté de répondre : "à partir de combien de plumes dans le cul la chose est-elle crédible ?" » Autant dire que les livres de Kossi Efoui s'inscrivent dans le refus de l'exotisme pour s'ancrer dans la seule exigence littéraire. Son théâtre, particulièrement, interroge davantage qu'il affirme, et joue sur le non-dit, la distanciation, l'interdit, le simulacre. À Saint-Herblain, il a choisi de lire la nouvelle version, inédite, de sa pièce L'Entre-deux rêves de Pitagaba (première version publiée en 2000 aux Éditions Acoria), laquelle sera créée le 3 avril au Lavoir Moderne Parisien dans une mise en scène de Françoise Lepoix. On remarquera que quinze jours avant sa venue, les dix livres de La Bibliothèque contenant des textes de Kossi Efoui étaient empruntés... (Texte de présentation, 2003)

mardi 1 avril 2003



Paul Emond
Paul Emond lit des extraits de sa « pièce fleuve, mobile et chaotique » Histoire de l'homme

Ce n'est qu'après avoir publié plusieurs romans que Paul Emond, écrivain belge né en 1944, aborde l'écriture théâtrale, précisément en 1986 avec Les Pupilles du tigre (Éditions Didascalies), pièce commandée et mise en scène par Philippe Sireuil, du Théâtre Varia. Il est, à ce jour, l'auteur d'une vingtaine de « comédies noires » et d'autant d'adaptations (Cervantès, Euripide, Queneau, Borges, etc.). De Convives (Les Éperonniers, 1990) aux Îles flottantes (Lansman, 2005), ses pièces, animées par ce que le metteur en scène Michel Tanner définit comme « un pessimisme gai », convoquent, dans des « parleries » exacerbées, des personnages en état de fièvre verbale. Des « casse-oreilles » plutôt que des casse-pieds, dit Paul Emond. Or, si l'auteur, qui aime fréquenter les lieux publics et autres bistrots en « voyeur auditif », fait débarquer ces « verbophages » sur la scène avec tant de mots, c'est, comme il l'explique, « parce qu'ils ne vivent plus que de ces mots (...) Ces mots sont leur seule chance. (...) Et ils ont tant à dire, il y a tant de mots qui se pressent... Pour une fois qu'on les entendrait ! Qu'on les entendrait, eux qui sont peut-être, qui sont sans doute trop communs, trop paumés pour que d'habitude on les entende ! Peut-être aussi est-ce une façon (...) de leur rendre un semblant de dignité ?» Ainsi, la dimension du théâtre de Paul Emond est-elle le grotesque, un grotesque dans lequel s'exprime la folie de personnages modestes : « Peut-être qu'à tous ces personnages de mon petit théâtre, à tous ces paumés et ces charlots qui n'arrivent plus à suivre parce que la vie va trop vite et qu'elle est trop féroce, ne restent que le seul masque et la seule vérité du langage... » Sa dernière pièce, Histoire de l'homme (à paraître chez Lansman cette année), dont il a donc choisi de lire des extraits à Saint-Herblain, a été créée par Eric De Staercke le 17 janvier dernier à Bruxelles où elle a reçu un très bon accueil du public, convié à une découverte « complètement déjantée » de notre Histoire. « Fleuve, mobile et chaotique », cette fresque propose une promenade surréaliste et délirante dans les archives de l'Histoire - une Histoire faite de drames, de sagas, de passions ou encore de découvertes, d'inventions et de « quête du savoir absolu pour atteindre l'orgasme scientifique ». Facétieux, ses personnages se jouent du ridicule de l'Humanité. « Un régal pour la culture générale autant que pour les zygomatiques » promet l'affiche... (Texte de présentation, 2006)

mardi 7 février 006



Euripide
Médée & Jason entre la politique de l'amour et l'amour de la politique, lecture par le Théâtre du Rictus

A-t-elle eu raison, n'avait-elle pas le droit, Médée ? N'était-il qu'un ambitieux colonisateur adultère, Jason ? Elle, image du chaos et des forces maléfiques. Lui, glorieux conquérant de la Toison d'or. D'Euripide à Christa Wolf et de Sénèque à Corneille, en passant par Hans Henny Jahnn et Heiner Müller, le mythe universel du couple Médée & Jason n'a cessé d'être revisité par les écrivains et les dramaturges. Aussi est-ce à une balade au travers des siècles que nous convient Marilyn Leray, Gilles Blaise et Laurent Maindon avant la création, par le Théâtre du Rictus (mise en scène de Laurent Maindon), de Rivage à l'abandon - Médée matériau - Paysage avec Argonautes de Heiner Müller – les 9 et 10 novembre à l'espace culturel Onyx de Saint-Herblain. (Texte de présentation, 1999)



mardi 5 octobre 1999



Fellag
Fellag lit ses nouvelles, contes et récits dialogués, avec Chantal Trichet et Hugues Massignat

Natif de Kabylie, Fellag, malgré les succès de Djurdjurassique bled et d'Un bateau pour l'Australie (vu à Onyx en novembre dernier), ne saurait être limité à un comique de cabaret car voilà, entièrement, un homme de théâtre et d'écriture. Avec Rue des petites daurades, il signe un premier roman qui met en scène une humanité rêvée et universelle, aussi riche que touchante. La Compagnie Hugues-Massignat a travaillé sur ses nouveaux textes dialogués pour la création, le 17 mai au Théâtre International de Langue Française à La Villette, de La Bella Vita ; Fellag, écrivain de théâtre, a tenu à les lire à Saint-Herblain avec Chantal Trichet et Hugues Massignat, dix jours avant leur première parisienne. (Texte de présentation, 2002)

mardi 7 mai 2002



Nathalie Fillion
Nathalie Fillion lit des extraits de sa dernière pièce, À l'Ouest, et d'autres pièces courtes

« J'écris le théâtre que j'ai envie de voir sur les plateaux.
J'écris le théâtre qui m'a manqué et qui me manque - on construit avec et sur ses manques.
J'écris quelque chose qui a à voir avec la musique.
J'écris du théâtre dialogué parce que j'aime que les gens se parlent, même s'ils ne s'entendent pas, même s'ils ne se répondent pas - l'écriture est de toute façon un terrible malentendu (mais sait-on jamais après tout ?).
J'écris parfois en plusieurs langues, parce qu'elles vivent en moi et ont leurs mots à dire - je suis une femme mondialisée.
J'écris du théâtre avec plein de points d'interrogations, parce que. » Nathalie Fillion
Avant la lecture, le public pourra faire connais­sance avec Nathalie Fillion, interviewée par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur Jet FM (91.2 - jetfm.asso.fr), ce mardi 15 mai 012 entre 18 et 19 heures.
Après la lecture, un moment d'échange sera proposé et ses livres seront en vente.

Entrée libre et gratuite. Nathalie Fillion questionnée par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 15 mai 2012. En écoute ici.

Nathalie Fillion sur Viméo

Mardi 15 mai 012 à 20 h 30



Franzobel
Claude Duparfait et Franzobel lisent leurs pièces autour de Kafka, avec Philippe Girard

En 1998, les Éditions des Solitaires intempestifs publiaient deux pièces inspirées de Kafka, sans que rien ne lie leurs auteurs, Claude Duparfait, français né en 1963, et Franzobel, autrichien né en 1967. Avec le partenariat du Centre culturel franco-allemand et la complicité de Daniela Dibelius, traductrice de Kafka et dramaturge du spectacle de Claude Duparfait, La Bibliothèque a voulu provoquer la rencontre de ces deux jeunes écrivains autour de leurs Idylle à Oklahoma, une offre d'emploi, et Kafka, une comédie. Le premier, comédien dont c'est la première pièce, s'est librement inspiré du dernier chapitre d'Amerika, tandis que le second, plasticien et auteur de nombreuses pièces représentées en Autriche, fait converser, dans une langue singulière, Kafka et ses proches. Le comédien Philippe Girard, déjà interprète de Idylle à Oklahoma lors de sa création remarquée, en mai 1998 au Centre Dramatique National d'Orléans, lit ces textes avec leurs auteurs. (Texte de présentation, 2000)


mardi 4 avril 2000



Carole Fréchette
Carole Fréchette lit des extraits de sa dernière pièce La Petite Pièce en haut de l'escalier

Québécoise, Carole Fréchette a suivi une formation de comédienne et participé, dès les années 70, à des créations collectives fondées sur l'improvisation, ainsi Môman travaille pas, a trop d'ouvrage ! (1976), produisant des spectacles de théâtre qui n'étaient pas « écrits ». Sa première pièce d'auteur, Baby Blues, a été éditée (Herbes rouges, 1990) avant d'être créée sur scène (Théâtre d'Aujourd'hui, Montréal, 1991). Carole Fréchette, qui fut responsable culturelle et critique, consacre l'essentiel de son impressionnante énergie au théâtre, notamment dans la formation et l'animation, et a écrit une quinzaine de pièces à ce jour, traduites dans autant de langues, jouées dans de nombreux pays et éditées au Québec et en France, dont La Peau d'Elisa, Les Quatre Morts de Marie, Les Sept Jours de Simon Labrosse (Actes Sud-Papiers, 1998), Le Collier d'Hélène (Lansman, 2001, à l'affiche du Théâtre des Deux Rêves, à Paris, jusqu'au 14 février dans une mise en scène de Célia Chauvière, et tout récemment créé par Nabil El Azan au Théâtre National Palestinien, à Jérusalem-Est), Jean et Béatrice, Violette sur la terre (Actes Sud-Papiers, 2002), Serial Killer et autres textes courts ou La Petite Pièce en haut de l'escalier (à paraître en mars, Actes Sud-Papiers), et deux romans pour adolescents. Jamais dénué d'humour, jubilant et pathétique, plus tendre que violent, ce théâtre de la physique des sentiments prend appui sur la vie de tous les jours pour animer des femmes et des hommes en quête d'amour, fébriles et souffrant de solitude, qui veulent remplir le vide de leur existence afin de se sentir vivants dans un monde sur lequel « il pleut des briques ». En donnant un ancrage concret aux personnages qu'elle invente, Carole Fréchette les pétrit plus de tristesse et de désarroi que de colère. Approchant parfois la fable par le recours à l'ellipse, la cocasserie et la richesse de l'invention, ses pièces, toujours hymnes à la vie, mêlent paroles jetées et paroles retenues pour dire, dans une langue minutieuse, portée par une mécanique et un rythme efficaces, le besoin de s'exprimer et la complexité des relations humaines, familiales, amoureuses. À Saint-Herblain, non loin de chez Gilles de Rais, elle a choisi de lire La Petite Pièce en haut de l'escalier qui évoque la figure, mystérieuse entre toutes, de Barbe-Bleue dont les racines plongent dans le Moyen Âge et au delà, jusque dans l'Inde antique. Entre psychanalyse, mythologie et folklore, le tyran popularisé par Charles Perrault suscite la terreur par sa mise en scène de l'interdit, par son dialogue avec le désir, l'inconscient, l'idée de sanction divine... Depuis certaines sources historiques du personnage de Gilles de Rais jusqu'aux oeuvres littéraires et musicales qui s'en sont inspirées, se trace le parcours symbolique de cette sulfureuse légende. S'ouvrant sur l'image d'une jeune femme d'aujourd'hui figée devant une porte interdite, le conte moderne de Carole Fréchette rappelle avec une grande liberté le mythe de Barbe-Bleue en explorant nos peurs intérieures. (Texte de présentation, 2008)

mardi 19 février 008



Claudine Galea
Claudine Galea lit son théâtre, avec Philippe Crubézy

Claudine Galea est née à Marseille, mais c'est à Metz, à la fin de l'adolescence, qu'elle commence à aimer le théâtre. Son premier travail dramatique - et son premier apprentissage - consiste à « couper » L'Annonce faite à Marie de Paul Claudel pour un festival où elle est assistante. Les expériences théâtrales s'enchaînent alors et Claudine Galea confie qu'elle n'aurait sans doute pas écrit de théâtre si elle ne l'avait pas pratiqué. Auparavant, elle écrivait de la poésie et noircissait des pages de cahiers de notes diverses et petites proses. Plus tard Claudine Galea travaille dans un quotidien marseillais : « J'y ai appris à être concise, directe, à écouter parler, à retranscrire sans trahir ; vouloir être le plus juste possible avec les mots par rapport à ceux qui parlent reste vrai pour tout ce que j'écris ». Entre le grand reportage et la fiction, Claudine Galea choisira la fiction. Aujourd'hui, elle constate qu'écrire lui prend tout son temps, qu'elle a du mal à faire autre chose, qu'autre chose ne l'intéresse pas : « Je n'y suis pas. Je n'y tiens pas. ». Claudine Galea écrit « pour rester entière » et « pour ne pas tomber ». Des romans, des nouvelles, des récits, des livres pour enfants, des articles et des pièces de théâtre. Auteur, à ce jour, de quatre romans (Jusqu'aux os, Le Bel Échange, Morphoses et Entre les vagues, Le Rouergue, 2003, 2005 et 2006), de deux albums pour enfants (MêmePasPeur et Sans toi, Le Rouergue, 2005) et d'une quinzaine de pièces, Claudine Galea a choisi de faire découvrir, à Saint-Herblain, deux monologues particulièrement saisissants, troublants, dérangeants ; elle lira elle-même Au bord II, texte qui « fait débat » depuis sa publication dans la revue Frictions, tandis que le comédien, metteur en scène et auteur Philippe Crubézy, lira Au bord I. Parmi le théâtre édité de Claudine Galea, on citera notamment Les Chants du silence rouge (Les Cahiers de l'Égaré, 1990, réédition Éditions Espaces 34, 2007), Je reviens de loin (Espaces 34, 2003), Les Idiots (id., 2004). Son écriture, acérée et directe, questionne le réalisme le plus cru autant que les arcanes de l'imaginaire. (Texte de présentation, 2006).

mardi 7 novembre 006



Laurent Gaudé
Laurent Gaudé lit son théâtre

À moins de quarante ans, Laurent Gaudé fait figure de phénomène dans le paysage littéraire français. Sa notoriété, après qu'il a reçu le prix Goncourt des lycéens (2002, pour La Mort du roi Tsongor qui remporte également le Prix des Libraires) et le « vrai » Goncourt (2004 pour Le Soleil des Scorta), est aujourd'hui considérable. Pourtant, Laurent Gaudé avait commencé à écrire du théâtre avant de passer au roman, mais sans renoncer à ses premières amours et réussissant avec un égal bonheur dans les deux genres, cas de figure plutôt exceptionnel. Né en 1972, Laurent Gaudé avait suivi des études de lettres modernes jusqu'à la préparation d'une thèse en études théâtrales, demandant que son sujet soit soumis à la direction de Jean-Pierre Sarrazac, auteur et homme de théâtre bien connu, déjà invité des Mardi, côté cour de La_Bibliothèque en 1991 et qui y reviendra lire des extraits de ses deux dernières pièces... le 2 novembre 2010 pour fêter les vingt ans de ce cycle de lectures-rencontres. Passionné de théâtre, donc, plus particulièrement par son traitement de la thématique du conflit, Laurent Gaudé décide très tôt de vivre de sa plume. En 1997, sa première pièce, Onysos le furieux, est publiée par les fameux découvreurs de Théâtre Ouvert, Micheline et Lucien Attoun qui récidiveront l'année suivante avec Pluie de cendres. En 1999 Combats de possédés, trouve preneur à Actes Sud-Papiers, maison d'édition qui rééditera ses deux premières pièces et à laquelle il restera fidèle. Combats de possédés est traduite en allemand et créée à Essen dans une mise en scène de Jürgen Bosse. En 2000, Onysos le furieux est montée au Théâtre national de Strasbourg par Yannis Kokos tandis que Pluie de cendres est créée l'année suivante par Michel Favory au Studio de la Comédie-Française ; son premier roman, Cris, dont l'action se situe dans les tranchées de la Grande Guerre, sort également en 2001. Prolifique, doué d'une puissante capacité de travail, Laurent Gaudé ne lâche pas la plume, non plus le théâtre, et publie deux pièces en 2002, Cendres sur les mains (mise en scène par Jean-Marc Bourg aux rencontres de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon), et Le Tigre bleu de l'Euphrate avant de revenir au roman avec La Mort du roi Tsongor - actuellement porté à la scène. Aujourd'hui, Laurent Gaudé a publié plus de douze pièces dont une à destination du jeune public, cinq romans, un recueil de nouvelles, plusieurs récits et un album jeunesse. L'oeuvre de Laurent Gaudé emporte ses lecteurs dans un monde à la fois réaliste et onirique, poétique et imaginaire, qui n'est pas sans emprunter aux formes du conte et du récit épique. À Saint-Herblain, il a choisi de lire son monologue Le Tigre bleu de l'Euphrate. Le roi se meurt. Alexandre, « le Grand », le conquérant, se retourne sur son passé, sa valeur et sa faute, sa grandeur et sa folie, depuis sa naissance dans un incendie, puis ses vingt ans, lorsqu'il lève sa première armée pour s'en aller battre Darius à Issos, deuxième naissance dans le feu et le sang. La course folle du roi de Macédoine vers l'Orient - Syrie, Mésopotamie, Perse, Inde... - assoiffé de victoires, insatiable dans sa volonté de soumettre les peuples, l'oppose aux Phéniciens, le mène en Égypte et, sur la route d'Alexandrie, la mort ne veut pas de lui, qui s'est pris en haine, et elle lui offre sa troisième naissance. Avec un lyrisme contenu, Laurent Gaudé raconte cette épopée, les apparitions du tigre bleu passant l'Euphrate sur un gué pour guider Alexandre puis le retrouvant à Babylone, les marches vers les villes convoitées, leurs sièges, leurs prises, avec ou sans combats, de Tyr à Samarkand en passant par Ecbatane. Mais à présent, celui qui n'a jamais été rassasié va disparaître avec ses appétits, avec sa soif, il implore pitié à l'heure où l'emporte la mort : « Il ne reste plus rien... Je me présente à toi, nu comme au sortir de ma mère ». (Texte de présentation, 2009)

Mardi 1er décembre 009 à 20 h 30



Michaël Gluck
Michaël Gluck propose un parcours dans son oeuvre théâtrale

Michaël Gluck a tout d'un polygraphe. Nourri de littérature, de philosophie (qu'il a enseignées) et d'action culturelle (il a été directeur du Centre culturel puis du Théâtre La Colonne à Miramas), traducteur de l'italien, insatiable curieux des multiples expressions artistiques, il écrit des proses, des poèmes et des textes de théâtre - monologues et dialogues -, collaborant régulièrement avec des musiciens, des plasticiens, des cinéastes, des vidéastes, des marionnettistes, des danseurs et des chorégraphes, des comédiens et des metteurs en scène - Alain Mollot, Nathalie Veuillet, Paola di Prima, Eliana Castro, Marc Vincent, Flavio Polizzi, Frank Royon Le Mée, Barry Schrader, Laurent Malone, Jacques Clauzel, Dominique Friedrich, Anne Slacik, André-Pierre Arnal, Mohamed Bouamari, Andrew Kötting, etc. Longtemps dramaturge de la compagnie Labyrinthes, dirigée par Jean-Marc Bourg, il a publié une dizaine de textes de théâtre qui, faisant entendre les voix des vivants et des morts, de l'intime et du politique, sont singulièrement ancrés dans l'oralité, soucieux de langue poétique et délibérément écrits contre la perte ou l'oubli. Ses textes ont été mis en scène par Gislaine Drahy et Danièle Givry (L'Édredon rouge), Pierre Aufrey (adaptation de Partition blanche sous le titre Le Rire de l'aveugle), Michèle Heydorff (Tisseurs de rêves), Isabelle Pillot (La Kahina), Raphaël Djaïm (Démarcations), Christiane Hugel (L'Expédition, Ovo, Ultramarine), Jean-Marc Bourg (Fondations, Sabliers, Comédies enfantines, Le Majeur, L'Entrée des musiciens, Isola sola, Stabat ita laetitiae), Danièle Labaki (Implosions), Moustapha Afouar (Quelqu'un), Luc Sabot (Abîmes), etc. En janvier, deux spectacles de Michaël Gluck destinés au jeune public seront créés. Chromatique, co-écrit avec Jean-Pierre Chambon (Compagnie Atalante, mise en scène Christiane Hugel, création, Scène nationale d'Alès) ; et Astrophone, opéra composé par Richard Dubugnon et dont Michaël Gluck a écrit le livret à partir de rencontres avec des enfants (création au Corum de Montpellier, avec l'orchestre national de Montpellier). À une question de Alain Freixe dans Le Basilic, gazette de l'association des Amis de L'Amourier (un de ses éditeurs, avec, citons ces « petites maisons » de création : L'Atelier des Grames, Jacques Brémond, Cadex, Via Valeriano, Domens, Gare au théâtre, Voix d'encre, Espaces 34, Apogée ou Wigwam), Michaël Gluck répondait (et questionnait...) : « Je ne suis pas sûr que le théâtre soit plus directement avec le monde. Il est plus directement, plus évidemment ancré dans la cité. Il rassemble plus immédiatement. Mais ce qui m'intéresse là, c'est encore de m'interroger sur la nature de ce rassemblement. Quelle écriture aujourd'hui inventer, non seulement du côté de l'écrivain, mais aussi du plateau ? Qu'est-ce qu'un public, peut-on se poser la question sans, dans le même temps, se poser celle de la res publica ? » (Texte de présentation, 2008)

mardi 8 janvier 008



Gilles Granouillet
Gilles Granouillet lit son théâtre et quelques petites choses qui l'accompagnent

