1919 – 2019 Hommage à Merce Cunningham

Il y a cent ans naissait Merce Cunningham, danseur et chorégraphe américain dont l’œuvre a marqué un tournant entre la danse moderne et la danse contemporaine. Il est en effet un des premiers à concevoir la danse déconnectée de la musique, et à introduire la notion de hasard dans la conception de ses chorégraphies.

 

Retrouvez les documents présentés dans cet article parmi la sélection proposée du 23 avril au 04 mai à la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland, complétée d’une projection vidéo samedi 04 mai dans l’auditorium à 16h30.

 

Merce Cunningham commence sa carrière en dansant pour Martha Graham, grande danseuse de « modern dance ». Elle développe une technique basée sur la respiration, la contraction et la détente du corps. En 1991, elle rédige son autobiographie Mémoire de la danse, retraçant sa carrière longue de 65 ans pendant laquelle elle créa 90 chorégraphies.

En 1945, Merce Cunningham quitte la compagnie de Martha Graham et compose ses premières pièces, encouragé par le compositeur John Cage. Ils partagent une même conception : la musique n’a pas pour rôle d’aller vers la danse, la danse n’a pas pour but d’interpréter la musique.
Entre 1966 et 1974, il travaille également avec les compositeurs David Tudor, qui deviendra le directeur musical de la Merce Cunningham Dance Company à partir de 1992, et Gordon Mumma.

C’est en 1951 que Merce Cunningham utilise pour la première fois le hasard pour déterminer l’ordre des sections afin de créer la pièce « 16 danses pour soliste et compagnie de trois ». Les décisions esthétiques deviennent alors, dans son œuvre, objectives et impersonnelles. Il développe cette technique au fil de ses créations pour la Merce Cunningham Dance Company qu’il fonde en 1953. Le hasard est utilisé pour tout définir : les mouvements, la durée, le nombre de danseurs, les entrées et sorties, etc.

Plus de 50 chorégraphies assoient son style et sa technique : la danse et la musique sont créées séparément, la durée est le seul élément connu du chorégraphe et du compositeur. Afin qu’elles forment un tout, la danse et la musique ne se rencontrent pour la première fois que le jour du spectacle. Les chorégraphies n’ont pas d’autre but que de donner à voir le mouvement.

À la fin des années 1980, le chorégraphe collabore avec des chercheurs en informatique pour concevoir le logiciel « Life forms ». Ce logiciel permet d’enregistrer des enchainements et de les utiliser pour générer une chorégraphie aléatoire. Merce Cunningham se saisit également de l’évolution des techniques vidéo pour multiplier les angles de vues et ainsi agrandir l’espace de la danse. La pièce Beach Birds est réécrite pour une version filmée, Biped intègre des danseurs numériques projetés en fond de scène.

Envie de partager ?