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La sélection Double 6 2020 dévoilée

La sélection Double 6 2020

Le Double 6 est un prix décerné par le public lors du festival des jeux de Saint-Herblain. Il récompense un auteur français, pour un jeu sorti dans l’année 2019.

L’objectif de ce prix est double. Il permet d’abord de mettre en valeur le travail d’auteurs et de donner une visibilité à des nouveautés. C’est ensuite et surtout l’occasion d’éveiller un regard critique sur le jeu, chez les joueurs et les moins joueurs, et de favoriser ainsi la découverte et le développement d’une culture ludique.

Présélectionnés par des professionnels de La Bibliothèque de Saint-Herblain, de la Maison des jeux de Nantes et du magasin de jeux Sortilèges à Nantes, 6 jeux à règles (jeux de société), d’auteurs français, sont donc en compétition pour l’édition 2020 :

La Cour des Miracles de Vincent Brugeas et Guilhem GautrandLumberjacks Studio

Yokai de Julien GriffonBankiiiz

Draftosaurus d’Antoine Bauza, Corentin Lebrat, Ludovic Maublanc et Théo RivièreAnkama

Slide Quest de Jean-François Rochas et Nicolas BourgoinBlue Orange

Les Trésors de Cibola de Romaric GalonnierAnkama

Super Cats d’Antoine Bauza, Corentin Lebrat, Ludovic Maublanc, Nicolas Oury et Théo RivièreGrrre Games

Où et quand le public peut-il voter ?

Ces 6 jeux seront testés et notés par les joueurs grâce à un système de bulletins de vote permettant d’évaluer :

– la compréhension de la règle,

– l’esthétique et le matériel de jeu,

– le plaisir de jeu.

Pour faire une partie et remplir un bulletin, le public a rendez-vous dès le mois de janvier 2020 dans près de cinquante points jeux (dont les équipements municipaux de La Bibliothèque à Saint-Herblain, la Maison des jeux à Nantes et de nombreux centres socio-culturels ou associations).

À Saint-Herblain, La Bibliothèque propose quatre points jeux :

-la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland (quartier Centre)

-la médiathèque Gao-Xingjian (quartier Nord),

-la Ludothèque, au Grand B (quartier Est),

-la ludothèque Haute-Chaussée (quartier Bourg).

Pendant le Festival des jeux, du 17 février au 1er mars 2020, les parties s’intensifieront et des soirées jeu Double 6 seront proposées.

Le prix Double 6 sera finalement remis le dimanche 1er mars à la Carrière.

Comment devenir membre du Jury Double 6 ?

Le total des votes du public établit la moitié d’une note pour chaque jeu.

L’autre moitié de la note sera décernée par un jury de 9 joueurs, volontaires, qui se réuniront plusieurs fois entre le mois de janvier et le 1er mars pour jouer ensemble à chacun des jeux sélectionnés.

Le jury sera animé et guidé par un professionnel du monde du jeu.

Pour en faire partie, il suffit d’être amateur, passionné ou fanatique de jeux de société, d’être disponible le week-end des 29 février et 1er mars 2020 et quelques soirées en amont pour tester les jeux.

Les candidatures, exposant les motivations et l’intérêt des candidats pour les jeux de société, sont à envoyer à :

La Bibliothèque

Rue François-Rabelais – BP40133 – 44817 Saint-Herblain cedex

ou Maison des Jeux de Nantes

14 rue Michel-Rocher – 44200 Nantes

mdjn44@free.fr

Pikuniku : jeu vidéo en accès libre

En exposition accès libre à la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland
 

Sorti en 2019
Réalisé par Sectordub (Rémi ForcadellArnaud De BockCalum Bowen & Alan Zucconi)

⚫⚫⚫⚫⚪ Narration
⚫⚫⚫⚫⚪ Action (habileté requise)
⚫⚫⚫⚫⚪ Sociabilité
❤❤❤❤❤❤❤❤❤❤ Bonne humeur

#2D #Plateformes #aventure #comédie #coopération

  • 2 façons de jouer, mode aventure en solo, mode coopération en duo
  • beaucoup d’humour dans les dialogues et les situations
  • idéal pour jouer ensemble parents et enfants
  • univers pop naïf touchant
  • sourires et fous rires
  • mini jeux dans le jeu

BONUS 1 : Qui est Rémi Forcadell? (lien) : un beau portrait de l’auteur de Pikuniku, pour en savoir plus sur son univers « pop foutraque ». Par Titouan Gourlin sur Factornews.

BONUS 2 : Vlog d’Esteban Grine qui fait part de son ressenti et son incapacité à analyser Pikuniku :


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Rentrée littéraire 2019

Qu’attendez-vous de cette rentrée littéraire 2019 ?

Les 524 romans de cette rentrée littéraire portent des discours forts sur des problématiques d’actualité : féminisme et violences faites aux femmes, crise migratoire et écologie.

Cette rentrée n’en est pas pour autant morose, puisque ces sujets brûlants sont incarnés par une galerie de personnages complexes, souvent féminins, qui portent aussi bien l’universel que l’intime.