Gilles Granouillet aime principalement « donner chair à l'effroyable drôlerie du monde ». Né en 1963 à Saint-Étienne, il fonde à vingt-six ans la compagnie Travelling Théâtre, et commence par signer plusieurs mises en scène (Denis Diderot, Sam Shepard, Gilles Ségal, Jean-Claude Grumberg, Michel-Marc Bouchard) avant de s'engager dans l'écriture dramatique avec Le Poids des arbres en 1992 et Les Anges de Massilia (Éditions Espaces 34) qu'il monte en 1995. Puis, grâce au soutien de plusieurs bourses et à la participation à des résidences (notamment en Turquie à l'invitation de l'Association française d'action artistique), Gilles Granouillet écrit de nombreuses pièces presque toutes créées et publiées : Vodou (mise en scène de Gilles Ghavassieux, Éditions Actes Sud-Papiers), Chroniques des oubliés du Tour (mise en scène de Françoise Maimone en janvier 2008, Actes Sud-Papiers), Trabant (tapuscrit Aneth), Nuit d'automne à Paris (commande de Guy Rétoré pour le Théâtre de l'Est parisien, Avant-scène théâtre), Lorène dans l'escalier (in Monologues pour, Éditions Espaces 34), Maman ! (in Embouteillage, Éditions Théâtrales), Combat (mise en scène Jean-Marc Bourg-CDN Montpellier), L'Incroyable Voyage (Actes Sud-Papiers, mise en scène de Philippe Adrien, prix de la Fondation Lucien-Barrière), Six Hommes grimpent sur la colline (Actes Sud-Papiers, mise en scène de Carole Thibaut), Le Saut de l'ange (in Quatre Petites Comédies pour une comédie, Lansman), Ralf et Panini (Actes Sud-Papiers - mise en scène d'André Tardy), Une saison chez les cigales, Trois femmes descendent vers la mer (Actes Sud-Papiers, mise en scène de Thierry Chanterel, Compagnie Sortie de route), Ma mère qui chantait sur un phare (tapuscrit Aneth, actuellement montée en Roumanie). En novembre, réunissant deux pièces récentes, Vesna et La Maman du petit soldat, les éditions Actes Sud-Papiers publieront leur sixième livre de Gilles Granouillet, lequel créera Vesna le 30 novembre prochain à la Comédie de Saint-Étienne dont il est conseiller littéraire depuis 1999. L'année prochaine, Jean-Claude Berutti y montera L'Envolée (tapuscrit Aneth, 2004) Ajoutons que 2005 a vu la concrétisation de son projet Caravanes réunissant quatre auteurs contemporains (Fabrice Melquiot, Pauline Sales, Rémi De Vos et Emmanuelle Marie), créé dans le cadre de la Biennale de la Ville de Saint-Étienne. Ainsi Gilles Granouillet a-t-il écrit, à ce jour, une vingtaine de pièces dont plusieurs ont été diffusées par France Culture sous la forme de dramatiques radiophoniques. Son théâtre, servi par une plume alerte et fluide, propose, entre émotion et humour, de riches galeries de personnages souvent touchants, fragiles. L'écriture dense et efficace de Gilles Granouillet est poétique et réaliste à la fois, ne dédaignant pas les incursions dans le burlesque. Parfois proches de la fable, ses pièces abordent des thèmes toujours liés à la condition humaine : de l'amitié aux illusions, du racisme à l'exil, de la lâcheté à la solitude, du désir à la famille... (Texte de présentation, 2007)

mardi 2 octobre 2007



Perrine Griselin
Perrine Griselin lit son théâtre

Comédienne - et metteure en scène - formée au Conservatoire de Nîmes (sa ville natale où elle vit encore actuellement) et à l'École du Centre dramatique de Saint-Étienne, Perrine Griselin dit écrire avec ses oreilles : « Je parle en écrivant, comme ceux qui vivent seuls parlent pour se rassurer sans doute, alors je parle, j'écoute ce que je dis, le rythme que ça dégage, le son qu'il en sort, l'articulation que ça demande, la virtuosité de la langue me fait rire, elle me fait jubiler ; un mot est un objet physique quand il passe dans la bouche, je me dois d'en sentir le contour, il est une pièce de puzzle aussi à ce moment-là, et je cherche la pièce idéale qui va s'accorder à celles déjà posées, pour créer un tableau sonore cohérent. » Auteure d'une quinzaine de pièces, toutes montées - par elle-même avec sa compagnie La Poudrière fondée à Lyon en 1991, Jean-Marc Bourg, Jean-Michel Coulon, Bruno Cochet ou Marie Raynal -, Perrine Griselin se plaît, s'amuse à leur donner des sous-titres jubilants : Soir bleu ou La Veille du jour qui précèdera les lendemains qui chantent suivi de Soir rose ou Le Lendemain (1999) ; C'était mon anniversaire ou De l'interférence du jour de sa naissance sur la potentialité d'une recherche historique (2000) ; 3 mètres sur 2 ou De la révolution comme périmètre d'expérience entre deux chaises (2003) ; 1 + 1 = 3 ou De la reconstruction en période de décroissance soutenable (2003) ; Histoires Post-it ou On est bien peu de chose quand même ! (avec Emmanuel Darley et Fabienne Mounier, 2005) ; Prendre... appel Donner... corps Rendre... l'âme (2005) ; L'Appétit du pire ou Puisque nous sommes voués à vivre en cage autant nous faire croire que nous pouvons changer de fourrure (2006)... Ces cinq dernières pièces ont été publiées aux très belles Éditions Color Gang. À Saint-Herblain, Perrine Griselin, dont le formidable talent de lectrice est partout souligné, a choisi de faire découvrir son dernier texte, Va jouer plus loin, qui paraîtra en janvier aux mêmes éditions, en même temps qu'il sera créé au Théâtre d'Ô à Montpellier ; l'auteur, « dans sa schizophrénie et sa mégalomanie délirante », y prend la place de tous ses personnages et vient recréer sur le plateau, face à tous, la fable de son théâtre, dans son infinie solitude : « Dieu suprême du monde qu'il a créé, dictateur idéal de sa pensée unique, habitant la scène comme un champ de bataille, d'où il convoquera la mort, et où même elle se taira lorsqu'il prendra la parole, et finira par lui laisser la vie. » Actuellement, Perrine Griselin travaille à une commande d'écriture de la compagnie L'Hiver à nu, de Pantin, sur les mythologies modernes de la Lozère, forme de feuilleton écrit, sous le titre J'ai marché sous les pierres, avec Sylvain Levey, Yannick Le Nagard et Marine Auriol. Une seconde commande lui a été faite par la compagnie Karhaba de Beyrouth, pour un texte intitulé Qu'on s'en souvienne mais qu'on ne le répète pas, sur le Liban d'aujourd'hui, qui doit être créé le 1er juin 2008 avec des comédiens français et libanais, en français et en arabe. (Texte de présentation, 2007)

mardi 4 décembre 2007



Jean-Claude Grumberg
Jean-Claude Grumberg lit sa pièce Marie des grenouilles

Né en 1939, caché en zone libre et « cramponné » à la main de son frère aîné pendant toute la guerre, Jean-Claude Grumberg pense qu'il est normal d'éprouver l'envie de crier dans le monde d'incertitudes où nous nous débattons. Désormais auteur dramatique français étudié à l'école, inscrit au répertoire de la Comédie-Française, mis en scène et interprété par les plus grands, enfin bardé de récompenses, il a assez mal supporté ses succès, s'étant, de son propre aveu, « très bien préparé à l'échec ». Ce fils et petit-fils de tailleurs juifs, « garantis clandestins sans papiers », déportés et disparus, s'est d'abord essayé au métier avant d'entrer comme comédien dans la compagnie Jacques Fabbri, puis d'écrire Demain une fenêtre sur rue, Amorphe d'Ottenburg, L'Atelier. Le 1er mai 2002, pendant les manifestations d'opposition au Front National, il rédigea Marie des grenouilles, « pièce antifasciste pour enfants » qu'il corrigea jusqu'au 5 mai suivant et dont la parution est annoncée pour les semaines à venir aux Éditions Actes-Sud Papiers. Les pièces de Jean-Claude Grumberg, plus de vingt à ce jour, ont en commun la clarté, une clarté grâce à laquelle son théâtre, « coincé entre le rire et les larmes », pointe les violences de l'histoire contemporaine et traque ses démons. Ainsi reste-t-il, selon le mot de Claude Roy « l'auteur tragique le plus drôle de sa génération ». Raison pour laquelle, sans doute, ses pièces, longues et courtes, sont si souvent jouées, et autant par les amateurs que par les professionnels, ce qui représente un cas sans équivalent dans le théâtre français contemporain. On citera quelques titres comme Dreyfus, Rixe, Les Vacances, En r'venant d'l'expo, Adam et Eve, Rêver peut-être, Sortie de théâtre, Le Petit Violon, L'Enfant Do. Les dernières mises en scène des pièces de Jean-Claude Grumberg ont été signées par Gildas Bourdet, Jean-Michel Ribes, ou Yvon Lapous (Dreyfus, tout récemment créée à Nantes). Encore, Jean-Claude Grumberg travaille pour le cinéma et la télévision. En collaborant directement à l'écriture du scénario de Amen, il vient de s'associer pour la deuxième fois avec Costa-Gavras puisqu'il avait en effet signé les dialogues de La Petite Apocalypse en 1993. Avec François Truffaut, Jean-Claude Grumberg a été le co-dialoguiste du Dernier Métro, et avec Sébastien Grall le co-scénariste des Milles. Il est également le scénariste de Fait d'hiver, réalisé par Robert Enrico. On précisera enfin que Jean-Claude Grumberg est l'adaptateur de nombreuses pièces de théâtre étrangères, et qu'il a publié un roman, en 2000, aux Éditions Actes-sud, La Nuit tous les chats sont gris. (Texte de présentation, 2003)

mardi 7 janvier 2003



Denis Guénoun
Denis Guénoun lit sa dernière pièce, Scène, avec Frédéric Andrau, comédien

Denis Guénoun, né en 1946, est écrivain, comédien, metteur en scène, musicien, agrégé de philosophie, et professeur en Arts du Spectacle et Théâtre. Défendant la notion de rassemblement, il se refuse à envisager le théâtre « comme la dégustation partagée de quelques convives choisis ». Avec le comédien Frédéric Andrau il lit sa dernière pièce, commande de Jean-Louis Martinelli, directeur du Théâtre National de Strasbourg. (Texte de présentation, 1999)


mardi 4 mai 1999



Peter Handke
La Compagnie La Fidèle Idée lit le théâtre de Peter Handke en sa présence (sous réserve)

Après avoir monté Par les villages, le fameux « poème dramatique » de Peter Handke mis en scène par Guillaume Gatteau assisté de Yuna Gautron, et avant la représentation à Onyx, centre culturel de Saint-Herblain, le 21 février, la compagnie nantaise La fidèle idée donne une lecture de différents textes de théâtre de ce géant de la littérature contemporaine ; ainsi a-t-elle choisi des extraits de Pourquoi la cuisine (2001), Préparatifs d'immortalité (1998), Les Gens déraisonnables sont en voie de disparition (1973), Outrage au public (1966), et, bien sûr, Par les villages (1982). Créée en 1997, la compagnie est constituée de treize personnes travaillant ensemble tout au long de l'année. Elle a d'ores et déjà présenté des pièces de Stanislas Wyspianski, Roland Dubillard, Joseph Danan, Jean-Luc Lagarce, Wajdi Mouawad et Molière ainsi que des chansons de Francis Blanche et de Boris Vian. Choisir Peter Handke, c'est, pour la fidèle idée, servir une écriture singulière, tant de poète que de dramaturge, « une écriture qui augmente la connaissance de l'humain par une tentative de description de sa présence au monde ». Pour Guillaume Gatteau, Peter Handke, tout en revendiquant le théâtre, remet en question la théâtralité héritée de Brecht, et cette remise en question « intéresse l'acteur dans sa pratique même ». Le théâtre de Peter Handke s'inscrit donc dans le refus de l'héritage de Brecht, mais tout autant de Beckett : par son travail sur la langue, le dramaturge autrichien entend échapper au réalisme et au quotidien pour mieux dévoiler la réalité. Ainsi refuse-t-il l'histoire, la fable, la narration, l'illusionnisme : « Ce soir on ne joue pas (...) Vous ne vous attendiez quand même pas à une histoire » écrit-il dans Outrage au public. Le théâtre de Peter Handke ne cesse de répéter la question : « Qu'est-ce que parler ? », sachant que parler c'est aussi avoir du mal à parler, déraper et sortir du sujet. (Texte de présentation, 2006)

mardi 10 janvier 006



Christophe Huysman
Christophe Huysman lit sa pièce Manuel de Hohenstein, là où l'éternité s'est arrêtée

Poète d'abord, et toujours, Christophe Huysman écrit pour le théâtre. Né en 1964, il est l'un des plus remarquables auteurs de sa génération, inventeur d'une langue foisonnante, polyphonique, rugueuse, inouïe. Sa pièce Manuel de Hohenstein a été écrite pour la compagnie Foirades, de Strasbourg, et créée dans une cave HLM du quartier de Hautepierre à partir d'interviews des habitants. Pour Philippe Minyana : « Un auteur gonflé ». (Texte de présentation, 1998)



mardi 6 octobre 1998



Hans Henny Jahnn
Médée & Jason entre la politique de l'amour et l'amour de la politique, lecture par le Théâtre du Rictus

A-t-elle eu raison, n'avait-elle pas le droit, Médée ? N'était-il qu'un ambitieux colonisateur adultère, Jason ? Elle, image du chaos et des forces maléfiques. Lui, glorieux conquérant de la Toison d'or. D'Euripide à Christa Wolf et de Sénèque à Corneille, en passant par Hans Henny Jahnn et Heiner Müller, le mythe universel du couple Médée & Jason n'a cessé d'être revisité par les écrivains et les dramaturges. Aussi est-ce à une balade au travers des siècles que nous convient Marilyn Leray, Gilles Blaise et Laurent Maindon avant la création, par le Théâtre du Rictus (mise en scène de Laurent Maindon), de Rivage à l'abandon - Médée matériau - Paysage avec Argonautes de Heiner Müller – les 9 et 10 novembre à l'espace culturel Onyx de Saint-Herblain. (Texte de présentation, 1999)



mardi 5 octobre 1999



Stéphane Jaubertie
Théâtralalère
Stéphane Jaubertie


« Au théâtre, quand je joue, j'ai le sentiment de jouer l'autre. Je joue à sa place
et pour lui.
Me voilà Porte-voix.
En écrivant du théâtre, j'ai cette même impression.
Me voilà Porte-plume. Pour les autres, et en particulier pour l'enfant Stéphane
qui s'inventait des histoires. C'est à sa place et c'est aussi pour lui, pour le
consoler que j'écris.
Pour écrire, je descends dans ma caverne la plus profonde, bien loin de
l'agitation des hommes, et j'attends. Qu'une histoire passe par là, qu'elle pointe
le bout de son nez. Nous faisons connaissance, et si elle me fait rire, et si elle me
fait pleurer, alors je l'invite à jouer dans mes plaines intérieures. Ca peut durer
un moment. Jusqu'à ce qu'elle s'épuise et s'endorme.
Quelques semaines plus tard, si elle repointe le bout de son nez, et se met à
galoper en moi comme un fiévreux mustang, alors cette histoire, je dois l'écrire. »
Stéphane Jaubertie, 2007

mercredi 02 avril à 16 h 30



Sébastien Joanniez
Sébastien Joanniez lit son dernier monologue

Son oeuvre alterne littérature jeunesse et adultes, roman et théâtre, poésie et essai, album, chronique de voyage, chanson. Il collabore fréquemment avec des plasticiens, des metteurs en scène, des cinéastes, répond à des commandes d'écriture, s'installe en résidence dans les classes, les immeubles, les théâtres, les bibliothèques, chez l'habitant, à l'étranger ou ailleurs. Depuis 2008, il programme et organise le festival Essayages qui invite une dizaine d'auteurs à lire eux-mêmes un de leurs textes inachevés en public.

Sébastien Joanniez sur Viméo

Mardi 6 novembre 012 à 20 h 30



Joël Jouanneau
Joël Jouanneau lit sa pièce Mère et fils et le début de sa prochaine À l'ouest

Comment présenter Joël Jouanneau, homme de théâtre n'ayant eu de cesse d'agir sur tous les fronts depuis les années 70 ? Né en 1946 dans une ferme isolée du Loir-et-Cher, il s'engage très vite dans le théâtre amateur et travaille comme journaliste. En 1984, il passe à la mise en scène professionnelle avec la pièce de Botho Strauss Dédicace. Peu de temps après, il rencontre son frère en théâtre, l'acteur David Warrilow avec qui il signe une mise en scène marquante de L'Hypothèse de Robert Pinget, puis de textes, théâtraux ou pas, de Samuel Beckett, Joseph Conrad et Robert Walser. En 1985, Joël Jouanneau écrit Nuit d'orage sur Gaza, première pièce nourrie de son expérience de reporter au Moyen Orient, qu'il met lui-même en scène. De nombreuses pièces vont alors suivre, régulièrement, dont il signe presque toujours la mise en scène et que publient Actes Sud-Papiers. Ce travail d'écriture n'enlève pas à Joël Jouanneau la curiosité aiguë qu'il porte aux autres auteurs, particulièrement contemporains. Ainsi monte-t-il des textes de Yves Ravey, Jacques Serena, Jean-Luc Lagarce, Normand Chaurette, Jacques Rebotier, Thomas Bernhard, Elfriede Jelinek, Lars Norén, Imre Kertész. De ce dernier, prix Nobel de littérature 2002, il a récemment adapté Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas, texte interprété par Jean-Quentin Châtelain - avec lequel Joël Jouanneau a souvent travaillé - et qui, comme Nuit d'orage à Gaza, traite du choix de ne pas avoir d'enfant. Cela n'a pas empêché Joël Jouanneau de destiner quatre pièces au public jeune : Mamie Ouate en Papoâsie (avec sa soeur Marie-Claire Le Pavec), Dernier rayon, L'Adoptée et L'Ébloui. À Saint-Herblain, Joël Jouanneau a choisi de lire sa dernière pièce, Mère et fils, comédie nocturne, que vient de monter Michel Raskine au Théâtre du Point du jour, à Lyon, avec Marief Guittier, comédienne pour laquelle l'auteur a écrit le rôle, David Mambouch et Christian Ruché. Colette Godard présente ainsi cette pièce : « Lorsque revient le fils auprès de sa mère, sept ans ont passé. C'est pour (...) tout apprendre d'un père mystérieux qu'il n'a jamais vu, dont l'histoire semble-t-il, est mêlée à l'Histoire, pas bien glorieuse en ce coin de la France dite profonde. Alors, côte à côte mais chacun sur son chemin, mère et fils voyagent dans le ciel noir de la mémoire. Lui, quémandant goulûment des vérités, tout au moins des rêves reliés aux siens. Elle, debout, possédée par cet amour de toujours qui occupe sa solitude, vibrante, lumineuse, souriant à ses propres rêves. Lorsque tout sera dit, lorsque les mots auront dessiné un monde étonnamment charnel, réel, et que chacun peuple de ses fantasmes, arrivera un homme... Mais la vérité n'appartient à personne. » La lecture se poursuivra avec le début de la prochaine pièce de Joël Jouanneau, encore en cours d'écriture, titrée À l'ouest, de cette expression qui évoque quelque dérangement voisin de la folie. Une pièce longue, rassemblant de nombreux personnages pour poser la question de la mondialisation et voyageant dans des références littéraires chères à l'auteur : William Faulkner, William Gaddis, Cormac McCarthy, Juan Carlos Onetti et Ryu Murakami. (Texte de présentation, 2006)

mardi 25 avril 006



Mohamed Kacimi
Mohamed Kacimi lit sa pièce La Confession d'Abraham

Poète, romancier, traducteur et dramaturge, Mohamed Kacimi el-Hassani est né en 1955 à El Hamel, ville sainte des hauts plateaux d'Algérie, dans une famille de théologiens. Tout en poursuivant des études coraniques, il s' inscrit à l'école française. Son enfance et son adolescence se passent dans des changements perpétuels de villes qui mènent la famille d'Adrar à Alger. Adolescent, il découvre Rimbaud, les surréalistes, Fourier et Proudhon. Il décide alors d'écrire en français. Après des études de littérature française à l'université d'Alger, il quitte l'Algérie en 1982 pour s'installer à Paris. Là, il rencontre les poètes Bernard Noël et Eugène Guillevic avec qui il publie plusieurs traductions. En 1987, son premier roman, Le Mouchoir, paraît à L'Harmattan. En 1990, il cosigne avec Chantal Dagron, Arabe vous avez dit arabe ? (Balland), un florilège des regards que les écrivains d'Occident ont posé sur le monde arabe et l'islam depuis Eschyle jusqu'au général de Gaulle. En 1991, au premier jour de la guerre du Golfe, il est envoyé à La Mecque par le journal Actuel. Passionné par la Bible, il entreprend, toujours avec Chantal Dagron, l'écriture d'un essai sur l'imaginaire religieux du désert, Naissance du désert (Balland, 1992). Il est alors, avec le poète irakien Chawki, l'un des initiateurs du projet de la Maison Rimbaud à Aden et effectue de nombreux séjours au Yémen auquel il consacre un reportage dans Le Monde tandis qu'il collabore régulièrement à France Culture. Mohamed Kacimi publie son deuxième roman, Le Jour dernier, aux Éditions Stock en 1995, puis il décide de se tourner vers le théâtre, « poussé par le souci d'immédiateté de l'écriture ». Il écrit 1962 une évocation des utopies et des rêves de l'enfance algérienne ; cette pièce, publiée par Actes Sud-Papiers en 1998, est mise en scène par Valérie Grail et obtient le prix Lugano du Théâtre. Elle est aussi traduite en anglais et mise en scène par Françoise Kourilsky à l'Ubu theater de New York. En 1999, Mohamed Kacimi publie, pour le jeune public, un roman Le Secret de la reine de Sabah (Dapper) dont une version théâtrale est tirée, primée par le ministère de la Culture. Lauréat du prix AFAA-Beaumarchais, il rédige, lors d'un séjour au Sinaï, La Confession d'Abraham ; ce récit-théâtre est publié en 2000 par Gallimard dans la collection L'Arbalète ; mis en scène par Michel Cochet, lors du festival des Francophonies de Limoges, il est sélectionné pour la clôture des journées Beaumarchais au Studio de la Comédie-Française en juin 2001 et représenté au festival d'Avignon puis au Théâtre du Rond-Point. D'autres publications de pièces suivent : Rien ne vaut le réel contre l'inquiétude (Les Cahiers de l'Égaré, 2000), Les Énigmes de la reine de Saba (Lansman, 2001), Beyrouth-Illuminations (Lansman, 2001) ; Mohamed Kacimi a également écrit une « scène automobile » pour le spectacle Embouteillage conçu par Anne-Laure Liégeois (Théâtrales, 2002). Encore, il a adapté Nedjma, de Kateb Yacine, pour le spectacle de Ziani-Chérif Ayad créé à la Comédie-Française, au Théâtre du Vieux-Colombier, en juin 2003 et a conçu Présences de Kateb Yacine, spectacle réalisé par Marcel Bozonnet et Jean-Pierre Jourdain à la Comédie-Française en janvier 2003. À la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, Mohamed Kacimi a travaillé sur sa pièce Babel-Taxi mise en scène par Alain Timar au Clarence Brown Theater (Etats-Unis) en juin 2004, reprise l'été dernier au théâtre des Halles à Paris et publiée cette année par les Éditions Lansman. À La Roche-sur-Yon, il a écrit le livret d'une création chorégraphique d'Annette Leday représentée en janvier dernier au Manège, Big-b@ng.org. Au Panta théâtre de Caen, il vient de mener, avec le metteur en scène Guy Delamotte, un travail d'expérimentation sur le thème de la Palestine aujourd'hui. Mohamed Kacimi anime des ateliers d'écriture autour de la Genèse à Nancy, Saint Denis, Stains et Dreux. Il est également l'auteur d'une encyclopédie du Monde arabe parue aux éditions Milan en 2001. (Texte de présentation, 2005)

mardi 5 avril 2005



Ghassan Kanafani
Lise Moulin, Jean-Luc Bansard et Slimane Benaïssa lisent Retour à Haïfa, d'après Ghassan Kanafani

Né en 1936 à Acre, sur le littoral de la Galilée en Palestine, élevé à Jaffa puis vivant en exil après 1948, Ghassan Kanafani n'a cessé, au cours de sa brève existence, de joindre l'écriture à l'action politique. Instituteur à Damas en 1953, il s'installe ensuite au Kuweit puis à Beyrouth et collabore à divers journaux avant de prendre la direction, en 1969, de l'hebdomadaire Al-Hadaf, organe du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) dont il devient le porte-parole. Pendant cette période, il publie des nouvelles, une pièce de théâtre et plusieurs romans. Il est tué à Beyrouth en 1972, à l'âge de 36 ans, dans l'explosion de sa voiture, piégée par les services secrets israéliens. Dans ses Contes de Palestine (Stock, 1979, épuisé), Ghassan Kanafani exprime, à travers des personnages nostalgiques et désemparés, le traumatisme subi par son peuple à mesure que s'implante l'état d'Israël sur le sol palestinien ; nulle trace de haine dans ces textes qui traduisent un inégalable plaisir de conter. Des hommes dans le soleil (Sindbad, 1977) relate la lutte désespérée des Palestiniens pour survivre ; ce roman a inspiré un film très vite censuré pour avoir mis en scène les traitements infligés aux réfugiés. Avec Retour à Haïfa (Sindbad-Actes sud, 1997), dernier texte qu'il ait publié avant son assassinat, Ghassan Kanafani, dont les romans et les nouvelles sont traduits en seize langues, va au plus profond du conflit qui oppose Palestiniens et Israéliens, livrant à ses lecteurs un double testament, littéraire et politique. C'est cette nouvelle d'une rare intensité que l'écrivain algérien Slimane Benaïssa a voulu adapter au théâtre pour contribuer à mieux faire connaître l'oeuvre d'un écrivain qui, par son engagement politique et humain, a donné ses lettres de noblesse à la modernité artistique palestinienne, à l'égal des poètes Mahmoud Darwich, Sameh Al-Qasim et Tawfiq Zayyad ou des peintres Kamal Boulatta et Ismail Shamout. Tous ces artistes de la diaspora palestinienne ont réussi à offrir une voix collective aux rêves de leur peuple, à son histoire et à sa nécessité de reconnaissance. Dans la pièce Retour à Haïfa, qui sera créée en Mayenne au printemps prochain par le Théâtre du tiroir des affabulations (Laval) dans une mise en scène de Jean-Luc Bansard assisté de Lise Moulin, les personnages atteignent à une profondeur et à une vibration qui évoquent à la fois les personnages de Tchekhov et de Tennessee Williams ; les quatre protagonistes de ce témoignage poignant seront interprétés par Suleiman Abu Odeh, Raïhana Mekhalfia, Sara Alexander et Nicolas Damuni. Enfin, rappelons que Slimane Benaïssa, auquel la revue littéraire Le Matricule des anges vient de consacrer un long portrait, est acteur, metteur en scène et écrivain, auteur de trois romans et de nombreuses pièces, régulièrement montées en France et à l'étranger, dont Au-delà du voile, Le Conseil de discipline, Les Fils de l'amertume, Prophètes sans dieu et Ailleurs, ailleurs. (Texte de présentation, 2003)

mardi 7 octobre 2003



Daniel Keene
La compagnie Metajupe lit quatre pièces courtes de Daniel Keene, en présence de l'auteur et de sa traductrice Séverine Magois

