1914-1918

La saison du bleuet

Son bleu intense appelle le calme et la sérénité, mais évoque aussi le traumatisme et la blessure.

Le bleuet gagne sa valeur symbolique de fleur du souvenir pendant la première guerre mondiale : seuls les bleuets et les coquelicots continuaient à pousser dans les terres retournées par les obus. On appelait également bleuets les jeunes soldats de la classe 17 : nés en 1897, ces jeunes recrues arboraient le nouvel uniforme militaire bleu horizon.

A l’occasion du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, La Bibliothèque vous propose une sélection de documents pour comprendre un peu mieux la guerre qu’on présentait alors à tort comme « la der des ders ».

Retrouvez la sélection complète à la médiathèque Charles-Gautier-Hermeland pendant le mois de novembre, et ci-dessous, quelques documents que nous vous recommandons.

La grande guerre et l’histoire

Les causes de la Grande guerre, la société française de l’époque, l’impact de la guerre en fonction des territoires, la mobilisation et la démobilisation : la Première guerre mondiale a été examinée par les historiens sous toutes les coutures.

Les documents qui suivent abordent tous son histoire à travers une perspective intéressante.

 

Spécialiste de l’Europe centrale à l’université de Cambridge, Christopher Clark examine l’enchaînement des évènements ayant conduit à la guerre. Il affirme dans Les somnambules que : « rien n’était écrit d’avance : l’Europe portait en elle les germes d’autres avenirs, sans doute moins terribles. Mais de crise en crise, les personnages qui la gouvernaient, hantés par leurs songes, marchèrent vers le danger comme des somnambules ».

La Chronologie commentée de la première Guerre mondiale de Rémy Porte ne s’arrête pas qu’aux faits militaires, mais englobe l’histoire culturelle, sociale et économique de la guerre. Elle constitue une bonne porte d’entrée sur le sujet, à la fois complète et accessible.

Le documentaire Jours de guerre : les trésors des archives photographiques du journal Excelsior de Jean-Noël Jeannerey constitue une plongée dans 800 photos inédites du journal Excelsior. Il donne à voir la société de l’époque :l’évolution des sensibilités, des deuils, des résolutions, mais aussi  la résistance, les enfants qui jouent à la guerre, les aéroplanes, les troupes étrangères, et le travail des femmes.

En effet, dès 1914 les femmes ont participé à l’effort de guerre sur tous les fronts de la vie active. Evelyne Morin-Rotureau s’est penchée sur ce sujet et a  rassemblé sous sa direction les meilleurs historiens autour des Françaises en guerre.

 

Pour avoir une idée de ce que fut la première guerre mondiale à une échelle locale, regardez le film documentaire d’Abalan : Le premier jour le plus long. Enrichi d’images d’archives américaines, il présente justement l’histoire du premier débarquement des soldats américains et leur séjour,  entre 1917 et 1920, à Brest, Saint-Nazaire, Nantes, Savenay…

Dans Images de propagande 1914-1918 ou l’art de vendre la guerre de Annie Pastor et La première Guerre mondiale en caricatures de Mark Bryant, les auteurs abordent l’histoire de la première guerre mondiale à travers le prisme d’images d’époque.

Enfin, Stéphane Audoin-Rouzeau et Christophe Prochasson ont rassemblé dans Sortir de la Grande guerre : le monde et l’après 1918  une équipe internationale d’historiens autour de la démobilisation, et de son impact sur les combattants, et l’économie.

Ils l’ont vécu, et ils en ont parlé

Grâce à la démocratisation de l’écriture et de la photographie, nous bénéficions de nombreux témoignages directs de la part de ceux qui ont vécu la Grande guerre.

Écrits d’intellectuels, témoignages de soldats qui ont pris la plume, expériences des chirurgiens qui œuvraient dans les tranchées, ou travail photojournalistique d’un psychiatre confirmé: ce sont autant de témoignages d’une valeur documentaire considérable.

La guerre source de création

De nombreux artistes se sont saisis de la Première guerre mondiale, avec plus ou moins d’acuité historique ou de liberté fictionnelle. Nous vous en recommandons certains.

Le roman Les champs d’honneur de Jean Rouaud a donné envie à l’historien Stéphane Audouin-Rouzeau de se pencher sur le deuil individuel.

Avec La chambre des Officiers, le réalisateur François Dupeyron aborde avec tact et sincérité  le destin de ceux que l’on appela les Gueules cassées.

Dans son roman pour enfants Il s’appelait… le soldat inconnu, Arthur Ténor imagine la biographie du soldat inconnu. Sa vie insouciante avant 1914 jusqu’à sa disparition sans nom dans la boue de Verdun.

Toujours pour la jeunesse, le roman-documentaire de Philippe Nessmann , qui brosse le portrait romancé de Nelly Martyl : cantatrice de renommée internationale, elle deviendra infirmière sur le front, et son dévouement auprès des blessés lui vaudra le surnom de Fée de Verdun.

La guerre a également inspiré les compositeurs et réalisateurs…

…mais aussi les auteurs de jeux !

 

En 2015, en partenariat avec le Musée de la Grande Guerre, Jérémy Caplanne a produit  le jeu Les Taxis de la Marne évoquant les 600 taxis parisiens qui furent réquisitionnés en septembre 1914 pour envoyer 4000 hommes en renfort lors de la première bataille de la Marne. Ce jeu de collaboration permet d’aborder de façon ludique les problèmes de  logistique d’une telle manœuvre.

Les poilus, de Fabien Riffaud, est un jeu qui ne parle ni de politique, ni de stratégie, mais d’hommes qui doivent coopérer pour espérer traverser la Grande guerre.

En 2016, il faisait partie de la sélection Double6 du Festival des jeux de Saint-Herblain, retrouvez la vidéo de présentation du jeu ici.

Envie de partager ?