Pour y voir plus clair parmi les quelques centaines de romans parus ces dernières semaines, La Bibliothèque vous propose un parcours mettant en valeur les grands thèmes de cette rentrée, à travers des ouvrages attendus, et de belles surprises. Retrouvez cette sélection à la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland.

Paroles de femmes

Sous l’emprise du réel, les romans de cette rentrée littéraire proposent des personnages chahutés par des problématiques contemporaines. Ce sont majoritairement des femmes qui font écho à des sujets de société, notamment le féminisme. Des écrivains, hommes et femmes proposent des exofictions : autour de l’écrivaine Virginia Woolf dans Virginia d’Emmanuelle Favier, ou de Christine de Pizan dans la Non-pareille de Michel Peyramaure (Calmann-Lévy).

D’autres femmes, inconnues, se battent aussi pour exister. Dans Ce qu’elles disent, Miriam Toews (Buchet-Chastel) invite huit femmes à reprendre leur destin en main dans une colonie mennonite de Manitoba en Bolivie. Dans Les veilleurs de Sangomar de Fatou Diomé (Albin Michel), Coumba vient de perdre son mari dans le naufrage du Joola, au large du Sénégal. Alors, les veilleurs, esprits des ancêtres et des naufragés la mèneront à la rencontre de son « immortel aimé » dans ce roman de liberté et d’amour.

Le courage des femmes d’aujourd’hui est incarné par Jeanne, libraire pudique et discrète qui, atteinte d’un cancer, respire la liberté et l’urgence de vivre dans Une joie féroce de Sorj Chalandon (Grasset). Ou Kate, jeune femme de 19 ans qui trouve la force de continuer à vivre après le décès de son compagnon dans un attentat (Attendre un fantôme de Stéphanie Kalfon, Joëlle Losfeld).

L’instinct de survie est une constante chez la femme tatouée, magnifique et froide, dénommée Phénix dans Le ciel par-dessus le toit de Natacha Appanah (Gallimard). Celle-ci a dû se battre, livrée depuis son plus jeune âge par ses parents à la convoitise des hommes. Sur ce même sujet, pour La Maison (Flammarion), la romancière Emma Becker s’est immergé dans le quotidien des prostituées d’une maison close berlinoise.
De son côté, Cora s’approche inexorablement du burn-out, étouffée par sa vie professionnelle, depuis qu’elle est revenue de son congé maternité (Cora dans la spirale de Vincent Message, Seuil).

Violences

Le viol et le harcèlement sont également au cœur de plusieurs fictions. Dans Les yeux rouges (Seuil), Myriam Leroy met en scène une trentenaire harcelée par un inconnu sur Facebook. Karine Tuil met en marche la machine médiatico-judiciaire dans Les choses humaines (Gallimard) à propos d’une affaire de viol présumé. Dans On ne peut pas tenir la mer entre ses mains de Laure Limongi (Grasset), Huma dévoile les secrets de famille soigneusement occultés dans la Corse du FLNC.
Mazarine Pingeot se penche dans Se taire (Julliard) sur le drame d’une femme, victime d’une agression sexuelle et contrainte au silence par son éducation et son milieu.

La violence de l’arrachement, notamment par l’exil, demeure une thématique qui traverse de nombreux romans de l’automne. Dans La mer à l’envers de Marie Darrieussecq (P.O.L.) Rose fait la connaissance fortuite de Younès, un migrant qui tente de traverser la Méditerrannée dans une embarcation de fortune. Sur d’autres paquebots au début  du XXème siècle, Jeanne Benameur explore dans Ceux qui partent (Actes Sud) les destins croisés des personnages qui sont arrivés aux Etats-Unis. Louis-Dalembert met en scène la tragédie d’un bateau de clandestins sauvés par le pétrolier danois Torm Lotte en 2014 (Mur Méditerrannée,Sabine Wespieser). La douleur de l’exil est également palpable dans Le ghetto intérieur de l’écrivain argentin Santiago H. Amigorena (P.O.L). Avec Par les soirs bleus d’été (Albin Michel), Franck Pavloff accompagne un jeune Ukrainien du Donbass dans son enquête familiale.
Dans une dystopie digne de Game of Thrones (Rouge impératrice, Grasset), Léonore Miano explore, elle, une Afrique imaginaire au XXIIème siècle. Sur Katopia, des descendants des migrants français, les fulasi, représentent une minorité marginale mais dérangeante.

Ruralité

Dérangeant aussi le groupe de réfugiés syriens qui s’installe dans un petit village du centre de la France où cohabitent déjà agriculteurs et « néo-ruraux ». Dans La campagne n’est pas un jardin, signé Stéphane Fière (Phébus), les uns appellent à la solidarité alors que les autres crient à la colonisation de leur territoire.
D’autres « néoruraux », cette fois-ci des banlieusards parisiens, apparaissent sous la plume ironique de Julia Deck. Dans Propriété privée (Minuit), un couple achète un logement dans un écoquartier au milieu d’une petite commune. Si tout s’annonce pour le mieux, l’arrivée des Lecoq vient perturber cet univers de compost et de panneaux solaires.

Ecologie

La question écologique est partout : dans l’actualité au lendemain du sommet de l’ONU sur le climat, et aussi dans les romans de la rentrée littéraire de cet automne.