Avant de créer cinq pièces courtes de l'Australien Daniel Keene mises en scène par Hervé Guillotteau le 26 avril au Théâtre de Verre de Châteaubriant, puis au Lieu Unique de Nantes (2 au 5 mai), la compagnie nantaise Metajupe lit quatre pièces en présence de leur auteur et de sa traductrice française. Publiées aux Éditions Théâtrales et Lansman, ces pièces ont commencé à être montées par Jacques Nichet, Mouss, Stéphane Muh, Béla Groushka, Stéphane Titelein ou Laurent Laffargue. Hervé Guillotteau a été séduit par " cet univers non falsifié, ces histoires première pression à froid où se manifestent à la fois l'inattendu et l'inéluctable, ces personnages blessés qui n'ont plus que " la force du coeur, du corps et de l'esprit "... (Texte de présentation, 2002)


mardi 2 avril 2002



Paol Keineg
Paol Keineg lit des extraits de ses pièces et deux inédits

Puisqu'il en faut une, Paol Keineg figure l'exception parmi les mousquetaires, auteurs reçus depuis 1990 pour les Mardi, côté cour de Saint-Herblain et y revenant vingt ans après... Voici deux décennies, ayant été exclu en 1972 de l'Éducation nationale, le plus jeune des dix-sept membres fondateurs de l'UDB (Unvaniezh Demokratel Breizh) enseignait aux États-Unis ; récemment réinstallé dans son village de Quimerc'h, retour au pays natal de Caroline du Nord, le voici disponible pour répondre à l'invitation de La_Bibliothèque. Poète, auteur dramatique et traducteur - du breton et de l'américain -, Paol Keineg entre avec fracas en littérature dès 1967, à l'âge de 23 ans, avec la publication de Le Poème du pays qui a faim aux très petites éditions du pays nantais Traces bénévolement animées par Michel-François Lavaur. De haut lyrisme, ce long poème salué par Louis Aragon, Georges Perros et Eugène Guillevic, très vite devenu culte, impose son auteur comme chef de file de la jeune littérature bretonne. Dénonçant une province « colonisée » à la façon d'un Aimé Césaire dont la lecture provoqua chez lui une véritable commotion, Paol Keineg va accompagner de ses textes les révoltes de son pays natal. Beaucoup ont voulu voir, dans cette oeuvre adaptée au théâtre par Jean-Pierre Nédélec, la marque d'un combat pour le renouveau culturel et l'émancipation de la Bretagne ; mais Paol Keineg, prudent et sans illusions, refuse de l'entendre ainsi : « Il n'y a pas d'identité bretonne, pas plus qu'il n'y a d'identité française, mais un réseau mouvant de constructions mentales contradictoires ». L'écrivain prendra alors quelque distance pour travailler à une oeuvre moins impulsivement militante, ne perdant toutefois rien de ses intransigeantes liberté et détermination : ses derniers livres, au style rude et aigu, insurrectionnel et sans ornement, l'attestent. Né à Quimerc'h, village situé entre Brest et Quimper, « Paul Quéinnec » avait obtenu sa licence de Lettres modernes en 1968 à l'Université de Bretagne occidentale. Réduit quatre ans plus tard au chômage, il rejoint Jean-Marie Serreau qui, au Théâtre de la Tempête, met en scène sa première pièce, Le Printemps des Bonnets Rouges. Parmi les spectateurs de cette puissante fresque théâtrale et poétique rappelant la révolte du petit peuple de Rennes, de Nantes, puis de toute la Basse-Bretagne contre le pouvoir de Louis XIV, Louis Aragon, enthousiaste, se déplacera spécialement à Brest pour dire son admiration à l'auteur. L'ex-enseignant travaille comme chaudronnier à la réparation navale et suit un stage de soudeur à la F.P.A. Dès lors, il quitte la Bretagne pour la Californie où il exerce ce nouveau métier ; il est aussi homme de ménage, jardinier, peintre, etc., apprend l'anglais, fait la navette entre Amérique du Nord et Europe, puis s'inscrit à l'Université Brown (Providence, Rhode Island) et est reçu au doctorat en lettres en 1981. Il enseigne principalement à Dartmouth College, Brown University, puis à Duke University, en Caroline du Nord. Le Poème emblématique sera réédité en 1982 à l'enseigne de Bretagnes avant qu'on le retrouve dans Les Trucs sont démolis : une anthologie, 1967-2005 (Obsidiane et Le Temps qu'il fait, 2008). D'autres livres de poésie l'ont suivi chez plusieurs éditeurs, et deux fortes pièces, historiques comme la première. Anna Zéro (Apogée, 2002) est créée par la Compagnie Gwengolo aux Tombées de la nuit, à Rennes, mise en scène de Michel Jestin. Avec distance, humour et sans concession, Paol Keineg s'attaque aux illusions et aux fausses paroles : il s'agit bien d'Anne de Bretagne, mais rendue à elle-même, à son insolente liberté. Terre lointaine (Apogée, 2004) sera créée dans une mise en scène d'Annie Lucas par le Théâtre de Folle Pensée au Théâtre de Cornouaille, scène nationale de Quimper. Cette pièce « insaisissable » réussit, comme l'écrit Laurent Quinton, « ce tour de force de parler de politique, de nationalisme, de minorités et de ne pas être pour autant récupérable par qui que ce soit. Parce qu'elle ne cesse de faire des pas de côté par rapport à toute parole politique figée, parce que chaque affirmation politique y est immédiatement bombardée d'ironie et de points de vue opposés, aucune idéologie, aussi puissante et bien intentionnée soit-elle, ne peut avoir de prise dessus. » Inédites en volumes sont les autres pièces de Paol Keineg dont Kaka ou L'entrevue céleste (1994), Sabrina Green créée par le Théâtre de Folle Pensée en Caroline du Nord ou Mon combat contre l'an 2000 au jardin mise en scène par Robert Cantarella. S'intéressant au théâtre musical, Paol Keineg a encore écrit, sur une composition de Pierre-Alain Jaffrenou pour une actrice et un violoncelliste, le livret de Dieu et madame Lagadec dont Michel Rostain signa la mise en scène en 2001. Le théâtre de Paol Keineg, radicalement politique, « engagé », reste iconoclaste, où l'intime déjoue les dogmes avec insolence toujours, ironie souvent, concessions jamais. Rarement invité pour le lire et le présenter, l'écrivain proposera des extraits de six textes : Kaka, Sabrina Green, Mon combat contre l'an 2000 au jardin, Dieu et madame Lagadec, Anna Zéro, et Terre lointaine. Signalons enfin que les Éditions Circé préparent la sortie toute proche de sa traduction de l'autobiographie du poète américain Keith Waldrop, Tant qu'il fera jour. (Texte de présentation, 2010) Paol Keineg questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 02 février 2010. En écoute ici.

Mardi 2 février 2010 à 20 h 30



Koffi Kwahulé
Koffi Kwahulé lit des extraits de ses pièces Big Shoot, Jaz, Le Masque boiteux, Golden Girls, Un monde merveilleux et quelques nouveaux textes inédits

Auteur dramatique, nouvelliste, comédien et metteur en scène, Koffi Kwahulé est né à Abengourou (Côte d'Ivoire) en 1956. Il s'est formé à l'Institut National des Arts d'Abidjan, puis à l'École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre de Paris (rue Blanche) ainsi qu'à la Sorbonne Nouvelle où il a obtenu un doctorat d'Études théâtrales. En 1992, il remporte le grand prix Tchicaya U Tam'si (Radio France International et ACCT) pour sa pièce Cette vieille magie noire (éditions Lansman). Le prix Société des Auteurs et des Compositeurs Dramatiques / Radio France International lui est attribué en 1994 pour La Dame du café d'en face (éditions Théâtrales). Village fou ou Les Déconnards (éditions Acoria), créée avec Sidiki Bakaba en 1998, reçoit le prix UNESCO du MASA 1999 à Abidjan. Les deux premières pièces de Koffi Kwahulé, Le Grand Serpent (1977) et 1+1=1 (1982), ont été montées en Côte d'Ivoire. En 1997, Bintou (éditions Lansman) est créée par le Théâtre International de Langue Française dans une mise en scène de Gabriel Garran ; elle sera ensuite montée à New York, Londres, Rome et Hal, en Belgique. Koffi Kwahulé crée sa pièce Fama (éditions Lansman) en 1998 au Festival des théâtres francophones de Limoges. Il a également écrit, en 1997, Il nous faut l'Amérique (éditions Acoria), en 1988 Les Créanciers, créée au Teatro Studio de Rome par Daniela Giordano, puis P'tite souillure (éditions Théâtrales, mise en scène par Serge Tranvouez au festival Frictions de Dijon, 2002), El Mona (mise en lecture de Jean-Michel Coulon au Théâtre des Fédérés, 2001), Le Masque boiteux ou Histoires de soldats (création par Souleymane Koly et Alougbine Dine au Glob'Théâtre de Bordeaux, 2002, éditions Théâtrales, 2003). Koffi Kwahulé a effectué plusieurs résidences d'écriture, à Limoges (bourse du Centre National des Lettres, 1996), à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon (bourse du Centre Régional des Lettres du Languedoc-Roussillon et CIRCA, 1997, et bourse DTS, 1999-2000), à Byblos au Liban (Écritures vagabondes, 2000), à Banffcentre au Canada (2001), enfin à Angoulême (Musiques Métisses, 2001-2002 et 2002-2003). Écrites en français (« une langue avec laquelle j'entretiens des relations conflictuelles, à cause de mon histoire »), ses pièces, une quinzaine à ce jour, ont été traduites en anglais, américain, allemand, italien, bulgare et tchèque. Passionné de musique, Koffi Kwahulé se « considère sincèrement comme un jazzman » quand il écrit. Sa langue théâtrale, spécialement depuis Jaz (éditions Théâtrales, 1998) se révèle, en effet, étonnamment fluide et rythmée. Sandra Amodio, metteur en scène de Big Shoot à Genève, résume son sentiment : « J'ai envie de dire que ce n'est plus du théâtre. C'est de la musique à voir et à entendre ». Et l'auteur d'ajouter : « Le jazz est, ne l'oublions pas, la musique du diable, et cette odeur de soufre m'intéresse... Je ne produis pas des sons au sens où produit un musicien, mais j'aimerais que l'on éprouve au contact de mon écriture la même chose qu'au contact du jazz. Je pense en termes musicaux : ce n'est pas le sens d'un mot qui m'intéresse - le sens viendra tout seul si le son est juste, si le rythme est bon. ». Également passionné de cinéma, Koffi Kwahulé confie : « Je voudrais faire éprouver au spectateur de théâtre l'émotion que l'on éprouve au cinéma. J'aime ce côté enveloppant de la salle de cinéma, proche de la chaleur du club de jazz. Ce qui pourrait sauver le théâtre aujourd'hui, c'est un nouveau rapport au spectacle. Chercher une émotion qui passe par le corps avant d'atteindre la tête, et non l'inverse. Comme dans le jazz. » Au-delà de sa propre pratique, Koffi Kwahulé anime des ateliers d'écriture pour « recevoir une piqûre de rappel » en se confrontant à la réalité sociale et « sortir de la tour d'ivoire de l'auteur » : « cette expérience aiguillonne ma propre création, l'alimente et me permet de réaffirmer que l'on écrit du théâtre pour les autres ; je suis contre le théâtre incestueux ». (Texte de présentation, 2004)

mardi 4 mai 2004



Markus Köbeli
La compagnie Metajupe lit Peepshow dans les Alpes, de Markus Köbeli, en présence de l'auteur

La ferme bat de l'aile, dans ce village de montagne transformé en station de sports d'hiver. Pour échapper à la faillite, la famille Holzer accepte d'offrir à la curiosité des touristes le spectacle de la vie paysanne typique, derrière les vitres de sa maison. Le peepshow agricole se met en place : textes, acteurs, production, répétitions, représentations. Et la famille peut se préparer à voler en éclats ! La compagnie Metajupe, fondée à Nantes en 1997, créera cette pièce sur la scène de l'espace culturel Onyx de Saint-Herblain, le 14 janvier 2000, avec les mêmes comédiens que pour cette lecture : Céline Langlois, Delphine Lefort, Patrice Boutin, Jean Friermuth et Sébastien Rouaud, dans une mise en scène de Hervé Guillotteau. Markus Köbeli, né à Berne en 1956, est présent pour débattre avec le public du rôle de la comédie aujourd'hui et de la satire de la société du spectacle à laquelle il se livre si joyeusement. En partenariat avec le Centre culturel franco-allemand. (Texte de la présentation, 1999)


mardi 7 décembre 1999



Denis Lachaud
Denis Lachaud lit sa pièce inédite Ma forêt fantôme, avec Pierre Leenhardt

Comédien depuis 1986, au cinéma et au théâtre, Denis Lachaud a conquis la scène littéraire en 1998 avec son premier roman J'apprends l'allemand, suivi deux ans plus tard de La Forme Profonde également publié par Actes-sud. Pierre Leenhardt, écrivain et homme de théâtre, lui a demandé d'écrire et de mettre en scène une pièce présentant le portrait d'un sexagénaire auquel la pandémie du sida a enlevé quelque quatre-vingts proches. C'est de ce texte (prochainement publié par Actes-sud Papiers et créé en mars 2002 à La Fonderie - Théâtre du Radeau, au Mans) que l'auteur et l'interprète de son personnage principal viennent nous donner la primeur. (Texte de présentation, 2001)


mardi 2 octobre 2001



Madeleine Laïk
Paul Allio lit la pièce de Madeleine Laïk La Nuit blanche

Depuis 1983, Madeleine Laïk, née en 1944, a écrit plus de dix pièces dont l'univers pétri d'humanité fait du quotidien un jeu insolite et sensible, avec un rare bonheur des répliques. En 1980, elle a créé avec un collectif de dix femmes, la compagnie Les Téléfériques. Elle anime depuis quatre ans Les Commandos d'écriture avec des auteurs, des comédiens et des metteurs en scène. La Nuit blanche, c'est le dialogue d'une homme et de son fils en quête d'eux-mêmes. (Texte de présentation, 1999)



mardi 6 avril 1999



Marie-Line Laplante
Marie-Line Laplante lit ses derniers textes théâtraux

Marie-Line Laplante est l'invitée de la lecture-rencontre Mardi côté cour, au Club de la médiathèque Hermeland à Saint-Herblain (entrée libre rue Rabelais, quartier Le Tillay La Bégraisière, téléphone 02 28 25 25 25 - Lignes de bus 56, 59 et 84, périphérique Ouest sortie Porte de Chézine). Québécoise, née en 1953, Marie-Line Laplante a suivi des études en arts plastiques et en philosophie avant d'aborder l'écriture par le biais de la prose. Dès 1985, sa nouvelle Ohanké est diffusée sur les ondes de Radio-Canada. En 1990, elle fait ses débuts dans le genre dramatique avec une tragédie, Le Couteau et la bouche, puis une comédie, Une tache sur la lune, qui remporte en 1994 la prime à la création du Fonds Gratien-Gélinas et fait l'objet d'une mise en scène au Théâtre des Quat'Sous, à Montréal. Alternant ensuite tragédie et comédie, elle poursuit avec de nombreuses pièces souvent récompensées : La Terre tourne rondement ; Marais ; Une table, un candélabre, des allumettes, des verres et des bouteilles... Au printemps 2000, Marie-Line Laplante crée deux pièces, L'Homme assis et Comme des chaises avec le Théâtre complice de Montréal et, en 2001, Le Garçon aux sabots, son premier texte pour le jeune public. À l'automne de le même année, elle est accueillie en résidence au Centre National des Écritures du Spectacle, à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, pour écrire deux courtes pièces d'après les tableaux de Millet Les Glaneuses et de Vermeer La Laitière. En 2003, elle effectue une nouvelle résidence à la Chartreuse pour se consacrer à l'écriture d'un texte à une voix. Fascinée par le jeu de formes du dialogue (« un combat, une dynamique, c'est la vie »), Marie-Line Laplante a inscrit le motif des frères ennemis au centre de son théâtre : « Est-ce que le théâtre existerait encore si la rivalité cessait ? » À Saint-Herblain, Marie-Line Laplante, à présent auteure d'une quinzaine de pièces, a choisi de lire de courts textes théâtraux, tout fraîchement écrits et échappant désormais aux genres de la tragédie et de la comédie. (Texte de présentation, 2004)

mardi 2 novembre 2004



Yves Lebeau
Yves Lebeau lit sa pièce Du temps que les arbres parlaient

« J'écris ce que je ne sais pas taire. Sans thème, sans volonté, sans synopsis, sans intelligence philosophique ou politique... en aveugle, sans savoir, en apesanteur, en déséquilibre avant, au présent de l'instant. Ce que je viens de dire précédemment est aboli (Mes incohérences, je les règle après coup) je laisse errer mes dialogues, comme l'acteur laisse errer son rôle en lui, irresponsable. Le dénouement que j'ignore, la ligne d'encre me l'invente. J'écris en a-mémoire... » Yves Lebeau Yves Lebeau questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 10 janvier 012. En écoute ici.

Yves Lebeau sur Viméo

Mardi 10 janvier 012 à 20 h 30



Gilbert Lely
Médée & Jason entre la politique de l'amour et l'amour de la politique, lecture par le Théâtre du Rictus

A-t-elle eu raison, n'avait-elle pas le droit, Médée ? N'était-il qu'un ambitieux colonisateur adultère, Jason ? Elle, image du chaos et des forces maléfiques. Lui, glorieux conquérant de la Toison d'or. D'Euripide à Christa Wolf et de Sénèque à Corneille, en passant par Hans Henny Jahnn et Heiner Müller, le mythe universel du couple Médée & Jason n'a cessé d'être revisité par les écrivains et les dramaturges. Aussi est-ce à une balade au travers des siècles que nous convient Marilyn Leray, Gilles Blaise et Laurent Maindon avant la création, par le Théâtre du Rictus (mise en scène de Laurent Maindon), de Rivage à l'abandon - Médée matériau - Paysage avec Argonautes de Heiner Müller – les 9 et 10 novembre à l'espace culturel Onyx de Saint-Herblain. (Texte de présentation, 1999)



mardi 5 octobre 1999



Daniel Lemahieu
Daniel Lemahieu lit sa pièce Nazebrock

Maître de conférences à l'Institut d'études théâtrales La Sorbonne nouvelle, Daniel Lemahieu est metteur en scène, traducteur et auteur dramatique. Né en 1946, il a écrit plus de vingt pièces marquantes, dans une langue poétique, barbare et patoisante, pleine d'inventions loufoques, ancrée dans la parole et la « popularité ». Nazebrock ou la fable d'un monstre qui veut aimer. Le premier volume de son théâtre est paru aux Éditions Domens. (Texte de la présentation, 1998)



mardi 3 novembre 1998



Daniel Lemahieu
Daniel Lemahieu lit L'Ogre et la Poupée, partition pour objets, acteurs, prothèses, ombres et marionnettes, accompagnée de mélodies stellaires, de musiques bruitistes et de drames de bouche

Retrouvailles... Vingt ans après (bonjour M. Alexandre Dumas !), Saint-Herblain accueille une nouvelle fois ses premiers invités. C'est en 1990 que fut créée, à Saint-Herblain, la Bibliothèque théâtrale, dans les locaux de l'espace culturel Onyx avant la construction de la médiathèque Hermeland. Cette même année fut institué le cycle de rencontres théâtrales Mardi, côté cour inauguré le 4 décembre par Daniel Lemahieu, lequel revint le 3 novembre 1998 pour lire Nazebrock. À ce jour, près de 120 auteurs différents ont été reçus, plus de 160 lectures offertes, sans interruption dans la régularité de ces premiers mardis des mois d'octobre à mai. Auteur à ce jour de près de cinquante pièces (dont une comédie musicale, L'Utopie à crédit créée l'an passé par Nicolas Derieux avec cinquante musiciens sur scène), Daniel Lemahieu a choisi de faire découvrir une de ses « partitions » avec marionnettes. À Roubaix, où il est né en 1946 dans un milieu ouvrier et où il vient de retourner s'installer après avoir vécu, travaillé et enseigné à Paris, existait une tradition de marionnettes à tringle aujourd'hui presque disparue. Aussi, à douze ans, Daniel Lemahieu écrivait-il des scénarios pour des marionnettes qu'il fabriquait et manipulait devant le public de sa rue. Des pièces de théâtre qu'il écrivit par la suite, plusieurs ont été montées avec des marionnettes, notamment Entre chien et loup (1994), Paroles mortes (1996) ou Le Rêve de votre vie (1999) par François Lazaro, La Petite Fille et le Corbeau (2000), par Patrick Conan (Compagnie Garin Trousseboeuf, à Savenay). « Se reporter au cinéma muet, explique-t-il, dirait beaucoup de l'acte d'écriture : c'est un geste muet à faire exister. Les marionnettes, de cet acte muet, sont un subtil modèle. Elles permettent d'explorer toutes les fonctions et les situations d'énonciation en puissance dans le texte, sans se référer à la psychologie. » N'ayant ainsi jamais oublié sa naissance ni son enfance roubaisiennes, l'auteur dramatique, dramaturge, metteur en scène, traducteur, essayiste et enseignant a toujours trouvé la matière de son travail (« je débagoule ») dans le langage populaire, du ch'timi jusqu'à de pures inventions sonnant arabe, italien ou cette langue de Babel entendue dans sa ville natale comme à Barbès où il vécut douze ans. Théâtre du verbe, assurément, verbe brutal et barbare qui refuse de mimer la réalité et bouscule l'énonciation classique afin de rendre, dans une langue délivrée, meurtrie, « cabossée », la parole à ceux à qui on la confisque ordinairement. Théâtre du quotidien, encore, tordant le cou aux stéréotypes, cru et tendre tour à tour. Par le flot inventif d'une écriture ouverte aux accidents jusqu'au loufoque, cet ancien collaborateur artistique d'Antoine Vitez pourrait se définir comme un maître ès écarts de langage. La langue du théâtre de Daniel Lemahieu est ainsi faite de langues mêlées, nourrie de paroles et de livres, langue héritière pour un auteur qui considère que « l'écriture est liée à la vie rêvée dans l'enfance », mais langue nécessairement fabriquée, inventée au-delà de toute réinterprétation ou réfection : « On utilise sa langue propre pour construire, avec cette langue propre, une langue sale ». « Écrire revient à considérer sa langue comme une langue étrangère à traduire ». Daniel Lemahieu prévient les lecteurs de L'Ogre et la Poupée, que viennent de faire paraître les Éditions Domens tandis que François Lazaro créait la pièce en janvier, au Théâtre Ain Bourg-en-Bresse : « N'oubliez pas que cette histoire est un conte de voix et d'images que les objets, les ombres et les acteurs feront vivre à travers vos cauchemars, pulsions et peurs de votre vie d'enfant. » Pour traiter de la figure du démiurge, paroles et actes ne sont que violence, exprimant la cruauté et la quête dévorante de l'objet érotique. Mimmo, faiseur de théâtre, veut mettre de l'ordre et, avec la visée de refaire le monde, crée l'ogre Harpo qui, lui-même, va créer la poupée Lili. Nul doute qu'il ne s'ensuivra que confusion et qu'une fin heureuse n'aura guère de chances d'advenir. Pour Jean-Luc Matteoli, dans sa préface, il s'agit là d'« un texte cannibale qui mange du théâtre... ça égorge et ça décapite, ça désire fort aussi. » Lambeaux de chairs... les mâchoires claquent... Dans la langue que leur a fabriqué Daniel Lemahieu, les personnages emploient des répliques telles que : « je te toute hacher menu, moi ». Mots serrés, resserrés, éludés, phrases désarticulées pour accélérer la parole. Encore, Jean-Luc Matteoli peint Daniel Lemahieu en « auteur-ogre, affamé, cannibalisant la langue » et, de la pièce, souligne le « rythme haché (menu) avec ses sursauts innombrables, son tempo infernal - hachis des corps, hachis de la parole » pour conclure : « Le poème dramatique (la « partition ») est aujourd'hui - et depuis Mallarmé ou Claudel - à ce prix : s'il s'agit de redonner un sens plus pur aux mots de la tribu, que ce soit en découpant dans la langue un nouveau tissu, en y mordant un nouveau texte, en y arrachant de nouveaux lambeaux. Ce que fait Daniel Lemahieu dans cette pièce. » (Texte de présentation, 2010) Daniel Lemahieu questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 06 avril 2010. En écoute ici.

Mardi 6 avril 2010 à 20 h 30



David Lescot
David Lescot lit son monologue théâtral L'Amélioration

Né en 1971, David Lescot, fils de comédien, fréquente le plateau depuis l'enfance et s'est engagé dans la mise en scène et l'écriture dès l'âge de neuf ans. À la fois auteur, metteur en scène et musicien, il cherche, sur des sujets souvent inattendus, déconcertants et dont la nature théâtrale ne force pas l'évidence, à mêler au théâtre des formes non strictement dramatiques, en particulier la musique. Depuis la création de Les Conspirateurs (« comédie musicale noire », sélectionnée par le comité de lecture de l'association Théâtrales qui, devenue Aneth, retiendra par la suite cinq autres de ses pièces), au TILF en 1999, année où il commence à enseigner les arts du spectacle à l'Université Paris X-Nanterre, il a écrit une douzaine de pièces et un essai, Dramaturgies de la guerre (Circé, 2001, Prix Jamati d'Esthétique théâtrale). En 2000, sa rencontre avec la metteure en scène Anne Torrès lui permet de signer et d'interpréter la musique de Le Prince de Machiavel (Nanterre-Amandiers, 2001) ; c'est également pour elle qu'il écrit Mariage (Actes Sud-Papiers, 2002), créée en 2003 à la MC 93-Bobigny avec Anne Alvaro et Sid Ahmed Agoumi. Cette pièce sera ensuite traduite en plusieurs langues, lue à Lisbonne et Santiago du Chili, puis mise en scène à Londres. En 2002, David Lescot met en scène sa pièce L'Association au Théâtre de l'Aquarium comme il le fera pour L'Amélioration deux ans plus tard au Théâtre du Rond-Point, à Paris, et pour Un homme en faillite en 2007 à la Comédie de Reims et au Théâtre de la Ville, à Paris. Ces trois pièces ont été publiées par les Éditions Actes Sud-Papiers les années de leurs créations. Interprétée par Pascal Bongard, Norah Kriegf et Scali Delpeyrat, Un homme en faillite obtient le Prix du syndicat national de la critique (meilleure création en langue française), tourne en France et au Théâtre national de Lisbonne ; elle est encore créée au Traverse Theatre d'Edimbourg et à Wilhelmhaven en Allemagne, mise en espace à New-York, Buenos-Aires, Karlsruhe, Kiel et Stuttgart. En 2007 et 2008, David Lescot interprète son texte L'Instrument à pression (Actes Sud-Papiers, 2004), mis en scène par Véronique Bellegarde avec les musiciens Médéric Collignon et Philippe Gleizes, et les acteurs Jacques Bonnaffé et Odja Llorca. Ses deux dernières pièces, Nos occupations et La Commission centrale de l'enfance viennent de paraître, toujours aux Éditions Actes Sud-Papiers. Enfin, plusieurs de ses textes ont fait l'objet d'enregistrements radiophoniques par Claude Guerre ou Michel Sidoroff. Différenciant radicalement les rôles de l'auteur et du metteur en scène, David Lescot voit le premier comme « celui qui met la pièce/l'enfant au monde », et le second comme « celui qui l'élève ». Musicien, il est le trompettiste du groupe afro-slave Bengflo (Divan du monde, Guinguette pirate, Théâtre du Rond-Point, Théâtre Mogador, Maison de la poésie de Paris, Berri Zèbre, etc.) et compose pour la scène (Troïlus et Cressida de Shakespeare avec Anne Alvaro et les élèves acteurs de l'ERAC de Cannes, Le Fou d'Elsa d'après Aragon et Le Bleu du ciel d'après Georges Bataille et Bernard Noël ; l'an passé, il a accompagné Anne Alvaro à la trompette sur des poèmes de Sophie Loizeau pour un spectacle conçu par Claude Guerre à la Maison de la poésie de Paris où il a encore interprété en solo La Commission centrale de l'enfance accompagné d'une guitare électrique tchécoslovaque des années 60 (« autant dire rare ») au printemps dernier, et tournant depuis à Paris, en province et à l'étranger (Espagne, Russie) pour dépasser les cent représentations. En 2008, David Lescot a obtenu le Prix Nouveau talent théâtre de la SACD et le Grand Prix de Littérature dramatique pour L'Européenne (Actes Sud-Papiers, 2008) qu'il mettra en scène à la Comédie de Reims en mai prochain avant une reprise au Festival de Naples puis au Théâtre de la Ville à Paris. L'Amélioration met en scène, sous la forme d'un monologue, une journée type dans la vie et la chambre de Pascal, de son lever à son coucher, une journée qu'il voudrait parfaite, optimale du point de vue de la méthode de dialogue avec lui-même qu'il a fondée sur l'endurance, la résistance, l'exécution d'actions simultanées et la transgression, à quoi s'ajoute une foule d'exercices physiques et mentaux. (Texte de présentation, 2009)

Mardi 3 février 009 à 20 h 30



Sylvain Levey
Sylvain Levey lit des extraits de son théâtre

Né en 1973, Sylvain Levey est comédien et auteur de théâtre. Il a dirigé le Théâtre du Cercle, à Rennes, où il a créé le P'tit festival (théâtre par les enfants pour tout public - 2001-2004) et travaille principalement sous la direction de Gweltaz Chauviré, metteur en scène de la compagnie Felmur (textes de Philippe Malone, Rainer Werner Fassbinder). Depuis 2004 (Par les temps qui courent, Éditions Lansman, et Ouasmok, Éditions Théâtrales), il a publié près de quinze pièces très remarquées, aussi bien pour les enfants ou les adolescents « dont il sait si bien dire les interrogations et les lucidités » que pour les adultes « à qui il rappelle leurs rêves brouillés » (Françoise du Chaxel). Fine, vive, directe, railleuse voire cynique, son écriture va droit au but pour raconter, entre cruauté et drôlerie, les petites et grandes misères des familles ordinaires d'aujourd'hui comme dans Enfants de la middle class (Éditions Théâtrales) : mots doux et insultes alternent dans des répliques et des notations brèves, des litanies de mots et de phrases toutes faites comme on en entend au quotidien ; tout est dit, là, de l'incompréhension banale, de la cruauté, de l'indifférence, du manque d'écoute derrière lesquels apparaissent parfois l'alcoolisme, la dépression, le désir de suicide. Mais Sylvain Levey, au fil de ses textes, sait jouer avec une palette très étendue de modes d'écriture, dans une forme parfois très proche de la poésie, et des thèmes dont le dénominateur commun est de dire, dans une remarquable empathie avec ses personnages, son indignation face à la dureté du monde. Ainsi, de Ô ciel la procréation est plus aisée que l'éducation (aide à la création du ministère de la Culture 2004) à Dis-moi que tu m'aimes et à Juliette (suite et fin précoce), en passant par Pour rire pour passer le temps (tous textes aux Éditions Théâtrales), se télescopent violence et désamour, événements tragiques comme on les lit dans les faits divers des journaux, pleurs et excuses, sujets que Sylvain Levey sauve toujours par une tendresse dans l'attention aux autres, aux enfants, aux adolescents, aux parents paumés. Ainsi du portrait de cette Juliette « née d'un malentendu » et morte d'un autre. À Saint-Herblain, il a choisi de lire des extraits de sept pièces éditées (Ouasmok, Ô ciel la procréation est plus aisée que l'éducation, Dis-moi que tu m'aimes, Petites pauses poétiques, Journal de la middle class occidentale, Alice pour le moment, Pour rire pour passer le temps) et d'un texte en cours d'écriture, Lys martagon. Sylvain Levey a été lauréat de la Journée des auteurs de Lyon en 2003, de Nîmes Culture en 2004, de la bourse découverte du Centre national du livre en 2006, auteur associé (avec Lancelot Hamelin, Philippe Malone et Michel Simonot) au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis en 2006-2007, et artiste en résidence à la Sala Beckett de Barcelone en 2007 et au Théâtre des Gros-Becs du Québec cette année. Le théâtre du Rictus créera Asphalt Jungle, spectacle composé de deux pièces de Sylvain Levey, Pour rire pour passer le temps et Juliette (suite et fin précoce), les 14 et 16 octobre au Quartier Libre d'Ancenis tandis qu'une tournée suivra en Serbie, France et République tchèque. À Saint-Herblain, l'espace culturel Onyx accueillera Asphalt Jungle le 7 mars 2009. (Texte de présentation, 2008)

mardi 7 octobre 008



Michel Liard
Michel Liard lit sa pièce Que Cosa Che ? avec Yves Arcaix, Dominique Delavigne et Didier Morillon

Comédien, metteur en scène et écrivain, Michel Liard a fondé sa compagnie en 1990, devenue l'an passé Au fol ordinaire théâtre. Il se consacre en priorité aux auteurs contemporains et a notamment mis en scène Bernard-Marie Koltès, Valère Novarina, Gildas Bourdet, Michel Azama, Philippe Minyana. Enseignant au Conservatoire National de Région, à Nantes, il a travaillé en particulier sur Racine et Molière avec Christian Rist (Studio Classique). Michel Liard est l'auteur de six pièces. Que Cosa Che ?, conçue comme un travail de choeur parlé autour de la figure mythique d'un héros des temps modernes, accompagne les derniers mois puis les dernières heures d'Ernesto Che Guevara. (Texte de présentation, 1998)



mardi 5 mai 1998



Dea Loher
Gilles Dao, comédien, et Laurent Muhleisen, traducteur, lisent Adam Geist et autres textes théâtraux de Dea Loher

Très appréciée et reconnue dans son pays, actuellement écrivain résidente au Haustheater de Hambourg, Dea Loher commence enfin à être éditée et jouée en France grâce au travail de son traducteur Laurent Mühleisen. Plusieurs de ses textes ont su enthousiasmer des comédiens aussi exigeants que Denis Lavant, Dominique Pinon, Éric Ruf ou Muriel Mayette. Les Éditions de L'Arche viennent de publier Barbe-Bleue, l'espoir des femmes (créée au Théâtre du Point du Jour à Lyon, le 19 avril 2001, dans une mise en scène de Michel Raskine) et Manhattan Medea tandis que Tatouage est disponible au répertoire de l'association Théâtrales. (Texte de présentation, 2001)

mardi 4 décembre 2001



Jean Louvet
Jean Louvet lit sa pièce L'Annonce faite à Benoît, avec Étienne Marest

Benoît vient de rattraper Arthur qui cherchait à s'esquiver. Un an plus tôt, Arthur avait accosté Benoît dans une grande surface pour lui demander de lui prêter de l'argent : il affirmait avoir oublié son portefeuille à l'hôpital où son fils venait de mourir. Aujourd'hui, il avoue n'avoir jamais eu d'enfant. La douleur inventée d'Arthur voulait-elle offrir à Benoît le lot d'émotions qui manquait à sa vie ? Jean Louvet, né en Belgique en 1934, a écrit L'Annonce faite à Benoît en 1996, élargissant la thématique d'une oeuvre importante (une vingtaine de pièces) commencée en 1962 dans un registre post-brechtien pour interroger la condition prolétarienne wallonne. Il lit sa pièce avec Étienne Marest, membre du comité de lecture de l'association Théâtrales et auteur de nombreux textes sur le théâtre contemporain, qui achève actuellement le premier livre consacré à l'oeuvre de Jean Louvet. (Texte de présentation, 2000)


mardi 2 mai 2000



Philippe Malone
Philippe Malone lit des extraits de ses derniers textes en chantier

(...) « Les premières pièces de Philippe Malone explorent notamment l'idéologie fasciste et les différentes formes de pouvoir que celle-ci peut promouvoir. Attaché au travail sur la forme, elles cèdent aujourd'hui le pas à des oeuvres s'émancipant résolument des canons dramatiques. Dans les derniers textes, la dilution progressive du personnage n'est bientôt plus qu'une voix se mêlant, sans distinction autre que typographique, à celle des autres figures. Philippe Malone travaille désormais à une réinvention du poème dramatique : le texte de théâtre se fait partition, cultivant une réelle musicalité. » (...) Extrait de Portrait d'auteur : Philippe Malone, par Sylvain Diaz dans la revue Agôn
agon.ens-lyon.fr

Mardi 1er octobre 013 à 20 h 30



Eduardo Manet
Eduardo Manet lit sa dernière pièce, Liza

Il y a un siècle, dans la banlieue huppée de Boston, un homme et sa nouvelle épouse sont assassinés à coups de hache. Tout indique que Liza, fille cadette de l'homme, est la coupable. Mais la bourgeoisie ne saurait reconnaître en son sein l'auteur d'un meurtre... On ne s'étonnera pas qu'Eduardo Manet se soit saisi d'un tel fait divers : l'oeuvre théâtrale et romanesque de cet écrivain, né à Santiago de Cuba en 1927, n'a cessé, dans des tons variés et un métissage des genres allant de la tragédie à la farce, de dénoncer les tyrannies, les conformismes, toutes les aliénations. Trente ans après le retentissant succès des Nonnes, comédie sanglante mise en scène par Roger Blin, Eduardo Manet nous donne la primeur de sa dernière pièce, encore inédite, qui entend rapprocher le théâtre de l'opéra avec, particulièrement, l'intervention d'un choeur. (Texte de présentation, 2000)


mardi 1 février 2000



Stéphanie Marchais
Stéphanie Marchais lit sa pièce C'est mon jour d'indépendance

Stéphanie Marchais aime confronter la petite histoire ordinaire avec celle de l'humanité. Après une formation de comédienne dans la section Art dramatique du Conservatoire de la ville de Nantes où elle est née en 1970, elle commence à jouer et, très vite, écrit pour le théâtre. Le fil conducteur de son travail ne vient pas de l'actualité, mais plutôt des individus eux-mêmes, en prise avec l'immensité d'une vie souvent banale et qui les dépasse. Chacun de ses textes trouve son humeur, son rythme, son territoire et sa langue (« qui râpe et qui glisse » dit Benoît Lahoz) pour imposer une identité forte et singulière. C'est quelquefois drôle et parfois tragique, comme peut l'être la vie. Stéphanie Marchais a déjà écrit plusieurs pièces, dont La Femme qui court (avec Patrick Martin-Croust, Éditions du Laquet, 2001, lectures publiques au Théâtre de la Tempête de Paris et au Lieu Unique de Nantes), C'est mon jour d'indépendance (Éditions Quartett, 2006), Dans ma cuisine je t'attends (Prix d'écriture théâtrale de Guérande en 2003, bourse de la DMDTS du ministère de la Culture, publication à L'Avant-scène théâtre collection des Quatre-vents en 2004, diffusions radiophoniques sur France Culture, RFO, RFI et la radio sarroise, création en 2006 au Kiron Espace de Paris dans une mise en scène de Benoît Lahoz), Des ailes tu en as (aide à la création de la DMDTS, projet de création en 2008 dans une mise en scène d'Agathe Sanz). Elle a également écrit Faustine (lectures au Théâtre du Nord-Ouest à Paris, et à Mouilleron-en-Pareds), Vanille-Poubelle, pièce pour le jeune public, et des pièces courtes dont Denise et ses boys (lecture au Hangar d'Arcueil et à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon), Le Goûter (lecture à la Chartreuse, lecture, représentation et édition à Gare au Théâtre), Des fanfares dans la tête (mise en espace au théâtre de Gentilly et d'Alfortville dans le cadre des Théâtrales Charles-Dullin). C'est mon jour d'indépendance (diffusée sur France Culture, RFI et RFO en 2004, lectures à Nîmes, Mouilleron-en-Pareds, La Chartreuse, Rouen et au Théâtre Essaïon de Paris, Éditions Quartett, 2006) est une histoire de don entre deux femmes, un passage de poids entre deux vies fatiguées, sur une plage, un jour d'hiver. Un acte d'amour librement perpétré, innocemment reçu. Une chute vers une étrange liberté, une certaine indépendance. Mais il ne s'agit pas d'un plaidoyer en faveur de l'euthanasie, plutôt une rencontre singulière entre deux êtres au bout d'eux-mêmes et de leurs destins ordinaires ; ce qui naît, en revanche, de ce pas de deux à flanc de dune, se révèle rien moins qu'extraordinaire. (Texte de présentation, 2007)

mardi 9 janvier 2007



Lise Martin
Théâtralalère
Lise Martin


Lise Martin propose un parcours dans son oeuvre théâtrale, en pièces détachées : des fragments, des bribes, des extraits et des petits moments de vie inédits. Elle vous invite à rendre visite à une famille « Zone rouge » qui souhaite adopter un très vieux monsieur, puis à aller musarder dans un désert ou les hommes construisent des murs, « Terres ! » et, pour finir, à danser une « Rumba » avec un « Homme orange » dans un salon/terrain vague.

mercredi 22 janvier à 16h30



Elizabeth Mazev
Élizabeth Mazev lit des extraits de son théâtre

« On me demande de raconter comment j'écris.
Tata Sophie est morte cette nuit.
J'écris ces lignes et une foule d'images m'apparaît (...).
Ma tata Sophie, ma tante à la mode de Bretagne, sans aucun lien de parenté véritable, voilà ce qu'il en reste désormais: des mots des mots des mots.
C'est ça, écrire: tenir la mort à distance respectable, tant que faire se peut, raconter sa vie et partant, celle des autres.
Voila, je n'invente rien, je raconte ma tata Sophie pour tenter de raconter toutes les tata Sophie, je recopie soigneusement le réel, en arrangeant tout au plus les détails, comme on dit: arranger un bouquet. » Élizabeth Mazev Élizabeth Mazev questionnée par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 06 mars 2012. En écoute ici.

Elizabeth Mazev sur Viméo

Mardi 6 mars 012 à 20 h 30



Fabrice Melquiot
Fabrice Melquiot lit sa pièce Madrugada

Fabrice Melquiot est le premier invité de la saison 004-005 des lectures-rencontres Mardi côté cour, au Club de la médiathèque Hermeland à Saint-Herblain (entrée libre rue Rabelais, quartier Le Tillay La Bégraisière, téléphone 02 28 25 25 25 - Lignes de bus 56, 59 et 84, périphérique Ouest sortie Porte de Chézine). Né en 1972 à Modane, en Savoie, Fabrice Melquiot se passionne très tôt pour le théâtre et commence à travailler comme acteur au sein de la compagnie des Millefontaines, dirigée par Emmanuel Demarcy-Mota. Très vite, il trouve sa vocation dans l'écriture théâtrale, à laquelle il se consacre entièrement depuis trois ans. Ses premiers textes, édités en 1999 à l'École des loisirs, sont destinés aux enfants. En 2001, il publie à l'Arche Éditeur L'Inattendu et Percolateur Blues. En 2002, Kids et Perlino Comment inaugurent la collection jeunesse de ce prestigieux éditeur spécialisé dans le théâtre. Sa pièce Bouli Miro, premier spectacle jeune public à entrer au répertoire de la Comédie-Française, est représentée en janvier 2004 au Studio dans une mise en scène de Christian Gonon. Pour un public adulte, Emmanuel Demarcy-Mota a monté trois pièces de Fabrice Melquiot : L'Inattendu et Le Diable en partage au Théâtre de la Bastille à Paris et à la Comédie de Reims, puis, cette année, Ma vie de chandelle au Théâtre des Abbesses à Paris. Fabrice Melquiot a obtenu en 2003 le prix SACD (Société des Auteurs de Compositeurs Dramatiques) de la meilleure pièce radiophonique, le prix Jean-Jacques Gauthier du Figaro et deux récompenses du Syndicat national de la critique pour Le Diable en partage. Remarquable par sa phrase courte et son sens de l'ellipse, posant pièce après pièce la question du mal sans jamais s'enfermer dans la limite d'un sujet unique ou d'un théâtre réaliste, ce jeune auteur débordant d'énergie est membre du collectif artistique de la Comédie de Reims, dirigée par Emmanuel Demarcy-Mota. À trentre-deux ans, Fabrice Melquiot publie sa dix-septième pièce, Albatros, dans la collection jeunesse de l'Arche Éditeur. À Saint-Herblain, il a choisi de lire son monologue avec chansons Madrugada, encore inédit, et qui sera créé à Reims au printemps 2005. (Texte de présentation, 2004)

mardi 5 octobre 2004



Jean-Pierre Milovanoff
Marilyn Leray lit Jean-Pierre Milovanoff

Après des études à l'université de Montpellier et à la Sorbonne, Jean-Pierre Milovanoff, natif de Nîmes, a vécu en Tunisie et a été, pendant quatre ans, chargé de cours de littérature française à l'université de Copenhague. Reconnu comme l'un des écrivains les plus marquants de sa génération (son roman La Splendeur d'Antonia a reçu le prix Joseph-Delteil après avoir figuré dans la dernière sélection du Goncourt 1996), auteur de huit pièces de théâtre (mises en scène par Laurence Mayor, Gislaine Drahy, Pierre Barayre, Julien Bouffier, Bruno Schwarz et Nicolas Delétoile), il est avant tout un poète sans entraves, passant d'un genre à l'autre sans jamais renoncer aux prestiges d'une langue savoureuse et flamboyante. Son dernier roman, Le Maître des paons, vient de paraître aux éditions Julliard et sa pièce Ange des peupliers, créée au festival d'Avignon 96, sera représentée en septembre et octobre 98 au théâtre de la Colline, à Paris. (Texte de présentation, 1997)

mardi 7 octobre 1997



Richard Morgiève
Richard Morgiève lit son monologue Tout un oiseau

Né à Paris en 1950, Richard Morgiève est à ce jour l'auteur d'une vingtaine de livres, bon poids ; tous parlent d'amour et de séparation, entre amants ou entre parents et enfants, et implorent réparation. Ses récits et romans, de Cueille le jour (Robert Laffont, 1985) à Ce que Dieu et les anges (Pauvert, 2002), en passant par Un petit homme de dos (Joëlle Losfeld, 1995), empruntent les chemins d'écritures très différentes, classiques ou hors normes, pour coller chaque fois au plus près du sujet, dire un chagrin, une séparation, un deuil, une obsession, un délire... Un rythme de pouls, fragile, inquiet, imprévisible et brutal jusqu'à l'obscène : Richard Morgiève écrit comme on hoquette, comme on aime, comme on souffre. Échaudé à vingt ans par l'édition de ses poèmes à compte d'auteur, il tire un trait sur la littérature, multiplie les expériences louches et finit par enfourcher le genre policier parce que son père, qui s'est suicidé l'année de ses treize ans, ne lisait que des Série noire. L'écrivain est ensuite engagé comme scénariste de cinéma puis, à l'approche de la quarantaine, il passe aux romans autobiographiques. L'écriture est, chez Morgiève, nécessité vitale, pulsion et compulsion qui le descendent parfois jusqu'aux enfers. Parmi ses dernières publications, deux monologues théâtraux poursuivent son questionnement sur la provocation et la solitude ; le premier pour un homme, Tout un oiseau (Pauvert, 2000), et le deuxième pour une femme, La Demoiselle aux crottes de nez (Joëlle Losfeld, 2001), font éclater les frontières entre perversité et pureté. Dans Tout un oiseau, Zacharie Obel-Bréchet, qui voulait faire changer son nom, se prend pour un oiseau et embarque le public dans un monologue coupé de brèves apparitions. Poudré, les cheveux ramenés en arrière, Zacharie porte un string doré et des lunettes noires tandis qu'il traîne derrière lui une sorte de queue faite de plumes. Visiblement traumatisé par son échec au concours d'entrée de l'École supérieure d'ornithologie, Zacharie se met à délirer avec les mots les plus crus sur différents tabous, particulièrement sexuels. Son père et sa mère, sont-ils ses vrais parents ? Zacharie se pose mille questions (« suis-je beau, suis-je intelligent, suis-je aimé, qui suis-je? ») et finit par répondre que « l'existence n'est qu'une demande d'emploi jamais lue, et que personne ne lira jamais, car l'emploi est pour l'éternité vacant. » Pas gai, non, mais bougrement poignant, tourneboulant. Les textes de Richard Morgiève, qui plaide que « écrire, c'est ouvrir la main », ne peuvent laisser indifférent. (Texte de présentation, 2003)

mardi 4 février 2003



Fabienne Mounier
Fabienne Mounier lit son monologue Dictionnaire Jeanne Ponge

Une parole qui fouille et chatouille les toutes petites choses de la vie en communauté. Fabienne Mounier commence par travailler dans les costumes de théâtre, puis écrit et joue, joue et écrit. Les Verticaux, par exemple, montrent les tribulations intimes d'une famille « premier sous-groupe constitutif du corps social » avec ses rituels, ses hiérarchies et ses luttes d'influence affectives. Camping tient la chronique des semaines passées si près des voisins de tente et de caravane, mais très loin de la maison, du boulot, des soucis... et des rêves projetés. Dictionnaire Jeanne Ponge raconte, entre rire et émotion, la grand-mère s'employant à inculquer le goût du travail, le sens de l'économie, la peur des pigeons et l'horreur de la débauche à sa petite-fille. Fabienne Mounier, née à Nevers en 1958, vit à Dijon ; elle joue et lit un peu partout en France ; enfin, elle connaît deux fois la région nantaise : par les Éditions de L'Escarbille qui ont fait paraître son Dictionnaire Jeanne Ponge et par le Théâtre pour deux mains qui a créé Camping, avec des marionnettes, l'été dernier à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon dans une mise en scène de l'auteur et une scénographie de Pascal Vergnault. (Texte de présentation, 2002)

mardi 1 octobre 2002



Arlette Namiand
Arlette Namiand lit des extraits de sa trilogie constituée de Une fille s'en va, Oma et de sa dernière pièce en cours d'écriture