Dans le deuxième roman de Jean-Baptiste Andrea, Cent millions d’années et un jour (L’Iconoclaste) des paléonthologues partent à la recherche d’une espèce disparue dans la glace. Autre expédition glaciaire, celle d’Hélène Gaudy dans Un monde sans rivage (Actes Sud), mais aussi celle de Bérangère Cournut avec De pierre et d’os (Le Tripode). Le chemin parcouru par Uqsuralik, une jeune femme inuite, séparée de sa famille par une fracture de la banquise, se transforme en quête de sens.

Enfance

Dans Petit frère (Le Rouergue) Alexandre Seurat se confronte aux blessures de l’enfance. Pour supporter la disparition de son frère et sa propre culpabilité, le narrateur remonte le cours de leur histoire. Se dessine peu à peu le portrait émouvant d’un petit garçon à la beauté époustouflante.
Ces blessures de l’enfance, Freddy aussi les connaît, lui qui est le fils caché de Karl Marx, recherché par toutes les polices d’Europe dans les années 1860. Sébastien Spitzer prends ainsi le pouls d’une époque dans Le cœur battant du monde (Albin Michel).

Frissons garantis

Venez découvrir une sélection de romans  jeunesse, à dévorer du 22 au 31 octobre 2019 à la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland.

A l’occasion d’Halloween,  on ressort histoires de monstres, ballets de sorcières, meutes de loups garous hurlant à la lune, et vampires assoiffés de sang …

Une soixantaine de livres sont à emprunter : des premiers romans et des albums illustrés pour les plus jeunes, des romans à suspense, des polars, des romans noirs et fantastiques pour les plus grands.

Avis aux parents

Aux parents qui accompagnent et conseillent leurs enfants, et qui ne cessent de se demander : mais pourquoi les enfants aiment-ils tant les histoires qui font peur… ?

A ces parents soucieux de mettre leurs enfants à l’abri de ce qui pourraient les troubler, Bruno Bettelheim, auteur de La psychanalyse des contes de fée, précisait : « ce sont les mots qui pourront le soulager de ses angoisses informes et sans nom, ses fantasmes chaotiques colériques et même violents.»

Sophie Boutin, autre psychanalyste, ajoute que « les histoires qui font peur sont celles qui donnent des mots à la peur de l’enfant. Elles ont un pouvoir thérapeutique…c’est comme si on lui disait : tu n’es pas seul à avoir peur. Il y a un livre qui le dit »

Quelques comptines pour les tout-petits

La peur est une émotion saine chez le jeune enfant, elle lui permet de se construire. De nombreuses comptines pour les petits ont d’ailleurs un caractère effrayant. Par exemple :

Toc, toc, frappons à la porte

De toutes les maisons

Mais faites attention

La vieille sorcière Grignotte

Se cache quelque part

Avec son chat noir

Nez crochu, chapeau pointu,

Elle se cache

Où l’as-tu vue,

Chauve-souris et Mistigris

C’est la ronde de la nuit

    Sans oublier le célèbre :

« Qui craint le grand méchant loup c’est pas nous, c’est pas nous… »

Ou encore :

 « Cerf ! Cerf ! Ouvre moi, ou le chasseur me tuera »

Apprenez-en de nouvelles avec Comptines pour jouer à avoir peur, de Corinne Albaut.

Pour les enfants

Les plus grands pourront choisir parmi une sélection à faire peur, faite de nouveautés et de quelques incontournables.

Pour les enfants qui apprennent à lire ou savent tout juste lire seuls, les Premières Lectures* sont tout indiquées.
*reconnaissables aux lettres PL sur leur cote.

Les enfants qui aiment lire seuls peuvent se tourner vers les Premiers Romans : une collection de romans très courts mais aux histoires denses.

Les livres Grand Format raviront les amateurs d’images, avec leurs illustrations étonnantes …et parfois effrayantes !

Des romans jeunesse pour les plus grands : suspense, actions, émotions fortes aux frontières du fantastique.

Dragons, sorciers, magiciens, fantômes, vampires….

Frissons garantis avec des romans adolescents et jeunes adultes

Des romans à suspense ou thriller (du verbe to thrill = tremble, frémir), des polars, des huis-clos oppressants, des romans d’aventure, d’épouvante et bien sûr de la fantasy et de la science-fiction…à ne pas mettre en toutes les mains !

Pour les plus audacieux, retrouvez notre sélection « Même pas peur » : une sélection de jeux « qui font peur » pour tous les âges.