Arlette Namiand aime la colère, le théâtre et les mots, « formidables garde-fous contre le cynisme et l'indifférence ». Née à Lyon en 1950, auteure et dramaturge, elle a écrit une dizaine de pièces (Abonnés absents, Surtout quand la nuit tombe, Passions, Le Regard des voleurs, Les Yeux d'encre, Rêves flambés, Sang-blanc, Les Fiancés d'Otoka...) mises en scène notamment par Robert Gironès, Pierre Audi, Patrice Bornand, Jean-Paul Wenzel, Moïse Touré et Jean-Michel Coulon, dont trois ont été traduites et jouées en Italie, Allemagne, Grande-Bretagne, Argentine. Elle est aussi l'auteure d'adaptations pour le théâtre (Arthur Koestler, Primo Lévi, Guy de Maupassant, Jean Meckert...) toutes mises en scène par Jean'Paul Wenzel avec qui elle dirige depuis trois ans Dorénavant Cie (http://www.dorenavant-cie.com) qui vient de créer et joue jusqu'au 11 février, au Théâtre des Amandiers de Nanterre, Judith ou Le Corps séparéde Howard Barker, dernière pièce de l'auteur anglais traduite et éditée en France (Théâtrales, 2007, traduction de Jean-Michel Déprats, tandis que Les Figurants de l'Espagnol José Sanchis Sinisterra (Presses Universitaires de Toulouse-Mirail, 1999) figure à son programme de création pour 2008. Les trois pièces dont Arlette Namiand a choisi de lire des extraits à Saint-Herblain (Une fille s'en va, Les Solitaires Intempestifs Éditions, 2000 ; Oma, L'Avant-Scène Éditeur, collection des Quatre-Vents, 2002 ; et une pièce en cours d'écriture, provisoirement intitulée Le Corps des autres) représentent trois volets d'un même ensemble sur l'héritage légué par nos pères (expérience, engagement, amour) « après s'être cogné le siècle le plus féroce, dit-on, de l'histoire de l'humanité ». Une interrogation, en somme, sur ce qu'ils nous ont trop, trop peu ou pas du tout transmis et qui s'organise en nous comme autant de forces de vie et de mort. Un théâtre tout d'énergie et de poésie, « tendu de désirs et de désastres » (Laurence Cazaux, Le Matricule des anges). (Texte de présentation, 2007)

mardi 6 mars 2007



Mariette Navarro
Mariette Navarro lit des extraits de Perdre, et autres textes en chantier et à la croisée des genres.

« Ce que je peux dire de certain à propos de mon travail d'écriture, c'est que je prends un grand plaisir à m'installer à la croisée des genres, à l'endroit de glissement, de frottement, entre théâtre, poésie, récit, texte à dire à voix haute, à jouer, ou à lire silencieusement pour soi. J'aime qu'on ne sache pas quelle étiquette mettre sur les objets qui naissent ainsi, qu'ils ne soient en rien comparables les uns aux autres par leur forme. Voilà mon petit défi, mon petit amusement. Il faudrait que ce soit le devenir du texte (livre, spectacle, lecture, radio, danse...), qui décide de son genre, et qu'aussitôt une autre proposition vienne démentir l'affirmation. Au théâtre, j'emprunte le recours à l'adresse, à l'oralité, les situations immédiatement agissantes. À la poésie la densité, les fulgurances, les surprises, et la liberté. »
petit-oiseau-de-revolution.eklablog.com
Mariette Navarro questionnée par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 02 avril 2013. En écoute ici.

Mardi 2 avril 013 à 20 h 30



Jean-Gabriel Nordmann
Jean-Gabriel Nordmann lit sa pièce inédite Le Riche et le Pauvre

Jean-Gabriel Nordmann est né en 1947. Comédien, il a joué au cinéma, à la télévision et au théâtre avec des metteurs en scène tels André Barsacq, Jacques Rosner, Gabriel Garran, Peter Brook, Jean-Claude Fall, Jacques Kraemer, Jean-Paul Wenzel. Formateur depuis 1976, il a créé sa compagnie Le Grand Nord en 1980 et mis en scène des textes de Molière , Ronald D. Laing, Kafka, Philippe Minyana, Bernard-Marie Koltès. Jean-Gabriel Nordmann est l'auteur d'une dizaine de pièces dont Simple suicide, La Mer est trop loin, La Maison Dieu, Les Petits Mondes, À la porte, construites comme des fables dans lesquelles les personnages « causent en désespoir de cause ». Sa dernière pièce, Le Riche et le Pauvre, met en scène la rencontre inquiétante de deux hommes que tout oppose. Tentative de rapprochement ou tentative de destruction ? (Texte de présentation, 1997)

mardi 4 novembre 1997



Pierre Notte
Pierre Notte lit (de son mieux) des pièces courtes (de son cru)

Même si son premier ouvrage publié (par Maurice Nadeau) était un roman, Pierre Notte, par ailleurs journaliste et critique dramatique, a toujours écrit du théâtre... et des chansons. Artiste complet, il est encore poète, metteur en scène, comédien, photographe, compositeur de musique et chanteur. Né en 1969 à Amiens, il a récemment signé de nombreuses pièces, particulièrement Sortir de sa mère ; Et l'enfant sur le loup ; Pour l'amour de Gérard Philipe ; Bidules trucs ; Deux petites dames vers le Nord ; Les Couteaux dans le dos ; Journalistes - petits barbares mondains ; Moi aussi je suis Catherine Deneuve ; Clémence à mon bras (publiées, pour l'essentiel, par l'Avant-scène). Ses pièces, dont certaines radiodiffusées sur France Culture, ont été mises en scène par Anne-Laure Liégeois, Sylvain Maurice, Patrice Kerbrat, Jean-Claude Cotillard, Masaru Hirayama ou lui-même ; elles ont été traduites et présentées en France, en Allemagne, en Italie, en Autriche, en Angleterre, au Japon, en Bulgarie, aux États-Unis, au Liban ou en Russie. Il a chanté à Tokyo, Rome ou Washington et, tout récemment, Bologne. Avec sa soeur Marie Notte, accompagnés de Jean-Paul Barbier, ces amateurs de cabaret musical ont créé le très remarqué J'existe foutez-moi la paix. Pierre Notte a encore été intervenant artistique d'un lycée de Viry-Châtillon de 1997 à 2010. Il a d'abord reçu du Centre national des lettres une bourse d'encouragement à l'écriture théâtrale, a été nommé à trois reprises dans la catégorie auteur aux Molières, a reçu le Prix jeune talent de la SACD, le Prix de la Fondation Diane et Lucien-Barrière, le Prix Émile-Augier de l'Académie française, et le Publikumspreis du Blickwechsel à Karlsruhe (Allemagne). Auteur associé au théâtre Les Déchargeurs, à Paris, il a été nommé secrétaire général de la Comédie-Française en 2006 pour devenir trois ans plus tard auteur associé et conseiller au Théâtre du Rond-Point, également à Paris. En avril 2011, un festival d'une semaine a été consacré à son théâtre à Bologne. L'adolescent Pierre Notte était réservé, voire renfermé ; l'écriture fut alors une alliée, une amie. Agacé, peiné par notre monde « barbare », il a choisi d'y progresser à la façon d'un dandy, épinglant des personnages volontiers ridicules dans des textes attachants, cinglants et nerveux. Ce n'est donc rien de moins que ce dur « métier de vivre » dont parle Pierre Notte, non sans une fantaisie remontée d'inconsolables chagrins, cachant la douleur sous les rires, pour avoir moins peur, moins froid. Pas peur et pas froid (aux yeux) donc ; ainsi, dans sa pièce Journalistes (L'Avant-scène théâtre, collection des Quatre-Vents, 2007), ce Chevalier dans l'Ordre des Arts et lettres n'hésite pas à nommer ses contemporains - d'Isabelle Huppert à Éric-Emmanuel Schmitt en passant par Fabrice Luchini, le plus souvent avec ironie, tout au long de cette évocation hilarante des spécimens du cénacle théâtral, critiques, attachés de presse et auteurs en tête, irrésistiblement moqués. Dans cette pièce comme dans d'autres, l'une des trouvailles comiques et singulièrement convaincante de ce passionné d'art dramatique - qui fut un piquant rédacteur en chef et éditorialiste de l'inoubliable magazine Théâtres en 2004 et 2005, avec également des collaborations au Nouvel Observateur, à L'Événement du jeudi, à Paris-Photo, à La Terrasse ou à Epok - consiste à présenter entre parenthèses certains propos tenus par ses personnages ; voici, extrait de Journalistes (L'Avant-scène théâtre, collection des Quatre-vents, 2007) qui résonne opportunément actuel et nantais en ce mois de mai 2011 qui, dédié au Soleil, voit débarquer sur les rives de la Loire Les Naufragés du fol espoir : « Moi j'ai vu un Mnouchkine quand j'étais petit (on allait pas mal au cirque) ». Mais l'oeuvre de Pierre Notte n'appartient pas au seul registre comique, ni ne répond à un unique mode de construction ; elle possède sa part d'ombre, de sombre ; comme le fait remarquer Armelle Héliot, ce « jeune homme doux et sensible écrit pour les comédiens et encore plus pour les comédiennes. Il saisit les personnages dans leur profondeur, leur complexité. Il possède plusieurs manières : des récits clairement construits dont on suit l'action sans difficulté, et des pièces polyphoniques faites de fragments à recomposer ou de plans qui glissent les uns sur les autres ». (Texte de présentation, 2011) Pierre Notte questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 03 mai 2011. En écoute ici.

Mardi 3 mai 2011 à 20h30



Eddy Pallaro
Eddy Pallaro lit Intimités

« Je cherche à faire un chemin. Un voyage. Dans, et hors l'humain. Je ne cherche pas à affirmer un savoir, une croyance, ou une pensée. Je n'ai pas de message à faire passer. Mon travail est le fruit d'une tentative, d'une expérience. Il ne veut rien résoudre. Il ne cherche pas à « finir » l'humain. Mais peut-être à le « dé-finir ». À le libérer.
Je pars souvent d'un motif, une phrase, une situation. Quelque chose qui m'a marqué. Qui s'est inscrit en moi. Et je tente, bon an mal an, de le développer. J'essaie toujours d'apprendre quelque chose. J'espère trouver, à travers l'objet que je conçois, un espace sensible à éprouver.
À l'intérieur de ma phrase, je cherche à être juste, concis, précis. Ce n'est pas concret. C'est quelque chose que je ressens. Ça demande du temps. Ça se vit intérieurement.
J'accompagne au mieux mes personnages - mes voix. Je les accompagne jusqu'à ce que je n'en puisse plus. Jusqu'à les avoir totalement épuisés. Lorsque je pense avoir terminé, je mets la pièce en partage. » Eddy Pallaro questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 12 février 013. En écoute ici.

Mardi 12 février 013 à 20 h 30



Nathalie Papin
Nathalie Papin lit des fragments de son « théâtre obstiné »

Certes publiées essentiellement dans la collection de Théâtre Jeunesse que dirige Brigitte Smadja à L'École des loisirs, les pièces de Nathalie Papin manifestent l'évidente qualité de parler au tout public. Ce « théâtre obstiné », selon la juste formule de Marie Bernanoce qui met encore en évidence le thème constant de la quête, a le courage et la lucidité d'aborder de front, mais avec la force opiniâtre de la vie, les sujets, aussi douloureux que réels, de la guerre, de la pauvreté, de la tyrannie, de la maladie ou du handicap, entre les larmes et le rire (parfois porté par d'irrésistibles mots d'enfants comme en joue également cet autre auteur d'une nature proche qu'est Philippe Dorin) qui, souvent, finit par triompher comme dans Qui rira verra : « L'humour permet de prendre de la distance, d'approcher les choses de très près sans se brûler. » Née en Anjou, aujourd'hui installée dans la campagne d'Elbeuf après plusieurs années passées dans les Côtes-d'Armor, Nathalie Papin a également été comédienne, metteur en scène et programmatrice de spectacles ; elle s'est progressivement consacrée à l'écriture. Référence dans le théâtre jeune public où elle fait aujourd'hui figure de « classique » (qualificatif employé par l'Éducation nationale dans ses prescriptions d'oeuvres de littérature à l'école primaire) avec quelque dix pièces publiées et régulièrement jouées (citons, pour les dernières, La Morsure de l'âne, Qui rira verra, Petites formes et Camino), elle écrit encore des récits, des textes pour accompagner des photographies, des fictions poétiques ou romanesques. À Saint-Herblain, Nathalie Papin a choisi de lire plusieurs extraits de ses pièces, composant un parcours dans son oeuvre théâtrale récente que Marie Bernanoce (auteure d'un remarquable Répertoire critique du théâtre contemporain pour la jeunesse), toujours, présente « comme une initiation à la vie, une métaphysique mise en fiction, en corps et en images, comme un défi à la scène et à la représentation dans des formes de théâtralité proches de celles du théâtre symboliste. » (Texte de présentation, 2011) Nathalie Papin questionnée par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 01 février 2011. En écoute ici.

Mardi 1er février 2011 à 20 h 30



Dominique Paquet
Dominique Paquet lit sa pièce Cambrure fragile

Née à Bordeaux, Dominique Paquet a étudié la philosophie tout en menant une carrière d'actrice. Ainsi a-t-elle joué sous la direction de Georges Wilson, Jean-Louis Thamin, Claude Santelli, Jacques Rosny, etc., et interprété Molière, Feydeau, Brecht, Duras, etc. Spécialiste du parfum et du maquillage, Dominique Paquet a publié des ouvrages et des articles sur ces sujets (notamment Miroir, mon beau miroir, une histoire de la beauté, Gallimard, 1997 ; La Dimension olfactive dans le théâtre contemporain, L'Harmattan, 2005) ainsi que de nombreuses pièces de théâtre ; à destination du jeune public, elle a principalement écrit Les Escargots vont au ciel (Le mot de passe 1997, rééd. Théâtrales, 2002), ), Un hibou à soi (Manège, 1999), Les Échelles de nuages (École des loisirs, 2001), Son parfum d'avalanche (Théâtrales, 2003), Cérémonies (École des Loisirs, 2004), et, pour tout public, Congo-Océan (Chiron, 1990), La Byzance disparue (Le bruit des autres, 1994), Le Sous-vide et le Manger-mou (Crater, 2000), Vers la mer des Bossynes (Aneth, 2002), Cambrure fragile (Comp'Act, 2003), Les Tribulations d'une pince à glace (Avant-scène Quatre vents, 2005), etc. Chaque pièce de Dominique Paquet, empreinte de philosophie (on peut y croiser les enseignements de Gaston Bachelard ou de Gilles Deleuze), aborde et interroge un monde particulier. Dans Cambrure fragile, comédie acrobatique et économique qu'elle a choisi de lire à Saint-Herblain, c'est celui du... soulier (« Pour les chaussures, voyez ailleurs ».) L'entreprise Zeli...Zeli i Zeli Zeli (« Est-ce ma faute si mes frères étaient des quadruplés ?), maison de luxe déficitaire, voit venir la restructuration et l'ouverture de son capital aux investisseurs étrangers. Audit et trahison. L'amour passionnel pour le soulier et le radicalisme esthétique extravagant au service des cambrures triompheront-ils de la menace nippone ? Vive, enlevée, pleine de fantaisie et d'invention, cette pièce a obtenu une bourse de l'association Beaumarchais et avait été primée par les Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre. Co-directrice avec Patrick Simon du groupe 3.5.81, Dominique Paquet travaille comme conseillère artistique au Théâtre National Bordeaux-Aquitaine. Depuis 1999, elle est également auteure associée à la compagnie de La Hulotte. En 1998 avec Françoise Pillet et Karin Serres, elle a fondé Coq Cig Gru, collectif de trois auteures qui s'est donné pour mission de mettre l'écriture en scène, plus particulièrement en direction du jeune public. Plusieurs fois boursière du ministère de la Culture, boursière du Centre National du Livre (résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, à la Scène Nationale de La Roche-sur-Yon), médaillée de l'Académie des Arts, Lettres et Sciences de Bordeaux, Dominique Paquet est actuellement Secrétaire Générale des Écrivains Associés du Théâtre. (Texte de présentation, 2006)

mardi 9 mai 006



Christophe Pellet
Mireille Perrier et Sébastien Éveno lisent des extraits de quatre pièces de Christophe Pellet en sa présence

A quarante ans, Christophe Pellet est l'auteur d'une dizaine de pièces de théâtre dont quatre éditées à l'Arche. Ces sont ces quatre pièces dont Mireille Perrier et Sébastien Éveno, comédiens, lisent des extraits, en présence de l'auteur : Le Garçon Girafe, En délicatesse, Des jours meilleurs et Une nuit dans la montagne. En observateur délicat de l'évolution des moeurs, Christophe Pellet, cinéphile, diplômé de la FEMIS et co-scénariste de longs métrages, n'a pas son pareil pour écrire, dans un monde en perte de repères, la nouvelle nature de l'amour et les passions contrariées. Les pièces de Christophe Pellet ont été mises en scène par Jean-Pierre Miquel, Jean-Louis Thamin et Anastassia Politi en France, et Mary Peate en Grande-Bretagne. (Texte de présentation, 2003)


mardi 4 novembre 2003



Éric Pessan
Éric Pessan lit des extraits de sa dernière pièce La négligence des hommes

J'écris. Dans le meilleur des mondes, j'arrêterais là ma réponse. Un sujet, un verbe, ce n'est pas mal déjà. Sauf que dans notre société où les activités à faible rentabilité économique sont suspectes, il faut expliquer, développer. Écrire QUOI ? et surtout POURQUOI. Alors, allons-y, inventons : je suis venu au théâtre sans jamais être monté sur un plateau de ma vie, seulement pour le plaisir du texte. J'écris de tout, je ne m'interdis rien ; j'écris des romans, des pièces, des nouvelles, des poèmes et des textes en prose inclassables ; j'écris pour les enfants, les adultes et les vieux ; j'écris et j'y prends du plaisir. Quant à savoir pourquoi j'écris, disons que c'est ma façon de construire des cabanes dans les arbres.

Éric Pessan questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 15 janvier 2013. En écoute ici.

Éric Pessan sur Viméo

Mardi 15 janvier 013 à 20 h 30



Jean-Marie Piemme
Jean-Marie Piemme lit Le Tueur souriant et Langue de plouc, avec Virginie Thirion

Existe-t-il des crimes sans mobile, une violence gratuite ? C'est la question que pose Jean-Marie Piemme avec la reconstitution imaginaire d'un braquage de banque dans Le Tueur souriant, pièce extraite de sa trilogie Eva Gloria Léa. Dans Langue de plouc, il s'intéresse au décalage du langage quand, face à son interlocuteur, un individu ne sait trouver les mots qui lui permettraient d'aimer, de haïr, de se défendre, de s'expliquer. Né en 1944 en Belgique, Jean-Marie Piemme a été, en 1974, membre fondateur et dramaturge de L'Ensemble théâtral mobile aux côtés de Marc Liebens, Jean Louvet et Michèle Fabien avant de devenir membre du comité de direction du Théâtre Varia. Depuis sa première pièce, Neige en décembre, en 1988, laquelle révélait d'emblée un auteur majeur affirmant un style et un univers singuliers, Jean-Marie Piemme n'a cessé d'arpenter notre " monde tordu " pour proposer une réflexion aiguë sur la politique, la violence, le fascisme ordinaire ou les blessures d'amour. (Texte de présentation, 2000)


mardi 7 mars 2000



Jacques-François Piquet
Jacques-François Piquet lit des extraits de ses deux dernières pièces publiées Qui d'autre ? et Cité Funambule

Jacques-François Piquet, natif de Nantes, ne peut ni ne veut s'habituer au pire, cesser de s'indigner, et c'est sans doute pourquoi il écrit, roman, théâtre, proses poétiques, éclairant sa démarche par cette citation de Max Frisch : « Il y a pire que le bruit des bottes : le silence des pantoufles ». Plutôt que d'affirmer, son théâtre, sans refuser le tragi-comique, pose des questions sur la part sombre et les doutes de chacun d'entre nous. jfpiquet.com Jacques-François Piquet questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 08 novembre 2011. En écoute ici.