Engare : jeu vidéo en accès libre

Médiathèque Charles-Gautier-Hermeland

Sorti en 2017
Réalisé par Mahdi Bahrami (Iran)

⚫⚫⚫⚪⚪ Stratégie (réflexion)
⚪⚪⚪⚪⚪ Narration
⚫⚪⚪⚪⚪ Action (habileté requise)
⚫⚫⚫⚫⚪ Contemplation

#géométrie #artgénératif #architecture #dessin #roulettes

  • Un jeu sur le mouvement et la géométrie.
  • Mi casse-tête, mi outil de dessin.
  • Une occasion de méditer sur la beauté cachée dans les mouvements répétitifs, générés par la dynamique de dispositifs simples.
  • Choisissez un point sur un objet (cliquez dessus, où vous voulez), et observez ce qui se dessine quand l’objet se met en mouvement. Essayez de reproduire la forme présentée dans le cadre vert.
  • L’auteur a eu l’idée du jeu lorsque son professeur de mathématiques a demandé à la classe d’imaginer quelle forme serait tracée par un point attaché à une balle roulant sur une surface. Bahrami a alors remarqué que même les étudiants qui ne comprenaient pas la géométrie étaient intéressés par la réponse à cette question.
  • Engare a remporté plusieurs prix : design et culture au festival du jeu vidéo de Téhéran, ou finaliste au prix des étudiants de l’Independent Games Festival 2014.


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Affichiste ! Les aventures de Michel Bouvet

Exposition du 29 octobre 2019 au 11 janvier 2020.

Dédicaces par Michel Bouvet à partir de 17h et déambulation suivie d’un cocktail à partir de 19h le vendredi 29 novembre 2019.

Autoportrait par l’artiste réalisé pour la couverture de sa biographie par Michel Lefort, publiée aux éditions Alternatives en mars 2019.

Il y a deux ans déjà, le généreux artiste et soucieux médiateur de la culture graphique qu’est Michel Bouvet faisait don de l’ensemble de ses affiches en petit format (une soixantaine) à la Ville de Saint-Herblain manifestant son envie et son engagement à participer au développement de la collection d’œuvres d’art de La Bibliothèque. Vous avez donc peut-être déjà eu le plaisir de croiser Michel Bouvet au détour d’un emprunt d’œuvre à la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland.

Cette année, à partir du 29 octobre, La Bibliothèque exposera l’univers de ce grand affichiste, récompensé à de multiples reprises en France et à l’étranger. Vous reconnaîtrez son énergie et son trait si particuliers si vous avez déjà eu l’occasion d’emprunter une de ses affiches.

Pour se réjouir des mois à venir, voici une présentation qui vous fera à coup sûr voir la rentrée en couleurs !

Panel d’affiches réalisées et offertes à la Ville par Michel Bouvet

Le parcours de Michel Bouvet

Michel Bouvet est né en 1955 à Tunis. Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (section peinture), il se tourne rapidement vers l’affiche et le graphisme. Il exerce son activité – et son activisme – d’affichiste dans les domaines culturels et institutionnels. À ce titre, il fait plus de 80 expositions personnelles et participe à de nombreuses expositions collectives en France et à l’étranger. Il conçoit et réalise des livres, des identités visuelles ainsi que des signalétiques pour des musées et des expositions temporaires à travers le monde.
Professeur à l’ESAG/Penninghen, il anime des workshops, participe à des jurys et assure le commissariat d’expositions. Michel Bouvet est un humaniste d’action !

Sur les traces d’un parcours incroyable

L’exposition proposera de découvrir l’univers de Michel Bouvet en trois étapes. La première, illustrera le parcours de l’artiste au cours de sa carrière, sa découverte de l’affiche lors d’un voyage à Prague, ses débuts de graphiste, ses créations marquantes (le logotype de la Fête de la Musique, les affiches pour les concerts de Miles Davis ou le bicentenaire de la révolution française…), mais aussi ses rencontres et les nombreuses expositions de graphisme international qu’il a organisées. Les cloisons intérieures de la salle d’exposition, s’habilleront de ces images incontournables qui valorisent la carrière de Michel Bouvet, dans une composition d’impressions fixées par des vinyles colorés.


Le logotype créé par Michel Bouvet pour la Fête de la Musique en 1981.

Une exposition d’affiches et d’objets

La deuxième partie de l’exposition montrera le cœur du travail de l’affichiste. Avant d’apercevoir les affiches très grands formats encadrées, un animal se révèlera à vous en anamorphose. Il fait écho au vocabulaire graphique imaginé par Michel Bouvet pour les Rencontres d’Arles, peuplé d’animaux colorés déclinés dans les rues de la ville en sculptures fascinantes. Le jeu des proportions décalées amuse Michel Bouvet.

Dans la salle d’exposition, les affiches des Rencontres d’Arles, du Festival de La Gacilly Photo, de La Friche de la Belle de Mai à Marseille, de l’Opéra de Massy, des théâtres des Gémeaux à Sceaux, de la Pépinière théâtre à Paris ou des Treize Vents à Montpellier flattent le regard. Elles sont accompagnées d’objets graphiques qui dévoilent les coulisses et le processus de création de l’artiste : ses notes, ses esquisses préparatoires, ses dessins originaux, ses objets ayant servi pour les photographies et les tirages argentiques utilisés pour la réalisation des affiches et de leurs dérivés. Vous vous amuserez à découvrir que le train sur l’immense affiche est finalement un jouet qui ne mesure pas plus de 10 centimètres mais qu’il est sublimé par la qualité de la photographie et par le jeu des proportions, encore.