Mardi 8 novembre 2011 à 20h30



Natacha de Pontcharra
Natacha de Pontcharra lit sa pièce La Trempe

Natacha de Pontcharra, née en 1960, est passée de la nouvelle au théâtre pour permettre à d'autres vitalités de se joindre à celle de l'écrivain. Elle travaille régulièrement avec le metteur en scène Lotfi Achour. Si ses pièces dénoncent le décalage entre nantis et exclus, c'est par une écriture faussement réaliste, sans dialectique : le sordide vient toucher à la jubilation de la langue, et le drame devient drôle. (Texte de la présentation, 1998)

mardi 1 décembre 1998



Christian Prigent
Christian Prigent lit sa pièce Glossomanies

Né en 1945, Christian Prigent a fondé la revue TXT en 1969, qu'il a dirigée jusqu'en 1993. Il apparaît comme l'un des poètes les plus marquants de sa génération. Ses analyses et ses prises de position, joyeusement radicales, n'ont jamais craint d'aller à contre-courant des idées reçues, pourfendant les écrivains les plus installés ou reconnus pour défendre ceux qui ont fait le choix de l'invention d'une langue plutôt que de « la belle ouvrage ». À quoi il s'emploie lui-même, bousculant la syntaxe, les mots et leurs conventions. Christian Prigent est l'auteur d'une vingtaine de livres (poésie, fiction, essais) dont Notes sur le déséquilibre, Écrit au couteau, Commencement, Une phrase pour ma mère, Ceux qui merdRent, À quoi bon encore des poètes, etc. Glossomanies, sotie en trois tableaux, a été créée au Théâtre-Poème de Bruxelles en mai 1996 dans une mise en scène et une scénographie de Daniel Simon, interprétée par Fabienne Crommelynck, Monique Dorsel, Roland Clarembeau et Luc Vandermaelen. Des corps et des langues s'affrontent, d'où naissent des voix... Gargouillis des mots, drôlerie, légèreté, invention. (Texte de présentation, 1998)



mardi 6 janvier 1998



Claude Prin
Claude Prin lit sa pièce inédite Conférence

Retrouvailles... C'est en 1990 que fut créée, à Saint-Herblain, la Bibliothèque théâtrale, dans les locaux de l'espace culturel Onyx - la médiathèque Hermeland n'étant alors pas encore construite. Cette même année fut institué au premier mardi des mois d'octobre à mai le cycle de lectures-rencontres théâtrales Mardi, côté cour. À ce jour, près de 120 auteurs différents ont été reçus, plus de 160 lectures données. Vingt ans après (bonjour M. Alexandre Dumas !), Saint-Herblain accueille une nouvelle fois ses premiers invités. Ainsi peut-on se souvenir que, le 28 mai 1991, Michel Liard et Claudine Bonhommeau lisaient la pièce de Claude Prin Concert d'apocalypse (Actes Sud-Papiers). Après des études secondaires et universitaires en France et à l'étranger, Claude Prin enseigne pendant une dizaine d'années, puis se consacre entièrement à l'écriture, principalement théâtrale. C'est par sa pièce Enquête pour un fait divers, créée par Bernard Sobel au Théâtre de Gennevilliers en 1966, qu'il se fait connaître ; et reconnaître avec Cérémonial pour un combat (Seuil), procès poétisé des femmes de la Commune, monté en 1971 par le Théâtre de la Satire de Lyon, diffusé la même année sur France Culture et Radio Berlin, représenté en portugais au Teatro Sao Luiz de Lisbonne en 1975 et en allemand à la Volksbühne de Berlin en 1984. En 1975, le Festival d'Anjou crée Saint-Just et l'invisible (Actes Sud-Papiers) puis, en 1976, le Théâtre de la Ville représente Les Crucifixions de Saint-Barthélemy, dans une mise en scène de Denis Llorca. Bénéficiaire de différents soutiens officiels (bourses de séjour ou d'écriture, année sabbatique), Claude Prin poursuit sa carrière d'écrivain en publiant Stravaganza à Théâtre Ouvert (1981, réédité à L'Amandier en 2005), pièce diffusée sur France Culture (avec Michael Lonsdale, Catherine Sellers, Denis Manuel entre autres), qui évoque les heurs et malheurs du compositeur napolitain de la Renaissance Carlo Gesualdo, redécouvert par Alban Berg et Anton Webern. C'est ensuite Erzebeth, créée en 1986 au Festival off d'Avignon et, deux ans plus tard, par le Théâtre de la Jeunesse Chinoise de Pékin, sous le titre... évocateur : La Comtesse aux bains de sang. À cette occasion, il devient le premier auteur dramatique français à assister en Chine, dans la langue locale, à la représentation d'une de ses pièces... En 1990, le Théâtre Kleist de Francfort-Oder crée dans la ville natale du poète Tragédies (Actes Sud-Papiers), qui s'inspire des démêlés tragiques de Kleist et de sa soeur, texte diffusé sur Radio Hambourg, et sur France Culture avec François Marthouret et Anne Alvaro dans les principaux rôles. En 1993, La Maison du Geste et de l'Image lui passe la commande d'une pièce courte, destinée au jeune public : Chant d'exils (recueillie dans Brèves d'auteurs, Actes Sud « Babel »), choral de jeunes immigrés, est représentée par les élèves d'un lycée parisien, puis par une compagnie professionnelle à l'Espace Cardin de Paris en 1995. Premier volet d'une trilogie informelle qu'on pourrait appeler « Les Hitlérides », H (Actes Sud-Papiers), qui imagine les derniers moments d'un dignitaire nazi ressemblant fort à Himmler, est créé en 1998 au Théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine, puis au Lavoir moderne parisien. Suivent diverses commandes de France Culture, et en 2004, aux Éditions de L'Amandier, Matériaux pour un Théâtre de la Tragédie, recueil d'articles, préfaces, interviews parus précédemment. La même année, la SACD, Société des auteurs et compositeurs dramatiques, décerne son prix Radio à Claude Prin. En 2006, L'Amandier publie La Passion Minerve - écho contemporain de la tragédie cathare -, lue au Théâtre du Rond-Point à Paris en 2008, puis entreprend l'édition de Tragédies d'un siècle de fer, dont le premier volume Magda suivi de Tohu-Bohu paraît en 2009 ; Magda (deuxième « hitléride » et Médée moderne) est créée en 2008 au Théâtre d'Ulm (Allemagne). À Saint-Herblain, Claude Prin a choisi de lire sa troisième « hitléride », Conférence. À l'origine de cette pièce, la réunion, en 1942 à Wannsee, près de Berlin, au cours de laquelle le général SS Heydrich, secondé par Eichmann, convainc les représentants des ministères concernés de planifier l'extermination des Juifs d'Europe. Claude Prin met librement en scène l'événement qu'il prolonge avec l'accomplissement des destins croisés des deux responsables. On soulignera que, pour celle-là comme pour toutes ses pièces à fondement historique, Claude Prin évite soigneusement la reconstitution documentaire : « Dans le fond comme dans la forme, ce sont des fictions propres à l'auteur dramatique que je suis... » Triangles, enfin, qui doit constituer, avec Conférence, le deuxième volume de Tragédies d'un siècle de fer, entrelace les monologues de trois témoins privilégiés de la révolution bolchevique : le garde du corps de Trotski, la secrétaire de Lénine et un agent des services secrets de Staline. Cette pièce a été mise en ondes par France Culture, avec Michel Piccoli, Dominique Blanc et André Marcon. Toute l'oeuvre de Claude Prin, ni didactique ni moraliste, questionnant plutôt que jugeant, constitue la preuve éclatante que la tragédie n'a pas déserté la création contemporaine et, comme l'écrit Jean-Claude Lallias, « qu'elle est nécessaire au devenir et à la dignité du théâtre ». Dans cette forme d'écriture, Claude Prin voit un acte de violence fait à la langue, tout en répétant que la tragédie n'est pas désespérance passive ou acceptation de la fatalité, mais, souvent, lieu de l'espoir et des difficultés surmontées. À un dramaturge allemand qui lui demandait de définir son oeuvre dramatique en cinq mots, Claude Prin répondit : « Tragédie. Mythe. Ironie. Stylisation. Musicalité. » (Texte de présentation, 2010) Claude Prin questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 04 mai 2010. En écoute ici.

Mardi 4 mai 2010 à 20 h 30



Olivier Py
Olivier Py lit Les Visages d'Orphée

À 30 ans, Olivier Py est devenu l'un des auteurs dramatiques et metteurs en scène français les plus en vue. La création de La Servante (24 heures de spectacle) a fait figure d'événement au festival d'Avignon 1995. En 1996, il y signait deux nouvelles créations, Apologétique et Miss Knife et sa baraque chantante. Il est encore l'auteur de Des oranges et des ongles, Gaspacho un chien mort, Les Aventures de Paco Goliard, La Nuit au cirque, La Jeune Fille le diable et le moulin... Comédien, il a joué au théâtre dans Le Nouveau Menoza, Polyeucte et Ondine mis en scène par François Rancillac, Les Parisiens mis en scène par Pascal Rambert, Le Malade imaginaire mis en scène par Jean-Luc Lagarce... et au cinéma dans Dis-moi oui dis-moi non réalisé par Noémi Lvosky, Chacun cherche son chat réalisé par Cédric Klapish... (Texte de présentation, 1997)



mardi 4 mars 1997



Pascal Rambert
Pascal Rambert lit Récit de la préparation de Gilgamesh jusqu'à la première répétition en Avignon avec Christophe Lichtenauer, comédien, et en compagnie de François Berreur, éditeur aux Solitaires int

Abordant le théâtre par la mise en scène (Marivaux, Dario Fo et Büchner) dès 1980, à l'âge de 17 ans, Pascal Rambert a voulu célébrer l'an 2000 en prenant " le virus du monde large ", adaptant cet été, dans un champ de tournesols planté sur l'île de de la Barthelasse à Avignon et avec des acteurs américains, syriens et français, l'épopée de Gilgamesh, l'un des tout premiers textes de l'histoire de l'humanité né sur les bords du Tigre et de l'Euphrate voici 5000 ans. Auteur à ce jour d'une douzaine de pièces publiées par Actes Sud - Papiers (http://www.actes-sud.fr/) et Les Solitaires intempestifs (http://www.theatre-contemporain.net/), et fondateur du Side one posthume théâtre, il veut entendre l'écriture de théâtre " dans le sens large, dans le geste large et toujours renouvelé, de l'élégance et de la beauté, dans la direction d'un astre et d'un seul : celui de la poésie ". (Texte de présentation, 2000)


mardi 3 octobre 2000



Jacques Rebotier
Jacques Rebotier lit des extraits de ses pièces Vengeance tardive, La Vie est courbe et Réponse à la question précédente

Jacques Rebotier, compositeur de musique, auteur dramatique, poète, metteur en scène, directeur de compagnie (voQue), enseignant, responsable culturel, formateur et plus car affinités et croisements multiples, se définit lui-même comme un " ôteur-composteur multiglingue ". Friand de collaborations avec d'autres écrivains, des danseurs et des plasticiens, jouant sans retenue avec les mots, il propose ses " aphorismes et périls ", prétend que " tomber nuit gravement à la santé " et confond " approchez ! approchez ! " avec " accrochez ! accrochez ! " ; c'est peut-être la raison pour laquelle ses lectures sont de celles dont les auditeurs ravis affirment qu'on ne peut décrocher. (Texte de présentation, 2002)


mardi 8 janvier 2002



Sylvain Renard
Sylvain Renard lit son théâtre

Né en 1971 à Lyon, Sylvain Renard vit depuis plusieurs années à Nantes. Après des études littéraires, il suit les cours d'improvisation de Alain Knapp à Paris, puis devient acteur au sein de la compagnie Théâtre Odyssée dont les spectacles sont joués en France et en Corée du Sud avant de prendre la responsabilité des relations publiques au Théâtre de la Tempête, à la Cartoucherie de Vincennes. En 2006, les (très élégantes) Éditions Color Gang publient sa première pièce, Allô, remarquée par plusieurs comités de lecture et pour laquelle il obtient une aide du ministère de la Culture. Avec le Théâtre Athénor de Saint-Nazaire, il rencontre de nombreux collégiens qui étudient ce texte repris aujourd'hui par des manuels scolaires. Deuxième de ses « comédies technologiques », Haut Débit répond à une commande du Phénix - Scène nationale de Valenciennes - et est publiée par le même éditeur en 2007 ; Sylvain Renard en donne une lecture publique avec l'actrice Claire Caigneaux et le DJ Harry Cover dans le cadre de Lettres sur cour, à Vienne, en juillet 2008. Après le téléphone portable et l'ordinateur, Sylvain Renard entreprend d'interroger l'univers des logiciels de réalité virtuelle, écrivant OpenSpace en résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon (Centre national des écritures du spectacle). La pièce paraît en 2008 chez le même éditeur et l'auteur établit une version anglaise avec Alice Nez et Andrew Taylor. Plusieurs lectures publiques sont alors données, d'abord dans le cadre de la programmation d'été de la Chartreuse pendant le Festival d'Avignon, puis à Paris, au Théâtre du Rond-Point, et ailleurs en France. En devenant des avatars, les joueurs d'OpenSpace, rivés à leurs ordinateurs, s'inventent une autre identité et une autre vie dans un monde parallèle où l'on ne souffre pas physiquement, où nulle blessure n'est mortelle, où l'on ne vieillit pas, où l'on boit de la caïpirinha sans être ivre, où le sexe est sans danger et le corps toujours à la hauteur... Sarah est devenue Futura et, pour retrouver sa femme enfermée à clef toutes les soirées puis des journées entières dans son bureau, Louis se transforme en Zapf Dingbats. Une Verdana lui permet d'entrer en contact avec Futura dans le décor désertique de Paris (Texas), et il va tenter de la ramener à la raison et à la table familiale : « les lasagnes sont prêtes ». Peu à peu, bien que dénonçant à ses interlocutrices « cette farce », « ce cirque insupportable », ce jeu stupide et dégradant, cette folie, Louis / Zapf Dingbats se laisse aspirer par le vertige d'un univers dans lequel on devient un autre qui peut dissimuler, mentir, abuser et jouer jusqu'à faire l'amour. Futura s'éprend de Charcoal, lequel changera de sexe, tandis que Zapf Dingbats la trompera virtuellement avec Desdemona et que, depuis la vraie vie, Vincent supplie Jennifer de venir partager une entrecôte et un banana split. Insupporté, un pied encore dans le réel, Louis rêve de mettre fin aux jours de l'avatar de Sarah, mais on ne peut tuer sur OpenSpace... Les personnages de Sylvain Renard sombrent alors dans une addiction dont les conséquences sur leur vie réelle prennent des proportions dramatiques. Comme dans ses précédentes pièces, la critique inquiète est patente d'une fascination pour les nouvelles technologies dont l'auteur ne s'exclut pas, ayant vu arriver dès son enfance les premiers ordinateurs personnels. Une fin sans conclusion morale signe la réussite d'une pièce claire, intelligente et rigoureusement construite dans laquelle la variété des décors et le don de vol des personnages peuvent redonner sa place à la machinerie de théâtre. Pour l'auteur dramatique Sylvain Renard, la langue est davantage qu'un territoire à explorer : « un matériau qui m'est donné et avec lequel je travaille. Ce matériau vit, mute. Les nouvelles technologies apportent avec elles quantité de mots nouveaux... » Moderne, archi-moderne, cette troisième pièce, « songe d'une nuit virtuelle », même si elle traite de la fuite devant l'existence, reste extrêmement drôle et devrait être suivie d'une nouvelle comédie technologique... en alexandrins, Tendre robot, actuellement en chantier. N'entendant ni se limiter, ni s'arrêter, Sylvain Renard travaille actuellement à plusieurs textes de front. (Texte de présentation, 2009)

Mardi 5 mai 009 à 20 h 30



Noëlle Renaude
De 14 à 22 heures, à l'occasion de Lire en Fête, Christophe Brault interprète le roman-feuilleton théâtral de Noëlle Renaude, Ma Solange, comment t'écrire mon désastre, Alex Roux, en présence de l'aut

À l'occasion de la manifestation nationale Lire en Fête, le comédien Christophe Brault interprète une grande partie du roman-feuilleton théâtral de Noëlle Renaude Ma Solange, comment t'écrire mon désastre, Alex Roux, en présence de l'auteur, dans LE CLUB de la médiathèque Hermeland. Exceptionnelle à plus d'un titre, cette représentation proposée par la Bibliothèque théâtrale se déroule de 14 à 22 heures. Le comédien Christophe Brault interprète en direct, une demi-heure par heure, cette aventure au long cours. Le feuilleton imaginaire d'Alex Roux et de sa Solange, magistrale leçon de théâtre et de littérature, ne réunit pas moins de mille personnages dans un seul acteur, personnage à mille voix. (Texte de la présentation, 1998)



vendredi 16 octobre 1998



Claire Rengade
Claire Rengade lit des extraits de son théâtre à dire

« J'écris en rond. C'est la parole qui me l'a appris. La parole est ronde.
J'essaye d'aller au monde, pour que le monde m'apprenne tout ce qui n'est pas moi.
J'écoute la parole à l'état sauvage, le vivant dépasse, je déborde aussi.
L'acteur met de l'air autour, le volume c'est lui. » Claire Rengade, novembre 2012
theatrecraie.free.fr

Mardi 3 décembre 013 à 20 h 30



Michel Rio
Christian Muller lit Baleine pied-de-poule de Michel Rio, en présence de l'auteur

Michel Rio est né en Bretagne, a passé son enfance à Madagascar et vit à Paris. Il a publié plus de dix romans, des contes, des essais critiques et deux pièces de théâtre, Baleine pied-de-poule et L'Ouroboros. Son oeuvre a été traduite dans une quinzaine de langues, récompensée par cinq prix littéraires en France et largement éditée en collections de poche. Singulière, voire solitaire, elle est marquée par la permanence du dialogue philosophique et la fascination pour la dialectique. Christian Muller, fondateur et directeur de la compagnie Théâtre Moby Dick à Cherbourg, formé au théâtre avec notamment Jean-Pierre Sarrazac, René Loyon et Alain Bézu, a mis en scène Baleine pied-de-poule en 1993, et lit un choix de textes de Michel Rio en présence de celui-ci qui s'entretient de son oeuvre avec le public. (Texte de présentation, 1997)

mardi 1 avril 1997



Sandrine Roche
Sandrine Roche lit des extraits de son théâtre

« J'écris sur le rapport physique que l'homme entretient au monde, sur la marge de manoeuvre singulière et autonome dont l'individu dispose au sein de sa communauté. J'explore la parole, le mot, le verbe, dans sa capacité à fabriquer de la réalité, et je regarde comment le corps s'adapte à cette réalité, comment il s'y inscrit et la transforme en vérité. C'est l'espace physique de la langue qui m'intéresse. Le rapport qu'elle entretient à l'espace physique qui la donne et la révèle. L'espace physique de sa représentation... » (...) Sandrine Roche, novembre 2012. Sandrine Roche questionnée par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 14 mai 2013. En écoute ici.

Mardi 14 mai 013 à 20 h 30



Mohamed Rouabhi
Mohamed Rouabhi lit des morceaux coupés de Malcolm X et des extraits de ses dernières pièces inédites avec Catherine Buquen, comédienne, et Spike, rappeur

Mohamed Rouabhi lit des morceaux coupés de sa pièce évoquant la mémoire du fondateur des Black Panthers assassiné à New York le 21 février 1965 et dont les deux derniers discours trouvent une résonance étrangement contemporaine avec les textes des rappeurs de Bobigny, D. et Spike. Animateur d'ateliers d'écriture en milieu carcé­ral, Mohamed Rouabhi lit également des textes théâtraux d'Ulrike Meinhoff et des extraits de ses dernières pièces inédites, L'Âge de sang et Providence café, en compagnie de la comédienne Catherine Buquen et du rappeur Spike. Mohamed Rouabhi revendique que « le théâtre d'aujourd'hui doit être un théâtre qui parle d'aujourd'hui, un théâtre à la fois historique et contemporain, un théâtre qui parle de l'intérieur du monde en marche, et qui regarde les sillons que ce monde parfois atroce laisse derrière lui. » Metteur en scène, comédien au théâtre et au ci­néma (Yves Reynaud, Eugène Durif, Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch, Pierre Oscar Levy, Xavier Durringer), Mohamed Rouabhi se présente ainsi : « Mon père disait : "Avant d'être algérien, j'étais français"... Quant à moi, avant d'être français, j'étais algérien. » Pour dénoncer, partout dans le monde, le pouvoir avide de vies humaines, l'hypocrisie politique, les haines raciales et le fanatisme religieux, il a écrit six pièces publiées par Actes-Sud Papiers et Paroles d'aube : Les Acharnés, Les Fragments de Kaposi, Les Nouveaux Bâtisseurs, Ma Petite Vie de rien du tout, L'Âge de sang et Malcolm X, mises en scène par Claire Lasne et par lui-même. (Texte de présentation, 2001)

vendredi 5 janvier 2001



Christian Rullier
Christian Rullier lit sa pièce ADN (Abandon - Désobéissance - No body) avec Nathalie Pivain

Né en 1957, Christian Rullier apparaît aujourd'hui comme l'un des auteurs de théâtre français les plus pertinents de sa génération. Auteur de treize pièces souvent traduites dans plusieurs langues, il a été mis en scène par François Rancillac, Jacques Kraemer, Jean-Louis Jacopin, Nabil El Azan, José Valverde, etc. Son roman L'Alphabet des désirs est paru chez Buchet-Chastel tandis qu'un deuxième, Le Paradis est là où l'on se trouve est en cours d'écriture. Au cinéma, Christian Rullier est l'auteur d'Outremer, en collaboration avec Philippe Le Guay et Brigitte Rouan, et de Passage d'après le roman de Karel Pecka. Pour la télévision, il a adapté des textes de Giono et Simenon, et écrit de nombreux scénarios. Ses personnages de théâtre, de cinéma et de télévision ont été interprétés par Marie-Christine Barrault, Christiane Cohendy, Laurence Roy, Dominique Pinon, Nicole Garcia, Bruno Crémer, Jacques Bonnaffé, Jacques Perrin, Feodor Atkine, Denise Chalem, Julien Guiomar, Pierre Arditi... ADN, « pièce comique », propose un dialogue entre un homme et une femme, cru, chargé de violence et déchirant, pour nous parler du couple, de l'alcool et de l'écriture. (Texte de présentation, 1998)



vendredi 16 octobre 1998



Pauline Sales
Pauline Sales lit des extraits de son théâtre

Comédienne formée au Théâtre national de Strasbourg et ayant joué sous la direction de Jean-Marie Villégier, Philippe Puymartin, Jean-Louis Hourdin, Jean-Gabriel Nordmann ou Philippe Delaigue, metteure en scène, auteure de plus de dix pièces publiées en moins de dix ans, et très régulièrement représentées, Pauline Sales, née en 1969, apparaît aujourd'hui comme l'une des figures majeures du paysage théâtral français dans lequel il est désormais remarquable de voir se multiplier et s'imposer les écritures féminines. Écrite en 1998, sa première pièce, La Bosse, obtient l'encouragement de la première oeuvre par le ministère de la Cuture et sera lue publiquement l'année suivante au Centre dramatique d'Orléans, puis créée au festival de Blaye dans une mise en scène de Laurent Laffargue. En 2000, elle est mise en espace au Royal Court à Londres dans le cadre de la Semaine française et publiée par les Éditions Les Solitaires intempestifs qui feront fidèlement paraître, par la suite, la plupart de ses textes de théâtre. Ainsi Dépannage, Cake ! suivi de Il aurait suffi que tu sois mon frère (2002), Le Groenland (2003), L'Infusion (2004), Désertion (2005), Les Arrangements (2008) et Family Art (2009). Lansman Éditeur a encore fait paraître sa pièce courte La Route, recueillie dans Quatre Petites Comédies pour une comédie (2004), Espaces 34 Prestige dans Caravanes et L'Arche, tout récemment, Israël-Palestine, portraits. La plupart des pièces de Pauline Sales, dont plusieurs sont traduites en allemand et en anglais (par Martin Crimp et Gregory Motton), ont été et continuent d'être régulièrement lues en public, mises en espace ou en scène, par Vincent Garanger, Yaelle El Haddad, Enzo Cormann (elle intervint de 2003 à 2007 dans le département écriture qu'il dirige à l'École nationale supérieure des arts et techniques du spectacle), Laurent Vacher, Marie-Pierre Besanger, Christophe Perton, Richard Brunel, Jean-Marc Bourg, Cédric Michel, Jacques Kraemer, Jean-Claude Berutti et Philippe Delaigue. Ce dernier prépare la mise en scène de sa dernière pièce, À l'ombre, qui, s'intéressant à la figure démiurgique de Brecht, sera créée le 18 janvier prochain au Préau de Vire avant d'effectuer une tournée en France. L'activité d'auteure de Pauline Sales, dont une dizaine de pièces courtes répondant généralement à des commandes françaises et étrangères restent inédites (Ici, par exemple, écrite avec David Lescot), se double de celle de traductrice puisqu'elle a collaboré avec Silvia Berutti-Ronelt pour quatre textes des auteurs allemands David Gieselmann, Falk Richter et Ulrike Syha, et avec Philippe Le Moine pour trois textes anglais de Dennis Kelly. Dès 2002, et jusqu'en 2008, Pauline Sales a été auteure associée et dramaturge à la Comédie de Valence, Centre dramatique national de Drôme-Ardèche ; depuis janvier 2009, elle assure avec Vincent Garanger la codirection du Centre dramatique régional de Vire, Le Préau. De pièce en pièce, Pauline Sales, fascinée par « le monde des histoires » et la férocité des contes, interroge et dissèque, avec le charme cruel qui lui est propre, l'intimité des rapports humains jusque dans des situations décalées pouvant ressortir, parfois, au fantastique. Hommes entre eux, adultes et enfants, couples. Avec des répliques souvent brèves, efficaces et sans fioritures, elle parvient toutefois à forger une langue travaillée, puissante, proche du poème pour « regarder là où ça fait mal, où ça n'est pas joli, où ça se ment ». Autour de la thématique de l'argent, elle vient de terminer une petite forme théâtrale, Poux, pour la Comédie-Française. Pourtant, ce théâtre, remarquable par ses formes très construites, ne peut être réduit aux seuls cauchemars de la vie, à ses avatars, à ses insatisfactions et à ses violences ; ce serait oublier la présence salutaire, dans cette écriture certes crue, brute et acérée, d'une pudeur et d'un humour que Pauline Sales sait laisser pointer ici et là. (Texte de présentation, 2009) Pauline Sales questionnée par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 06 octobre 2009. En écoute ici.

Mardi 6 octobre 009 à 20 h 30



Jean-Pierre Sarrazac
Jean-Pierre Sarrazac lit des extraits de deux de ses dernières pièces, Ajax/retour(s) et La Boule d'or

Retrouvailles... C'est en 1990 que fut créée, à Saint-Herblain, la Bibliothèque théâtrale, dans les locaux de l'espace culturel Onyx - la médiathèque Hermeland n'étant alors pas encore construite. Cette même année fut institué au premier mardi des mois d'octobre à mai le cycle de lectures-rencontres théâtrales Mardi, côté cour. À ce jour, près de 120 auteurs différents ont été reçus, plus de 160 lectures données. Vingt ans après (bonjour M. Alexandre Dumas père !), Saint-Herblain accueille une nouvelle fois ses premiers invités. Ainsi peut-on se souvenir que, le 10 décembre 1991, Claude Yersin y lisait la pièce de Jean-Pierre Sarrazac, Harriet. Essayiste, formateur et auteur dramatique, postulant que le théâtre « permet de débusquer tous les possibles », mettant délibérément « du roman dans le drame », Jean-Pierre Sarrazac a écrit plus de quinze pièces, chroniques de notre temps empruntant parfois la forme de contes pour actualiser des images mythologiques et jeter un regard politique sur une société aux prises avec l'antisémitisme ou l'immigration. « L'écriture dramatique, analyse Jean-Pierre Sarrazac, est une écriture au bord du vide et l'on pourrait même dire au bord d'une tombe entrouverte, en communication directe avec les morts. C'est ce vertige-là qui, de ma première pièce Lazare lui aussi rêvait d'Eldorado à la dernière à ce jour, La Boule d'or, est pour moi au principe de l'écriture dramatique. » Tant au plan des thèmes qu'à celui de la forme, Jean-Pierre Sarrazac n'a de cesse d'interroger le retour - le retour sur... « Pour prendre une de mes pièces les plus souvent jouées, La Passion du jardinier (créée par Pierre-Étienne Heymann en 1989), c'est le retour d'une morte sur le lieu-même où un Jeune jardinier antisémite l'a sauvagement assassiné. » Dans son avant-dernière pièce, Ajax/retour(s), dont il lira le début (texte disponible à La Bibliothèque dans le fonds des tapuscrits d'Aneth), le retour lui permet d'aborder « la question de la guerre civile, de la guerre entre proches telle qu'elle peut avoir lieu aujourd'hui au Moyen-Orient, en Europe de l'Est et demain, qui sait ? à nos portes, dans notre propre jardin. J'ai imaginé un Ajax local, simple champion de village, qui voudrait suivre le même chemin du retour que son rival Ulysse. Ulysse raté, qui s'effraye et égorge son chien, que la femme qu'on peut supposer être - ou avoir été - son épouse refusera de reconnaître. Pseudo-Ulysse qui finira en Ajax, c'est-à-dire suicidé, avec à ses côtés, pour l'assister dans cet ultime moment, son anti-Pénélope. » Autant le dire, les pièces de Jean-Pierre Sarrazac « ne machinent nulle intrigue. Tout juste en constituent-elles l'épilogue. Comme le dit si bien Danis dans la didascalie inaugurale de Cendres de cailloux, quand la pièce commence, "le drame a déjà eu lieu". Avec leur temporalité stratifiée, leur tentative d'embrasser, au-delà d'un conflit interpersonnel, tout le drame-de-la-vie, mes pièces - en tout les cas, les deux dont je viens de parler - sont moins des drames que des retours sur un drame. » « Dans La Boule d'or, ma dernière pièce, qui est censée se dérouler au milieu des années 1990, le retour paraît totalement impossible. L'un des personnages en convoque un certain nombre d'autres dans un lieu, le sous-sol du café parisien La Boule d'or, qui n'existe plus. La rencontre est impensable - et cependant elle va avoir lieu. Sont censés se retrouver, sous le prétexte de régler un vieux contentieux, d'anciens jeunes gens d'extrême-gauche, désormais quinquagénaires, qui publièrent ensemble autrefois une revue dédiée à la Révolution. Sur cette trame quasi policière, les quatre personnages effectuent une véritable plongée dans le temps. Ici-maintenant et Ailleurs-autrefois brouillent leurs frontières. De ce geste rétrospectif, de cette palinodie, au sens philosophique et positif du terme - « D'où sommes-nous partis et comment en sommes-nous arrivés à ce que nous sommes aujourd'hui ? » -, peut-être sortira-t-il - pour les personnages eux-mêmes et pour les spectateurs de la pièce - un début de compréhension des bouleversements qui se sont produits ces dernières décennies - celles de l'après-68 - dans notre paysage intellectuel, politique, existentiel. Encore une fois, dans cette écriture du temps, il s'agit d'un retour - retour sur 68, sur des fondations que d'aucuns voudraient détruire aujourd'hui. » (Texte de présentation, 2010) Jean-Pierre Sarrazac questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 02 novembre 2010. En écoute ici.

Mardi 2 novembre 2010 à 20 h 30



Eugène Savitzkaya
Eugène Savitzkaya lit des petits morceaux de ses pièces La Folie originelle, Les Travaux de Hans Weber Evorian, Ode au paillasson et Contre l'homme

Né en 1955 à Saint-Nicolas-les-Liège, d'une mère russe et d'un père polonais, Eugène Savitzkaya publie très jeune des poèmes, sous les auspices de Jacques Izoard, notamment à l'Atelier de l'Agneau, et des récits qui lui valent en Belgique et en France une notoriété précoce et lui ouvriront les portes prestigieuses de la Villa Médicis à Rome. Après une quinzaine de recueils de poèmes et de romans principalement publiés par les Éditions de Minuit, Eugène Savitzkaya écrit sa première pièce, La Folie originelle (Minuit, 1991) à l'instigation d'un metteur en scène français. Suivent de nouveaux textes théâtraux dont Aux prises avec la vie courante, Est, La Femme et l'autiste (coécrits et montés avec la Compagnie Transquinquennal, recueillis dans Aux prises avec la vie, Le Fram, 2002). Ce même collectif bruxellois vient de créer sa pièce Convives, à Limoges. D'autres de ses textes, dont Célébration d'un mariage improbable et illimité(Minuit, 2002), ont été portés à la scène dans plusieurs pays d'Europe, notamment par Sébastien Derrey, Lorianno de la Roca ou Rodolphe Burger (Unlimited Mariage dans son album Meteor Show). Mais qu'écrit Eugène Savitzkaya ? Des romans, des récits, des contes, de la poésie, du théâtre ? La plupart de ses livres, au style si reconnaissable, traversés par des figures et des atmosphères qu'on qualifiera de monstrueuses, violentes, outrancières, primitives, barbares, cruelles (des princesses-vinaigre plutôt que des princesses de sucre d'orge...), sont contestablement sous-titrés roman - question « d'étiquette » qu'il ne se pose plus... On pourrait aussi bien les classer en poésie (qui n'est pas que vers, mais parole) et leur sonorité, leur langue riche, inventive, psalmodiante, vociférante, ressassante, d'une « ivresse exquise » pour reprendre ses propres mots, les tirent vers l'incarnation par la voix, la radiodiffusion, la scène - « mes textes sont écrits oralement, ils sont faits pour être dits... J'ai décidé de ne pas faire d'oeuvre ». Ainsi, nombre d'entre eux ont-ils été joués en Belgique, France, Allemagne et Italie. Éclatante nécessité, ici, de la catharsis... (Texte de présentation, 2008)

mardi 13 mai 008



Jacques Serena
Jacques Serena lit sa pièce Quart d'heure

Romancier, Jacques Serena a l'art du monologue, et Jean-Louis Martinelli, directeur du Théâtre National de Strasbourg, l'invite comme auteur associé. De cette collaboration naît Rimmel, pièce créée voici un an par Joël Jouanneau. Quart d'heure, monologue féminin, dit l'impossibilité du retour à la vie banale après un moment glorieux. La langue de Serena, né en 1950, est âpre, syncopée, brûlante, toujours en quête de lucidité. (Texte de présentation, 1999)

mardi 5 janvier 1999



Michèle Sigal
Michèle Sigal lit des fragments de son oeuvre théâtrale et radiophonique

Pour être discrète, Michèle Sigal n'en est pas moins l'un des écrivains de théâtre très remarquables d'aujourd'hui. « Quand l'oeil se laisse tirer par l'oreille, les mots ont le vertige » dit-elle, ajoutant en variante : « Quand l'oreille mène la danse, les mots ont le vertige »... Ainsi, Michèle Sigal exprime-t-elle sa prédilection pour un théâtre où l'espace sonore occupe une place aussi importante que la représentation visuelle. Cette auteure et comédienne qualifie également ses pièces de « hors les murs », signifiant ainsi que ses dernières, théâtrales et radiophoniques, tirent leur inspiration de voyages au long cours. Son écriture, qualifiée par Christian Rullier de « généreuse, poétique, surprenante et rebelle », soutenue par le regard incisif et très informé qu'elle porte, telle une enquêtrice, sur le monde contemporain, procède par vastes renversements de perspective qui ont pour effet de faire naître et vivre sur le plateau un présent inédit et riche, lequel déborde les frontières du réel pour y inclure la mémoire, la fiction et le rêve. Dans L'Heure bleue, par exemple, une opération de promotion immobilière se déroule sous le regard narquois d'un mort et d'un gisant, légitimes habitants du terrain dont on s'apprête à bouleverser la longue histoire. Dans Gémonies (une Antigone), un drame semblable se joue sur un autre registre, mettant aux prises le projet politique de Créon et la mémoire sacrifiée de tous ceux que sa mise en oeuvre condamne à la disparition - toute référence à une quelconque actualité n'étant évidemment pas fortuite. Bonne nuit, ne mourez jamais, qui met en scène, longtemps après leur disparition respective, deux maîtres du théâtre russe - Meyerhold et Stanislavski - porte un réjouissant regard occidental sur l'identité russe (et la culture américaine), dont les effets de décalage et d'anachronisme débouchent sur une indéniable magie de la représentation, comme si ces deux vieilles figures à la fois inséparables et antagonistes convoquaient inévitablement leurs avatars burlesques (Laurel et Hardy) ou absurdes (Hamm et Clov) et donnaient tout naturellement naissance à d'autres personnages, un peu à la manière des poupées russes. Toujours pour Christian Rullier, Michèle Sigal, résistante portée par le désir de dire, « archéologue des fractures humaines » (Prix des histoires courtes au Festival des Radiophonies en 2004 et Prix Nouveau talent radio SACD en 2006), dérange « la plaque conformiste d'un présent qui nous échappe, d'un présent où l'Humain a perdu toute valeur dans l'anthropophagie des sociétés marchandes ». (Texte de présentation, 2011) Michèle Sigal questionnée par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 04 janvier 2011. En écoute ici.

Mardi 4 janvier 2011 à 20 h 30



Jean-Pierre Siméon
Jean-Claude Berutti lit La Mort n'est que la mort si l'amour lui survit. Histoire d'Orphée de Jean-Pierre Siméon en présence de l'auteur.

« VOILÀ CE QUE JE CROIS : le théâtre, la poésie c'est essentiel mais ça n'est pas grave. Que l'oeuvre importe ne devrait surtout pas nous conduire à faire les importants. À jouer les importants. » Poète, romancier, dramaturge, critique, Jean-Pierre Siméon est l'auteur de nombreux recueils de poésie, de romans, de livres pour la jeunesse, et de dix pièces de théâtre. Il est directeur artistique du Printemps des poètes depuis avril 2001. Ses derniers textes, Philoctète et Le Testament de Vanda ont été joués au mois d'octobre 2009, respectivement à l'Odéon-Théâtre de l'Europe, dans une mise en scène de Christian Schiaretti, avec Laurent Terzieff et au Théâtre du Vieux-Colombier, avec Sylvia Bergé dans une mise en scène de Julie Brochen. Il publie chez Cheyne éditeur depuis plus de vingt ans tous ses recueils de poésie. Son oeuvre poétique lui a valu le prix Théophile Briant en 1978, le prix Maurice Scève en 1981, le Prix Antonin Artaud en 1984, le prix Guillaume Apollinaire en 1994 et le grand prix du Mont Saint-Michel pour l'ensemble de son oeuvre en 1998. Il a reçu en 2006 le prix Max Jacob pour son recueil Lettre à la femme aimée au sujet de la mort. Jean-Pierre Siméon questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 06 décembre 2011. En écoute ici.

Mardi 6 décembre 2011 à 20h30



Louis-Charles Sirjacq
Louis-Charles Sirjacq lit sa nouvelle pièce Pinard vs Flaubert

Retrouvailles... C'est en 1990 que fut créée, à Saint-Herblain, la Bibliothèque théâtrale, dans les locaux de l'espace culturel Onyx – la médiathèque Hermeland n'étant alors pas encore construite. Cette même année fut institué au premier mardi des mois d'octobre à mai le cycle de lectures-rencontres théâtrales Mardi, côté cour. À ce jour, près de 120 auteurs différents ont été reçus, plus de 160 lectures données. Vingt ans après (bonjour M. Alexandre Dumas !), Saint-Herblain accueille une nouvelle fois ses premiers invités. Ainsi peut-on se souvenir que, le 14 janvier 1992, Louis-Charles Sirjacq lisait, à Onyx, sa pièce Duo Dubalcon, et y revenait le 13 avril 1993 pour Au pays des hommes nus. Auteur de pièces de théâtre et d'un roman, traducteur, metteur en scène, adaptateur, scénariste pour le cinéma et la télévision, Louis-Charles Sirjacq est né en 1949 à Rennes. Après des études d'histoire, il travaille comme producteur à France Culture, puis collabore avec Bruno Bayen (co-écriture de Square Louis-Jouvet) et La fabrique de théâtre au Centre dramatique de Toulouse. Sa première pièce Il Salto mortale est montée par Jean-Marie Patte au Festival d'automne. Toujours avec Bruno Bayen, et avec Florence Delay et Évelyne Pieiller, il a co-dirigé la collection de théâtre « Répertoire de saint Jérôme » aux Éditions Christian Bourgois, laquelle a fait découvrir en France des auteurs tels que Nelson Rodriguès, Stanislaw Wyspianski, Gregory Motton ou Alan Bennett. Joël Jouanneau, metteur en scène de Madame, on meurt ici !, évoque « un texte au couteau, un écrivain sur le fil ». Daniel Lemahieu, quant à lui, remarque que le travail de Louis-Charles Sirjacq oscille entre la comédie familiale, fondée sur les manies et les lubies des personnages, et la poursuite d'un feuilleton inauguré en 1982 et voué à la recherche de l'identité d'un être énigmatique, Léo Katz, forme de double de l'auteur, à qui le monde tel qu'il est ne convient guère (Léo Katz et ses oeuvres, roman théâtral ; L'Hiver, chapitre 1). À Saint-Herblain, Louis-Charles Sirjacq a choisi de lire sa nouvelle pièce, inédite, Censurer, question de morale !... En utilisant avec rouerie les vieilles ficelles de la comédie, péripéties, rebondissements et... coups de théâtre, l'auteur pervertit la forme de la comédie avec une écriture rigoureuse jouant sur les oppositions pour mettre en scène des personnages à la Kafka. Analysant son roman Comment j'ai tué mon chat, la revue littéraire Le Matricule des anges écrit : « On découvre par-dessus tout l'humour noir, gris, rouge, polychrome de Louis-Charles Sirjacq et on réalise à quel point la dérision, la folie et la littérature font parfois bon ménage. » (M.-L.P.) On doit encore à Louis-Charles Sirjacq, traducteur, des versions françaises d'auteurs aussi marquants que Frank Wedekind, Bertolt Brecht, Eugène O'Neill , Elfriede Jelinek, Lars Norén, Lee Hall ou David Hare. Ses participations à l'écriture de scénarios pour le cinéma et la télévision comptent notamment Vive la sociale de Gérard Mordillat, Premier de cordée et La Grande Crevasse de Édouard Niermans, Caution personnelle de Serge Meynard, Il faut sauver Saïd de Didier Grousset, Chiennes de vies de Benoît Sourty. Louis-Charles Sirjacq a reçu le Prix SACD Nouveaux talents (1991), le Prix Ibsen (1993) et a été nommé aux Molières comme meilleur auteur pour L'Argent du beurre (1996), meilleur adaptateur pour Skylight (1998), meilleure pièce pour Les Riches reprennent confiance (2008). (Texte de présentation, 2010) Louis-Charles Sirjacq questionné par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 05 octobre 2010. En écoute ici.

Mardi 5 octobre 2010 à 20 h 30



Jens Smaerup Sørensen
Christophe Rouxel lit L'Enfant recherché de Jens Smaerup Sørensen en présence de l'auteur et de son traducteur, Karl Poulsen

Poète, romancier et dramaturge, le Danois Jens Smærup Sørensen a été le premier invité de la Maison des Ecrivains Etrangers et des Traducteurs à Saint-Nazaire, en 1987, puis le dernier hôte de la Maison des Ecrivains Etrangers de Théâtre à Saint-Herblain, dix ans plus tard - succédant notamment à Michal Laznovsky, Gao Xingjian (prix Nobel de Littérature 2000), Furio Bordon ou Giuseppe Conte. L'Enfant recherché, pièce tragique aux accents comiques, a été publiée en 2001 par la M.E.E.T. Christophe Rouxel, directeur du Théâtre Icare à Saint-Nazaire, a créé, le 8 janvier 2002 à la Maison de la Culture de Loire-Atlantique, L'Affaire de la rue de Lourcine d'Eugène Labiche. (Texte de présentation, 2002)


mardi 5 mars 2002



Luc Tartar
Luc Tartar lit sa pièce inédite Adieu Bert

Luc Tartar est né en 1963. Au sortir du conservatoire d'Arras, il poursuit une carrière de comédien tout en écrivant pour le théâtre ; ainsi a-t-il incarné des personnages de William Shakespeare, Kateb Yacine, Lawrence Durrell ou Tennessee Williams. Il est à présent l'auteur d'une douzaine de pièces dont Zéro (Domens, 1997), Lucie ou Le Fin mot de l'histoire (Lansman, 1998), Les Arabes à Poitiers (Lansman, 1999), le triptyque Terres arables (Lansman, 2000, résidence d'auteur à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon en 1995 sous le parrainage de Michel Azama), Papa Alzheimer et Information sur le schnaps (Lansman, 2003), Starting-blocks et L'Abécédaire ou Les Compléments de temps (dans Petites comédies de la vie, Lansman, 2004). Il est actuellement auteur associé au Théâtre d'Arras où il vient d'achever un diptyque sur la guerre, Estafette et Adieu Bert (aide à la création du ministère de la Culture en février 2004 et sélection du comité de lecture de l'association ANETH). C'est cette dernière pièce qu'il a choisi de lire intégralement à Saint-Herblain. Luc Tartar y évoque la mémoire d'Anselme, un jeune galibot, enseveli lors d'une catastrophe minière, et qui erre pour l'éternité, avec des soldats de toutes les guerres dans des souterrains devenus ossuaires. Ces lieux de mémoire sont entretenus par un couple de vieux gardiens, Rose et Gueule cassée, soldat rescapé qui cache ses blessures sous un casque de mobylette. Le temps s'est arrêté, à peine troublé par ces disparus qu'on appelle Antonin, William ou Bert, et dont les corps remontent du passé, laissant apparaître à fleur de terre une blague à tabac, une veste ensanglantée ou un mouchoir de dentelle. On se laisse prendre par la quête de Rose qui cherche son Gus disparu de la Grande Guerre, par cette énigme qui nous plonge dans les veines de la terre pourrissante. L'écriture est précise, ciselée, naturaliste et Luc Tartar, avec finesse, parvient à faire de tous ces morts de véritables personnages de théâtre. Estafette met en scène trois soldats qui, au front, se lient d'amitié alors que l'un d'eux est condamné à mort pour avoir reculé devant l'ennemi. Luc Tartar vient d'écrire une nouvelle pièce, S'embrasent, pour le Théâtre du Pélican qui la créera, dans une mise en scène de Jean-Claude Gal le 7 mai à Clermont-Ferrand. Papa Alzheimer, mise en scène par Laurent Hatat, sera reprise au Théâtre de la Verrière, à Lille, du 24 au 27 mai, puis au Théâtre de l'Est Parisien du 2 au 10 juin. Luc Tartar, qui a bénéficié d'une autre résidence d'écriture organisée par le Centre des Auteurs Dramatiques de Montréal, en 2000, parle de son théâtre avec conviction : « J'écris des histoires à jouer sur un plateau. C'est-à-dire que j'essaie de ne pas perdre de vue le comédien. Les mots que j'écris lui sont avant tout destinés. L'image de l'auteur isolé dans sa tour d'ivoire date, désormais. On n'écrit pas dans le désert, je me sens traversé par le monde qui nous entoure, je me sens aussi traversé par le travail de mes contemporains. » Écrivant donc des histoires inspirées par le monde d'aujourd'hui, Luc Tartar pose souvent en toile de fond de ses pièces la crise économique et la montée de l'extrême-droite : « Il me semble que le théâtre se grandit quand il se coltine à la vie ; par son insolence, il peut lutter contre la banalisation de l'horreur au quotidien. » Mais dans ses pièces, la réalité est souvent distordue, les personnages décalés et les situations burlesques ; Luc Tartar explique qu'il rit pour ne pas pleurer : « Si dans mon théâtre la vie ressemble à un joyeux cauchemar, c'est pour dynamiter mes angoisses et vérifier que je suis toujours vivant. J'écris donc pour le théâtre. C'est ma façon de rester debout. » (Texte de présentation, 2005)

mardi 3 mai 2005



Carole Thibaut
Carole Thibaut lit des extraits de quelques-unes de ses pièces

« Du théâtre intimiste à la farce politique avec un détour par une tragédie rurale, un dégommage de la légende de l'instinct maternel et une scène de repas familial, ou comment la sainte vierge apparut à la gamine. » Carole Thibaut

« ...Carole Thibaut est un phénomène. Depuis 1994, elle joue, dirige la compagnie Sambre et met en scène ce qu'elle écrit : Avec le couteau, le pain, Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars, Fantaisies, Immortelle exception, Été (plébiscité par l'association Beaumarchais - SACD, la ville de Guérande, la journée des auteurs de Lyon), ... Mieux encore, elle s'engage partout où sa compagnie s'implante, en ancrant son travail auprès du public et du monde de l'Éducation ou en organisant des événements artistiques tels « La/Genre humain/e », rencontres autour des femmes et des représentations féminines. À l'heure où le théâtre se laisse souvent prendre par la dénonciation convenue ou le conservatisme heureux, Carole Thibaut est une rebelle, une vraie, dans la mesure où le questionnement qui l'anime et qui fonde son oeuvre d'auteure nous est aussi nécessaire que l'air pour vivre ensemble. » Extraits du texte écrit par Bruno Allain pour la remise du prix nouveau talent théâtre 2009 de la SACD. (Texte de présentation, 2012) compagniesambre.org Carole Thibaut questionnée par Ronan Cheviller dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 07 février 2012. En écoute ici.