Un autre regard : la photographie

Enfin, l’exposition s’achèvera sur un aspect moins connu de son œuvre mais toujours en filigrane de son parcours : la photographie. Invité sur les cinq continents pour des expositions, des conférences, des jurys ou des workshops, Michel Bouvet en profite toujours pour photographier le monde qui l’entoure. Armé d’un Hasselblad argentique panoramique et de deux autres appareils photographiques plus compacts, il se fascine pour tous les paysages qu’il traverse, les rues des villes comme les paysages désertiques de l’Ouest américain mais aussi les typographies vernaculaires sont l’occasion d’un cliché. L’infraordinaire de Perec n’est pas loin : capter l’habituel d’un pays, l’extraordinaire pour un autre. Une trentaine de photographies sont accompagnées de courts récits de ses voyages qui éclairent sur le rapport au monde de l’artiste et sur sa fascination pour les grands écrivains qu’il dit lire comme on voyage, de continent en continent.

Mille vies, une oeuvre

Le parcours de Michel Bouvet est si exceptionnel qu’il semble avoir déjà traversé dix vies ! Pas étonnant alors que les Editions Alternatives aient édité non pas un catalogue d’œuvres ou une somme critique mais un récit de vie ponctué de créations, de rencontres, de voyages, de photographies, de lectures… le travail de Michel Bouvet est un vrai tissage ! L’exposition se veut en écho à ce livre paru en mars dernier : Affichiste ! Les aventures de Michel Bouvet, écrit par Daniel Lefort, comme un journal de voyage dans la vie de Michel Bouvet. Une dédicace sera organisée en amont de la rencontre avec l’artiste le vendredi 29 novembre, suivez notre agenda !

Retrouvez tout l’univers de Michel Bouvet sur www.michelbouvet.com.

Fête de la science 2019

Avec la Fête de la science du samedi 5 au dimanche 13, octobre est le mois idéal pour observer, examiner, expérimenter, réinterroger… À cette occasion, La Bibliothèque accompagne votre soif de découvertes scientifiques à travers une sélection de quelques ouvrages, certains pratiques, d’autres poétiques, ou encore futuristes.

OBSERVER

Qui dit science dit connaissances ! Certaines, comme celles délivrées par l’indispensable guide du cueilleur de champignons sont résolument pratiques. Cet ouvrage astucieux classe les 200 champignons les plus connus par couleurs, répertorie les bons coins pour les découvrir, signale les risques de confusion, et offre des conseils pratiques sur la cueillette et la cuisine. D’autres ouvrages dévoileront le côté poétique de la science, et sa capacité à réenchanter  notre quotidien. Tel est le cas du livre Du merveilleux caché dans le quotidien : la physique de l’élégance. Les auteurs, physiciens à l’ESPCI-Paris, se proposent de révéler la beauté du monde qui nous entoure à travers le prisme scientifique. Même sensation avec Evolution : la théorie en image,  où le photographe Robert Clark met  les fondements de la science à la portée de tous. Quant à l’ouvrage d’Elena Percivaldi : L’art botanique : Des herbiers de la Renaissance aux illustrations du XIXe siècle il captivera le lecteur, qui ne saura s’il doit davantage admirer l’objet naturel illustré, ou sa représentation artistique d’une incroyable fidélité scientifique.

EXPERIMENTER

Examiner et expérimenter sont les fondements d’une démarche scientifique. Valérie Maëstre, formatrice Montessori et animatrice scientifique, met la science à la portée des plus jeunes en proposant  100 activités scientifiques pour apprendre autrement.

À travers son jeu Planet, Urtis Šulinskas fait de chaque joueur le créateur de sa propre planète, avec la responsabilité d’en faire l’écosystème le plus riche et le plus diversifié possible, pour y permettre le développement de la vie.  Un jeu familial, à partir de 8 ans.

Pour les plus grands, les deux ouvrages suivants inciteront les lecteurs à s’interroger sur le rôle de la science dans l’avenir et la transformation de nos sociétés.

Dans Le vivant sur mesure, Creig Venter raconte comment lui et son équipe ont créé la première cellule synthétique. Il imagine comment l’ère de la biologie synthétique va profondément révolutionner la médecine, l’environnement, l’énergie en s’appuyant sur les derniers progrès de la génétique et de l’informatique.
Dans Une brève histoire du futur, le physicien et  spécialiste mondial de la théorie des cordes Michio Kaku expose quelques-unes des principales percées scientifiques en cours qui pourraient bien révolutionner notre quotidien.

RELEVER LES DEFIS

Les défis du XXIe siècle sont de taille : bouleversements climatiques comme le montre le film de Luc Jacquet La glace et le ciel ; pollution avec le film de Vincent Perazio : Océans, le mystère plastique ;  santé des populations à travers le livre de Barbara Demeneix : Le cerveau endommagé : comment la pollution altère notre intelligence et notre santé mentale ; ou les lendemains de l’agriculture industrielle avec Les Moissons du futur de la journaliste et réalisatrice Marie-Monique Robin. Les scientifiques ne manquent pas de sujets pour affuter leur réflexion.

RE-INTERROGER

L’émergence des technologies de l’intelligence artificielle et des outils de la génétique soulèvent de nouvelles interrogations. Philosophes et spécialistes de l’éthique se sont saisis de ces questions, tout comme les auteurs de fiction qui, en véritables scientifiques des utopies, interrogent le public à travers leurs livres, leurs films et leurs jeux.

Dans Pixel noir de Jeanne A. Debats, un jeune homme gravement blessé est placé en coma artificiel. Alors que son corps est aux mains des médecins, son esprit se trouve plongé dans un monde virtuel sensé constituer un espace de repos pour les malades. Mais le Virtuel de repos est en proie à un bug et pourrait bien tous les achever.

Dans son film Ex Machina,  Alex Garland s’intéresse à l’intelligence artificielle de robots humanoïdes et tente de définir ce qui fait l’humain. 

Tom Jubert est scénariste de  jeux vidéo. Dans The Talos Principle il propose au joueur de résoudre des énigmes métaphysiques posées par une intelligence artificielle particulièrement perspicace.

 « Être curieux de ce qui m’entoure, accepter le réel et m’y confronter, faire des pas de côté quand je suis bloqué, me libérer des a priori, savoir regarder le merveilleux dans mon quotidien… » voici une des leçons de vie que livrent douze chercheurs de renom dans le recueil  Savoir, penser, rêver… Trois mots que Victor Hugo parachevait par : « tout est là ».

La Bibliothèque vous souhaite de belles découvertes scientifiques !

Éphéméride Panneaurama #15 : Antonin Faurel (France / Nantes)

Chaque jeudi, retrouvez dans l’éphéméride Panneaurama, la vision des graphistes ayant répondu à l’invitation de La Bibliothèque de créer une affiche originale sur le thème du paysage. Cette semaine, d’Antonin Faurel, graphiste-auteur indépendant répond à nos questions. Une manière pour vous de voir encore autrement le parcours graphique proposé dans et autour de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland du 28 juin au 28 septembre 2019.

Antonin Faurel vit et travaille à Nantes et Saint-Nazaire. Diplômé des beaux-arts de Nantes, il est actuellement graphiste-auteur et commissaire d’exposition au sein du collectif Mojito Bay.

« L’affiche est une mise en abîme qui propose par la figure du billboard (panneau d’affichage) et du message promotionnel d’interroger la marchandisation du paysage moderne. »

This is good value, Antonin Faurel (France / Nantes)
Photographie confiée à Antonin Faurel par Super Terrain

La Bibliothèque : Avez-vous pour habitude de répondre à des commandes ? Sinon, pourquoi celle-ci ?

Antonin Faurel : « C’est dans la nature même du travail de graphiste de répondre à des commandes, en ce sens, on peut dire que je ne déroge pas à la règle, même si la nature des commandes sur lesquelles je travaille est plutôt variée. »

La Bibliothèque : Le thème du paysage est-il déjà présent dans votre travail, dans vos thématiques de prédilection ? Si oui, pourquoi ? Sous quel(s) angle(s) ?

Antonin Faurel : « Le thème du paysage n’est pas particulièrement mis en avant dans mon travail, il me semble. En revanche, ça reste un territoire de questionnement important pour moi, mais je dirais que c’est plutôt par le prisme de la photographie documentaire que je l’envisage. »

La Bibliothèque : Pour vous, le paysage évoque-t-il d’abord la nature ou la ville ?

Antonin Faurel : « Je pense qu’à notre époque, il me semble difficile de dissocier les deux. La question du rapport nature/ville reste toujours centrale pour le développement et l’avenir de l’humanité. »

La Bibliothèque : Comment qualifieriez-vous l’affiche réalisée pour Panneaurama et au regard de vos autres créations ? Ovni ou suite logique ?

Antonin Faurel : « Difficile de qualifier son propre travail, il semble quand même qu’elle a la particularité d’utiliser un vocabulaire graphique très économique. »

La Bibliothèque : Que voudriez-vous que le public retienne de cette affiche ? Qu’aimez-vous susciter en général chez le regardeur ?

Antonin Faurel : « Je ne tiens pas à avoir de posture professorale, donc je ne sais pas si le public doit retenir quelque chose de particulier si ce n’est, peut-être, la modeste critique que j’émets par rapport à une certaine marchandisation du paysage qui passe aussi pour beaucoup par le langage de la communication visuelle. De façon générale, je pense que la surprise est une chose importante à essayer de générer comme réaction, qu’elle soit bonne… ou mauvaise parfois !  »

La Bibliothèque : Quelle a été votre technique de création pour produire votre affiche (dessin, découpage, photo…) ?

Antonin Faurel : « Le dessin à l’ordinateur essentiellement, en m’inspirant de l’esprit du dessin « ligne claire » (la netteté accentuée par le contour) ou bien encore de la didactique visuelle. »

La Bibliothèque : Le format a-t-il une importance pour vous ?

Antonin Faurel : « Bien sûr, le format mais aussi les dimensions d’une affiche sont très importants. Aujourd’hui, il devient rare pour les graphistes de pouvoir s’exprimer sur de grandes affiches diffusées dans l’espace public. Quand l’opportunité se présente, c’est souvent un grand défi. »

La Bibliothèque : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? 