Carole Thibaut sur Viméo

Mardi 7 février 012 à 20 h 30



Roland Topor
Hommage à Roland Topor par Jean-Michel Ribes et Laurent Gamelon

Dessins, gravures, peintures, illustrations, affiches, dessins animés, décors, costumes, poèmes, chansons, nouvelles, romans, aphorismes, préfaces, pièces de théâtre... Roland Topor, créateur d'exception, peu soucieux du qu'en-dira-t-on et du bon goût, a tout fait (et jamais n'importe quoi), avec une liberté qui bousculait, non sans hilarité, les conformismes de l'artistiquement correct. Ce champion de l'humour noir, tendre et généreux, passionnément attaché à la tolérance et à la justice, est décédé en avril 1997, dans sa soixantième année. Jean-Michel Ribes qui a conçu cet hommage à son ami, est né en 1946. Auteur dramatique, metteur en scène et cinéaste, il a notamment écrit avec Roland Topor les pièces Batailles, les séries TV Téléchat, Merci Bernard, Palace et le film La Galette du roi. Pour lire les textes de théâtre de Roland Topor, Jean-Michel Ribes est accompagné de Laurent Gamelon. (Texte de présentation, 1998)



mardi 3 mars 1998



Lothar Trolle
Élise Levron lit Elles, à trois sous un pommier et autres textes de Lothar Trolle en présence de l'auteur et de son traducteur Maurice Taszman

Lothar Trolle aime tourner le dos aux canons de la fable classique. Né en 1944 à Brücken, en République démocratique allemande, il s'installe à Berlin à l'âge de vingt ans et y fait ses débuts de machiniste et d'auteur dramatique. Il a, à ce jour, écrit plus de vingt pièces pour le théâtre et la radio, le plus souvent constellations de morceaux en apparence autonomes, mais dont l'agencement constitue un ensemble cohérent laissant le champ libre à l'imagination du lecteur, du comédien et du spectateur. Très reconnu dans son pays, Lothar Trolle fait l'objet d'un intérêt croissant en France ; sept de ses textes viennent de paraître aux Éditions Zhâr tandis que Michel Raskine a créé Les 81 minutes de Mademoiselle A, Hélène Ninérola, avec le fameux ensemble Carcara, Papa Mama et Berlin, fin du monde, et la compagnie Pérédelkino Elles, à trois sous un pommier dans une mise en scène de Maurice Taszman avec Élise Levron. Dans ce monologue, une comédienne est écartelée entre l'exercice de sa profession, à l'heure où elle se prépare à jouer Lioubov dans La Cerisaie de Tchekhov, et les travaux du verger de sa mère dont elle a hérité contre la promesse de l'entretenir. Avec les mots de Trolle, Élise Levron, native de Nantes, pioche dans la complexité de la vie pour nous offrir une brassée de sensations. Cette lecture exceptionnelle, pour laquelle Lothar Trolle vient spécialement de Berlin, se composera comme suit : D'ici là Elle, à trois sous un pommier (extrait 1) Une mulâtresse traversa Pourquoi les éléphants sont hystériques Hanswurst (scène 6) Il était une fois un prince En 1969 Richard III parle Mon espoir, le choeur Elles, à trois sous un pommier (extrait 2) Lothar Trolle lira lui-même, en allemand, deux poèmes repris en français par Élise Levron. Pour Maurice Taszman, traducteur et dramaturge ayant travaillé à La Volksbühne de Berlin avec Benno Besson, Manfred Karge et Mathias Langhoff, Lothar Trolle « tend des pièges au théâtre pour l'inviter à se réinterroger sur ses moyens et ses fins en refusant le théâtre dialogué, en mettant ses espoirs dans le choeur (qui ne nie pas les individus pour autant). Car Lothar Trolle, expliquent les créateurs du Théâtre Amok, « est un sismographe de son temps ; il n'est pas un auteur désespéré : son humour le sauve et nous sauve. Il rejette les théories, les dogmes et change les règles du jeu. » Grâce à l'initiative du Théâtre Amok, on retrouvera les textes du dramaturge allemand au Studio Théâtre de Nantes du 13 au 17 novembre prochain avec Cabaret Trolle ; Elles, à trois sous un pommier et L'Énigme Trolle. Une journée d'étude, le 17 novembre, réunira notamment Jean-Louis Jourdheuil et Irène Bonnaud. theatre.amok@club-internet.fr Lothar Trolle, une écriture qui tend des pièges au théâtre. Chargement pdf (Texte de présentation, 2007)

mardi 3 avril 2007



Serge Valletti
Christophe Lemoine, Émilien Tessier et une douzaine de comédiens amateurs herblinois lisent Conseil municipal de Serge Valletti, en présence de l'auteur...

Xavier Maurel présente Serge Valletti (http://perso.wanadoo.fr/serge.valletti/) comme « auteur de toutes sortes de textes plus ou moins édités, comédien de toutes de sortes de tragédies plus ou moins drôles, metteur en scène de toutes sortes de solos plus ou moins à un seul acteur. » Depuis Les Brosses jusqu'à Et puis, quand le jour s'est levé, je me suis endormie, en passant par Carton plein (joué par le Théâtre de l'Éphémère le 9 janvier à l'espace culturel Onyx, dans une mise en scène de Jean-Louis Raynaud), Serge Valletti a écrit plus de quarante pièces (mises en scène par Chantal Morel, Charles Tordjman, Jacques Nichet, Michel Cerda, Jean-Paul Wenzel et bien d'autres), et deux romans. Comédien à la radio, à la télévision, au cinéma et au théâtre, il a joué sous la direction de Daniel Mesguich, Bruno Bayen, Georges Lavaudant, etc. Il a été deux fois l'invité du Festival de La Gournerie et de la Bibliothèque théâtrale, et ses derniers livres sont édités par la Librairie l'Atalante, à Nantes. Écrite à partir de comptes rendus réels de conseils municipaux, cette « pièce de théâtre fictive » créée par Gilbert Rouvière pose démocratiquement les questions du sens des carrefours giratoires, de l'utilisation des barbecues en zones inondables, des ZUP, des POS, des CDUC et de l'implantation d'une compagnie de théâtre dans la ville. (Texte de présentation, 2001)

mardi 3 avril 2001



Tanguy Viel
Tanguy Viel lit Maladie et autres textes théâtraux en chantier

Né en 1973, Tanguy Viel est (« en attendant de se mettre au cinéma ») romancier avec Le Black Note et Cinéma publiés aux Éditions de Minuit, auteur de textes parus dans les revues Positif, Écritures, Bleue et Les Inrockuptibles, producteur d'émissions dans Surpris par la nuit sur France Culture, invité des festivals de Pont-à-Mousson (La Mousson d'été) et de Chambéry (Premier roman) 2000, signataire de la pétition Nous écrirons contre Le Pen, artisan d'un site internet personnel (http://tanguyv.free.fr/) et habitant (depuis peu) de Nantes. Encouragé par Michel Didym, et comme ses grands frères de Minuit François Bon (http://www.remue.net/) et Jacques Serena, il aborde aujourd'hui le genre théâtral : « Il me faudra circonscrire certaines spécificités de la langue théâtrale : une tonalité, une oralité, qui passeront certainement par la forme monologuée avant de, peu à peu, s'ouvrir à plusieurs voix, jusqu'à faire naître, je l'espère, le noeud dramatique qui les tiendrait ensemble : une affaire de différend qui serait née dans la langue elle-même avant de s'incarner dans la concrétude de la scène - un conflit, un compte à régler, une vieille histoire venue se jouer là. Il faut toujours une maldonne au fond, et que le théâtre soit le lieu de la résolution. » Entre ses deux mois de résidence d'écriture au Manège, scène nationale de La Roche-sur-Yon, en novembre et en mai, il lit un monologue suivi de ses derniers travaux théâtraux inédits. (Texte de présentation, 2001)

mardi 6 mars 2001



Laurence Vielle
Laurence Vielle lit Le Bouquet mystère et autres textes en chantier

Laurence Vielle aime les montagnes (son père est suisse), la mer du Nord (sa mère est flamande), la marche, la musique et les mots. Comédienne, metteure en scène, poète et auteure dramatique, elle est née en 1968 à Bruxelles où elle vit toujours ; danseur et vidéaste, Jean-Michel Agius vit à Paris. C'est à pied qu'ils ont tous deux rejoint les deux villes, via Boulogne-sur-Mer, pour recueillir mille signes et matériaux (« j'aime glaner les mots, les mots des autres, les miens, et les rythmes du monde ») afin de construire un spectacle, État de marche, avec les regards extérieurs de Pietro Pizzuti, Laurence Giraud et Oonagh Duckworth, spectacle dont elle achève à présent la version définitive. Agrégée en philologie romane, Laurence Vielle a obtenu le Prix supérieur d'art dramatique et le Premier prix de déclamation au Conservatoire royal de Bruxelles. Comédienne, elle a choisi de servir essentiellement les écritures théâtrales d'aujourd'hui, notamment Paul Pourveur, Valère Novarina, Eugène Savitzkaya, Philippe Minyana, Henry Bauchau ou Jean-Marie Piemme, sous la direction de Monique Dorsel, Philippe Sireuil, Pietro Pizzuti, etc. Laurence Vielle a également joué pour le cinéma, notamment dans Tous à table et Des heures sans sommeil d'Ursula Meier (prix de la meilleure comédienne au Festival de Clermont, 1999). Metteure en scène, elle a monté Le Marin de Fernando Pessoa et La Femme de Gilles de Madeleine Bourdhouxe (avec Luc Fonteyn), ainsi que plusieurs de ses textes. Pour la scène, Laurence Vielle a écrit Zébuth ou L'Histoire ceinte (publié en 1997, prix de la première oeuvre en Communauté française de Belgique en 1998), L'Immortaliste, Jeanne en fragments, La Belle au bois dormant (avec Vincent Marganne), Écrits bruts (Prix du spectacle jeune compagnie, 2001), Ça y est, je vole (Prix de la fiction radiophonique SACD, 2003), L'Incroyable Histoire du grand Gelbe (avec Gwenaëlle Stubbe, Éditions de L'Ambedui, 2003), Pièce d'eau (id., 2004), De rien (Lansman, 2004), Rassembler les morceaux, L'Autre Côté, Sans titre, La Limière, bien d'autres textes encore. Laurence Vielle aime les compagnonnages, et allier sur le plateau plusieurs types d'écritures : l'image, la danse, la musique, les mots. Au théâtre Molière de Paris, accompagnée de Vincent Granger aux clarinettes (« prodigieuses ») et Matthieu Ha, chanteur (« à la voix d'ange ») et accordéoniste, elle vient de jouer La Récréation du monde, montage de ses poèmes mis en scène par Claude Guerre qui qualifie sa poésie de « joyeuse et droite ». Dans son spectacle Paroles en stock, qui tourne en Belgique, France, Suisse, Canada et Italie, elle scande ses mots (dont ceux de son livre L'Imparfait, L'Ambedui, 2002) avec le même Matthieu Ha, la violoniste Catherine Graindorge et les musiciens de la compagnie Carcara. Actuellement, Laurence Vielle glane des paroles dans une usine, la SEPR d'Avignon, monde de la classe ouvrière et du patronat, pour en tirer un spectacle. Comédienne, elle jouera dans la prochaine création de Valère Novarina qui sera présentée au Festival In d'Avignon. Théâtre ou poésie, voire les deux mêlés, l'écriture de Laurence Vielle est quête, appel et attention, instances de départs. Parfaitement singulière, grave et fantaisiste, marquée par des blessures aiguës mais bouillonnante de vie, sa langue polymorphe et polyphonique danse, ondule. C'est un cri et un chant, cadencé, syncopé, swingué, des douleurs, des bonheurs, des peurs, des rires, des larmes, des notes et des mots portés par une voix fragile et forte, candide et nourrie d'expérience, en résistance ; et toute de générosité, de tension, de tendresse vers l'autre, les autres. « Inoubliables » disent ceux qui ont assisté à ses lectures... À Saint-Herblain, Laurence Vielle a choisi de lire ses « scènes plates » de Le Bouquet mystère, des fragments de théâtre n'appartenant à aucun ensemble et une pièce courte, L'Autre côté, dans laquelle une femme et un homme jouent, le temps d'une courte scène, l'histoire de toute une vie à deux. (Texte de présentation, 2007)

mardi 6 février 2007



Matéï Visniec
Claudine Bonhommeau et Gérard Guérif lisent des monologues de L'Homme décomposé, de Matéï Visniec, en présence de l'auteur

L'écrivain Matéï Visniec et les comédiens Claudine Bonhommeau et Gérard Guérif sont les invités de la lecture-rencontre Mardi côté cour, au Club de la médiathèque Hermeland à Saint-Herblain (entrée libre rue Rabelais, quartier Le Tillay La Bégraisière, téléphone 02 28 25 25 25 - Lignes de bus 56, 59 et 84, périphérique Ouest sortie Porte de Chézine). Matéï Visniec est né en 1956 en Roumanie. Après des études d'histoire et de philosophie à l'université de Bucarest, il se tourne vers l'écriture poétique, puis dramatique à partir de 1977. En dix ans, il écrit une vingtaine de pièces, « pour rencontrer son temps », pièces qui seront toutes interdites par la censure roumaine. Invité en France en 1987, il demande et obtient l'asile politique, puis la nationalité française, en 1993. Après la chute du communisme, il devient l'un des dramaturges les plus joués dans son pays. En 1996, le Théâtre national de Timisoara lui consacre un festival avec douze compagnies qui présentent ses pièces. En 1998, 1999 et 2002, l'Académie roumaine, l'Union des Écrivains roumains et le ministère de la Culture roumain lui décernent trois prix. Depuis son émigration à Paris, Matéï Visniec écrit la plupart de ses textes en français, alliant à la précision analytique une musicalité très élaborée. Une quinzaine de ses pièces est disponible en librairie, dont trois publiées cette année. Année riche en événements pour Matéï Visniec dont la pièce Théâtre décomposé ou L'Homme poubelle (L'Harmattan) a été montée par la Compagnie Les Passagers de l'éphémère, à Nancy, dans une mise en scène de Manuel Pereira, par le Théâtre de la Presqu'île, à Grandville, dans une mise en scène de Michel Vivier présentée au Festival off d'Avignon sous le titre Les Laveurs de cerveaux, puis par Gabriel Garran qui l'a choisie pour sa dernière création avant son départ du Théâtre International de Langue Française (actuellement au TILF, à Paris, jusqu'au 19 décembre, avec le comédien algérien Sid Ahmed Agoumi). Dans la région, François Parmentier, de la compagnie Les Aphoristes, a mis en scène, en octobre aux Herbiers, et donné depuis à Saint-Sébastien-sur-Loire, Saint-Herblain et Beaupréau (avant Couëron, au centre culturel Boris-Vian les 10 et 11 décembre, et La Chevrolière, au centre culturel le 20 mai 2005) Paparazzi ou La Chronique d'un lever de soleil avorté (Crater et Actes sud-Papiers) dont deux des comédiens qui l'interprètent, Claudine Bonhommeau et Gérard Guérif, sont les invités de cette rencontre : avec l'auteur, ils lisent des textes choisis dans Théâtre décomposé ou L'Homme poubelle, pièce constituée d'un ensemble de vingt-quatre « modules », prix RFI 1993. Pour Matéï Visniec, il s'agit d'un « cri d'horreur devant les horreurs de ce monde » ; pour Gabriel Garran, c'est « une histoire de dérapage et d'enfermement dans le réel ». Volontiers satirique, parfois humoristique, cette pièce, comme tout le théâtre de Matéï Visniec, interroge la politique et la société contemporaines entre folie et raison, réalisme et absurde. Journaliste à Radio France Internationale, passionné par les problématiques sociales, Matéï Visniec est devenu l'un des dramaturges francophones contemporains parmi les plus joués, en France et à l'étranger. En 1994, il a été récompensé par la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques avant de recevoir, en 1995 et 1996 le prix du festival off d'Avignon. (Texte de présentation, 2004)

mardi 7 décembre 2004



Frédéric Vossier
Frédéric Vossier lit un extrait de sa pièce Pupilla

« Il y a des choses si prenantes dans le monde. La domination masculine, la sexualité, les rapports familiaux, la société spectaculaire des mass medias : voilà ce qui vient s'entremêler dans mes textes, s'étouffer, s'entasser pour créer quelque chose, le plus souvent, de trouble et d'obscène. » Frédéric Vossier, novembre 2012. Frédéric Vossier questionné par Anne-Gaël Gauducheau dans l'émission Esperluette, sur jetfm, mardi 05 novembre 2013. En écoute ici.

Mardi 5 novembre 013 à 20 h 30



Jean-Paul Wenzel
Jean-Paul Wenzel lit sa pièce Vaterland

Jean-Paul Wenzel est né en 1947 à Saint-Etienne. Comédien formé à l'Ecole Supérieure d'Art Dramatique de Strasbourg, il a joué sous la direction de metteurs en scène et de réalisateurs tels Robert Gironès, Peter Brook et René Allio avant d'aborder l'écriture théâtrale avec Loin d'Hagondange (traduite et représentée dans une vingtaine de pays, mise en scène par Patrice Chéreau en 1977), Marianne attend le mariage (avec Claudine Fiévet), Dorénavant 1, Les Incertains, Simple retour, Vater Land (avec Bernard Bloch), L'Homme de main, La Fin des monstres, Boucherie de nuit... Il a mis en scène, seul ou en collaboration, ses propres textes, mais aussi des pièces de Michel Deutsch, Jean-Louis Hourdin, Enzo Cormann, Yves Reynaud, Olivier Perrier, Arlette Namiand... Fondateur, avec Claudine Fiévet, du « théâtre du quotidien », il codirige avec Olivier Perrier les Fédérés, Centre Dramatique de la Région Auvergne à Montluçon et dirige l'école du Théâtre National de Bretagne à Rennes. (Texte de présentation, 1997)

mardi 6 mai 1997



Nadia Xerri-L.
Nadia Xerri-L. lit sa nouvelle pièce Couteau de nuit et quelques extraits de son triptyque féminin

De formation littéraire et théâtrale, Nadia Xerri-L., née en 1971, a été une spectatrice assidue du Théâtre des Amandiers de Nanterre, singulièrement des créations de Patrice Chéreau, dont elle aime à souligner qu'elles l'ont profondément nourrie. Comédienne, metteure en scène et auteure, après avoir réuni dans un même recueil trois pièces délicates et tendues qui interrogent, sans un mot de trop, l'intimité féminine et agitent des sentiments mêlés (Solo d'Ava, L'Une de l'autre et Boîtes et Solitude), Nadia Xerri-L. se prépare à publier, toujours aux Éditions Actes Sud-Papiers, Couteau de Nuit qui sera créée - mise en scène par elle-même assistée de Camille Muret, scénographiée par Caroline Foulonneau - en octobre prochain au CDN de Reims, puis accueillie pour plusieurs représentations à Nantes par le TU, théâtre universitaire, en partenariat avec Le Grand T. Après avoir mis en scène ses textes L'Une de l'autre, Solo d'Ava, Un autre demain, ainsi que Virginia vers le phare (d'après Virginia Woolf) et Le Mystère de la charité de Charles Péguy, elle a créé et interprété, aux côtés de la comédienne Charlotte Duran et de la violoncelliste Juliette Maeder, 3Elles le mois dernier à l'Atelier du Plateau, à Paris, spectacle constitué de la première et de la dernière partie de son triptyque sur la jeune féminité, mettant en scène Madeleine qui vient d'être quittée par Martin (Boîtes et Solitude), et Ava dont l'amour, Camille, est en train de mourir (Solo d'Ava). Sujets sombres pour une expérience artistique vive et énergique, travaillant le contrepoint et l'inattendu. Couteau de Nuit, pièce « sans réponse », interroge les trois minutes précédant l'ouverture du procès d'Alex, accusé d'avoir assassiné Rémi de plusieurs coups de couteau devant le Tropical Bar d'une petite ville du centre de la France, et sans raison apparente, sans le connaître ni lui parler. Alex a 24 ans, et Rémi, qui venait de fêter son anniversaire avec son frère jumeau, Germain, en avait 25. Alex, son père, sa mère, son jeune frère, sa petite amie et Germain arrivent alors que la Cour n'est pas encore là. Et durant ces trois minutes, ils vont se regarder, baisser les yeux, se taire, s'apostropher, se raconter, s'injurier, s'aimer... Mais une femme est là, de trente ans ; étrangère, elle est la narratrice dont on découvrira qu'elle est celle par qui tout est advenu. C'est dans Ouest-France, un matin, que Nadia Xerri-L. découvre ce fait divers banal et tragique. Elle lit que le présumé coupable n'a fait que répéter : « Ce n'est pas mon histoire ». Écrivain, elle ne peut en rester là et « part en fiction ». Comment et pourquoi un être humain peut-il causer sur autrui l'irréparable ? Comment peut-il vivre avec cet irréparable qu'il a commis ? Comment un père, une mère, un frère et une petite amie peuvent-ils vivre leur lien à l'être aimé devenu assassin ? Comment peuvent-ils encore l'aimer ? Comment peuvent-ils encore s'aimer d'avoir laissé cet être dériver jusqu'à cet irréparable-là ? Comment peut-on continuer à être un individu lambda de cette société quand on est violemment le frère d'un assassiné ? Comment peut-on rester humain quand l'inhumain a été perpétré sur son proche, un aimé ? Comment peut-on cohabiter dans un lieu circonscrit et restreint comme une Cour d'Assises quand il y a face à soi la partie adverse ? Comment peut-on supporter cette proximité presque indécente, voire inconcevable ? Si le texte reste sans réponse, il apporte, dans la langue vivante et travaillée de Nadia Xerri-L., la force et le soulagement des mots énoncés, mots destinés à vivre dans la bouche des comédiens. (Texte de présentation, 2008)

mardi 4 mars 008



Catherine Zambon
Catherine Zambon lit sa pièce Les Inavouables

D'origine italienne, Catherine Zambon a passé son enfance dans le Beaujolais avant d'apprendre le métier d'actrice dans les Flandres. D'abord comédienne, élève du Conservatoire de Lille et de l'Ouvroir de théâtre dirigé par Antoine Vitez, elle a travaillé avec Pierre-Étienne Heymann, Catherine Dasté, François Cervantès, Sophie Renauld, Alain Gautré et bien d'autres avant d'aborder la mise en scène et l'écriture de pièces de théâtre dont plusieurs à destination du public jeune. C'est en 1994 que l'éditeur belge Émile Lansman, grand découvreur et soutien d'auteurs de théâtre, publie la première pièce de cette boursière de l'association Beaumarchais, Eismitte, le milieu des glaces. En octobre de l'année précédente, le Théâtre de l'Invisible et Estrad'Théâtre avaient créé ce texte au Centre international de Grasse et à Caen dans une mise en scène de Bruno Abraham-Kremer. Suivra une douzaine de pièces, la plupart publiées chez Lansman et, pour le public jeune, par Brigitte Smadja dans la collection Théâtre de L'École des loisirs. Presque tous ces textes ont été mis en scène, La Héronnière et Les Saônes par Yves Chenevoy, Les Balancelles par Alain Gautré, Tiramisu et le pont des Ouches par Anne-Laure Liégeois, L'Épouvantail par Stéphanie Tesson, Sissi pieds-jaunes par Yvon Chaix, La Bielleuse par Albert Simond, etc. Nombre d'entre eux ont également fait l'objet de réalisations radiophoniques. Catherine Zambon a encore écrit un opéra pour le jeune public, Samain, mis en scène par Sylvie Baillon, et sa « petite forme », Samainuscule (théâtre d'objets), ainsi que Voyage en Pa et Ma, pièce dansée pour la petite enfance. À la question « Pourquoi écrivez-vous ? », Catherine Zambon répond : « Pour capter l'Invisible ». Son écriture, qui évite toute complaisance avec la gravité, cherche à « pister » l'humain partout où il se trouve, dans sa complexité, sa faconde, sa cruauté. Si l'univers familial constitue, pour Catherine Zambon, une puissante source d'inspiration, il n'est jamais le sujet à proprement parler ; c'est davantage le non-dit, le mensonge, qu'elle entend dévoiler : « J'aime donner à voir des personnages qui pourraient nous devenir familiers même s'ils sont embarrassants ! » Un humanisme profond traverse toute l'oeuvre de Catherine Zambon, laquelle propose des formes de récits qui empruntent au populaire - dans le sens le plus noble du terme. Les Inavouables, pièce encore inédite qu'elle a choisi de lire à Saint-Herblain, s'articule à partir de textes très courts, aveux impossibles formulés par des êtres aux contours multiples. Ça balbutie, ça déraisonne, ça livre le plus singulier, le plus secret. Cette petite galerie d'humanité fait la part belle à la drôlerie autant qu'à la cruauté. Aimant accompagner les équipes de théâtre, de danse, de marionnettes, c'est tout naturellement que Catherine Zambon est devenue metteur en scène, créant certains de ses textes (Catarineto, Les Bello) et dirigeant, depuis 2001, les stages de réalisations dramatiques au festival de Valréas ; au cours de ces étés, elle a notamment mis en scène Turbulences et petits détails de Denise Bonal, Paparazzi de Matéi Visniec ainsi que son texte Les Inavouables. Sollicitée par Jean-Luc Annaix avec cinq autres auteurs dramatiques, Catherine Zambon vient d'écrire une courte pièce musicale intitulée Sorties de nuit pour la prochaine création musicale du Théâtre-Nuit, que l'on découvrira en Maine-et-Loire et Loire-Atlantique du 6 avril au 20 mai prochains. (Texte de présentation, 2006)

mardi 7 mars 006



Marcel Zang
Patrick Le Mauff lit La Danse du Pharaon, de Marcel Zang, en présence de l'auteur

Une langue lancinante, s'enroulant sur elle-même pour mieux emporter son lecteur. Marcel Zang, écrivain peu publié jusqu'alors, voit l'horizon s'ouvrir avec 1 bourse Beaumarchais, 2 résidences d'écriture (Festival international des théâtres francophones en Limousin et Centre d'Arts d'Orford au Québec) et la publication de 3 pièces par Actes Sud-Papiers. Marcel Zang, né au Cameroun, vit à Nantes depuis vingt ans. Patrick Le Mauff, comédien et directeur du Festival cité plus haut, fut l'un des compagnons de route de Denis Guénoun au sein de L'Attroupement. (Texte de présentation, 2002)


mardi 5 novembre 2002



Envie de partager ?