Antonin Faurel : « Il y a pas mal de projets en cours : identité visuelle, signalétique, affiche… et aussi mon déménagement pour Saint-Nazaire ! »

> Des affiches d’Antonin Faurel sont déjà disponibles au prêt pour 6 semaines dans les collections de La Bibliothèque et présentent toutes son travail de créations typographiques. N’hésitez pas à les emprunter auprès de l’accueil de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland.

Éphéméride Panneaurama #14 : Pierre di Sciullo, (France / Paris)

Chaque jeudi, retrouvez dans l’éphéméride Panneaurama, la vision des graphistes ayant répondu à l’invitation de La Bibliothèque de créer une affiche originale sur le thème du paysage. Cette semaine, le graphiste et typographe Pierre di Sciullo répond à nos questions. Une manière pour vous de voir encore autrement le parcours graphique proposé dans et autour de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland du 28 juin au 28 septembre 2019.

Graphiste et typographe, Pierre di Sciullo est passionné par le lien entre parole et écriture et par l’étonnante diversité des situations de lecture. Ses réalisations prennent place dans l’environnement comme autant d’incitations à jouer avec les mots. Il développe ce rapport charnel au texte dans le livre, dans l’affiche et dans l’architecture.

Photographie confiée à Pierre di Sciullo par Super Terrain
ZZZZZZ, Pierre di Sciullo (France / Paris)

« De très loin nous lisons Z Z Z Z Z Z. Dormez, braves gens, tout est tranquille. On s’approche du territoire et on le découvre balisé, étiqueté, compartimenté, réparti. Voici une ZAC, une ZUP, une ZAD, etc. Pour assigner les habitants à résidence, pour créer des ghettos, pour organiser le tri et pour surveiller, il faut instituer des zones et marquer des frontières, visibles ou mentales. Je préfère les quartiers mélangés et les terrains vagues. »

La Bibliothèque : Avez-vous pour habitude de répondre à des commandes ? Sinon, pourquoi celle-ci ?

Pierre di Sciullo : « Je réponds en permanence à des commandes, cela représente environ les trois quarts de mon activité, le dernier quart étant consacré à des recherches qui, bien souvent, s’inscriront dans une commande future, de sorte que la frontière entre graphisme appliqué et graphisme expérimental est ténue, poreuse. Mais la réalité économique, elle, est bien présente. Je dois gagner ma vie. Quand on me passe une commande cela signifie qu’on m’offre du temps et surtout qu’il y a un besoin, un désir ou une attente. »

La Bibliothèque : Le thème du paysage est-il déjà présent dans votre travail, dans vos thématiques de prédilection ? Si oui, pourquoi ? Sous quel(s) angle(s) ?

Pierre di Sciullo : « Dans mon cas il s’agit de paysage mental. Je ne veux pas dire un paysage présent dans la mémoire, ou imaginaire, ou obsédant. Je veux parler ici, dans ce cas, de la façon dont le langage décrit, partage et compartimente l’environnement. »

La Bibliothèque : Pour vous, le paysage évoque-t-il d’abord la nature ou la ville ?

Pierre di Sciullo : « Le paysage est le monde où je vis. Comme j’ai le plaisir de travailler régulièrement avec des architectes, nous participons à la construction du paysage. Quand je regarde un panorama dit « naturel » ou sauvage, je suis fasciné par les siècles d’intervention humaine qu’on peut y lire. »

La Bibliothèque : Que voudriez-vous que le public retienne de cette affiche ? Qu’aimez-vous susciter en général chez le regardeur ?

Pierre di Sciullo : « J’aimerais que les gens lisent mon affiche à haute voix, que ça les fasse sourire et un peu penser comme à une énigme facile à résoudre mais qui échappe comme une anguille. »

La Bibliothèque : Quelle a été votre technique de création pour produire votre affiche (dessin, découpage, photo…) ?

Pierre di Sciullo : « Crayons de couleurs dans différents carnets, aquarelle à la brosse, retour au dessin dans le carnet puis scan de l’image et retouches dans Photoshop. »

La Bibliothèque : Le format a-t-il une importance pour vous ?

Pierre di Sciullo : « Le format rencontre les conditions de diffusion de l’image, et détermine comment chacun va placer son corps. Le graphisme acquiert alors pleinement la troisième dimension. Je suis curieux de voir, « ici », comment ça va fonctionner. »

La Bibliothèque : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? 

Pierre di Sciullo : « Programme et affiches de l’année 2020 pour le théâtre de la Colline à Paris; la gamme colorée des façades des tours Nuages à Nanterre ; relecture du texte d’entretiens sur la typo pour un livre à paraître aux éditions Zeug, et plusieurs projets intéressants et bizarres. »

Pour entrer davantage dans l’univers de Pierre di Sciullo, La Bibliothèque dispose d’une monographie de l’artiste présentée dans les collections documentaires de La Bibliothèque, localisée à Charles Gautier-Hermeland et Bellevue. Pierre di Sciullo : Oui, tout à fait préfacé par Guillaume Pô, Paris, Pyramyd, 2006, cote : 745.65 SCI.

Pierre di Sciullo : Oui, tout à fait.

Éphéméride Panneaurama #13 : Marion Jdanoff (France / Allemagne)

Chaque jeudi, retrouvez dans l’éphéméride Panneaurama, la vision des graphistes ayant répondu à l’invitation de La Bibliothèque de créer une affiche originale sur le thème du paysage. Cette semaine, Marion Jdanoff, co-créatrice de Palefroi répond à nos questions. Une manière pour vous de voir encore autrement le parcours graphique proposé dans et autour de la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland du 28 juin au 28 septembre 2019.

Marion Jdanoff vit et travaille entre la France et l’Allemagne. Elle a co-créée Palefroi, à la fois duo artistique, structure d’édition et atelier d’impression. Sa pratique entremêle dessin, peinture et sérigraphie.

« La photo que j’ai reçue, un cadrage très symétrique du pont piéton menant au Zénith, m’a immédiatement renvoyée a des images de ruines de temples grecs. Quelque chose de très minéral, inhabité, quasi sacré. Impression renforcée par le nom solaire de l’endroit. Par ailleurs, le Zénith est un endroit qui m’évoque une approche du spectacle et de la musique loin de celle que j’aime. Le dessin permettant n’importe quoi, dont les pichenettes aux symboles, j’ai imaginé qu’un feu espiègle prendrait le devant de la scène. Après son passage, ne resteraient debout que les cariatides, et un espace dégagé pour contempler le soleil couchant. »

Ruines, Marion Jdanoff (France/Allemagne)
Photographie confiée à Marion Jdanoff par Super Terrain

La Bibliothèque : Avez-vous pour habitude de répondre à des commandes ? Sinon, pourquoi celle-ci ?

Marion Jdanoff : « Je réponds généralement avec parcimonie aux propositions de commandes. Il faut que j’y trouve du sens, et que mon principal moteur ne soit pas financier. Je connais le collectif Super Terrain depuis quelques années et respecte énormément leur travail et leur approche. J’étais donc très contente qu’il m’invite à participer à cette tentative collective. Installer des images dans le paysage, en résonance avec celui-ci, qui ne font la promotion de rien, est une jolie (et rare) proposition. »

La Bibliothèque : Le thème du paysage est-il déjà présent dans votre travail, dans vos thématiques de prédilection ? Si oui, pourquoi ? Sous quel(s) angle(s) ?

Marion Jdanoff : « Alors là, pas du tout ! Mes dessins sont très peuplés, et regarde plus les êtres que leur environnement. On peut se rendre compte avec mon image que j’ai du mal à lâcher le mouvement. Le paysage est en flamme, il se transforme. »

La Bibliothèque : Pour vous, le paysage évoque-t-il d’abord la nature ou la ville ?

Marion Jdanoff : « Quand je pensais paysage, je pensais surtout statique, au moins à court terme. Ce peut-être la ville,  la campagne, la mer, ou même un intérieur de maison. C’est le décor, l’endroit où les choses sont lentes et relativement stables. Et c’est un endroit que je laissais complètement de côté. Travailler sur ce thème m’a permis de définir un peu mieux ce qu’est pour moi un paysage. Le regarder mieux et voir qu’il est aussi mouvant. Comprendre que les frontières sont floues : le feu est-il un acteur au milieu d’un paysage ? Ou est-ce simplement un paysage d’incendie ? »

La Bibliothèque : Comment qualifieriez-vous l’affiche réalisée pour Panneaurama et au regard de vos autres créations ? Ovni ou suite logique ?

Marion Jdanoff : « Suite logique, je ne sais pas, parce que sans cette demande précise, je ne me serais pas penchée sur cette thématique. Mais ovni, pas du tout. C’était intéressant de voir comment se traduisait dans le paysage, des thèmes que je manie habituellement avec des personnages (mouvement, bousculade, déséquilibre, collectif, narration décousue). »

La Bibliothèque : Que voudriez-vous que le public retienne de cette affiche ? Qu’aimez-vous susciter en général chez le regardeur ?

Marion Jdanoff : « Il arrive qu’une personne me parle d’un dessin que j’ai fait en me disant qu’elle y a trouvé l’illustration juste pour une émotion, un sentiment trop difficile et confus pour le mettre en mot. « Je me sentais comme ce dessin ce jour-là ». Ce sont dans ces moments que je trouve le dessin utile. »

La Bibliothèque : Quelle a été votre technique de création pour produire votre affiche (dessin, découpage, photo…) ?

Marion Jdanoff : « Dessin aux feutres et crayon de papier. »

La Bibliothèque : Le format a-t-il une importance pour vous ?

Marion Jdanoff : « C’est le problème de devoir travailler avec des fichiers numériques d’impression : faire quelque chose destiné à être imprimé en très grand, sur des formats numérisables, travaillés ensuite sur des écrans d’ordinateurs minuscules. C’est donc assez dur, en tout cas pour moi, de bien comprendre la taille. Dessiner directement en grand est quelque chose de très différent. Bon par contre mon ordinateur, lui, l’a bien compris la taille, et ne l’a pas du tout apprécié ! Je suis assez curieuse de voir le résultat réel. »

La Bibliothèque : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? 

Marion Jdanoff : « J’ai plusieurs thèmes, histoires, autour desquelles je tourne, avec l’idée d’en faire des petits livres. C’est donc une phase de tâtonnement, un peu. »